Hippotese, Le cheval de Travail

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lundi 20 novembre 2017

Quelques vidéos de présentation des techniques d'entrave et de bâtage, par Émile Brager lors de de l'AG d'Hippotese, le 12 nov 2017 (Seyne les Alpes, 04)

C'est le dimanche 12 nov, lors de l'Assemblée Générale d'Hippotese à La Maison du Mulet de Seyne les Alpes, qu'Émile Braget nous a fait une présentation des techniques d'entrave et de bâtage sur les mules et mulets (voir billet précédent ici).

J'ai filmé une partie de cette présentation avec mon appareil photo, (navré pour la qualité du son qui n'est pas toujours très bonne) et je vous ai fait une série de petits films peutêtre un peu longs (mais je n'ai pas osé couper les explications d'Émile si intéressantes et pédagogiques).

Les titres des vidéos reflètent les contenus...

Émile Braget : Entrave d'une mule avec une corde

Émile Brager : Attacher une mule à un piquet

Émile Brager : Mettre le Bât sur la mule (partie1/3)

Émile Brager : Mettre le Bât sur la mule (partie 2/3)

Émile Brager : Mettre le Bât sur la mule (partie 3/3)

NB : Plus d'infos sur Émile Brager sur son site : http://emile-brager.fr/

Et dans son livre (vraiment génial, avec plein de dessins) : "Techniques du voyage à cheval", 46 €
Que vous pouvez commander directement à l'adresse suivante :
Emile Brager
Ferme muletière du Grand Pâtis
07700 Bidon
France

mardi 8 août 2017

Calèche hippomobile à assistance électrique "Alti-Trottibus" un concept d'écomobilité à énergie positive... 1ère partie

Du 30 juillet au 6 août 2017, se déroulait un essai en situation réelle, d'une navette hippomobile 10 places à assistance électrique, aux portes du Parc National de la Vanoise, au dessus de Termignon, dans la vallée de La Maurienne au cœur de la Savoie...

Avant de vous faire un billet plus technique, je vous ai mis en ligne une petite vidéo pour vous faire rêver...

LE CONTEXTE

L’Alti-Trottibus, c’est un système innovant de traction animale à assistance électrique, expérimenté sur le site de Bellecombe, au cœur du Parc National de la Vanoise, à 2300 m au dessus de Termignon-La-Vanoise dans la vallée de la Maurienne en Savoie. L’expérience de l’été 2017 s'est déployée sur 8 jours (du 30 juillet au 6 août) et sera élargie en 2018 (à priori sur l’ensemble de la saison). En 2017, trois rotations journalières de l’Alti-Trottibus ont transporté les visiteurs du Parc National et les randonneurs du parking vers les refuges...

L’INNOVATION TECHNIQUE

Elle consiste à placer un moteur d’assistance électrique sur le moyeu arrière de la calèche, alimenté par des batteries et géré par un système automatisé spécifique (un peu comme sur le « vélo à assistance électrique »).

Le cheval est donc soulagé à la montée mais aussi à la descente car le moteur est aussi alternateur et sert de ralentisseur dans la pente tout en rechargeant les batteries.

Le système préserve les chevaux en complétant leur efforts au delà d'une consigne réglable, fixée par le meneur.

Les variations dues à la pente (positive ou négative) sont lissées et on est sûr que les animaux restent dans une plage d'efforts respectueuses de leurs capacités physiologiques, celles-ci sont contrôlées lors des essais par une mesure continue du rythme cardiaque à l'aide de cardio-fréquencemètres munis de capteurs sur la ceinture abdominale. La vitesse de pouls cardiaque de chaque cheval est mesurée pendant l'effort pour doser la consigne d'assistance et au moment des phases de récupération pour ajuster le temps de pause.

Pour les essais, c'est un modèle de calèche équipée par la société Méterus (suisse) de Marco Zandonna qui a été choisi, cette voiture fonctionne régulièrement depuis plusieurs années à Mâcon.

En plus des systèmes de contrôle habituels propres à la gestion de l'assistance, la calèche et les chevaux ont été équipés pour ces essais, de capteurs de force supplémentaires (un sur chacun des 4 trait de la paire) reliés à un datalogger (enregistreur numérique), d'un GPS embarqué et de cardio-fréquencemètres (un par cheval).

L'ensemble de ces mesures complémentaires est réalisé par Laurent Maly et Marlène Addes de l'IFCE. Ces données, indépendantes de celles du système embarqué permettront de compléter les observations des meneurs (Philippe Escale et Pierre Gallet) sur l'ensemble de la semaine d'essais en conditions réelles d'exploitation.

Marco Zandonna (de Meterus) et des observateurs indépendants (Deny Fady et Thomas Duguy d'Hippotese) sont aussi venus apporter leur compétences dans l'analyse du fonctionnement de la calèche et des chevaux.

mercredi 28 juin 2017

Poulies de renvoi, crochets et mousquetons de sécurité en débardage avec câble en Traction Animale

Suite à vos nombreuses demandes et en particulier, celles des participants au chantier-école d'autoformation au débardage de Montdenis qui vient de se terminer, je vais vous faire une petite présentation des montages de poulies de renvoi que nous utilisons en débardage au cheval et que nous avons sélectionné et validé pour leur simplicité, leur efficacité et surtout leur sécurité.

Les Poulies ouvrantes :

Les poulies que nous utilisons et qui ne nous ont jamais déçu sont les poulies dites "ciseaux", modèle 1,6 tonne (dite souvent PC16). Leur résistance est à toute épreuve en traction animale, elles sont assez légères, tout en ayant une réa (disque de la poulie sur lequel passe le câble) d'un diamètre suffisant pour ne pas déformer les câbles acier de 5 et 6 mm de diamètre que nous utilisons.
Elles n'abîment pas non plus les cordes ou les câbles synthétiques et ne déraillent jamais. Elles sont montées sur bagues bronze ou roulements à bille étanches et supportent de traîner dans la boue sans problème.

Leur ouverture se fait par rotation d'un des flasques par rapport à l'autre. Ces 2 flasques sont réunis en utilisation par un mousqueton d'accrochage et un crochet tournant (voir ci-dessous).
Elles ne pèsent pas trop lourd (2,2 kg) et sont d'un prix abordable (autour de 70 €).

Quelques liens commerciaux :
Roux Solution-Levage : http://www.solutionlevage.com/poulie-ciseaux-ouvrante-pour-cable-pxc-capacite-1-5-t-a-5-t.html
Nantaise de Poulies : http://www.nantaise-de-poulies.com/fr/poulies-ciseaux/poulie-ciseau-ouvrante-351.html

Les crochets tournants :

Nous utilisons nos poulies montées sur des crochets tournants (dit crochet à touret) que l'on trouve facilement dans tous les magasins de bricolage.

Nous les modifions en retirant le linguet (fragile) en le remplaçant par un morceau d'acier carré 10x10 pour en faire un crochet étrangleur.

Quelques liens commerciaux :
Lien vers scs-levage : http://www.scs-levage.fr/boutique/crochets-a-touret/92-crochet-a-touret-a-linguet-acier-allie.html

Les mousquetons de sécurité :

Et suite à des ruptures intempestives d'amarrage par éclatement du mousqueton, depuis 3 ans, nous utilisons comme élément de liaison entre la poulie et le crochet tournant seulement des mousquetons à verrouillage automatique (dit Triact) comme le modèle Oxan Triact-Lock de chez PETZL (attention, il existe en version à sécurité à vis sous le nom : Oxan Screw-Lock, que nous déconseillons car on est jamais sûr du verrouillage).
Le prix du Oxan Triact-Lock est d'environ 14 €.

Quelques liens commerciaux :
Lien vers expe.fr : https://www.expe.fr/fr/mousqueton-oxan-triact-lock.html ou
Lien vers Le vieux Campeur : https://www.auvieuxcampeur.fr/oxan-acier-triack-lock-mousqueton.html

Une petite photo du montage final...

Et une photo en utilisation...

NB : Vous trouverez éventuellement d'autres infos dans de précédents billets :
ici sur les crochets et chaînes de débardage...
ici sur les poulies "largables"...
ici sur les cône de débardage...
ici sur les cordes et poulies...
et évidemment ici sur tous les billets des chantiers-écoles...

dimanche 12 juin 2016

Moufle à 5 brins en arrachage et débuscage au cheval, au 13ème chantier-école de Montdenis

Comme nous vous l'avions promis dans un commentaire du billet sur l'arrachage d'arbustes en zone pavillonnaire, nous avons testé, par nous même, le moufle que Pierre Gallet (son constructeur) nous a gentiment prêté lors du 13ème chantier-école de Montdenis.

Bien sûr, nous en avons profité pour faire des photos et des plans...

Et pour commencer, une petite vidéo de présentation des essais...

Quelques photos de détail du moufle :


Le moufle 1 à 3 poulies.


Le moufle 2 à 2 poulies et un tirant


Vue par la tranche du moufle 1

Et puis un schéma coté du moufle 2 (sur le moufle 2 le tirant remplace la petite poulie du moufle 1) :

Merci à Christian Deiber pour la prise de cotes...

Pour info, Pierre utilise un câble d'un diamètre de 6 mm, on peut descendre à 5 mm mais dans ce cas, on ne prendra pas un câble trop souple (plus de risque "d’emmêlage"), celà, étant, un câble trop rigide se déformera à la traction au passage des poulies...
Dans la réalité, il est difficile de choisir un câble sans le toucher et apprécier sa souplesse et sans le tester...

Enfin, 2 proposition d'amélioration :

1) Proposition d'amélioration des dimensions de la taille de la petite poulie du moufle 1 (à valider), qui me semble d'un trop faible diamètre.

En effet, le faible diamètre de la petite poulie peut causer des problèmes de déformation de certains câbles à cause d'un "rayon de giration" trop court. Ici on passe la petite poulie d'un diamètre de 40 mm à un diamètre de 60 mm (les plaques des flasques restant de même taille).

A droite vous avez le schéma côté du modèle de Pierre, à gauche, vous avez la proposition de modification des côtes. Nous n'avons pas testé cette fabrication, si vous le faites, envoyez-nous quelques schémas et photos, nous les publierons ici...

2) Une deuxième proposition de modification est de monter 6 poulies (3 sur chaque moufle) comme dans un montage traditionnel, celà permet d'augmenter un peu la force de traction... (de 5x à 6x, voir schéma ci-dessous).
Dans ce cas, le tirant est fixé sur les flasques de l'un des moufle à l'aide d'une chape (ou d'une grosse manille, dont le manillon est l'axe de la petite poulie).

NB : Bague bronze ou roulement ? Au moment où j'écris ce billet, j'avoue que je ne sais pas si les réas du moufle de Pierre sont équipées de bagues bronze, de roulements ou d'un simple trou (axe acier sur acier). Je demanderai à Pierre et vous donne l'info dés que possible...

NB2 : A noter, pour ceux qui voudraient fabriquer un moufle du même type, on trouve dans le commerce des réas à bague bronze ou roulement à l'unité (compter environ 20 à 30 € par réa), voir par exemple ici. La difficulté est de trouver des réas de même épaisseur pour que les flasques guident correctement le câble qui doit absolument rester sur les poulies. Je sais que Pierre, lui, a fait tourner ses réas en acier par un artisan tourneur.

mardi 26 janvier 2016

Le "Passe-Partout", un timon d'attelage en col de cygne inspiré du "brancard de labour"... (1ère partie)

Depuis le début du projet NéoBucher, nous avons l'objectif d'équiper celui-ci d'un mono-brancard en col de cygne pour libérer le cheval, en particulier lors des demi-tours en bout de ligne.

Nous nous sommes fixés comme objectif, en ce début d'année 2016, de tester en conditions réelles cette utilisation et de définir si oui ou non ce système est pertinent pour travailler avec le NéoBucher et dans sa version traditionnelle (type Passe-Partout de Banyuls) ou dans une autre version.

Et comme à notre habitude, il fallait bien partir de l'étude de l'existant afin de ne pas réinventer la roue...

Je crois que la première fois que j'ai vu un système d'attelage à mono-brancard, c'est dans la revue Science et Vie, j'avais même écrit à l'époque un petit article dans l'Hippobulle N°2 de 1988 (!) et déjà je m'interrogeais sur une utilisation agricole du système...

Depuis l'entreprise Equimobile de Stéphane Proust commercialise de nombreuses variantes de son attelage à monobrancard. Vous pouvez aller sur son site pour en savoir plus...

Comme je suis chipoteur, je suis allé chercher dans les dépôts de brevets, ceux qui concernaient cette invention et d'autres, antérieurs ou postérieurs...

Le plus ancien brevet concernant l'Équimobile que j'ai trouvé date de 1985 (FR2589418) ("Voiture hippomobile du type libre en rotation au cheval, liaison monopoutre dorsale"), on peut voir que cette version était encore sommaire, plus proche de l'idée que l'on griffonne sur un coin de table que de l'objet technique abouti... (sauf peutêtre le harnais). Elle était complétée de 2 gravures bien connues de harnais traditionnels (type 1880).


