Hippotese, Le cheval de Travail

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Recherche-Matériel-Harnais

Fil des billets - Fil des commentaires

lundi 3 janvier 2022

Le Tripop, un nouvel outil de préparation de sol, en planches permanentes (suite)...

Ce billet fait suite au 1er billet sur le TRIPOP visible ici.

Nous continuons de découvrir l'énorme travail déjà réalisé sur ce 1er prototype de TRIPOP (porte-outils de préparation de sol en Traction Animale et Planches Permanentes).

Les Outils :

Les outils prévus ont été conçus et fabriqués en même temps que le porte-outils pour s’assurer de son dimensionnement suffisant.

- Outil à 7 dents de scalpage avec des socs "cœur".
- Outils à 3 dents de travail en profondeur.
- Buteuse à disques.
- Déchaumeur à disques (cover-crop en X).
- Différents types de rouleaux pour l’émiettement, le travail en surface et l’enfouissement d’engrais vert.


Outil à 7 dents de scalpage avec des socs "cœur"


Différents types de rouleaux pour l’émiettement, le travail en surface et l’enfouissement d’engrais vert

Le système d’attelage triangle (plus d'infos ici sur le triangle d'attelage) à été placé cette fois ci à l’horizontal pour réduire l’encombrement. C’est le châssis du porte-outils qui joue directement le rôle de triangle mâle. Les outils sont à enjamber par l’arrière pour les atteler et les dételer.


''On voit ici un côté du triangle "emboîté" un côté du châssis"


En vue de dessus, on voit bien la forme triangulaire du châssis qui permet de s'encastrer dans le triangle (femelle) fixé sur les outils

Construction :

Les chantiers de constructions ce sont déroulés en Avril 2021 avec une première semaine dans les locaux de l’Atelier Paysan à Renage en Isère, puis une deuxième à la ferme de Mickaël Deschamps et Julie, près de Bourbon L’Archambault, dans l’Allier. Les aléas de prototypage, habituels et prévisibles, ont prolongé le chantier une bonne partie du mois de Mai 2021.


Construction des éléments du châssis du TRIPOP en technique "poutre triangulée"


Assemblage des éléments du châssis"


Vérification de la géométrie du châssis


Vérification de la position des accessoires et du triangle d'attelage


Découpe et réalisation des pièces avant assemblage des premiers outils


Fabrication en cours des premiers outils

La Suite :

La machine et ses outils n’ont pas encore été testés dans les champs, pour cause de trêve estivale.

Le Porte-Outils, les 7 rouleaux, la buteuse et la "scalpeuse" sont pratiquement terminés (quelques assemblages et ajustements sont à finir).


Vue d'ensemble du TRIPOP avec ses premiers accessoires en cours de pose (manettes de relevage et de réglage...)


4 différents rouleaux de préparation de sol presque terminés

Deux outils n’ont pas encore été assemblés : Le cover-crop et le Réhabilitator (3 dents de travail en profondeur). Les découpes sont faites en partie, l'assemblage est à prévoir...


Les paliers sont déjà soudés...


Les disques sont découpés...


Les dents du "Réhabilitator" sont prêtes à être assemblées...

''Un Chantier collectif est programmé du 3 au 7 février 2022 chez Mickaël et Julie (dans l'Allier), (et d'autres seront sans doute à prévoir) pour continuer le projet et afin que le TRIPOP et ses outils soit fonctionnels pour la future saison maraîchère.... '' Si vous avez envie de faire partie de cette grande aventure de recherche-expérimentation et que vous souhaitez apporter votre pierre à l'édifice "Énergie Animale", vous pouvez venir nous rejoindre...

Ce chantier collectif est ouvert à tous les adhérents d'Hippotese (question d'assurance, adhésion possible sur place).''
Bon repas, soudure, meulage et assemblage d'outils, toute aide est bienvenue, dodo et logistique à définir selon le nombre de participants.
Pour les infos pratiques, si vous pensez venir, et quand...
Contact : Thomas Peyre - 06 27 74 06 62 - ou thomas.peyre@orange.fr

Si vous souhaitez avoir plus de photos ou de meilleur qualité, c'est ici...
https://www.flickr.com/photos/latelierpaysan/albums/72157719510089867

mardi 21 décembre 2021

Le Tripop, un nouvel outil de préparation de sol, en planches permanentes...

A l’issu de la journée du 22 juillet 2020 autour du POP4 (voir le précédent billet ici et les vidéos là), notre réflexion nous a ramené vers les objectifs initiaux que le POP4 ne remplissait pas !
A savoir : "La préparation de sol, en planches permanentes".

Il s'agissait donc de concevoir un nouveau porte-outils en traction animale, en paire, qui soit spécialisé dans la préparation du sol avant implantation des cultures et qui soit complémentaire du POP4, qui lui est plutôt spécialisé dans l'entretien des cultures.

Son nom : TRIPOP
TRI pour triptyque : 3 outils phares et primordiaux pour la culture en planches permanentes, qui on fait le succès de l’Atelier Paysan, à savoir la Butteuse à planche, le Cultibutte et le Vibroplanche.
Et POP pour Porte-Outils pour attelage en Paire.


Butteuse à planche


Cultibutte


Vibroplanche

Fin 2020, quelques membres d’Hippotese ont entamé la conception du TRIPOP en lien avec l'Atelier Paysan, et la construction du premier prototype a débuté au printemps 2021.


Les premières images du prototype du TRIPOP au printemps 2021

Rappel du contexte :

Le TRIPOP est la suite du travail engagé avec le POP4 pour permettre les itinéraires "planches permanentes" en maraîchage en traction animale.

Le POP4, au fur et à mesure de sa conception s'est spécialisé dans le binage car différentes contraintes et choix techniques, ont limité les possibilités d’atteler dessous des outils de préparation de sol comme cela avait été envisagé au départ.
Et donc, l’objectif de préparation de sol devait être rempli par d’autres machines.

En fait, plusieurs types d’outils sont nécessaires aux différentes étapes d'une préparation de sol. La spécificité de la planche permanente est d’imposer aux outils une largeur de travail constante, contrairement aux outils habituels en traction animale dont la largeur de travail est inversement proportionnelle à la force de traction qu’ils demandent.

Les solutions pour compenser ce désavantage vont se trouver dans le choix des outils (ex : rouleaux, cover-crop), la multiplication des passages à différentes profondeurs et/ou l’alternance d’escamotages de dents en symétrie pour les outils les plus tirants.

Le Choix du Porte-Outils :

La première solution pour la préparation de sol est d’avoir plusieurs outils indépendants à atteler directement derrière les chevaux. C'est la solution utilisée en traction animale habituellement et en motorisation par exemple.

Cependant, la question du relevage des outils pour les demi-tours en fin de planche (tout les 30-50 m) et les déplacements entre parcelles demandent à avoir un système sur chacune des machines qui puisse être maniable et rapide. En traction animale les outils mono-rangt sont plus légers et en motorisation le système de relevage est fixé directement sur le tracteur.

On comprend bien, alors, que le fait de devoir dupliquer un système de relevage et les parties roulantes qui vont avec (4 roues pneumatique, moyeux, freins) pour une même largeur de voie, sur chaque outil n'est pas très efficient. C'est pourquoi la solution du Porte-Outils s'est imposée...

Les Solutions Techniques :

Le relevage à été souhaité purement mécanique (contrairement à celui du POP4 qui est électro-hydraulique), basé sur le principe de l’essieu coudé (comme certains cultivateurs ou déchaumeurs), commandé par un bras de levier et assisté par des pédales et des ressorts.