Les textes et les dessins du brevet de 1885...


En 1987, Stéphane Proust dépose un autre brevet ("Dispositif d'attelage pour véhicule hippomobile à monobrancard"), les explications (issues sans doute de l'expérience acquise depuis le brevet précédent) et les dessins de définition sont ici beaucoup plus explicites.
ceux qui sont intéressés à utiliser ou concevoir un système de traction agricole à mono-brancard seront sans doute intéressé de lire la totalité du résumé et des spécifications que je vous livre ci-dessous (les autres sauteront le paragraphe pour ne regarder que les images...).


Résumé du brevet de 1987 :
Dispositif d'attelage pour véhicule hippomobile, comportant un monobrancard (2) passant au-dessus du dos d'un cheval et relié, à sa partie avant, à un harnais (5, 6, 7) par l'intermédiaire d'un berceau de traction (4) sur lequel le monobrancard (2) est monté en rotation et, à sa partie arrière, à un véhicule hippomobile (3), caractérisé en ce que le berceau (4) comporte deux arceaux (9, 10) réunis à leur partie inférieure pour la jonction avec un collier (5) de harnais et s'écartant progressivement l'un de l'autre jusqu'à atteindre une distance maximum à l'aplomb du garrot du cheval, un élément (11) solidaire du monobrancard (2) étant monté en rotation sur un organe (12) reliant les deux arceaux (9, 10) au niveau de leur écartement maximum, et en ce que le berceau repose sur le dos du cheval par l'intermédiaire de deux volets (15, 16) articulés montés sur l'arceau arrière (10) et situés de part et d'autre de la ligne médiane du dos du cheval. Le monobrancard (2) porté par le berceau (4) est relié à un véhicule (3) à roues (37) par l'intermédiaire d'un dispositif amortisseur-suspenseur.


Spécifications complètes du brevet de 1987 (les dessins ont été intercalés pour faciliter la lecture) :
Dispositif d'attelage pour véhicule hippomobile monobrancard.

L'invention concerne un dispositif d'attelage pour véhicule hippomobile à monobrancard passant au-dessus du dos du cheval.
Un dispositif de ce type et un véhicule hippomobile adapté sont décrits dans le document FR-A-2 589418. Le dispositif d'attelage comporte un monobrancard passant au dessus du dos du cheval et relié, a sa partie avant, à un harnais par l'intermédiaire d'un berceau sur lequel le monobrancard est monté sur pivot et, à sa partie arrière, à un véhicule hippomobile. Les arceaux reposent directement sur le dos du cheval et un simple rembourrage assure le confort du cheval.
Ce dispositif constitue une amélioration indéniable des dispositifs d'attelage à monobrancard antérieurs. Dans l'antiquité, on utilisait un monobrancard monté sur un collier de cou mais de très faible rendement puisqu'il comprimait les jugulaires du cheval et l'attelage ne bénéficiait pas de la totalité des efforts de traction du cheval. D'autres dispositifs utilisent une sellette analogue à celles d'un harnais classique, mais placée sur le dos du cheval et portant à sa partie supérieure l'extrémité antérieure du brancard. De même que dans le cas des chars antiques, les efforts de traction du cheval ne sont pas entièrement transmis et en règle générale il n'est possible de tracter qu'un sulky.

Un brevet français N° 712758 (c'est le brevet original du Passe-partout de 1931, NDLR) décrit un berceau de traction associé à un monobrancard par une articulation verticale et auquel est fixée une paire de traits. Ce dispositif permet de tracter des outils agricoles, le travail se faisant au pas, mais n'est pas utilisable aux autres allures du cheval.
L'inconvénient principal du dispositif de FR-A-2589418 (il s'agit du brevet de l'équimobile de 1985, NDLR) est que le rembourrage des arceaux n'empêche pas le cheval de se blesser à la longue en raison, du frottement qui se produit, ce qui limite bien entendu les possibilités d'utilisation de ce dispositif.

L'invention fournit donc un dispositif du type décrit précédemment, dans lequel le berceau comporte deux arceaux réunis à leur partie inférieure pour la jonction avec un harnais et s'écartant progressivement l'un de l'autre jusqu'à atteindre une distance maximum à l'aplomb du garrot du cheval, un élément solidaire du monobrancard étant monté en rotation sur un organe reliant les deux arceaux au niveau de leur écartement maximum, et le berceau repose sur le dos du cheval par l'intermédiaire de deux volets articulés montés sur l'arceau arrière disposé obliquement et situés de part et d'autre de la ligne médiane du dos du cheval.
La face interne des volets en contact avec le dos du cheval est rembourrée et présente une section droite convexe, dans la zone centrale du volet, dans un plan perpendiculaire au plan de l'arceau arrière, les parties latérales du volet de part et d'autre de l'arceau présentant une section concave dans des plans parallèles au plan de l'arceau, et une section droite concave dans la zone centrale du volet, dans un plan parallèle au plan de l'arceau, les parties supérieure et inférieure du volet présentant elles une section convexe dans des plans perpendiculaires au plan de l'arceau. Avantageusement la partie supérieure du volet forme une pointe et la partie inférieure un gros bout, donnant au volet une forme ovoïde dont ce gros bout constitue la base. Du fait de cette forme, le volet repose par sa convexité centrale dans le creux situé entre l'épaule et le dos du cheval, les deux concavités latérales permettant de loger les muscles correspondants sur lesquels le volet prend appui alternativement lors des mouvements du cheval; tandis que la concavité centrale permet au volet d'être positionne sur les muscles croisés du cheval, les deux convexités supérieure et inférieure amenant le volet en contact avec les creux situés de part et d'autre de la jonction des muscles superficiels du dos, du garrot et de l'épaule du cheval (respectivement grand dorsal, trapèze dorsal et triceps). En raison de cette forme et de l' articulation du volet sur son support, le déplacement de va-et-vient horizontal de l'omoplate provoque un basculement du volet autour de l'arceau arrière en maintenant le contact entre le volet et le dos du cheval.

Afin de favoriser ce basculement autour de l'axe de l'arceau arrière, le volet est monté pivotant en deux points et de préférence grâce à deux rotules montées l'une fixe sur l'arceau et mobile sur le volet et l'autre fixe sur le volet et mobile sur l'arceau.

Afin de faciliter encore l'effort de traction du cheval, le monobrancard porté par le berceau est avantageusement relié au véhicule à roues par l'intermédiaire d'un dispositif amortisseur-suspenseur. Celui-ci comporte de préférence un anneau élastique tendu selon un axe perpendiculaire à l'axe longitudinal de l'attelage véhicule hippomobile/monobrancard, entre deux points de fixation sur ledit véhicule. Un dispositif d'équilibrage réglable relie la partie centrale de l'anneau élastique au monobrancard.
D'autres avantages et caractéristiques de la présente invention apparaîtront à la lecture de la description détaillée suivante, faite en référence aux dessins annexés dans lesquels :

la figure 1 est une vue d'ensemble de côté, de l'attelage utilisant un berceau de traction selon l'invention,
la figure 2 est une vue de dessus du véhicule hippomobile et du monobrancard utilisant le berceau de traction selon l'invention,
la figure 3 est une vue de côté du dispositif de la figure 2,
la figure 4 est une vue représentant le positionnement du berceau de traction selon l'invention par rapport à l'anatomie du cheval;
la figure 5 est une vue de face (partie droite) du berceau de traction selon l'invention, et une vue de l'arrière (partie gauche),
les figures 6 et 7 représentent schématiquement les mouvements des épaules du cheval et ceux des- volets du berceau de traction, respectivement,
La figure 8 est une vue de dessus, agrandie, du dispositif amortisseur,
La figure 9 est une vue de devant montrant la fixation du harnais au berceau de traction.

Sur la figure 1, est représenté un cheval 3 attelé à un véhicule hippomobile 1 à deux roues par l'intermédiaire d'un monobrancard 2. Ce monobrancard repose sur le cheval par l'intermédiaire d'un berceau de traction 4, d'un collier 5, 6 et d'une sous-ventrière 7, ces deux derniers éléments constituant le harnais. Des rênes 8 permettent de guider le cheval de façon classique. Le berceau de traction 4 comporte deux arceaux 9,10 réunis à leur partie inférieure pour la jonction avec le collier 5 et s'écartant progressivement l'un de l'autre jusqu'à atteindre une distance maximum à l'aplomb du garrot du cheval, l'arceau arrière 10 vu de dessus (figure 2) présentant un rayon de courbure plus faible que l'arceau avant 9. L'arceau avant se trouve dans un plan peu écarté de la verticale tandis que l'arceau arrière est nettement oblique par rapport a ia verticale. Un pivot 11 solidaire du monobrancard 2 est monté sur un organe 12 (par exemple une plaque) reliant les deux arceaux 9 et 10, au niveau de leur écartement maximal et permet la libre rotation du monobrancard par rapport au cheval. Cette structure en double arceau du berceau est avantageuse du point de vue économique et du point de vue légèreté, mais pourrait être remplacée par une structure pleine, permettant de définir un axe arrière oblique, même non matérialisé.
Les rênes 8 passent chacune de chaque côte du berceau dans un œillet 14a sur l'arceau avant puis dans un œillet 14 (figure 2) situé sur l'arceau arrière puis toutes deux dans le même œillet 14b sur le monobrancard 2.

Le berceau de traction 4 prend appui sur le dos du cheval par l'intermédiaire de deux volets 15,16, montés tous deux sur l'arceau arrière 11, disposes de part et d'autre de la ligne médiane du dos du cheval et symétriques par rapport à cette ligne. Chaque volet prend appui dans le creux anatomique situé à l'arrière de l'omoplate 17 du cheval (figure 4) et la face interne du volet, en contact avec le dos du cheval est rembourrée et présente plusieurs convexités et concavités. Les volets 15, 16 ont de préférence une forme ovoïde présentant une pointe 22 et un gros bout 23, ce dernier constituant la base du volet.
Chacun des volets 15,16 est monté sur l'arceau arrière par l'intermédiaire de deux articulations par exemple de deux rotules 24 montées sur des tiges fixes 25, 25a. La tige 25a située à la partie supérieure du volet 15, 16 et la tige 25 à la base du volet sont montées en inversion, c'est-à-dire que la tige 25a est montée sur l'arceau et la rotule qu'elle porte repose sur le volet alors que la tige 25 est montée sur le volet et sa rotule repose sur l'arceau. La longueur des tiges fixes peut être modifiée par vissage ou dévissage de façon à permettre la fabrication standardisée de berceaux pour n'importe .quel dos de cheval.
Comme indiqué précédemment, chaque volet 15, 16 comporte sur sa face interne un rembourrage 26 sur une plaque de base 27, les deux étant conformés de façon à venir s'adapter à l’anatomie du cheval à l'arrière de l'omoplate de celui-ci. Pour ce faire, la face interne des volets en contact avec le dos du cheval est rembourrée et présente une section droite convexe, dans la zone centrale du volet, dans un plan perpendiculaire au plan de l'arceau arrière, les parties latérales du volet de part et d'autre de l'arceau présentant une section concave au plan de l'arceau, et une section droite concave dans la zone centrale du volet, dans un plan parallèle au plan de l'arceau, les parties supérieure et inférieure du volet présentant elles une section convexe dans des plans perpendiculaires au plan de l'arceau. Lorsque le cheval avance et quelle que soit son allure (pas, trot ou galop), ses épaules avancent alternativement et sont animées d'un mouvement représenté schématiquement sur la figure 6, par les flèches E-F. Du fait des articulations à rotules, les volets suivent les mouvements des omoplates du cheval en basculant, autour de l'axe reliant les deux articulations, vers l'avant lorsque c'est l'épaule correspondante qui avance et vers l'arrière lorsque celle-ci est en retrait. Ceci est représenté schématiquement sur la figure 7, par les flèches I et J, les points d'articulation étant symbolisés par les tiges 25 et 25a. Du fait du montage de la rotule de la tige 25a sur le volet, le mouvement de bascule à la pointe du volet est de moindre amplitude qu'à la base et ceci correspond au fait que l'amplitude de mouvement de l'omoplate du cheval est inférieure au niveau de la pointe du volet par rapport à celle existant à la base du volet.
Le berceau de traction 4 est maintenu en place sur le cheval par l'intermédiaire d'un collier 5, 6 et d'une sous-ventrière 7 (figure 9). Le collier est de préférence un collier de chasse de type américain ("breath collar"), c'est-à-dire un collier en deux parties latérales 5 réunies par un anneau et est monté de façon fixe par un dispositif classique de boucles à l'extrémité 28 de la partie commune des deux arceaux 9 et 10. Une courroie 6 est montée sur l'anneau du collier de chasse, passe entre les jambes avant du cheval et est réunie à l'aide d'un anneau ou tout autre dispositif à la sous-ventrière 7. Celle-ci est fixée par des attaches ou crochets 13a aux anneaux 13 (figure 5) prévus sur l'arceau arrière 10 entre les points d'articulation des volets. Pour atteler le cheval au monobrancard, il suffit de lui enfiler par la tête l'ensemble berceau et cellier et de venir ensuite mettre en place de chaque côté les crochets 13a de la sous-ventrière dans les anneaux 13 de l'arceau 10. Ceci assure le positionnement latéral du berceau sur le cheval, tandis qu'un culeron 29 relié également aux anneaux 13 assure le positionnement longitudinal du berceau.
Pour profiter au mieux de l'effort de traction du cheval, l'extrémité 28 des arceaux se trouve sur l'axe horizontal 20 passant par la base du cou du cheval et le collier de chasse se situe en majeure partie entre cet axe horizontal 20 et l'axe horizontal 21 passant par la pointe de l'épaule.