Le relevage purement mécanique

La direction, sera à essieu directeur (type auto-vireur) commandée par le timon. Les chevaux sont attelés "large" comme pour le Bucher en Paire ou le POP4.


La direction à essieu directeur commandée par le timon

- Plus d’infos et détails techniques prochainement, sur le site de l’Atelier Paysan :
https://www.latelierpaysan.org/TRIPOP (le lien sera fonctionnel début janvier).
- Ressources et inspirations :
https://www.flickr.com/photos/latelierpaysan/albums/72157719498551032
- Croquis :
https://www.flickr.com/photos/latelierpaysan/albums/72157719510112502

Un chantier collectif est prévu du 3 au 7 février 2022 chez Mickaël et Julie (dans l'Allier).
Il est ouvert à tous les adhérents d'Hippotese (question d'assurance).
Bon repas, soudure, meulage et assemblage d'outils, toute aide est bienvenue, dodo et logistique à définir selon le nombre de participants.
Pour les infos pratiques, si vous pensez venir, et quand...
Contact : Thomas Peyre - 06 27 74 06 62 - ou thomas.peyre@orange.fr

Suite et fin dans ce billet...

samedi 14 novembre 2020

3 Vidéos complémentaires de la Journée d'essais POP4 au GAEC "La Cavale", à Montoison (Drôme), le 22 juillet 2020

Pour les vrais passionnés, voici 3 vidéos complémentaires de la Journée d'essais POP4 au GAEC La Cavale, à Montoison (Drôme), le 22 juillet 2020.

Pour participer virtuellement à cette journée en quelque sorte, c'est à la mode en cette période de confinement...

Pour plonger dans la recherche Hippotese, "en train de se faire"...

Et puis comme le soulignent certains commentaires, pour simuler notre AG annulée...

''1ère partie de la journée avec la barre à double correction de trajectoire (c'est la barre originelle, très efficace, mais complexe à fabriquer)."

Dans cette vidéo, les meneurs sont dans l'ordre, Vincent (membre du GAEC La Cavale, utilisateur habituel de l'outil) puis Hugo (maraîcher en Suisse) qui teste pour la première fois le porte-outils.

"2ème partie de la journée, avec la nouvelle barre directrice à simple correction de trajectoire, plus simple à fabriquer.

Dans cette vidéo, les meneurs sont dans l'ordre, Thomas (co-concepteur du POP4 et en particulier de la barre simple trajectoire), puis Nico et Vincent (membre du GAEC La Cavale, utilisateurs habituels de l'outil).

3ème partie de la journée, des améliorations du réglages des guides et des essais en vitesse lente...

Dans cette vidéo, les meneurs sont dans l'ordre, Vincent (membre du GAEC La Cavale, utilisateur habituel de l'outil), Thomas (co-concepteur du POP4 et en particulier de la barre simple trajectoire), puis Mickaël (maraîcher dans l'Allier) qui teste pour la première fois le porte-outils.

Voilà, c'était sans doute un peu long comme vidéos, mais j'espère que celà a répondu aux demandes des plus passionnés d'entre vous et de ceux qui n'étaient pas présents ce jour là...
Si vous voulez d'autres détails sur les essais, je peux faire d'autres billets explicatifs...

Vous pouvez aussi consulter le billet précédent ici : http://hippotese.free.fr/blog/index.php/post/2020/11/08/Journee-d-essais-demo-critiques-du-porte-outils-de-maraichage-POP4-GAEC-La-Cavale-a-Montoison-Drome-22-juillet-2020
DF

mardi 10 novembre 2020

Journée d'essais-démo-critiques du Porte-Outils de maraîchage en Paire à 4 roues (POP4) au GAEC La Cavale, à Montoison (Drôme), le 22 juillet 2020


Une vingtaine de personnes étaient présentes à cette journée d'essais...

Cette Journée d'essais critiques du POP4, le 22 Juillet 2020, était organisée par l'ATELIER PAYSAN et HIPPOTESE au Gaec "La Cavale" 26800 Montoison.

Compte-rendu par Thomas Peyre (membre du CA d'Hippotese et qui assure pour l'Atelier Paysan, le suivi du matériel "Traction Animale").

I ) Les Objectifs de la journée :

  1. Observation du POP 4 en utilisation réelle afin de déterminer des modifications à apporter sur cet outil ou sur un prototype suivant.
  2. Mise à disposition de l’outil attelé aux meneur/se-s intéressé-e-s à tester la conduite de l’outil.
  3. Faire un bilan après une saison et demi de binage sur la ferme (3 ha en culture) avec ce prototype N°1.

Pour rappel :

Des modifications continuent d'être apportées au fur et à mesure depuis décembre 2018 sur les outils attelés et sur le porte-outils lui même.

Matinée :

  • Présentation de la machine
  • Historique du cahier des charges, de l'état de l'art, du processus de R&D, puis du prototypage.
  • Démonstration au champ, essais en configuration initiale (correction Barre-Porte-Outils + roues Av), puis avec la nouvelle barre (correction uniquement avec les roues Av).
  • Mesures d'efforts de traction au "Datafficheur " (Conception et fabrication : Hippotese).
  • Présentation de la ferme et des itinéraires techniques.

Après-midi :

  • Discussions et retours sur les essais du matin, pistes d'améliorations/modifications.
  • Pesée de la machine et des outils.

II ) Remarques sur le matériel présenté :

1) Poids :

Dans la configuration de la Barre-Porte-Outils du jour (5 pattes d’oie et 4 demi-pattes d’oies, montées sur 4 parallélogrammes). le POP4 pèse 530 kg avec la barre porte-outils équipée, sans le timon qui pèse lui 37 kg. Si on rajoute 70 kg de poids du meneur, l’outil pèse 637 kg au travail. Après pesées des autres B-P-O, il s’avère que le poids total (meneur compris) en configuration maximale s’élève à 750 kg (les nouveaux outils en cours de prototypage et maintenant en test depuis août seront mieux dimensionnés pour la machine).
Lorsque le timon est en place, la force verticale nécessaire à son soutien (via les colliers des chevaux) correspond à un poids de 20 kg, soit 10 kg par cheval (à améliorer avec un timon supporté par un ressort)


Le POP4 prêt pour les essais...

2) Forces de traction :

Les forces de traction ont été mesurées entre le collier et le trait extérieur de chaque cheval à l’aide de 2 Datafficheurs qui envoient par radio leurs données à 2 récepteurs surveillés par Deny et Michel.
La force est mesurée sur un trait, et multipliée par 2 pour avoir la force demandée par chaque cheval. C’est l’effort demandé par le cheval de gauche qui est généralement donnée dans la vidéo par Deny. Michel surveille les efforts du cheval de droite. En ligne droite, ces efforts sont sensiblement les même à la précision des capteurs prés.
Les forces ne sont pas enregistrées par les appareils, mais envoyées aux récepteurs par radio, chaque seconde, en continu, et retranscrites à haute voix, si nécessaire, par les observateurs, .

Nota : La fréquence de mesure est de 10 Hz, soit 10 mesures chaque seconde et une moyenne de ces 10 mesures est calculée chaque seconde. c’est elle qui est envoyée au récepteur ainsi que la valeur maxi des 10 mesures.

Les valeurs de force qui sont présentées dans les lignes suivantes concernent la moyenne de l'effort total de traction demandé par le porte-outils (et donc la somme des forces affichées par les 2 Datafficheurs).


Vue sur les 2 récepteurs des capteurs d'effort du Datafficheur (en haut la force maxi, en bas la force moyenne)

- Force mesurée avec la barre d’outil relevée : 40 à 50 KgF (c'est la résistance au roulement à vide dans le rang). - Force mesurée au travail : 80 à 110 KgF, souvent autour de 100 KgF - Les événements tels que le blocage d’une roue de parallélogramme ou le bourrage des dents ont une incidence sur la force de tirage, avec une augmentation de 10 à 20 KgF.