Le collier de chasse peut être remplacé par une bricole, pièce d'un seul tenant et traditionnellement utilisée pour la traction, mais l'effort du cheval s'effectue alors à la base du cou. On préfère donc utiliser un collier de chasse (utilisé pour les chevaux montés) avec lequel l'effort se répartit sur les deux épaules.

Le monobrancard 2 est relié au véhicule hippomobile 3 par un dispositif amortisseur et un dispositif d'équilibrage réglable que l'on décrira après une courte description du véhicule lui-même.

Ce véhicule est constitué par un châssis 30 monté sur deux roues 31 équipées de pneumatiques par l'intermédiaire de barres 32 et de suspensions 33. Un plancher 34, par exemple en treillis métallique (représenté sur la moitié du véhicule à la figure 2), permet à une ou plusieurs personnes de prendre place. Un siège 35 est prévu sur les montants arrière 36 de châssis (seule la structure de support du siège est représentée à la figure 2) de telle sorte que le poids du ou des passagers s'exerce essentiellement à la verticale (plan 37) de l'axe des roues 31 (figure 3).

L'extrémité arrière 38 du monobrancard 2 est fixée en 39 sur le châssis 30. Comme on le voit sur les dessins, la forme générale du monobrancard épouse celle du cheval et l'extrémité arrière 38 du monobrancard est oblique par rapport à la verticale. Un élément de support 40 est monté à l'avant du châssis 30. Cet élément 40 comporte deux parties latérales 41 sensiblement verticales et une partie centrale 42 horizontale sensiblement en arc de cercle ouvert vers l'avant du véhicule.

Cette partie en arc de cercle peut servir de poignée pour les passagers mais a essentiellement un rôle de support du dispositif amortisseur. Ce dispositif amortisseur 43 (représenté à plus grande échelle sur la figure 8) est constitué par un élément élastique 44 tendu, perpendiculairement à l'axe longitudinal du véhicule, entre les deux extrémités 45 de l'arc de cercle 42. Cet élément élastique est avantageusement constitué par un anneau en caoutchouc ou une bande de caoutchouc ou d'un autre élastomère repliée sur elle même, relié aux points 45 par des organes de fixation 46 traversant l'anneau; ces organes de fixation 46 peuvent être des tiges 47 à extrémité filetée traversant l'anneau et maintenues par des écrous 48, comme représenté sur la figure 8 à titre illustratif.

La partie centrale de l'anneau élastique 44 est comprimée entre deux rondelles 49 dans le trou central desquelles passe un axe 50 relié rigidement au monobrancard 2. L'extrémité 51 de l'axe 50 fixée au monobrancard est montée en rotation sur une plaque 52 fixée au monobrancard, (par exemple dans un trou de la plaque à l'aide d'un boulon) à peu près au même niveau que l'épaule du cheval. De cette façon, le mouvement alternatif saccadé de traction du cheval est transmis à l'élément élastique qui l'amortit pour que la voiture soit entraînée de façon continue, sans saccades.

L'axe rigide 50 a une longueur réglable par exemple du fait de son interruption par un élément du type ridoir qui permet de rapprocher ou d'écarter la plaque 52 de l'élément élastique 44. Ceci permet de régler l'équilibre de la voiture hippomobile en fonction du cheval, du nombre et du poids de passagers,... pour que l'avant du siège se trouve à la verticale du centre des roues (plan 37). Par ailleurs, le meneur a toujours la possibilité de modifier cet équilibre en se positionnant de façon appropriée dans le véhicule, en position assise ou debout, prenant appui sur la partie centrale du plancher 34, sur sa partie avant remontante ou sur l'une ou l'autre des parties latérales débordant au dessus des roues 31 (cf. fig.2).

Le véhicule hippomobile, le mono-brancard et le berceau de traction sont représentés sur les dessins comme étant faits en tube d'acier. C'est une solution simple et facile à mettre en œuvre, permettant une légèreté et une solidité adéquate tout en facilitant l'obtention des formes arrondies adaptées d'une part à la morphologie du cheval pour la partie mono-brancard et berceau de traction et d'autre part à l'exigence de maniabilité et de sécurité de la partie véhicule. En effet les parties latérales en arrondi, débordant au dessus des roues et inclinées vers le sol permettent à ce véhicule de s'effacer lorsqu'il heurte accidentellement un obstacle (pierre, arbre, ...).

A titre d'exemple, l'élément de rotation 11 peut être un roulement à billes fixé à la plaque 12 par quatre boulons mais d' autres dispositifs permettant de relier le berceau à un mono-brancard en assurant une libre rotation de celui-ci autour du point d'articulation sur le berceau peuvent bien entendu être envisagés.

Les éléments constitutifs du harnais, collier de chasse et sous-ventrière, sont construits et assemblés de façon classique, avec un rembourrage assurant le confort du cheval.
Bien entendu les dimensions du véhicule, du mono-brancard et du berceau sont adaptées à la taille du cheval. Toutefois du fait de la présence des volets articulés, on peut sans problème se contenter d'adapter ces dimensions au type de cheval utilisé (poney, double poney, cheval, ... ). Un dispositif tel que décrit ici permet une très grande liberté de manœuvre puisque le cheval a pratiquement la liberté de manœuvre d'un cheval monté et que la forme et la structure du véhicule lui permettent de passer presque partout (il suffit que le passage disponible ait la largeur du véhicule), sur route, en forêt, dans les champs, etc...


Les textes originaux du brevet...


Le même brevet a été déposé dans différents pays en 1989 (WO/1989/005748) et aux États-Unis en 1991 (US5076041A) ("Harnessing device for single shaft horse-drawn vehicle").

Dans une prochaine partie nous verrons d'autres brevets de systèmes proches de celui-ci, postérieurs mais aussi antérieurs à l'Équimobile...

lundi 18 janvier 2016

Porteur Forestier Hippomobile autoconstructible de l'Atelier Paysan

Arnaud Rostoll et Paul Deshayes (de l'Atelier Paysan) ont travaillé sur un porteur forestier hippomobile autoconstructible d'un modèle qui s'inspire de celui de notre porteur Suédois Ulvins (qui n'est malheureusement pas importé en France).

Ce porteur est très utilisé à Hippotese, c'est même le matériel qui tourne le plus entre les adhérents et qui a servi dans de nombreux chantiers de débusquage de bois de petites sections.

Voici une petite vidéo de présentation de leur prototype de porteur forestier hippomobile autoconstrucible.

Et quelques photos de détail...


Vue d'ensemble du porteur.


Vue du train avant du porteur.


Vue du train arrière du porteur.


Vue des brancards "Chevilatte".


Le porteur en mode "Arche de débuscage".


Les sauterelles sur l'arche.

L'Atelier-Paysan organise du 29 février au 3 mars 2016, à Valence, une formation à l'autoconstruction de ce Porteur Forestier Hippomobile.
Il est même possible de repartir avec son outil, plus de renseignements ici :
http://www.latelierpaysan.org/Outil-pour-le-debardage

Pour info, vous pouvez aussi retrouver une vidéo réalisée au chantier-école de Montdenis en 2013 avec le modèle Ulvins original qu'Hippotese a prêté à l'Atelier Paysan.


Débusquage au cheval en montagne, Hippotese 2013 par hippotese

samedi 28 novembre 2015

Porteur forestier suédois pour un cheval, de chez Osterby-Smedja (vu aux Pferdestark-2015)

Suite des retours de nos rencontres lors de la Pferdestark-2015 en Allemagne.

Deny Fady pour Hippotese a rencontré l'entreprise suédoise Osterby-Smedja qui fabrique des porteurs forestiers en traction animale.

NB : Ce matériel n'est pas sans rappeler le matériel SJM (http://www.yourvismawebsite.com/skog-mek-sjm) dont nous avons déjà parlé dans plusieurs billets, mais qui n'est pas importé en France.
On pourra aussi consulter le CR photos de l'AG 2011 de la FECTU en suède ici...

Mais revenons à notre interview chez Osterby-Smedja.
Le vendeur (Morgan Andersson ?) a accepté de nous présenter son porteur de débardage à cheval SV5 son arche et ses brancards de débardage.

L'interview est en anglais et tout le monde appréciera la qualité linguistique de mon "technical english" !
NB2 : On vous prépare une version sous titrée peutêtre bientôt...

Mais déjà quelques infos tirées des dialogues de la vidéo :

Les freins à disque (à l'avant) sont utilisables avec une pédale (adaptable au centre dans le trou prévu à cet effet) ou manuel (robinet presseur).
On peut adapter un plateau ou des sièges.
Les brancards (brancalonniers) sont indépendants et mobiles longitudinalement pour accompagner les mouvements du cheval (effet palonnier).

Les freins ne transmettent pas leur chaleur aux pneus (en effet, les tambours ne touchent pas les jantes) et donc on peut freiner pendant des heures.
Les essieux arrières sont montés sur boggie pour absorber les irrégularités du terrain.
Le porteur pèse 260 kg à vide avec les freins (et 250 kg sans les freins).
Le porteur peut transporter une charge de 2 tonnes.
Le prix du porteur est de 5600 € HT et 7000 € TTC
Le transport depuis la Suède vers la France est de 800 € (le porteur arrive tout monté sauf les brancards).

L'arche de débuscage coûte 600 € (640 € avec une chaîne).
Le brancard-traîneau coûte 350 €

L'interview complète en vidéo...


Porteur-forestier suédois pour un cheval... par Deny-Fady-Hippotese

Pour infos complémentaire, voici le retour d'une demande de tarif, faite par Maurice C. à l'entreprise Osterby-Smedja (en octobre 2015)
Traduction approximative : Deny Fady.

Question :
Hello,

Can you tell me the prices for a SV5 and its differents options ?
Options : Flat bed, Footrest, Loading arm, Pole, Seat, Toolbox
Best regards, Maurice Callendret

Réponse de Morgan Andersson, Österby Smedja :

The prices are without the Swedish sales tax of 25% (TVA). If you have a TVA number, you don´t pay the taxes.

SV5 Terrain wagon SEK 57200 x 0,106980 = 6120€
Steel bed (plateau métallique) SEK 6000 x 0,106980 = 642€
Seats (banquette) SEK 3500 x 0,106980 = 375€
Drivers bench, adjustable, (siège meneur ajustable) SEK 8058)x 0,106980 = 862€
Footrest is included in both above (le repose-pied est inclue dans les 2 options précédentes)
Loading arm (bras de chargement, ranchés (?)) SEK 7000 x 0,106980 = 750€
Pole (timon) SEK 5500 x 0,106980 = 588€
Toolbox (boîte à outils) SEK 2000 x 0,106980 = 214€
Loading skids (rampes de chargement) SEK 2500 x 0,106980 = 267€

Total : 8800€, sans l'option plateau métallique

Seats and bench kit also includes brake pedal (la banquette ou le siège incluent la pédale de frein)
When ordering a product, you will recive an invoice of the whole amount. (quand vous commander un produit, vous recevez une facture du montant total)
You pay 30% of the amount as a deposit. The rest you pay just before the wagon is shipped. (vous payez 30 % du montant à la commande et le reste juste avant que le chariot soit envoyé).
The wagon is shipped fully mounted, except for the shafts. (le chariot est expédié tout monté sauf les brancards)
Shipment cost to France is 800 €. (le transport vers la France est de 800 €)

Best regards
Morgan Andersson
Österby Smedja
+46702241621
www.osterbysmedja.se info@osterbysmedja.se


lundi 7 septembre 2015

Le collier suisse simplifié pour les bovins dans les pays en voie de développement de Waclaw Micuta

Titre original : The Swiss collar for developing countries (Le collier suisse pour les pays en voie de développement) de Waclaw Micuta, (Traduction de Deny Fady).

Ce billet qui fait suite à mon billet sur un attelage de 2 vaches Grises Rhétiques est la traduction depuis l'anglais d'un article de Waclaw Micuta, diffusé sur le site de la FAO (voir l’article original ici).

Cet article date de 1985 et n'a pas pris une ride... Quarante ans plus tard, les pays en voie de développement ont encore plus de difficulté à résoudre leur crise alimentaire... Avec les conséquences que l'on sait... Et nous n'avons sans doute pas su les aider ni leur montrer l'exemple... Cet article donnera, je l'espère, envie aussi à certains, de fabriquer leur propre colliers pour leur âne ou leurs vaches... Tenez-nous au courant de vos essais...

''NB1 : Comme je n'ai pas trouvé sur le web de traduction française de qualité, j'ai décidé de faire la mienne...
Il y a encore sans doute des fautes que vous m'aiderez à corriger (mél à Hippotese ou contact).''

NB2 : Comme vous pourrez le lire ci-dessous dans la bibliographie, il existe un document (FSERTR. 1940. Guide de l'attelage du bétail bovin. Berne, Suisse, Fédération suisse d'élevage de la Race Tachetée Rouge) qui a, semble t-il, été largement diffusé (en français) en Suisse... Si l'un de nos amis helvétiques en connaît un exemplaire, je me ferai une joie de le diffuser ici...

Plan de l'article :

Harnais
Principaux types de harnais de traction
Colliers
Conclusion
Épilogue

W. Micuta

Waclaw Micuta est directeur de la Fondation Bellerive à Genève et son adresse est : Renewable Energy Development Institute (REDI) (Institut de développement des énergies renouvelables), 5 rue du Vidollet, CH-1202 Genève, Suisse.

Un certain nombre de pays en voie de développement, particulièrement en Afrique et en Asie, sont aujourd'hui confrontés à une crise alimentaire. La production agricole est incapable de suivre la spirale de la croissance de la population. Les seuls moyens de remédier à cette situation et d'éviter de plus en plus de famines avant la fin du siècle, est d'augmenter la productivité agricole. Ceci à son tour appelle à une augmentation parallèle de la fourniture d'énergie aux populations rurales. Si nous ne sommes pas en mesure d'augmenter la production d'aliments cultivés localement par habitant, nous pouvons malheureusement prévoir la poursuite de la famine et de la faim.

La grande majorité des agriculteurs dans les pays en développement travaillent de relativement petites parcelles de terre. Outre la force de leurs propres muscles, ils ont généralement à leur disposition une seule autre source d'énergie économique et accessible - la traction animale. Une récente estimation de la FAO suggère que, dans les 15 à 20 prochaines années, il sera nécessaire de doubler l'offre actuelle d'énergie pour la traction agricole. Une telle augmentation vertigineuse va appeler clairement à redoubler d'efforts pour améliorer l'efficacité de l'énergie en traction animale - un problème auquel peu ou pas d'attention a été accordée dans la majorité des pays en développement. Même dans les zones où les animaux de trait sont d'usage courant, les harnais inefficaces infligent continuellement sur les malheureuses créatures une torture quotidienne au cours de laquelle seulement une partie de leur potentiel de puissance est exploité. Habituellement, ils travaillent sous des jougs cruels. Leur espérance de vie au travail est considérablement réduite en conséquence et ils produisent peu de viande, de lait ou de fumier, tandis que leur capacité de travail est sous utilisée.

Un grand nombre de problèmes connexes doivent être abordés sans délai si la situation doit être améliorée. Par exemple, il est essentiel de traiter (et améliorer) des questions telles que l'élevage traditionnel, l'alimentation et des services vétérinaires. Un gros travail doit également être entrepris pour accroître l'efficacité des outils et des véhicules agricoles à traction animale. Le présent article, cependant, se réfère à un seul problème, à savoir : l'utilisation efficace des animaux de trait.

Harnais

Un harnais est un dispositif adapté sur un animal qui permet d'utiliser sa puissance et de fournir un travail moteur. Pour répondre aux exigences de traction, les caractéristiques d'un bon harnais sont : un bon angle de la traction, une pression de contact faible, une position de travail adaptée et un poids réduit.


1. L'angle de traction avec un joug


2. Un collier pour les bovins développés en Suisse durant la Seconde Guerre mondiale


3. Vache suisse harnachée avec un collier suisse (simplifié)

L'angle de traction

Les charges sont tirés au moyen de traits qui relient la charge à l'animal. L'angle entre le trait et la ligne horizontale au point de fixation à la charge (voir la figure 1) est appelé l'angle de traction. Cet angle doit être aussi faible que possible de manière à utiliser la puissance de l'animal à son maximum. Idéalement, il devrait y avoir un angle nul. Néanmoins, ces angles apparaissent, par exemple, lorsque les animaux sont attelés à des chariots relativement hauts et que les traits sont parallèles au sol. Comme l'angle augmente, la force de traction est divisée au point de fixation de l'animal. Une partie de la force (R) est gaspillée dans le processus de tirage et se transforme en pression (verticale) et en inconfort pour l'animal. A titre d'exemple, si un taureau est attelé à un joug et que l'angle de traction est de 30 °, la pression verticale sur l'animal peut atteindre jusqu'à 50 kg f. Ce calcul ne prend pas en compte le poids du joug lui-même, qui peut atteindre environ 10 kg par animal.

La pression de surface

L'efficacité d'un harnais est fortement influencée par la façon dont il épouse le corps de l'animal. Avec un joug traditionnel (sur les cornes) ou un joug monté sur le cou, la surface de contact avec le corps de l'animal est seulement d'environ 200 cm². Si l'animal développe 100 kg-f, chaque centimètre carré de la surface de traction sera soumis à la pression dans la région de 500 g-f. Les chocs et les a-coups lors des travaux vont encore augmenter cette pression. Il en résulte une gêne considérable entraînant des maladies de la peau et des plaies ouvertes. Il est peu surprenant que les animaux attelés de cette façon soient incapables de développer pleinement un travail efficace sans souffrir.

Avec un collier bien conçu et bien rembourré pour taureaux, la surface en tirant sur chaque épaule peut facilement être augmentée à 600 cm² - soit un total de 1 200 cm² sur les deux épaules. La pression sur chaque centimètre carré du dos de l'animal peut ainsi être réduit par un facteur de six. Ceci, avec la fourniture de rembourrage, permet à l'animal de travailler plus efficacement et sans souffrance.

La position de travail

Un harnais efficace doit être conçu de sorte que l'animal puisse utiliser son corps d'une manière naturelle. Placer un joug sur la tête ou le cou d'un animal l'oblige à modifier sa position normale et le contraint aussi à courber sa colonne vertébrale afin de maintenir le joug en place. Souvent, les animaux adultes sont incapables de le faire et ne peuvent pas travailler. En dehors des considérations de posture, attacher les animaux par le cou ou la tête est cruel en ce qu'il les expose à de considérables souffrances inutiles lorsque les charges sont tirés sur un terrain accidenté. Les chocs continuels qui se produisent lors de tels travaux sont transmis directement à des parties très vulnérables du corps.

Le poids du harnais

Naturellement, le harnais devrait être aussi léger que possible. Ceci étant dit, les colliers de chevaux, perfectionnés au fil des siècles, par exemple, en Europe et en Amérique du Nord, sont relativement lourds. Ceux qui étaient conçus pour les travaux durs pesaient environ 20 kg. Néanmoins, en utilisant des matériaux modernes, il est maintenant possible de réduire considérablement ce chiffre (Jussiaux, 1976).

Principaux types de harnais de traction

Beaucoup de harnais différents ont été fabriqués par les éleveurs de bétail à travers les âges.

Il est, bien sûr, également possible d'harnacher des chevaux à l'aide d'une bande sur la poitrine (bricole). Cependant, cette méthode est seulement appropriée aux travaux légers, sinon la bricole tend à blesser l'animal et compresse les vaisseaux sanguins et la trachée. Pour cette raison, les colliers de chevaux ont été généralisés diversifiés et perfectionnés au fil des siècles. Les colliers de chevaux répondent à tous les critères d'un bon harnais comme décrit précédemment. Les jougs sont principalement conçus pour faciliter le contrôle de l'animal. Ils sont aussi relativement peu coûteux et facile à fabriquer. Malheureusement, l'utilisation efficace de la puissance de traction et le confort de l'animal ne sont presque jamais pris en compte.

Les colliers

Les avantages importants à l'utilisation du collier d'épaule au lieu du joug sont universellement reconnus. En 1920, en testant les harnais à Grand-Joran, France, Ringelmann a établi qu’un bœuf équipé d'un collier pouvait accomplir la même quantité de travail que deux bœufs attachés à un joug (Larousse Agricole, 1921). De même, dans les années 1950 M. Jean Garnier a démontré en Asie du Sud que le harnachement en collier a augmenté la force de traction des buffles de 50 pour cent.

Il est généralement admis que le meilleur harnais jamais appliqué à des animaux est le collier de cheval. On date sa première apparition en Europe au XIe siècle, mais on ne sait pas si il a été inventé sur ce continent ou a été rapporté d'Orient par les tribus mongoles.

Dans la plupart des régions, le harnais à collier a été employée exclusivement avec les chevaux, qui ont joué un rôle de plus en plus important, montés ou comme animaux de trait.

Il est curieux de constater que le collier, en dépit de ses qualités reconnues, ai été réservé presque exclusivement aux chevaux à travers les siècles. Il ne fut pas, par exemple, adapté aux bovins (menés au joug) ou à d'autres animaux de trait tels que les ânes et les chameaux (qui sont restés en bricole). Même en Europe, les bovins ont traditionnellement principalement été soumis à des jougs cruelles et inefficaces.

Une exception notable à cette règle est la Suisse, où les agriculteurs ont fait adapter le collier de cheval aux bovins.

Ces colliers bovins sont habituellement désignés comme des colliers "de Berne" (figures 2 et 3). La conception a été fortement influencée par celle du collier de cheval et notamment le rembourrage prévu autour du corps de l'animal. Cela a permis aux agriculteurs non seulement d'accroître l'efficacité de l'attelage des animaux, mais aussi de pouvoir utiliser les chevaux et les bovins ensemble dans la même attelée - un avantage important pour les agriculteurs qui ne pouvaient se payer qu'un seul cheval.

Contrairement à une croyance populaire perpétuée par l'utilisation du joug, les bovins ne tirent pas mieux de la tête ou du cou. Au contraire, leur force de traction, comme celle des chevaux et même celle des êtres humains, vient des épaules (voir Figure 4).

La conception du harnais en collier suisse pour les bœufs a été grandement simplifiée au cours de la Seconde Guerre mondiale, quand un grand nombre de chevaux de trait ont été réquisitionnés par l'armée. Comme les tracteurs étaient rares et le carburant sévèrement rationnée, les agriculteurs se sont retrouvés avec les bovins (principalement des vaches) comme principale source d'énergie pour les travaux agricoles et les transports. Face à cette situation, les autorités suisses ont invité la Fédération Suisse d'Élevage de la Race Tachetée Rouge (FSERTR) à mener des recherches visant à améliorer et à simplifier le collier traditionnel bovin et à former les agriculteurs à l'utilisation correcte des bovins pour les travaux agricoles.

L'étude de la fédération a été publié (FSERTR, 1940) et largement distribuée aux agriculteurs et aux bourreliers. La nouvelle forme de collier qui a résulté de la recherche est une variation importante (par rapport à la forme) du collier de cheval (voir la figure 2). Seulement les épaules de l'animal sont protégés par deux pads rectangulaires, tandis qu'un troisième coussin (en garrot), fixé entre les deux attelles, sert à maintenir le collier dans la bonne position sur le cou.

Il est généralement admis que le collier de trois pads développé en Suisse pour les bovins est une très bonne chose. Cependant, il a souvent été considéré comme trop coûteux et trop difficiles à produire dans les pays en voie de développement. Par exemple, Barnwell et Ayre (1982) affirment que le collier de trois pads offre les avantages d'un harnais à collier complet, mais il est relativement complexe et coûteux à produire.

L'auteur W. Micuta a donc commencé une recherche sur les moyens d'adapter le collier suisse aux conditions qui prévalent dans le monde des pays en voie de développement. L'objectif de ses recherches est de préserver la valeur fonctionnelle du collier suisse tout en simplifiant sa conception, en réduisant ainsi le coût de production, de manière à le rendre accessibles aux communautés les plus pauvres du monde.

Les composants de base du collier sont les attelles et les pads - les deux pouvant facilement être produits à partir de matériaux locaux disponibles.

Les attelles sont formées à partir de deux morceaux de bois qui sont taillées pour épouser les contours de l'animal. Elles doivent être fabriquées à partir de bois dur, mais élastique, tel que celui utilisé pour la fabrication locale des manches pour les outils agricoles, comme les haches et les houes.

Il est essentiel que les attelles épousent (la forme de) l'animal afin d'assurer un maximum de confort. Pour les bovins, qui trottent rarement, les attelles sont placés plus écartés en bas. Pour les animaux qui trottent occasionnellement, comme les ânes, les attelles peuvent être un peu fermées autour de la poitrine de manière à fournir une stabilité accrue.