Nota : Des efforts de traction mesurés au travail (en moyenne, autour de 50 kgF par cheval et en maximum jusqu'à 70 kgf) sont tout à fait acceptables.


L'Odomètre-Tachymètre, (made in Hippotese) permet de mesurer les distances et les vitesses de travail.

3) Vitesse :

La vitesse de travail et les distances parcourues sont mesurées avec un odomètre/tachymètre (de fabrication Hippotese) à capteur magnétique (par effet Hall).

Les planches de poireaux des essais font 1,60 m de large, d'axe à axe (1,2 m travaillé), elles font 70 m de long et sont travaillées à une vitesse de 4km/h (de 4,2 à 3,8). Il semble difficile de descendre en dessous de 3,5 km/h avec des chevaux pour abaisser les efforts.

III) Correction de trajectoire pour le suivi du/des rang(s).

Nota : elle est actuellement dirigée par des pédales aux pieds

1) Double correction de trajectoire :

Initialement la correction est double comme sur le Bucher/Néo-Bucher : on agit simultanément sur la barre-porte-outil et sur l'essieu avant (la conception du relevage est, de ce fait, rendue complexe par la nécessité du mouvements de beaucoup d'éléments les uns par rapports aux autres). Le choix de la solution technique pour la translation de la barre porte-outils sur le prototype 1 s’est arrêtée sur des glissières "tube contre tube" avec "patch" téflon. Ça demande beaucoup d'efforts sur les jambes pour l'actionner en toutes circonstances. C’est acceptable avec les outils terrés pendant le travail, beaucoup moins quand on veut se placer précisément sur la nouvelle planche, en fin de manœuvre de retournement avec les outils relevés.

2) Simple correction de trajectoire :

À l'occasion de cette journée, on a fait des essais avec une nouvelle barre de correction de trajectoire uniquement sur l'essieu avant. Ça semble suffisant pour suivre le rang : c'est à valider par des tests prolongés sur la saison.
Si les essais s'avèrent concluants et que ce choix est adopté, ça simplifie grandement la construction du relevage et permet plus facilement de l'envisager autrement, notamment pour des mouvements actionné par des système mécaniques (relevage/attaque/dévers).
Si on garde la double correction de trajectoire (essieu avant + Barre-Porte-Outils) on doit améliorer le coulissage D/G du relevage, (par exemple avec des galets de portail roulant, ce qui rajoute du poids et du coût, mais garanti une translation plus aisée).

Vidéo explicative du montage de la nouvelle barre de direction "simplifiée"

IV ) Moyens de relevage et de réglage des outils :

1) Aujourd'hui :

Tout hydraulique (pompe électrique 12v + batterie). Une charge de batterie permet 3-4 h de binage. Relevage 3 points type tracteur : 3 vérins relevage (haut-bas / terrage forcé possible), 3e point (réglage d’attaque), chandelle (réglage de dévers – assez rapidement nécessaire pour un travail correct sur toute la largeur de planche, même avec très peu de dévers).
Malgré des régulateurs de débit (solution peu compatible avec ce type de pompe) le réglage fin et précis du 3e point et de la chandelle reste délicat ; Idem pour le relevage-réglage du terrage (mais moins un problème quand la barre est équipée uniquement de parallélogrammes, ça le devient dès qu’on met d’autres éléments, comme par exemple les étoiles de binages).
Une pige verticale devant le meneur, à hauteur des yeux, sert de repère pour le terrage.

2) Propositions d'alternatives :

  • vérins hydro-électrique ;
  • hydraulique + pompe manuel : trop d'effort, lent à relever, multiples mouvement de bras ;
  • Uniquement mécanique par bras de relevage (détaillé en dessous)

Envie d'une solution simple : peu onéreuse, accessible techniquement, légère, robuste, peu encombrante et surtout réparable à la ferme.
Notamment, souhait de passer en manivelles/bras de levier à crémaillères pour la précision dans les réglages du 3e point et de la chandelle.

Le relevage de la Barre-Porte-Outils (BPO) en mécanique avec démultiplication (bras de levier, palan, treuil, …) est à étudier :

  • Quel poids est à relever ? (travail en cours depuis cet hiver pour un re-dimensionnement des outils pour alléger l'ensemble)
  • Besoin de rapidité pour des temps de demi-tour réduits, puisque qu'ils sont fréquents tous les 30 ou 50m.
  • Besoin aussi de précision pour le terrage, avoir une butée basse et conserver le terrage forcé.
  • À manipuler depuis le siège ou depuis le sol en descendant à chaque bout de rang ?

V ) Maniabilité de la machine dans les manœuvres en bout de planche et confort des animaux :

1) Aujourd’hui :

Un timon fixe avec la machine et des roues folles à l’arrière : Vue du dessus, on a un effet de bras de levier avec le timon autour de l’essieu avant, pour faire chasser les roues folles arrière : bonne efficacité des demi-tours, qui sont possibles quasiment sur place, avec la roue avant intérieure au virage comme point de pivot (même si en général on tourne pour reprendre une planche sur 2).
Autre avantage, l’écart entre l'arrière des chevaux et la machine est réduit au minimum ce qui ne serait pas possible avec un timon articulé (l’attelage complet fait actuellement 6 m).

Dans tous les cas : besoin de "tournières" suffisantes et des planches pas trop courtes (30-50m) pour limiter les demi-tours.
Le système actuel sollicite beaucoup les chevaux dans les manœuvres. Les efforts latéraux à fournir sont importants, encore plus, en terrain accidenté.
Dans la pratique, les chevaux le supportent (pas de blessure apparente sur la saison, mais peutêtre problèmes ostéo à vérifier).
Il faudrait essayer d'améliorer ce point en repensant peut-être les moyens directionnels de base :

Qui ? : le timon (les chevaux) ou les pieds du meneur/se ; dirige quoi ? : l'essieu avant, l'essieu arrière, la barre-porte-outils ;

2) Pistes envisagées :

Pour un autre comportement global de la machine :

  • roues avant dirigées par le timon avec ou sans retard directionnel (voir les voitures marathons modernes
  • roues arrières directionnelles, dirigées par le timon. Cf charrue Pionneer

Pour le Timon :

Le travail en enjambement de planche (entraxe 160 cm pour une largeur utile de 120 en haut de planche) donne un écartement entre chevaux supérieur à un attelage en paire habituel.
Partant du principe qu’en attelage en paire le timon reste toujours proche des chevaux, le timon à été doublé pour que le cheval de l’extérieur du virage puisse le pousser.
Nous ne sommes pas certains que cela ce produise réellement ; et au contraire, cela réduit l’amplitude que peuvent prendre les chevaux pour s'incurver. On le conserve double pour l'instant car il apporte une rigidité latérale nécessaire pour faire bras de levier sur l’ensemble de la machine.
D’autres systèmes sont évoqués dans les discussions, comme l’usage d’un "brancalonier" (voir les derniers billets sur le blog Hippotese à ce sujet).

Le timon est aussi à suspendre, il ne doit pas appuyer sur les colliers, cela génère une fatigue inutile pour les chevaux. Un système de suspension avait été prévu mais pas encore installé, c’est maintenant en cours.