Les épaules des animaux de trait doivent être bien protégés contre la pression des attelles - d'où l'importance des pads. Traditionnellement, ces coussins sont fabriqués à partir de cuir, mais il n'y a aucune raison pour lesquelles ils ne devraient pas être fabriqués à partir de tout tissu disponibles. Par exemple, les sacs de jute (notamment les sacs de farine) disponibles dans tous les pays en voie de développement offrent une bonne solution.

L'adoption du collier suisse simplifié

Le collier simplifiée a été donnée à plusieurs agriculteurs suisses qui continuent à utiliser quotidiennement les bovins pour leurs travaux agricoles. Ils ont utilisé le collier tous les jours pendant ces trois dernières années et il leur a donné entière satisfaction. Les colliers n'ont pas encore montré de signes de détérioration, même si le reste du harnais a dû faire l'objet de réparations mineures environ une fois par an.

Le nouvel équipement a les mêmes qualités fonctionnelles que le collier suisse de Berne traditionnel, mais est plus léger, plus facile à produire et beaucoup moins cher.

Les figures 5 et 6 montrent deux vaches - l'un harnachée avec le collier de Berne et l'autre avec le nouveau modèle décrit dans cet article. Dans des conditions de travail, les deux colliers offrent performance et confort similaires.

Au début de 1982, le premier bourrelier a été formé au Rural Stove-making Centre créé par The Bellerive Foundation au village de Ruthigiti (Karat) à coté de Nairobi, Kenya. Le nouveau harnais a été fabriqué localement et utilisé sur un âne attelé à une charrette qui a été utilisés pour livrer les cuisinières fabriquées sur place, aux familles des environs. Ce harnais a été immédiatement apprécié et adopté par la population locale.

Le nouveau harnais a ensuite été adopté par le révérend Daniel Schellenberg au nom de la Mission Baptiste du Kenya. L'auteur et un autre consultant de la fondation Bellerive, Emil Haas, ont formé des personnes handicapées du Salvation Army Centre, à Thika, aux compétences nécessaires àla production de boucles, anneaux, chaînes et autres fournitures. Le centre fut bientôt en mesure de commencer la production à petite échelle et, avec l'aide de la Mission Baptiste, à la fin de 1982, le nouveau collier a été utilisé sur des ânes dans plusieurs villages de la région de Thika (figure 7).

En Février 1983, une unité de fabrication de harnais a été créée au sein du Agricultural Engineering Department of the University of Nairobi. Cette étape a été rendue possible grâce à l'aimable coopération et le soutien du président de ce département, Gichuki Muchiri. Pour mettre la nouvelle unité en route, les outils de base nécessaire à la fabrication des harnais ont été fournis et un bourrelier local, Nemehia Kariski, qui avait été formé l'année précédente à Ruthigiti, a été embauché. L'auteur a montré les techniques nécessaires à l'adaptation des colliers sur les différents animaux de trait, notamment les taureaux zébus (figure 8) et les ânes. La responsabilité de l'unité a été confiée à M. Dibbits, professeur adjoint parrainé par la Dutch Technical Assistance.

L'expérience récente de la Fondation Bellerive au Kenya confirme les avantages significatifs du harnais en collier. Rev. Schellenberg a estimé que "Avec le nouveau harnais nous pouvons pousser les gens à vendre un taureau (sur deux) tout en continuant de labourer et de désherber efficacement, ce qui leur permettra de doubler leur rendement» (The Friend, 1983).

Dibbits pense que deux ânes attelés avec le collier suisse pourraient labourer un sol léger aussi bien que deux bœufs de travail au joug.

En dehors de fournir a augmenté la traction, il ne faut pas oublier que le nouveau harnais élimine également les souffrances causées par les techniques de harnachement inefficaces qui prévalent dans les pays en développement. Les vies de travail utiles animaux de trait sont donc prolongée et ils produisent plus de viande et de meilleure qualité, le lait et le fumier.


4. L'angle de traction avec un collier


5. L'auteur travaillent en Suisse avec deux vaches : avec un collier traditionnel (à droite) et le collier simplifiée (à gauche)


6. Une vue rapprochée du collier bovin traditionnel (à droite) et du collier simplifiée (à gauche)


7. Âne Travaillant Avec le collier suisse simplifié au Kenya


8. Deux taureaux zébus travaillant avec le collier suisse simplifié au Kenya


9. Les Attelles


10.Les pads ou coussinets

La fabrication locale du collier suisse simplifié

La fabrication du nouveau harnais ne requiert pas un haut degré de compétences, ni des outils sophistiqués ou des matériaux rares. Il peut facilement être produit dans un village africain ou asiatique par les bourreliers locaux qui ont subi une formation de quelques mois.

À condition que la production soit bien organisée et que les bourreliers locaux soient régulièrement approvisionnés avec les fournitures nécessaires à un prix raisonnable, il n'y a aucune raison pour que le nouveau harnais ne soit pas fabriqués à un coût adapté aux moyens financiers des utilisateurs potentiels.

Sur la base de son expérience à ce jour, l'auteur estime que les principales difficultés techniques rencontrées dans la conception et le développement d'un type de collier harnais simple, pour les pays en développement ont maintenant été surmontées. Une expérience suffisante a été acquise dans les conditions du terrain pour envisager de promouvoir le collier suisse simplifié dans d'autres pays en voie de développement. Pour atteindre cet objectif, il est maintenant nécessaire de concentrer l'attention sur la formation professionnelle des bourreliers locaux (le métier est pratiquement inconnu dans de nombreux pays en voie de développement) qui vont produire et réparer les harnais. Des mesures devront aussi être prises pour réduire le prix des composants tels que les pièces métalliques qui ne sont pas toujours disponibles dans tous les villages du monde.

Conclusion

Il est essentiel d'encourager une nouvelle approche à l'égard du traitement des animaux de trait. Les agriculteurs européens traitent leurs animaux comme des amis - presque comme des membres de leur famille. Ils sont bien entretenus et pris en charge et ne sont jamais surchargés de travail. Les humains et les animaux doivent former une équipe et, comme c'est le cas avec le collier suisse, la tête et le cou de l'animal doivent être libres pour éviter des traitements cruels. Le collier suisse devra, par conséquent, être introduit auprès des gens qui sont prêts à comprendre, respecter et chérir leurs animaux.

Épilogue

Les lignes directrices suivantes doivent être suivies pour la fabrication du collier Suisse simplifié.

Les composants de base du collier sont les attelles et les pads - les deux pouvant facilement être produits à partir de matériaux disponibles localement.

Les attelles. Les attelles sont formées à partir de deux morceaux de bois, de forme étudiée pour épouser les contours de l'animal (voir la figure 9). Elles doivent être fabriquées à partir de bois dur, mais élastique, par exemple, le bois utilisé localement pour la fabrication des manches d'outils agricoles tels que des haches ou des houes. Il est important de veiller à ce que le fil du bois suive la courbe (bois de forme), car cela renforce les attelles. Si le fil ne suit pas la courbe, ou court dans la direction opposée, les attelles peuvent se briser - en particulier sur les parties où les traits sont attachés ou lorsque la courbe est plus accentuée.

Dans le passé, les bourreliers recherchaient les pièces de bois avec des courbes naturelles pour construire les attelles. Plus tard, ils ont appris à plier les sections droites, en utilisant la chaleur ou la vapeur (la même technique est, bien sûr, utilisée par les charrons).


11. Remplissage du pad ou coussinet


12. Remplissage de la "saucisse"


13. Fixation des coussinets sur les Attelles


14. Fixation de la "saucisse" sur l'attelle

Si un bois de bonne qualité est utilisé, l'épaisseur des attelles ne doit pas dépasser 3 cm pour les bovins et 2 cm pour les ânes. Si le bois est moins satisfaisant, l'épaisseur devra probablement être augmentée pour compenser. Bien que le bois de bonne qualité est toujours souhaitable, l'auteur a découvert, au cours des essais sur le terrain, que des harnais satisfaisants peuvent être fabriqués, même si le bois n'est pas idéal à tous égards.

Afin que les attelles soient bien ajustées, les contours de l'animal dans sa posture debout normale doivent être soigneusement mesurés. Cette tâche peut être facilitée par l'utilisation d'un fil de cuivre, plié le long du corps de l'animal pour reproduire la forme exacte. Une solution encore meilleure, quand elle est possible, est d'utiliser une bande de caoutchouc comme celle utilisée par les ingénieurs pour mesurer les courbes.

La mesure doit commencer dans la partie supérieure du cou, juste en face de la pointe de l'épaule. Les contours enregistrés avec le fil de cuivre ou la bande de caoutchouc sont reportés sur une feuille de papier et le bois est ensuite coupé en conséquence. Il est à noter que la largeur des attelles doit être plus grande dans la partie centrale où les traits sont attachés. Comme un arc, l'épaisseur est dégressive en haut et en bas et les extrémités sont incurvées vers l'extérieur pour fournir de solides points d'ancrage aux lanières de cuir (en haut) et à la chaîne (en bas) qui maintiennent les deux attelles ensemble (figure 9).

Les pads. Traditionnellement ils sont fabriqués à partir de cuir, mais il n'y a aucune raison pour qu'ils ne soient pas fabriqués à partir de tout tissu disponible. Par exemple, les sacs de jute (notamment les sacs de farine) disponibles dans tous les pays en voie de développement, offrent une bonne solution.

Le matériau choisi est plié et découpé, comme indiqué sur la figure 10 et ensuite cousu à la main ou à la machine. Une ligne de couture est faite à 6 cm du bord inférieur (plus large) du pad pour créer un compartiment en forme de petite saucisse qui servira à fixer le pad à l'attelles. Le matériau est ensuite retourné à l'envers et rempli de tout matériau de remplissage approprié qui est disponible localement (figures 11 et 12). Le matériau choisi doit être "élastique" de sorte que le tampon ne sera pas aplatit pendant le travail. Un des meilleurs matériaux de remplissage est fait de poils d'animaux, élastiques à la pression et qui laissent transpirer. Il y a, cependant, un certain nombre de matériaux végétaux qui pourraient servir aussi bien. Les fabricants de matelas locaux peuvent être une source utile d'information sur les matériaux de rembourrage appropriées, qui comprennent le carex des sables ainsi que des fibres de palmiers, d'agaves, de noix de coco ou le sisal. Le coussin inférieur, en forme de saucisse, doit être rempli avant le corps principal. Une fois le remplissage achevé, les bords du tampon peuvent être cousus. Le coussin supérieur est ensuite repliée (voir figure 10) et cousu vers le bas.

La fixation de la garniture à l'attelles nécessite une certaine habileté de la part du bourrelier. Des lanières de cuir sont passées entre le coussin et le corps principal du pad, par des trous percés dans l'attelle et attachées avec des noeuds (figures 13 et 14).

Les traits sont attachés aux attelles au moyen de deux trous forés dans l'attelle au niveau de l'épaule de l'animal.

Bibliographie

Barnwell, I. & Ayre, M. 1982. The harnessing of draught animals. Intermediate Technology Pub.

FAO. 1982. Proc. Expert Consultation on the Rational Use of Animal Energy in Africa and Asia. Rome, FAO.

FSERTR. 1940. Guide de l'attelage du bétail bovin. Berne, Suisse, Fédération suisse d'élevage de la Race Tachetée Rouge.

Jussiaux, M. 1976. Le cheval. Paris, Hachette.

Larousse Agricole. 1921. Joug. Paris, Larousse.

The Friend. 1983. 14 Octobre 1983.

dimanche 6 septembre 2015

Attelage de 2 vaches Grises Rhétiques au Pferdestark 2015

Comme promis, voici un des premier billet sur notre compte-rendu du PferdeStark 2015...

Et une fois n'est pas coutume, nous allons parler de vaches attelées (en collier)...

Ces vaches étaient présentées par Gerhart Döring et sa femme et venaient de Weißenborn (commune de Saxe, à l'est de l'Allemagne).

Il s'agit ici d'un couple de petites vaches de race "Grise Rhétique" (rätisches Grauvieh en allemand), c'est une race bovine suisse originaire du canton des Grisons, à l'est de la Suisse, on la trouvait autrefois dans une grande partie des Alpes orientales.

Elle porte une robe grise aux nuances dégradées de blanc presque pur au niveau des oreilles et du front, au gris ardoise foncé presque noir au garrot. Le taureau est brun gris plus foncé au garrot. Ses muqueuses sont sombres, mais le mufle est entouré d'une auréole claire. Elle porte des cornes torsadées vers l'extérieur.

C'est une petite race. La vache mesure 116-123 cm pour 350-500 kg et le taureau 120-128 cm pour 500-700 kg.

C'est une race classée à triple destination. Elle donne un lait riche en matière sèche, une viande de qualité et fournissait autrefois son travail. Elle est rustique, bien adaptée à son environnement montagnard, a une bonne longévité et transforme bien le fourrage parfois grossier des alpages de sa région. Elle tire mieux profit que la brune (Brune des Alpes, race suisse, à ne pas confondre avec la Tarine, race savoyarde) des environnements difficiles.

(Sources wikipédia, Grise Rhétique)


Les Grises Rhétiques attelées à la Kassine de Prommata...

Nous allons maintenant vous présenter le chariot et les colliers :


On peut remarquer que ce chariot a de grandes roues à l'avant et que l'essieu directeur ne peut pas passer sous le châssis, le rayon de braquage est donc très grand et le chariot peu manœuvrant...


Le chariot est muni d'une mécanique (accessible sous le plateau à l'arrière) qui commande, en friction, des patins sur les bandages des roues...


Le chariot dispose d'une ridelle arrière amovible et d'un plateau dépassant largement la longueur des ridelles latérales, sans doute pour servir de siège au meneur (ou à son aide), même si le chariot est chargé...


Détails des colliers...


Détails des colliers...


Détails des colliers...


Détails des colliers...

NB : Nous avons déjà un peu parlé sur le blog des colliers de vaches de modèle suisse...

Ici (photo-insolite-de-vache-ou-boeuf-tirant-un-traineau)

Ici (photos-de-boeufs-de-travail-suisses-en-collier)

Et ici (jeu-hippotese-n1-attelage-de-boeufs-de-travail-les-resultats)

Et nous en reparlerons dans un prochain billet quelques indications de fabrication (pour ceux qui sont curieux ou bricoleurs)...

Quelques autres photos de l'attelage et une petite vidéo du harnachement...


Pferdestark-2015-vaches-attelées par hippotese

vendredi 24 juillet 2015

Trépigneuse à 2 chevaux présentée au Pferdestark 2013 par l'IGA...

Je vous passe aussi une petite vidéo que j'avais faite sur une trépigneuse à 2 chevaux (de marque Athens) qui entraînait une scie à ruban et une fendeuse à inertie de marque SuperSplit.

Les chevaux qui sont visiblement sur le tapis roulant pour la première fois, s'habituent très vite à la besogne.


Trépigneuse à 2 chevaux au Pferdestark 2013 par hippotese

Ce matériel était présenté par l'IGA (InteressenGemeinschaft Arbeitspferd)

L'IGA (groupe d'intérêt pour le cheval de travail) est une association de traction animale et qui est basée en Basse Saxe (nord de l'Allemagne) dans l'arrondissement du Comté de Bentheim.

L'objectif statutaire de l'association est de préserver et promouvoir le cheval de travail issu du patrimoine agricole et de créer un écomusée utilisant les chevaux.

Si vous êtes nul comme moi en allemand, vous pouvez utiliser les services de Google translate pour aller sur leur site web...

Si j'ai bien compris, ils ont acheté une trépigneuse Athens aux États Unis grâce à l'aide d'une fondation allemande (Grafschafter Sparkassenstiftung)...

La doc officielle (PDF) de la trépigneuse Athens Horse Treadmills fabriquée aux États-Unis.

Le site officiel de Athens Horse Treadmills

La page des essais de l'IGA sur le web : http://www.arbeitspferd.org/Tretmuehle_index.html

Le document PDF en allemand, (tiré de leur site) qui explique les modifications du tapis réalisé par l'IGA.

Apparemment, L'IGA a aussi testé une trépigneuse à 1 cheval : https://www.youtube.com/watch?v=QmID7-_qXto

samedi 27 juin 2015

Transporter 2 balles rondes avec un âne et 2 brouettes porte-balle transformées (suite)

Ce billet, proposé par Philippe Gérard de Clomot (Côte d'Or), fait suite à son précédent billet de 2013...

Philippe a fait un gros travail d'explications pédagogiques sous forme de vidéos et textes pour nous faire partager son expérience d'utilisation des brouettes porte-balle.

Les foins sont là et certains pourront peutêtre expérimenter des brouettes porte-balle autoconstruites...
N'hésitez pas à partager vos expériences avec nous...


brouette-porte-balle par hippotese

Philippe a aussi réalisé, pour nous, un schéma coté de la brouette et des explications constructives :

Voici le croquis coté de la brouette initiale, elle est entièrement faite en tube de 30 mm de diamètre.

Sur ce croquis, le trait représente l'axe du tube, la largeur de la brouette est de 72 cm.

Les côtés sont faits dans un seul tube cintré à la demande de A à A, sans doute sur un gabarit et à chaud (il y a quand même 8 cintrages...).

Il est important que AB soit perpendiculaire à CD pour une bonne verticalité de la brouette au moment de la prise de balle.

Sur ABD et C, le tube est doublé d'un fer plat de renfort (plus large) qui évite l'enfoncement, il faut bien garder les pattes en forme de ski, surtout si le basculement est réalisé par un animal attelé, la brouette est alors un peu traînée.

Il faut aussi conserver l'arrondi des « poignées » pour la traction humaine, il permet aux mains de bien s'accrocher sans serrer.

L'essieu est fixé à 94 cm du point C, il faudra peutêtre tâtonner un peu pour trouver l'emplacement idéal.

Il est sans doute judicieux de fabriquer une flèche articulée qui permette le basculement puis le transport en se verrouillant... (voir sur la vidéo).

Plan de la brouette porte-balle en pdf (3,6 Mo)

Retour après utilisation printemps 2013 et hiver 2013/2014 :

Au printemps 2013.
J'ai transporté 43 balles rondes de foin et quelques balles de paille de cette façon du 20 janvier à la mise à l'herbe, j'étais plutôt satisfait. Il y a eu quelques soucis quand même, bien sûr :
- j'ai renversé deux fois une brouette chargée en traversant une ornière et un trou, la largeur de la voie (limitée à l'origine pour ne pas dépasser la balle et permettre le passage dans les portes étroites des anciennes étables, 0.90 m) étant insuffisante pour un transport "tout-terrain".
- à la 20ème balle, le roulement d'une roue a rendu l'âme (elle avait alors fait chez moi 60/70 km sur route dont la moitié en charge...).
J'ai donc changé essieu (1.25 m hors tout) et roues (roulement à billes). J'ai ajouté aussi une planchette qui évite le frottement de la balle sur la roue.

Uranie a aussi transporté 33 balles des prés vers la grange au moment des foins. J'ai également mis une béquille-patin fixe sous la flèche qui permet de poser celle-ci sans précaution et sans risque de remplir l'attelage-boule de terre.

J'ai aussi, dès le début, collé une bande réfléchissante zébrée rouge et blanche à l'arrière de la brouette pour que les voitures comprennent d'emblée qu'elles arrivent derrière un véhicule atypique.

Hiver 2013/2014.
Pour préparer l'hivernage suivant, j'ai voulu améliorer deux choses : transporter deux balles rondes d'un coup (c'était mon objectif initial) et améliorer le chargement, pour passer directement par basculement de la brouette dressée à la brouette attelée, comme lorsqu'on relève la caisse d'un tombereau qu'on vient de benner en faisant avancer l'animal.

Il fallait :

1) Trouver une deuxième brouette, j'en connaissais une chez un agriculteur retraité qui a bien voulu me la vendre (50 €). J'ai donc équipé les 2 brouettes d'une boule à l'arrière pour les accrocher en train (cette boule ne doit pas dépasser l'axe des roues pour une question d'équilibre).

2) Faire une flèche articulée et amovible qui puisse s'atteler à l'avant-train, brouette en position "dressée" et un système de verrouillage de celle-ci brouette en position "route", avec un système d'accueil amorti de la partie qui bascule.
J'ai fait l'essai sur la première brouette modifiée avec un succès limité ; le relèvement de la brouette chargée se fait en trois phases : (Nota : la brouette dispose de 2 plats de renfort soudés sur les 2 angles que forme le châssis tubulaire à l'avant, ce qui définit 2 positions "prise de balle"). 1ère phase, la brouette est placée verticalement contre /sous la balle. 2ème phase, on bascule sur le deuxième patin plat, jusqu'à ce que les roues touchent le sol (tout ceci se faisait très bien avec Uranie, mon ânesse), et là, arrêt (la brouette cherche à repartir en arrière).
3ème phase, basculement complet de la brouette, (je mettais une cale à chaque roue pour permettre cette étape finale), c'est la phase la plus exigeante en effort de traction.
Ça allait bien derrière le 4x4 en faisant patiner l'embrayage et en tirant doucement, mais avec Uranie et un meneur débutant (entre autres raisons), cela ne se passait pas bien : Uranie laissait reculer après les deux premières phases, et/ou tirait trop franchement (aussi parce qu'elle avait du mal) et passait sur les cales, sans réaliser le basculement à la troisième phase.

A revoir...

J'ai alors mis à l'arrière de la brouette deux béquilles qui se déplient pour la bloquer au stade "roues au sol" et éviter ainsi le problème du "laisser reculer". Efficace.
Mais la troisième phase est restée compliquée et insatisfaisante (sauf à être à deux : un meneur qui n'a que sa bête à s'occuper et qui peut freiner, et une autre personne qui peut aider physiquement à basculer). Est alors apparue une solution de repli inattendue : les deux béquilles se révèlent très utiles en basculement à la main : on fait les deux premières phases (les plus faciles) à la main, la brouette reste bloquée dans cette position, on met la flèche, qui par sa longueur permet, par effet de levier, une remontée plus facile sur les roues en appuyant de tout son poids sur son extrémité.

C'est ce que j'ai fait tout l'hiver 2013-2014. Uranie et moi avons transporté ainsi environ 110 balles rondes de foin, par train de deux (de quoi affourrager 25 UGB) et une vingtaine de balles de paille.

Et quand Uranie ne transporte pas du foin, elle fait la "corvée" d'eau, de quoi maintenir son dressage au niveau optimum...
Et c'est là aussi un des avantages de ces travaux répétitifs qu'apprécient tant nos fidèles compagnons de "labeur" (et nous aussi par la même occasion)...

Merci Philippe pour toutes ces explications...

mardi 23 juin 2015

8ème Journée Technique Maraîchage, le 2 mai 2015 à Dullin (Savoie) : Mesure d'efforts avec un épandeur de fumier Millcreek

Lors de la 8ème journée technique sur le maraîchage en traction animale, chez Thierry Bonnamour à Dullin (Savoie, France), Michel Carrel a fait une petite mesure d'efforts lors de l'épandage d'un fumier bien décomposé.


Mesure d'efforts avec un épandeur de fumier en traction animale, au château partagé de Dullin.


Mise en place du capteur de force, on enlève les amortisseurs de traction pour ne pas fausser les mesures...


Vue détaillée du capteur (10 mm de diamètre)...


Le "Data Logger" qui récupère et sauvegarde les données du capteur.

Nous avons utilisé un épandeur TA de marque Millcreek, (origine américaine) à prise de force sur les roues, attelé à un porte-outils Bucher monté en avant-train (avec un attelage à boule).

Nous avons chargé à la main l'épandeur à partir d'un tas de fumier bien décomposé...

Nous avons épandu sur une bande enherbée très mouillée (il avait plu plus de 24 heures d'affilé la veille) d'une centaine de mètres de long au profil légèrement descendant (de gauche à droite par rapport au cameramen).

A l'aller et au retour, il y a eu un arrêt, nous avons donc partagé les mesures en 4 courbes distinctes : Aller-1, Aller-2, Retour-1 et Retour-2.


Thierry Bonnamour et Michel Carrel attentifs pendant les mesures...

Voici déjà la vidéo complète de l'Aller-retour...


Mesure d'efforts en traction animale (épandage... par hippotese

Et voici les 4 courbes des 4 parties...


De 20 à 200 Kgf, force moyenne 83 Kgf, durée 25 secondes.


De 15 à 240 Kgf, force moyenne 93 Kgf, durée 36 secondes. Total 1mn1s


De 20 à 300 Kgf, force moyenne 147 Kgf, durée 28 secondes.


De 25 à 300 Kgf, force moyenne 120 Kgf, durée 46 secondes. Total 1mn14s

Nota : Attention les courbes ne durent pas le même temps (de 25 à plus de 46 secondes), ce qui explique que "l’accordéon" soit plus ou moins serré...

Thierry Bonnamour (utilisateur habituel de l'épandeur) nous précise :
La bande enherbée fait une longueur de 90 m avec une pente longitudinale de 2 % environ (pour un dévers, en largeur, de 5%).
Le volume épandu est de 0.68m3 (densité inconnue).

L’épandeur utilisé est un épandeur Millcreek qui a été acheté en France chez Equip-Equestre.fr, qui a un volume "annoncé" de 1,5 M3.
Thierry pense que l'indication de ce volume est exagérée, sauf à remplir l'épandeur au delà des bords de la benne, ce qu'il n'a pas essayé.


L'épandeur Millcreek sur le site de http://www.equip-equestre.fr.


Vue des pignons d’entraînement du tapis et du hérisson, le mouvement est pris sur les roues de l'épandeur.