VI ) Futures présentation publiques :

Bientôt d'autres vidéos sur cette journée sur le blog...
Sinon, d'autres infos sur le blog de l'Atelier-Paysan : https://www.latelierpaysan.org/POP4
Et pour les personnes intéressées par une démonstration "réelle", on pense prévoir un temps de présentation/démonstration plus largement ouvert, mais on ne sait pas encore quand...

samedi 8 février 2020

Étude d'un harnais traditionnel norvégien (ou russe ?)... (2ème partie)

Suite au film/reportage "Grandfather" que je vous conseillais dans un précédent billet, je n'ai pas résisté à l'envie pressante de mieux connaître ce harnais traditionnel norvégien...

Et d'abord je dois vous confesser que je n'avais aucun document iconographique sur un tel modèle de harnais dans ma (pourtant riche) collection, et ma seule piste était sa ressemblance (avec son arceau supérieur) au harnais russe des troïkas...

Je suis donc allé à la pêche aux images (si possible anciennes) de Troïkas...

Troïka russe (1912), source Wikipédia ici

''Troïka russe moderne"


Une troika "kibitka" (couverte), musée de l'Ermitage, Saint Petersbourg 1819

Et d'attelage à arceau à un cheval...

Théophile Gautier dans son livre "Saint-Pétersbourg-Portrait d'une ville", nous apprend que l'arceau ou arc au dessus du collier s'appelle le Douga (ou Duga) et qu'il est utilisé avec la troîka (traîneau ou voiture à 3 chevaux de front) ou avec un traîneau ou un chariot (à 1 cheval) que l'on appelle "Drojky".

On apprend aussi que les brancards du drojky sont attachés directement sur l'essieu avant et que cet attelage peut alors utiliser des traits qui seront reliés à l'essieu à l'extérieur des roues.


Drojky moderne...

Je vous laisse étudier ces superbes images et je reviens vers vous bientôt pour continuer notre étude du harnais traditionnel norvégien...

Pour patienter, je vous recommande la lecture de Recherches d'Histoire et d'Ethnologie des Techniques, de André-Georges Haudricourt, 1987 et en particulier la page 129 et suivantes...

samedi 31 août 2019

NéoKassine, Ajout d'un relevage mécanique simple, sur une Kassine (Prommata) aux Potagers de Gaia (Suisse)

Les Potagers de Gaia nous ont fait suivre une petite vidéo d'une amélioration de la Kassine Prommata par l'ajout d'un relevage simple. C'est Roger Fillon qui est l'auteur de cette "petite" amélioration qui change la vie dans les retournements en bout de ligne, surtout avec un montage d'outils important... (Vidéo : Les Potagers de Gaia, merci à Hugo Dufour et au cinéaste...)

Et voici aussi 2 photos pour les détails...


NéoKassine à relevage mécanique simple, photo : Potagers de Gaia


NéoKassine à relevage mécanique simple, photo : Potagers de Gaia

mercredi 28 août 2019

Compte-rendu du Colloque-Démonstration de Traction Animale en petite agriculture, du 1er juin 2019, à Fiano (Italie) 2ème Partie.

Nos amis de Noi E Il Cavallo (Albano Mascardo, Italie) et de Schaff-Mat-Paerd (Paul Schmit, Luxembourg) nous avaient invité à un colloque-Démonstration de Traction Animale en petite agriculture le 1er juin 2019 à Fiano, en banlieue de Turin (Italie).

Voici la deuxième partie de ce compte-rendu, toujours par Thomas Peyre (la première partie est visible ici...)

Compte-rendu du colloque du 1er Juin 2019 à Fiano (Italie) (par Thomas Peyre)
2ème Partie.

Après le repas, en 2e partie d'après-midi, démonstration des machines Equi-idéa : Multi-V et Sarchio SM :
Plusieurs participants ont pu prendre les outils en mains pour se rendre compte.

Le Multi-V :


Noi-E-Il-Cavallo-Multi-V, photo Thomas Peyre.

- Utilisation du porte-outil Multi-V : 2 roues enjambant la butte, traction décalée, mancherons décalés ; équipé avec la herse étrille. À noter : les adventices et les plants de pomme de terre sont trop développés pour un travail efficace de la herse étrille.


Noi-E-Il-Cavallo-Multi-V, photo Thomas Peyre.

- En plus du réglage principal d'agressivité on peut régler indépendamment les paires de dents dans le but d'épouser la forme butte/sillon.


Noi-E-Il-Cavallo-Multi-V, photo Thomas Peyre.

- Buttage avec le Multi-V équipé de disques : largeur réglable, réglage ouverture/fermeture de l'angle au niveau de chaque disque et réglage de l'attaque au niveau de l'age.


Noi-E-Il-Cavallo-Multi-V, photo Thomas Peyre.


Noi-E-Il-Cavallo-Multi-V, photo Thomas Peyre.

- Détails du réglage des Disques..


Noi-E-Il-Cavallo-Multi-V, photo Thomas Peyre.

La bineuse Sarchio-SM :


Noi-E-Il-Cavallo-Sarchio-SM, photo Thomas Peyre.

- Passage de la bineuse Sarchio SM en inter-rangs pour faire de la terre.


Noi-E-Il-Cavallo-Sarchio-SM, photo Thomas Peyre.

Cette bineuse reprend l'idée présente sur certaines « Planet-JR » : un talon réglable. Il est couplé au réglage de hauteur de roue et sert de patin (traîné) pour le transport. Il est aussi prévu pour servir de buttée de terrage ; mais semble venir en concurrence avec la roue qui joue normalement ce rôle là (?)

Discussions autour d'un goûter pour clôturer la journée. Remerciements


Présentation des personnes et structures :

- Albano Moscardo (Italie) est dessinateur pour manuels de machines, paysan, membre fondateur des associations « Schaff mat Paërd » et « Noi E Il Cavallo ». il construit du matériel aratoire à traction animale sous la firme « Equi-idéa ».

- Paul Schmit (Luxembourg) est enseignant ingénieur en mécanique, paysan et membre fondateur de l'association « Schaff mat Paërd ».

- « Schaff mat Paërd » asbl : https://www.schaffmatpaerd.com/fr/ (acronyme : « SMP »)
Le travail effectué par l'association non lucrative est la recherche et le développement de matériel hippo-agricole. L’ingénierie mise en œuvre est bénévole et certains travaux de recherche font l'objet de partenariats avec des firmes de matériel agricole, des universités et parfois avec le concours de fonds de financements publiques.
L'association a pour vocation le développement de matériel, la recherche et la publications de rapports d'essais et de documentations avec un souci de transparence. On trouve sur le site de l'association les rapports d'essais détaillés des machines développés. Pour l'instant, la fabrication en petite série des prototypes « Schaff mat Paërd » n'est pas prévue, elle répond à des projets propres ou ayant pour point de départ une demande particulière et spécifique.

- « Noi E Il Cavallo » est un groupe de travail Italien de recherche et développement sur le thème de la traction animale, en lien avec « Schaff mat Paërd ». Il publie deux fois par an une revue qui relate l'actualité des événements et le développement de matériels en cours. On trouve sur le site internet la présentation du matériel Equi-idea : https://www.noieilcavallo.org/

Leur philosophe de travail :

Proposer des outils novateurs, légers, plutôt pour un cheval (partant du constat qu'aujourd'hui en Europe, c'est le cas le plus répandu et le plus probable chez les utilisateurs du cheval en travail agricole, en terme d'animaux de travail, de matériel d'harnachement et de compétences de menage présentes sur les fermes). Avec le souci de la performance technique pour la réduction des efforts de traction. Certains outils revisitent aussi les classiques.

Leur compétence en mécanique, la connaissance de ce qui existe comme pièces chez les industriels ou les artisans et leur expérience leur permet une certaine efficacité pour trouver des solutions fiables et fonctionnelles en maîtrisant le coût global ; Il en résulte des outils épurés.