Michel Carrel (qui a réalisé le relevé des mesures) nous précise :
Tant les tracés que les forces moyennes ne doivent pas être pris comme parole d'évangile, les mesures ayant été effectuées un peu à l'arrache et sur des durées très courtes.
Visuellement nous avions l'impression que le tirage était plus important que mesuré (83 à 147 Kgf de moyenne). La variabilité de ces forces est probablement influencée par la texture du compost et par le chargement de l'épandeur.
L'amplitude de l'oscillation des forces est importante, allant parfois jusqu'à 200 Kgf (de 50 à 200) et doit rendre le travail plus pénible pour l'équidé. Dans ce contexte, les ressorts de traction, que nous avions enlevé pour les mesures (pour des problèmes de montage) sont probablement très bénéfiques.

Informations tirées du film :
Le terrain est très mouillé (on voit bien la terre et l'herbe qui adhère aux roues), ce qui est logique avec les pluies de la veille, on peut penser que le coefficient d'adhérence est très désavantageux pour le cheval.
Le harnais "en mancelles" qui laisse libre verticalement les brancards, favorise peutêtre les "coups de raquette" que l'on aperçoit dans le film quand le terrain présente des irrégularités (et qui sont visibles aussi sur les graphiques).
On voit bien, au retour que le cheval est dans un effort très important, on peut se poser la question de l'organisation du chantier qui aurait permis de faire le même travail sans un tel effort.

Intérêt des mesures dynamométriques :
Outre l'intérêt scientifique de connaître la valeur absolue des forces en présence qui confirme ce que nous préconisons à Hippotese, c'est à dire qu'un cheval de 700-800 kg ne doit pas effectuer un effort prolongé de plus de 100 kgf (98,1 dN) au pas (4,3 km/h).
On peut ici facilement constater que le cheval est dans un effort acceptable tant qu'il reste en moyenne autour de 90 kgf, mais que c'est trop dur quand l'effort moyen est de 130 kgf.
On peut aussi constater que la variation de poids du fumier, entre l'aller et le retour (la moitié du fumier est distribué) semble beaucoup moins influer que la pente (2 %) dans l'effort mesuré.
Dans le cas qui nous intéresse, on pourrait donc, tirer certains enseignements des mesures, en particulier en terme d’organisation du travail, même s'Il nous manque l'effort de traction pur (sans mettre en route le mécanisme de distribution), à vide, en charge et en demi-charge , et ce, à l'aller (descente) comme au retour (monté) pour pouvoir vraiment valider une organisation plus efficace des déplacements.

Proposition d'une nouvelle organisation :
Les mesures dynamométriques, pour ne pas rester théoriques, doivent nous permettre de proposer de nouvelles organisations (typiquement souvent, comme ici, de nouveaux parcours) plus économes en effort.
Regardons ce que celà pourrait donner sur notre petit exemple d'épandage...
Et tout d'abord, petit schéma du déplacement tel qu'il a été effectué (voir film) :


Le schéma du déplacement réel...

On peut à priori penser pour améliorer l'organisation du chantier :

Qu'Il serait judicieux, de distribuer le fumier en 2 passages sur cette parcelle mais toujours dans le sens de la descente (gauche à droite) et donc...

- Première solution, de remonter la bande de terrain sans distribution (par le bas de la parcelle), puis de faire un deuxième passage en distribution en descente.


Première proposition de déplacement demandant moins d'effort, le cheval remonte la pente latérale par le bas sans épandre puis effectue son 2ème épandage à la descente...

- Ou Deuxième solution, de ne remplir que la moitié de la charge, aller l'épandre, puis revenir remplir une demi-charge et refaire un tour d'épandage (toujours dans le sens de la descente, gauche-droite). Ce qui suppose que l'épandeur fonctionne aussi bien avec une charge de demi-hauteur (ce qui n'est pas sûr) ou qu'il faut réduire l'utilisation de la benne à sa partie arrière avec une cloison mobile par exemple.


Deuxième solution de déplacement demandant moins d'effort, le cheval effectue 2 épandages à demi-charge (avec demi-remplissage au départ et demi-remplissage avant le deuxième tour).

Conclusion :
On voit bien dans cet exemple l'intérêt des mesures dynamométriques qui permettent d'affiner notre perception des efforts mis en jeu en traction animale.
Nous sommes évidemment conscients que nous ne pouvons pas faire de mesures d'une valeur "scientifique" à Hippotese, car nous ne sommes pas en laboratoire et aussi par manque de temps (il faudrait faire des mesures en ne faisant varier qu'un seul des paramètres et répéter ces mesures un grand nombre de fois pour avoir une valeur moyenne statistique des résultats), nous sommes et restons dans des situations de travail réel.
Néanmoins, avec ces mesures "de terrain" et une vidéo accompagnatrice, un travail de réflexion collectif est possible pour améliorer l'organisation de nos chantiers (au niveau des harnais, des parcours, des matériels employés, des méthodes de menage...), et le choix des solutions peut être validé par une confirmation numérique (à posteriori) des améliorations, (en terme d'effort), obtenues.

On peut aussi rêver de systèmes embarqués qui permettront bientôt de faire ces mesures en continu et donc d'affiner, en direct, nos méthodes de travail. Nous en reparlerons bientôt sans doute...

dimanche 24 mai 2015

Retour sur la 8ème journée technique de maraîchage en traction animale organisée par Hippotese... (1ère partie)

Les derniers jours de la collecte (plus que 2 jours aujourd'hui 24 mai 2015) pour le financement du projet NéoBucher, nous occupent beaucoup mais nous n'oublions pas les autres activités de l'association Hippotese, surtout que vous allez voir que ce porte-outils n'est jamais très loin...

Le 2 mai, c'était en effet la première sortie "grand public" du NeoBucher parmi de nombreux autres outils (ce qui montre d'ailleurs qu'il peut facilement s'intercaler au milieu d'autres pratiques culturales).

Je profite de cette tribune pour remercier les intervenants "chevaux" (Pierre Gallet et Thierry Bonnamour, notre hôte) de cette journée qui ont versé leurs indemnités au KissKissBankBank pour soutenir le projet NeoBucher... Merci à eux...

Et merci aussi aux participants, jeunes pour la plupart, à cette journée qui sont tous en cours d'installation ou récemment installés... Ils représentent le futur de l'agriculture biologique en traction animale... Et le futur de l'association HIPPOTESE...

La vidéo des moments forts de la journée...


8ème journée technique maraichage en Traction... par hippotese

Quelques précisions sur le contexte...

Lors de la 8ème journée technique maraîchage en traction animale pour les professionnels organisée par Hippotese, nous avons pû tester un ensemble d'outils de préparation du sol.

Il faut préciser qu'il avait plu la veille, en continu, pendant 24 heures d'affilées et que nous avions dû couvrir le terrain d'essai avec des bâches plastiques.

L'objectif de la journée était de tester une succession d'outils de préparation de sol en partant d'un labour (réalisé avec une charrue brabant double en traction animale aussi) pour aller vers des buttes de culture maraîchères.
Dans la réalité, cette succession est souvent faîte sur plusieurs jours (voir plusieurs semaines) et le soleil et la dessiccation participe à l'effritement des mottes et l'amélioration du lit de semence.

Pour cette journée, nous avons, comme à notre habitude, mélangé des outils anciens (herse triangle pliable, canadien 9 dents, rouleau plombeur, houe de buttage planetJR) et des outils modernes (porte-outils mono rang Vitimeca (avec dents souples, buttoir et disques billonneurs) et évidemment le NeoBucher avec des disques billonneurs et des herses étrilles).

Vous retrouverez d'autres photos de cette journée sur le blog Hippotese dans un prochain billet.

Et aussi un billet de mesure d'efforts en épandage de fumier avec un épandeur Millcreek à traction animale bientôt.

samedi 28 mars 2015

Fin février 2015, le NeoBucher 002 est présenté à PARIS au salon de l'agriculture en présence du ministre...

Nous avons présenté le prototype 002 du NeoBucher lors des Présentations de Matériel Hippomobile Moderne au SIA 2015 à Paris.

Voici quelques photos des présentations du mardi 24 et du jeudi 26 février 2015 (Les Kisskissbankers ont eu ces photos en avant-première, mais il y en a quelques nouvelles)...

Un grand merci à Olivier Bernard pour son autorisation à diffuser ses photos et pour son travail au service des chevaux et autres équidés...


Votre serviteur et Jean Louis Cannelle avaient la lourde tâche de présenter le projet NeoBucher en quelques mots...


C'est Benjamin Cannelle assisté de Vincent Bastard qui assuraient la démonstration...


Le deuxième jour, Benjamin était assisté de José Thorel...


Et (sauf erreur) c'est Olbo qui était attelé avec un timon en col de cygne (dit Passe-Partout) traditionnel du labour en vigne dans la région de Baniuls...


Ce timon est suspendu sur une forte courroie portée par la sellette et deux demi-traits en chaîne assurent la traction par le collier...


La carrière en sable a permis de montrer les différents avantages du NeoBucher (relevage, roues dirigées)...


Et l'attelage au passe-partout qui permet une grande liberté en rotation par rapport à l'outil...


Son utilisation en maraîchage pour les retournements en bout de ligne apporte un grand confort au cheval...


Et le cheval s'habitue très vite à cette nouvelle mobilité...


De plus, cette mobilité, associée au relevage assisté des barres porte-outils, libèrent le meneur pendant les manœuvres.


Le ministre de l'agriculture, Stéphane Le Foll, nous a fait la gentillesse de venir assister à la démonstration du matériel moderne et a longuement applaudi le NeoBucher.


Jean Louis Cannelle en a profité pour lui demander son avis sur l'Énergie Animale - Énergie Renouvelable, il a répondu que la future "Conférence Paris Climat 2015" devrait en effet, intégrer cette dimension...

samedi 14 mars 2015

Revue Sabots N°65, Les colliers Elasto de la page 52 ne sont pas de Deny Fady

Vous avez été nombreux à me remercier des éléments techniques qui concluent l'article sur le menage au cordeau "L'éducation du jeune cheval" p48 à 52 du dernier numéro (65) de la Revue Sabots.

Une lecture peu attentive de cet article peut laisser penser que la page 52 est un article en soi, qui aurait pour titre "A propos de mes colliers" et qui aurait pour auteur "Deny Fady Hippotese".

Il n'en est rien, la page 52 est bien la dernière page d'un article de Michel Lauwerie (p48 à 52) et la fin de la page 52, en italique renvoie au mot ELASTO, première ligne de la même page, il y a un astérisque tout petit mais bien là !

Je voulais, par ce petit billet, juste rendre à Denis Julien cette citation qui lui appartient, que j'avais cité (avec son accord) dans le blog ici en précisant bien qu'elle était de lui...

Si vous êtes intéressés par les colliers Elasto, voici quelques autres billets qui en parlaient sur le blog.

Puisque je suis sur Sabots N°65, je vous recommande les deux articles de Jean-Leo Dugast sur les "chantiers environnementaux" qui font écho (par le simple hasard de l'air du temps) à celui que nous avons diffusé sur les tulipes de Maurienne dernièrement...

dimanche 1 mars 2015

Soutenez le projet NéoBucher d'Hippotese, un porte-outils de maraîchage auto-constructible et librement copiable... (2ème partie)

Suite de la première partie.

5-6 et 7 février 2015

Stage d'autoconstruction NéoBucher.
13 stagiaires sont inscrits au stage, celui-ci se déroule au Valence-Atelier-Libre, à Valence (Drôme).
En 3 jours, à raison de 10 heures par jour, nous fabriquons les châssis des 2 prototypes...

France-Trait nous propose alors de présenter 15 jours plus tard, au Salon de l'Agriculture à Paris, lors des présentations de Matériel Hippomobile Moderne notre NéoBucher. C'est très court pour rendre "présentable" l'un de nos prototypes mais l'occasion est trop belle pour être refusée...

16-17-18 février 2015

Chantier collectif de finition des 2 NéoBucher.
Nous nous retrouvons à 6 dans le Doubs pour finir les 2 prototypes, régler les petits dysfonctionnements, fabriquer les mancherons, poncer, décaper et peindre...
Le 19 février, l'un des proto part pour Paris.

24 et 26 février 2015

Présentation du NéoBucher sur la grande carrière des équins le mardi 24 février avec d'autres matériel hippomobiles modernes (dont nous reparlerons bientôt).
Nouvelle présentation le jeudi 26, en présence du ministre de l'agriculture M. Lefoll (excusez-du peu...).

Printemps 2015...

Et maintenant nous allons pouvoir commencer les essais en situations réelles, dés que nous aurons pû acquérir les outils de travail du sol, à monter sur le porte-outils...
L'un des prototypes sera basé en Rhône-Alpes, le second dans l'ouest de la France...

La philosophie du projet :

Au delà du projet de se fabriquer pour nos besoins un porte-outils de maraîchage performant, nous souhaitons surtout offrir une solution d'équipement à tous les maraîchers et futurs maraîchers en traction animale.

En effet, si Hippotese s'est associée, sur ce projet, à la Coopérative d'Auto-construction l'Atelier Paysan, au delà de sa compétence technique, c'est surtout pour permettre la diffusion de cet outil par les formations à l'autoconstruction que cette scoop propose. Ces stages permettent à ceux qui souhaitent gagner en autonomie de réaliser ou d'apprendre à réaliser par eux-mêmes leur porte-outils.