Paul et Albano revendiquent qu'un prototype en cours de développement doit être présentable, c'est pour cette raison que les outils sont peints ou traités, même si cela à un coût non négligeable. En outre, l'aspect fini et les couleurs permettent une meilleur visualisation du fonctionnement des différents éléments de la machine.

Ils travaillent aussi à la réalisation de guides pratiques dessinés. Le premier numéro traite des harnais, 3 types sont présentés : Europe centrale, Suédois, Nord-américain. Il est aujourd'hui disponible en Italien ou Anglais. Le second sur les types d'attelage est en cours de préparation. Présentation en français : https://www.schaffmatpaerd.com/fr/guides-pratiques/ ; ou en Italien : https://www.noieilcavallo.org/pubblicazioni/ (en bas de la page).


Une page du guide pratique (ver anglaise), photo Schaff-Mat-Paerd.

Il est aussi depuis peu disponible au États-Unis chez « Mischka Press » : https://www.mischka.com/shop/product.php?productid=17477&cat=&page=1


Et pour ceux que cela intéressent, encore quelques photos du Multi-V au travail dans une autre parcelle...


Noi-E-Il-Cavallo-Multi-V, photo Thomas Peyre.


Noi-E-Il-Cavallo-Multi-V, photo Thomas Peyre.


Noi-E-Il-Cavallo-Multi-V, photo Thomas Peyre.


Noi-E-Il-Cavallo-Multi-V, photo Thomas Peyre.


Noi-E-Il-Cavallo-Multi-V, photo Thomas Peyre.


Noi-E-Il-Cavallo-Multi-V, photo Thomas Peyre.


Noi-E-Il-Cavallo-Multi-V, photo Thomas Peyre.


Noi-E-Il-Cavallo-Multi-V, photo Thomas Peyre.

samedi 3 août 2019

Compte-rendu du Colloque-Démonstration de Traction Animale en petite agriculture, du 1er juin 2019, à Fiano (Italie) 1ère Partie.

Nos amis de Noi E Il Cavallo (Albano Mascardo, Italie) et de Schaff-Mat-Paerd (Paul Schmit, Luxembourg) nous avaient invité à un colloque-Démonstration de Traction Animale en petite agriculture le 1er juin 2019 à Fiano, en banlieue de Turin (Italie).

Comme nous étions occupés au Chantier-École de Montdenis, c'est Thomas Peyre qui a représenté Hippotese là-bas et qui nous a rapporté le compte-rendu détaillé que voici...

Compte-rendu du colloque du 1er Juin 2019 à Fiano (Italie) (par Thomas Peyre)
1ère Partie

La journée était dédiée aux professionnels de la traction animale en agriculture.
Elle a été impulsée par Albano Moscardo et Paul Schmit réunis autour de l'association « Schaff mat Paërd » et accueillie par Gianfranco Savarino et Agnese Lapadula, à Fiano, banlieue de Turin.

Ces derniers sont paysans en polyculture-élevage avec une dizaine de chèvres laitières, une dizaine de brebis allaitantes, 5 vaches allaitantes, 1 ha de Maraîchage et 1 cheval de travail.

Les partenaires de cette journée étaient donc : « Noi E Il Cavallo », « Schaff mat Paërd » et « A.S.C.I. » (Associazione Solidarietà Campagna Italiana).

L'objectif initial de la journée était d'une part l'essai du prototype Multi-R pour discuter des améliorations, développements et modifications à apporter en écoutant les demandes ou besoins spécifiques des utilisateurs et d'autre part la démonstration de machines abouties Equi-idéa.

Cette journée n'a finalement rassemblé que peu d'utilisateurs en activité (probablement cela est dû à la période de l'année choisie). Au total, 10 à 20 participants. Beaucoup sont porteurs de projets en devenir ou souhaitent développer leur activité en y insérant la traction animale.

Le temps d'échange a donc été plutôt axé sur les points suivants :
- Ce qu'est la traction animale aujourd'hui, dans les fermes, mais aussi plus généralement.
- Ce que permet et ce qu'on peut faire en traction animale, mais aussi les limites.
- L'aspect sécurité, formation professionnelle et législation.
- Les représentations de l'utilisation de l'animal de labeur et la communication avec le grand public.
- L'animal comme partenaire de travail.
- Quel équidé pour quel travail, les races, l'élevage et la disponibilité des animaux de travail en Italie et en France.
- Les études des forces de traction, l'ergonomie, le confort de l'animal, le choix du harnachement.
- Le matériel disponible, plus ou moins adapté, pour les usages agricoles.
- Les recherches et développements menées au sein de « Schaff mat Paërd » et « Noi E Il Cavallo ».

Démonstration du Multi-R

Après le repas, Présentation du prototype Multi-R suivi d'essais et de discussions :
Le multi-R est un prototype développé au cours de l'année 2018.
C'est un porte-outil de binage-sarclage multi-rangs avec correction de trajectoire pour un cheval.

Dans la version présentée, il permet d'enjamber 2 rangs de culture et travailler les 3 inter-rangs. Les 3 roues permettent la stabilité pour le terrage et l'attaque. Les supports de dents sont montés sur parallélogrammes. Une version 4 roues pour 2 chevaux sera développé plus tard.

Ce prototype est en cours de développement. Cette journée collective sur le terrain permet d'observer ensemble les points qui fonctionnent et ceux qui posent des problèmes et de réfléchir à plusieurs aux solutions.
Notamment, en ce qui concerne le mouvement général de la machine pour une correction de trajectoire fonctionnelle et efficace. Certaines modifications apportées depuis les derniers essais sont validées.
Les efforts de tractions ont été mesurés pendant les essais.

Cette approche collective du travail de recherche et de développement en impliquant les utilisateurs est salutaire. Elle est motivée par l'objectif d'aboutir à des outils performants, fonctionnels et adaptés aux besoins.

(Suite dans la deuxième partie bientôt...)

mardi 16 juillet 2019

Débuscage au cheval par câblage descendant et Ancrage Volant

Lors du chantier-école de débardage de Montdenis en mai 2019, nous avons eu l'opportunité de filmer du débuscage au cheval par câblage descendant.

C'était aussi l'occasion de tester en conditions réelles un "ancrage volant" qui nous a permis d'installer le câble dans l'alignement souhaité tout en mettant le cheval tractionneur en sécurité via une poulie de renvoi.

Et tout d'abord, un petit film de l'opération pour l'ambiance... (images de Annie Flacelière et Deny Fady).

Et quelques dessins pour la compréhension...


Débuscage au cheval par câblage descendant avec "ancrage volant" et poulie de renvoi. Vue de profil.


Débuscage au cheval par câblage descendant avec "ancrage volant" et poulie de renvoi. Vue de dessus.


Débuscage au cheval par câblage descendant avec "ancrage volant" et poulie de renvoi. Détail de l'ancrage volant idéal.

Sécurité :
On voit bien dans le film les dangers potentiels de ce genre d'activité à savoir :
- un tronc écorcé qui glisse le long de la pente...
- un tronc qui se met en travers et qui roule...
- un caillou qui se détache et qui roule...

Pour limiter ces dangers :
- les opérateurs doivent se munir de casque.
- la longueur du câble tracteur doit être suffisante pour mettre le cheval et le meneur en sécurité dés le début de la traction.
- si possible, les arbres doivent être débusqués avec leurs branches et en fagots.

Un matériel adapté :
Les poulies, câbles, chaînes et mousquetons doivent aussi être suffisamment dimensionnés, voir à ce sujet les matériels que nous avons sélectionné dans 2 précédents billets et que nous continuons à recommander.
- 1er billet ici
- 2eme billet là.

dimanche 24 février 2019

Revue de presse : Sa(b)leuse TA à Val d'Isère

Radio-TV Val d'Isère sur son site web a diffusé une photo de sa(b)leuse à Traction Animale, le 21 février 2019 (merci Alex)...

Voir ici : http://www.radiovaldisere.com/index.php?p=infos&id=7905

Texte de l'article :
"La première saleuse de trottoirs à traction animale a été expérimentée pour la première fois hier après midi."

"C'est Xavier Mattis et son équipe de la Ferme de l'Adroit qui ont mis au point cette machine. Le principe est finalement simple, un système de gravillonnage automatique tournant en fonction de la vitesse est attelé à un cheval."

"Si la partie technique de projection du sel ou des gravillons se trouve dans le commerce, l'attelage, tout en inox, a été entièrement réalisé à la ferme. Le résultat est d'une efficacité redoutable."

"Odyssée, la jument de race Comtois de 13 ans, passe en effet partout sur les trottoirs puisque la largeur de la machine n’excède pas 1m50. Outre le respect environnemental, la manœuvrabilité de l'ensemble est bien supérieure à celle d'un tracteur."

"De plus, cela reste silencieux et cela fait la joie des passants qui, étonnés, s'arrêtent pour regarder cette drôle de machine."

Mon commentaire :
L'idée est très intéressante, la réalisation technique est soignée et semble efficace mais je pense que le déport avant est trop important...

Le cheval supporte sans doute plus que 10 kilos de charge au niveau de la sellette (voir l'étude de l'IOSTA de 1959, sur les problèmes d'appui sur le dos, page 10) et l'ensemble rigide n'est pas très manœuvrant...

Un déplacement de l'essieu vers l'avant aurait été préférable ou même un avant-train 3 roues, à roue avant directrice (type Cabri) ou encore un avant-train 4 roues à roues avant folles (type BMH) aurait sans doute été mieux adapté... Une future évolution peut-être ?

Pour les "petits nouveaux", je vous passe 2 photos du "Cabri", l'une du proto original de 95 (avec Antoine Luneau, son co-concepteur), on peut juger de sa capacité à tourner court et du harnais léger nécessaire à sa conduite.

L'autre du Cabri, modèle 2013, avec une roue avant plus grande, une accroche de brancard plus basse et un "Harnais Chevilatte" (recherchez, si vous le souhaitez, des images et des infos sur ce harnais dans la zone "Recherche" en haut à droite).

J'ai aussi retrouvé pour vous, quelques photos d'un voyage d'étude en Suisse dans une école d'agriculture (?) (dans les années 90, je pense) où nous avions vu un avant-train "polonais" (si mes souvenirs sont exacts) équipé d'un épandeur d’engrais à prise de force sur les roues, simple, léger et bien équilibré... Une source d'inspiration ?

dimanche 23 décembre 2018

Porte-Outils de maraîchage, en Paire, à 4 roues (POP4), vidéo des 1er tests, sous serre... (décembre 2018) et retour sur ce projet...

Pour ceux qui ont raté le début (et surtout ceux qui n'ont pas bénéficier des infos en avant première dans l'HippoNiouse parce qu'il ne sont pas adhérent... Et toc !) :

Fin 2017, et surtout en 2018, un nouveau projet a vu le jour avec l’Atelier Paysan : le POP4 (Porte-Outils en Paire à 4 roues) pour travailler en Traction Animale en planches permanentes...

1ers essais du POP4 (Porte-Outils en Paire à 4 roues) en décembre 2018 à la Ferme de Nico et Vincent à Montoison (Drôme)

Pourquoi travailler en planches permanentes ?

L’intérêt des planches permanentes, pour les maraîchers avec des surfaces relativement importantes, est surtout de limiter le tassement du sol cultivé (puisque les animaux circulent dans les "passes-pied" entre les planches et non entre les rangs).

Celà permet aussi de densifier les cultures en rapprochant les rangs (en monorang, il faut prévoir un passage pour le cheval et le meneur et 2 passages pour les roues), en planches permanentes, les chevaux et les roues passent sur les 2 passes-pied, et le meneur est soit porté par l'outil au dessus de la culture, soit marche derrière sur l'un des passes-pied.


Culture en monorang (ici des patates)


Culture en planches permanentes (oignons)

Des essais ont été fait de travailler en planches permanentes avec un seul cheval (qui marche sur l'un des passes-pied), et un outil déporté par rapport à la traction (voir ici, lors de la 7ème journée technique maraîchage en Haute Savoie).

Mais outre le fait que l'on manque de puissance pour certains travaux, le cheval travaille mal et doit supporter un effort latéral contraignant.

Pour info une barre de binage demande un effort de 130 kgf pour les travaux les plus lourds (buttage 2 rangs ou décompaction du sol au printemps), alors qu'un cheval seul permet un effort moyen de 70 kgf au pas de travail (en traction idéale et continue).

Il y a aussi la solution d'atteler le NéoBucher en paire (avec des chevaux à 2 mètres d'entraxe dans les passes-pieds), mais si on résout le problème du tassement du sol par les chevaux, le meneur lui marche sur la planche et garde les mains prises pour la correction de trajectoire (ce qui rend difficile le menage en simultané car il n'y a pas de guides à la ceinture en menage en paire).
De plus le réglage de terrage n'est pas réellement possible


Le NéoBucher attelé en paire

La majorité des outils maraîchers en traction animale en France ne sont pas adaptés à ces techniques culturales, peu de maraîchers en traction éprouvent la nécessité de cette technique car leur surface sont limitées. Mais certains voient leur ferme s’agrandir et auraient besoin d’évoluer.

Les futurs meneurs-maraîchers, capables de maîtriser la technique complexe d’une bineuse à 2 chevaux, ne sont pas insensibles au concept mais il faut concevoir de nouveaux outils.

Une équipe d'une dizaine de personnes (la plupart maraîchers) s'est attelé à cette tâche à l'automne 2017, après une étude de l'existant en France, en Allemagne et aux États Unis...

Quelques exemples de l'existant (pour la plupart resté au niveau du prototype ou du modèle unique) :


Bineuse IJ (fabriquée en série US)


Bineuse G-Haw (Proto US)


Bineuse Bernard Michon Hippomobile (Proto France)


Bineuse Univecus (Proto Allemagne)


Bineuse Schmitz (Proto Allemagne)

Plein de rencontres et d'échanges de méls plus tard, la réalisation d'un cahier des charges d'un porte-outil à 2 chevaux idéal, permettant de faire de la planche permanente et aussi d’autre types de travail du sol, aboutissait...

Cahier des Charges sommaire du futur POP4 :

- 2 chevaux, pour avoir la puissance nécessaire
- Écartés à 160 cm, soit l’écartement des planches
- Avec des freins efficaces
- 4 roues pour une bonne stabilité (2 directrices pour la correction de trajectoire et 2 "folles" qui permettent le demi-tour le plus court possible en bout de rang.
- 2 timons pour plus de confort des chevaux dans les manœuvres, avec grand écartement
- Une position de menage assise, pour gérer les guides et ne pas écraser les planches
- Une direction des barres de binage avec les pieds, pour gérer à la fois guides et outils
- La possibilité de monter différentes barres de binage ou de travail du sol facilement et rapidement (la barre à section triangulaire du NéoBucher sera sans doute conservée).

Paul Jarreau et Joseph Templier de l'Atelier Paysan ont pû alors faire les premiers dessins 3D qui ont été discutés et remaniés par l'équipe pendant l'année 2018...


Dessin du proto virtuel...


Schéma explicatif du proto virtuel...

Et un premier proto a été construit à la ferme des Volonteux près de Valence, (26), en une semaine, du 19 au 23 novembre 2018, par une équipe formée de Sylvain, Remy, Thomas, Vincent, Ivan, Mickael, Etienne et Paul.