Car le résultat final de cette démarche doit rester simple à fabriquer (utilisation des moyens présents sur une ferme) et à partir de matériaux facilement approvisionnables.
De plus, les plans de construction seront diffusés en licence libre Creative Commons et chacun pourra librement se les approprier, y compris au delà de nos frontières dans les pays en voie de développement...

Des artisans pourront également réaliser et commercialiser tout ou partie de ce porte-outils, à destination des maraîchers qui préfèrent acheter un matériel fini ou semi-fini.

Ce projet qui a démarré réellement en octobre 2014 après test et validation sur le terrain au cours de l'année 2015 doit arriver, nous l'espérons, à un résultat opérationnel et diffusable fin 2015.

Hippotese a entièrement financé le lancement du projet sur ses fonds propres et a obtenu les premiers résultats tangibles qui prouvent sa faisabilité, malgré les doutes et les critiques de certains.

L'association souhaite maintenant permettre aux personnes qui partagent sa philosophie de soutenir ce projet, sous forme d'un financement participatif, afin qu'il se développe le plus rapidement possible et que nous puissions acquérir les plus grand nombre d'outils et ainsi crédibiliser nos essais...
Nous avons choisi pour celà la plate-forme de financement participatif kisskissbankbank.com (cherchez " néobucher ").

Si vous aussi, vous pensez qu'on peut partager son savoir pour avancer ensemble (plutôt que de déposer des brevets), rejoignez-nous...

NB : Si nous arrivons à rembourser notre mise, nous souhaitons étudier d'autres outils sur ce modèle et pourquoi pas, un NéoBucherMini pour les ânes.

jeudi 1 janvier 2015

Colliers rustiques de débardage au cheval, à Xuexiang (chine) et Bonne Année 2015 !

Christophe Marichaud m'a fait suivre l'info d'un reportage sur des chevaux de débardage en chine qui était passé au JT de TF1 le 30 janvier 2014.
Il y avait aperçu des colliers rustiques très intéressants.
Je me suis permis de récupérer 1 minute du reportage (merci Fred) et de faire quelques copies d'écran pour vous en faire profiter et vous l'offrir comme cadeau de nouvelle année que je vous souhaite "chevaleresque"...

Ce reportage a été tourné à Xuexiang, petit village à la neige pure et aux habitations typiques, situé à l’extrême nord de la Chine, à la frontière avec la Sibérie.

Au cœur de la forêt, on peut encore y apercevoir des bûcherons-débardeurs qui travaillent avec des chevaux et utilisent des colliers très rustiques fait de bois, de corde et sans doute de paille pour la renfonçure.

Ces colliers ressemblent dans leur principe aux colliers nordiques avec le attelles reliées de manière souples par des liens en corde.

Ils utilisent des traits en corde, reliés au collier par un lien en V (ce qui répartit la tension sur 2 points), une sous-ventrière et une dossière en corde (ou en sangle).

Ils utilisent aussi un palonnier en bois.

Ce reportage de l'agence Hikari Press, a été réalisé par A. Fried, C. Jaime et W. Hannuo a été diffusé au JT de tf1 le 30 décembre 2014.

Promis, je vais chercher d'autres infos et d'autres images sur ces colliers rustiques...

Et voici l'extrait du reportage qui concerne les débardeurs à cheval...


debardage au cheval en chine, en 2014, à Xuexiang par hippotese

vendredi 21 novembre 2014

Charrue Plumett à palpeurs automatiques pour le désherbage dans la vigne...

Dimanche 28 septembre 2014, nous sommes allés au "Comptoir Suisse" (un mini Salon de l'Agriculture) à Lausanne, en Suisse, avec Michel Carrel.
On nous avait parlé d'une expo de matériel agricole ancien, dont en particulier quelques charrues Plumettaz (Plumett pour les intimes) qui sont des charrues qui étaient célèbres pour le travail de la vigne et étaient conçues pour être tractées au treuil.

Cette expo organisée par le Musée romand de la machine agricole, était beaucoup plus petite que nous l’espérions mais présentait plusieurs Plumett(s) dont un modèle à palpeurs assez original que j'aimerai vous faire découvrir aujourd'hui.


Publicité pour les charrues Plumett de 1944

NB : Il faut déjà préciser que si à Hippotese, nous nous intéressons aux charrues à treuil, c'est que nous avons la prétention de croire que le câble pourrait être tiré par un cheval qui circulerait en haut de la parcelle et en travers de celle-ci (et donc à l'horizontal).
NB2 : C'est d'ailleurs l'objet de la démo que nous souhaitons faire le samedi 22 novembre 2014 lors de la prochaine Assemblée Générale en Trièves.


Doc technique sur les charrues Plumettaz

Voici la bête... Habituellement, elle est "attelée" à un câble, tiré par un treuil qui peut être actionné soit par un tracteur spécial comme celui de la photo ou par un treuil "brouette" autonome à moteur thermique que l'on plante en haut du rang à travailler.

Doc technique sur les moto-treuils Plumettaz

NB : En fait, on devrait parler de "châssis Plumett" plutôt que de "charrue Plumett", car c'est davantage un porte-outils qu'un outils spécialisé.


Une belle collection de châssis Plumett... (photo Deny Fady)

Et chez Plumett il existe toutes une série de porte-outils différents dans leur taille, leur agencement de châssis, la taille de la roue de terrage ou la forme du crochet de traction mais identiques quand au système de fixation des outils.

Le modèle le plus courant, adapté au treuil, est court (100cm de long de l'avant de la roue de terrage à l'arrière des bras mobiles) mais il existe aussi des modèles au châssis plus longs que le modèle courant qui semblent plus adaptés à l'utilisation en traction animale.

Ce châssis "Plumett à palpeurs" est cependant assez différent des châssis habituels, car il est équipé de palpeurs et de bras mobiles qui lui permettent comme sur des systèmes plus récents, de travailler en partie sous le rang et de s’esquiver au contact du cep ou du piquet.


La Charrue Plumett à palpeurs

Sur cette Plumett, le châssis est court (100cm), 113cm jusqu'au bout du palpeur.
La largeur maximum de travail sous le rang est de 120 cm, (souvent les modèles courants peuvent travailler jusqu'à 100 cm de large mais dans le rangt, ce qui est cohérent).
Je vous ai fait un petit schéma légendé...


Schéma légendé d'une Charrue Plumett à palpeurs

Cette largeur peut être limitée (à 100 cm par exemple pour travailler dans le rang ou sur une vigne plus étroite) en disposant les chevilles dans les trous des limiteurs de déplacement des bras mobiles.

Les bras de traction à l'avant ont tendance à écarter les bras mobiles qui ont été rapprochés par les palpeurs, il n'y a donc pas de systèmes de ressort de rappel des bras mobiles ce qui est sans doute plus simple.


Charrue Plumett à palpeurs au Comptoir Suisse... par hippotese

Sur la vidéo, on peut aussi voir le système de réglage de la roue de terrage, simple et astucieux.

Enfin, le mancheron est mobile sur un secteur avec poignée de commande au guidon (c'est un peu la "marque de fabrique" des Plumett qui a été reprise par de nombreux constructeurs, dont Hippotese sur la Vignotte et le Mancheron Ergonomique).
Il y a même une fourche de blocage des bras mobiles en position repliée (pour le rangement ou le transport sans doute)...

Cet outils est vraiment une démonstration de l'ingéniosité technique dont nous avons besoin dans la recherche matériel en traction animale.
Faire simple, ingénieux, léger mais solide, facile à fabriquer tout en restant efficace...
Nous avons sans doute quelques leçons à tirer de ces matériels avant de mettre sur le marché des "usines à gaz" trop lourdes, trop complexes et bien sûr trop chères...

Et d'ailleurs, certains constructeurs l'on bien compris et plutôt que de réinventer la roue...
Donc si vous cherchez des Plumett neuves, on en trouve chez Ets Fatton 69420 Ampuis et chez Vernet et fils 26300 Alixan.


Plumett neuve actuelle fabriquée chez Ets Fatton 69420 Ampuis (Vue à Tec&Bio 2013, photo Deny Fady)


Plumett neuve actuelle fabriquée chez Vernet et fils 26300 Alixan (journée technique maraîchage à St Martin en Haut, en 2013, photo Deny Fady)

samedi 15 novembre 2014

Traduction en français de la documentation du porte-outils de maraîchage Raussendorf (1941)

En 2007, chez Berthold Marten (merci à lui), j'avais récupéré la documentation (en allemand) datant de 1941 du porte-outils de maraîchage Raussendorf, il ressemble beaucoup aux porte-outils Bucher et AEBI dont nous avons aussi diffusé la documentation...

Cette documentation complète la fiche technique N°3 sur le Bucher (que vous trouverez aussi ici sur le nouveau site), la doc "Bucher" VG2 de 41p diffusée sur le blog ici (que vous trouverez aussi dans la page __Bibliothèque Numérique Collaborative de la Traction Animale__, onglet "Téléchargements" du nouveau site) et la documentation (en allemand) du porte-outils Raussendorf (sur le blog ici ou dans la bibliothèque collaborative).

Voir aussi la documentation sur le porte-outils de maraîchage AEBI diffusée au début de cette année, ici...

Cette documentation du porte-outils Raussendorf est vraiment très pédagogique. Elle permet de mieux comprendre l'utilisation des porte-outils à roues et cadre en maraîchage et surtout apporte des éléments très intéressants sur les réglages des outils, et ce, bien au delà de ce porte-outils spécifique.

Elle permettra d'alimenter aussi notre réflexion sur les porte-outils de maraîchage modernes que l'on voit poindre ici ou là et dont l'aboutissement technologique semble parfois bien en deça de ceux des années 1940... Et encore, celui-ci est un modèle simple sans essieu directeur...

Sabine nous a fait une traduction d'une grande qualité (et depuis l'allemand technique, c'est un exploit, merci à elle) et nous l'avons intercalé page par page dans un nouveau PDF

Celui-ci fait maintenant 28 pages (pour 6,5 Mo, ce qui ne le fait grossir que de 0,4 Mo par rapport à l'original), cependant les petits débits Internet devront être quand même patients.


Le PDF complet de la documentation Raussendorf traduite en français ici (document Acrobat, 6,5 Mo), à télécharger et à ouvrir avec le lecteur Acrobat

samedi 12 juillet 2014

Décavaillonage en vigne, au cheval, avec une simple décavaillonneuse... Thierry Bret, Tec&Bio 2013

Nos derniers billets sur les porte-outils de travail en vigne avec soc(s) de décavaillonnage à palpeur, ont pû laisser penser que nous les considérons comme le seul avenir de la traction animale en vigne.

Pour infirmer cette idée et laisser sa chance aux méthodes plus "artisanales" et surtout capables de s'adapter aux vignes en forte pente, étroites, jeunes, fragiles ou simplement irrégulières...
Nous vous offrons cette vidéo, tournée lors d'une démonstration durant le salon Tec&Bio, à Valence, en sept 2013.

Cette démonstration a été réalisée sur les vignes du lycée agricole, Le Valentin par Thierry Bret et son cheval Reggo. Ces vignes, laissées intentionnellement enherbées pour les démos, étaient envahies par des amarantes qui sont des plantes particulièrement invasives.

Cette vidéo montrera à ceux qui la méconnaissent, le décavaillonnage, cette technique de labour si particulière, qui permet de détruire l'herbe sous le rang et se réalise à une vitesse très lente avec des chevaux (et des meneurs) spécialement préparés à cet exercice.

Vous pourrez apprécier "le geste", la complicité du meneur et de son cheval et même dans la dernière partie de cette vidéo l'utilité du ressort de traction interposé entre l'arceau (de traction) et la charrue...

Il s'agit d'un ressort 70 kg distribué par Hippotese.
On remarquera d'ailleurs, que l'effort demandé est généralement inférieur à la limite en butée du ressort, donc en dessous de 70 kgf (0,693 kN).


Décavaillonnage de la vigne au cheval par hippotese

NB : Pour info : Les nouveaux "ressorts Hippotese" sont arrivés...

A propos des ressorts que nous distribuons (en exclusivité), Hippotese vient de recevoir sa 3ème livraison (ce qui porte à plus de 300 le nombre de ressorts mis en circulation).
Le prix augmente un peu puisque nous sommes à 60 € la paire, le port étant toujours de 10 € pour une ou 2 paires.
Nous vous rappelons que nous ne sommes autorisés à vendre qu'aux adhérents, à jour de leur cotisation (20 €).
Et que l'adresse de commande (chèque à l'ordre d'HIPPOTESE) est chez notre secrétaire :
Hippotese, c/o Christian Deiber,
676, Rue Rincote,
Buzegney,
88220 Hadol,
tél : +33 6 81 99 66 02
Mél : christian.deiber@wanadoo.fr
Dépêchez-vous, il n'y en aura encore pas pour tout le monde...

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