Nico et Thomas Peyre ont finalisé l'hydraulique les semaines suivantes et mi-décembre les premiers essais ont pu avoir lieu...


1ers essais du Proto POP4, début décembre 2018


1ers essais du Proto POP4, début décembre 2018


1ers essais du Proto POP4, début décembre 2018


1ers essais du Proto POP4, début décembre 2018

Certes, il reste des finitions à faire et puis sans doute des modifs, certains choix seront peutêtre remis en question, on a l’expérience du projet NéoBucher qui pourtant partait d'un porte-outils existant et qui a mis plus de 3 ans pour aboutir à sa version définitive...

Il faut savoir prendre un peu de temps pour fignoler les détails, tester en conditions réelles sur plusieurs mois, sans vouloir multiplier trop vite un proto inabouti...

En tout cas bravo à l'ensemble de l'équipe qui nous offre en avance un super cadeau de noël...

Si vous voulez vous raccrocher au projet...

D'autres infos sur le site de l'Atelier-Paysan ici...
Ou le PDF de l'article de l'Atelier-Paysan sur le POP4 ici (9 Mo)

Pour toutes questions, renseignements ou participation, contactez Vincent Bastard (vincent.bastard-chez-posteo.net) ou neobucher@googlegroups.com

samedi 10 novembre 2018

Les inventions matérielles de Pierre Gallet : porte-outils, herse, brancalonnier...

Je vous avais promis de vous parler des inventions matérielles en Traction Animale de Pierre Gallet (Les Gros Sabots à Challes-les Eaux (73), tél 04 79 72 91 00).

J'ai retrouvé quelques vidéos d'une "Fête Nature" au Lac des Hurtières (à Saint-Alban-d'Hurtières, en Maurienne) en juin 2016.

On lui avait proposé de faire une démonstration de travail avec ses chevaux tout en préparant une bande fleurie le long de la route d'accès au lac.

Voici un petit film-compilation de ces vidéos (en fin de billet tout en bas) qui présentent bien (une partie) des outils inventés ou adaptés par Pierre...

Vous allez voir successivement un canadien porté sur son support d'outils (génial) et une charrue à balancier attelée en double, une herse sur le même support d'outils attelée en simple au "brancalonnier" (et harnais "chevilatte") et enfin la finition (après semis de la bande fleurie par les enfants) au rouleau de pierre.

Vous pouvez retrouver des infos sur le harnais "chevilatte" ici et je vais vous faire prochainement un billet spécial "brancalonnier".

dimanche 20 mai 2018

Mouflage au cheval de travail, en forte pente, au 15ème chantier-école de Montdenis

Lors du 15ème chantier-école de Montdenis, nous avons réalisé une opération de mouflage de gros bois en contre-bas d'une piste forestière (chantier que nous avions initié lors du 14ème chantier-école).

Une petite vidéo pour visualiser le chantier...

La pente était d'environ 100 % (45°), la distance de traîne-mouflée de 20 à 50 m, le cheval "tracteur" était lui sur la piste forestière en légère pente descendante (il réalisait une course de 80 à 200 m dans le même temps, compte-tenu du mouflage).

Pour ce chantier, nous avons utilisé un moufle formé de 2 poulies "ciseaux" à double réa (référencées "Poulie de renvoi double à côtés oscillants" chez Jardiforet.com) dont nous avons déjà parlé dans un précédent billet, elles sont à 115 € actuellement.

Ce sont des poulies données pour une résistance de 2 T, en inox, fabriquées au Canada. Elles paraissent fragiles (la tôle est assez fine et peut se voiler), mais nos essais en conditions difficiles durant les 2 derniers chantiers-école, ont été très concluants. Je les recommande donc...

Ces poulies sont montées sur un mousqueton à verrouillage automatique (dit Triact) (modèle Oxan Triact-Lock de chez PETZL) (attention, il existe en version à sécurité à vis sous le nom : Oxan Screw-Lock, que nous déconseillons car on est jamais sûr du verrouillage). Le prix du Oxan Triact-Lock est d'environ 14 €.

NB : Le double verrouillage de ce mousqueton, souvent énervant à l'ouverture, pour les novices, nous les a fait les nommer "mousquetons bac+2", nous garderons cette appellation dans ce billet.

J'avais aussi l'habitude de monter sur le mousqueton "bac+2" de ces poulies doubles, un crochet tournant modifié (le linguet et remplacé par un carré soudé de façon à le transformer en crochet étrangleur).
Nous avons eu des problèmes avec ce système car le nerf des câbles, amplifié par la tension, enroule le moufle sur lui même, et freine par frottement le coulissage du câble et ce parfois jusqu'au blocage. C'est donc un montage que je conseille pour les poulies simples mais que je déconseille pour les moufles.

Michel C. grand spécialiste du travail avec les câbles, est venu nous montrer les techniques utilisées par les professionnels, à savoir, l'élimination des crochets tournants sur les moufles et l'adjonction de barre "anti-giration" qui passent dans les mousquetons "bac+2".
De simples branches de frêne de 1,5 à 3 m sont suffisantes dans notre cas (ce sont des barres à mine en acier sur les gros moufles), elles peuvent être attachées d'un côté par une corde fixée au sol quand elle se trouvent en l'air, sinon elles frottent simplement au sol.

Nous avons utilisé un câble de treuil (de 6 mm de diamètre) d'environ 200 m, acheté d'occasion chez un ferrailleur. Ce câble prend moins de "nerf" qu'un câble standard mais reste fragile pour une utilisation en forêt. Il présente rapidement des déformations sur son diamètre. Nous ne rachèterons pas ce type de câble une prochaine fois...

Je vous ai fait des petits dessins explicatifs en vue de profil et en vue de dessus du chantier.

et voici quelques photos prises sur les 3 jours avec un temps qui fut plutôt changeant (il a même neigé le dimanche)...


Installation du moufle sur l'arbre d'accrochage (Débardage par Mouflage au cheval au chantier-école de Montdenis 2018)


Le moufle est installé... (Débardage par Mouflage au cheval au chantier-école de Montdenis 2018)


On attend les premières grumes sur la piste... (Débardage par Mouflage au cheval au chantier-école de Montdenis 2018)


Arrivée des premières grumes... (Débardage par Mouflage au cheval au chantier-école de Montdenis 2018)


Le "crocheur" doit descendre dans le talus... (Débardage par Mouflage au cheval au chantier-école de Montdenis 2018)


Tout le monde donne son avis sur la manœuvre... (Débardage par Mouflage au cheval au chantier-école de Montdenis 2018)


Le "brin tirant" est tendu jusqu'à Ruby, cheval "tracteur" du jour... (Débardage par Mouflage au cheval au chantier-école de Montdenis 2018)


Ruby, cheval "tracteur" exerce ici une force de 100 à 200 kg... (Débardage par Mouflage au cheval au chantier-école de Montdenis 2018)


Cette force multipliée par le jeu des moufles exerce une traction de 400 à 800 kg au crochet... (Débardage par Mouflage au cheval au chantier-école de Montdenis 2018)


La piste est vite encombrée de troncs qu'il faut évacuer... (Débardage par Mouflage au cheval au chantier-école de Montdenis 2018)


L'ensemble de l'équipe doit maintenant intervenir... (Débardage par Mouflage au cheval au chantier-école de Montdenis 2018)


Tchoutcho, mulet en formation débardage, évacue les troncs et branches remontés par le moufle... (Débardage par Mouflage au cheval au chantier-école de Montdenis 2018)


Très vite, les habitudes sont prises et chacun trouve sa place... (Débardage par Mouflage au cheval au chantier-école de Montdenis 2018)


Le travail d'accrochage au moufle laisse même parfois quelques instant de repos bien mérité... (Débardage par Mouflage au cheval au chantier-école de Montdenis 2018)

NB : Pour certaines grumes, nous avons dû moufler le "brin tirant" pour atteindre une traction de 1,6 T, je vous prépare un petit billet explicatif là dessus pour bientôt...

samedi 17 février 2018

Système d’Assistance Électrique pour Véhicule Hippomobile, lubie d'ingénieur ou apport réel ? (2ème partie)

Suite des billets sur les Véhicules Hippomobiles à Assistance Électrique (VHAE) en partenariat avec Marco Zandona (qui est un chercheur et un inventeur reconnu de cette (ces) technologie(s)).

Vous trouverez le précédent billet sur ce sujet ici.

Aujourd'hui, Marco nous parle de l'intérêt du frein électrique sur les VHAE.

Je lui laisse donc la parole.

Deny Fady


VHAE – Le freinage combiné

L’idée d’utiliser le moteur pour freiner la calèche s’est imposée lors de la rédaction du premier cahier des charges.
La question du freinage régénératif, c’est à dire la faculté de récupérer l’énergie pour recharger les batteries, est du reste fréquemment posée.
Nous nous sommes par la suite aperçus que ça freinait vraiment bien et que cette fonctionnalité ajoutait à la sécurité de l’ensemble.

Les protos ont ainsi été équipés d’une série de pédales, à savoir :

- Pédale(s) des freins mécaniques (avant + arrière)

- Pédale du frein électrique

- Pédale d’avancement ou accélérateur électrique

Trop de pédales à gérer, une ergonomie brut de décoffrage, la difficulté de passer d’une pédale à l’autre (le frein électrique est inopérant à l’arrêt) nous ont poussés à poursuivre nos recherches qui ont abouti au freinage combiné.

Le premier montage, relativement trivial, a consisté a superposer la commande du frein arrière mécanique à la pédale du frein électrique comme l’illustre la photo ci-dessous (la pédale tout à gauche est celle du frein de tourelle).

Ainsi on travaillait d’abord avec le frein électrique puis en augmentant la pression sur la pédale on actionnait en parallèle le frein mécanique arrière.

Il fallait cependant beaucoup de doigté pour freiner électriquement, de plus l’ajustage de la course de la pédale était malaisé et risquait de se dérégler au fil du temps. Sympa mais insuffisant.

Le système actuel fait la part belle aux 2 pédales montées d’origine sur les voitures hippomobiles.
A noter que la pédale d’avancement électrique (tout à droite sur la photo ci-dessous) a depuis disparu.

Maintenant, en pressant sur la pédale du frein arrière on active simultanément mais à des degrés différents les freins mécaniques et électriques.

Les avantages de ce freinage combiné sont nombreux :

1- On peut personnaliser l’ampleur de la force à exercer sur la pédale pour freiner à fond.

2- Cela n’arrive bien-entendu jamais ;-) mais en cas d’indisponibilité soudaine du frein électrique la réaction réflexe serait de presser la pédale à fond. C’est mieux si en montagne et en pleine charge, le pied se trouve déjà sur la bonne pédale.

3- Les mâchoires ne risquent pas de gripper car elles sont toujours sollicitées, même légèrement.

La technique utilisée pour activer le freinage combiné est très simple, on la détaillera dans un prochain billet.

Marco Zandona

(à suivre...)

jeudi 1 février 2018

Transporter des balles rondes avec un âne : Le dépilage des balles... (suite 2)

Ce billet, proposé par Philippe Gérard de Clomot (Côte d'Or), fait suite à ses précédents billets de 2013 et 2015 sur la manipulation et le transport des balles rondes uniquement en traction animale...

Pour arriver à un approvisionnement hivernal en balles rondes de mes 5 prés d'hivernage (de vaches) entièrement assuré en traction animale, il faut dépiler les balles rondes.
Maintenant, je le fais aussi avec Uranie mon ânesse.

Petite vidéo de l'opération :

Pour dépiler avec mon 4x4, j'avais fabriqué deux doubles griffes attachées entre elles par une cordelette de 3 m passant dans un anneau relié à une corde terminée par un crochet. Cette corde permet de tirer et de faire tomber la pile.

Je les utilise donc aussi avec Uranie, mais en ajoutant une chaîne de 4 m que j'accroche derrière mon avant-train hippomobile par un anneau passé dans la boule d'attelage, ce qui me permet d'éloigner le tout et d'avoir un réglage facile de la longueur en passant le crochet dans un maillon de la chaîne, et sans avoir à trop reculer dans la grange.

Sur la vidéo, je fixe les griffes en haut de la 3e balle pour abattre, en principe, une pile entière. En début d'hiver, grange pleine, en piquant dans la 4e balle, on en fait tomber 1, 2, rarement 3, selon la verticalité de la pile.

Il faut bien sûr apprécier la place dont on dispose, adapter l'angle de traction en fonction du point de chute envisagé et ne rien laisser traîner de fragile dans les parages !

Philippe Gérard.

mercredi 10 janvier 2018

Bilan de l'expérimentation Alti-Trottibus (véhicule hippomobile à assistance électrique) par Laurent Maly (IFCE-CRECAT)

Depuis de nombreuses années, à Hippotese, nous nous intéressons aux véhicules hippomobiles à assistance électrique (VHAE) et nous avons déjà fait un certains nombres de billets sur ce sujet.

En août 2017, nous avions rejoins l'expérimentation de l'Alti-Trottibus aux portes du Parc National de la Vanoise, au dessus de Termignon, dans la vallée de La Maurienne, au cœur de la Savoie... (voir précédent billet sous forme de petit film ici.)

Laurent Maly de l'IFCE-CRECAT a bien voulu nous faire passer le bilan des tests préliminaires qu'il a conduit pendant cette expérimentation. Merci à lui...


NB : Le CRECAT qu'est-ce que c'est ?
La délégation territoriale IFCE Auvergne-Rhônes-Alpes, située à Aurillac, abrite désormais un nouveau Centre de Ressources et d’Expérimentation du Cheval au Travail (CRECAT). Ce centre a pour objet, en lien avec la direction du développement et de la recherche, de mener des actions relevant de l’expérimental mais également du développement afin d’accroître, au niveau national, le recours aux équidés de travail, dans le respect notamment de conditions optimales de bien-être.

Des projets concrets ont d’ores et déjà été menés en 2016 : lancement d’une expérimentation pluriannuelle dédiée à la tonte et la rédaction de fiches techniques sur divers outils. Cette année a également permis de nouer des liens avec différents partenaires scientifiques.
Un comité de pilotage, comptant les principales organisations socioprofessionnelles concernées par la thématique du cheval au travail, a été institué en 2016. Il se réunira au moins annuellement afin de définir le programme d’action et les objectifs du CRECAT.

Pour 2017, le cap est mis sur l’assistance électrique, la justification objective de l’intérêt des chevaux de travail dans les vignes et le lancement d’une réflexion sur un protocole de mesures de la puissance et de l’endurance de races de chevaux de territoire.

Article tiré du rapport d’activité de l’IFCE 2016 – P22


Et maintenant les diapos du bilan de Laurent Maly :

Vous pouvez aussi télécharger le document en pdf, ici (4,5 Mo)...

lundi 20 novembre 2017

Quelques vidéos de présentation des techniques d'entrave et de bâtage, par Émile Brager lors de de l'AG d'Hippotese, le 12 nov 2017 (Seyne les Alpes, 04)

C'est le dimanche 12 nov, lors de l'Assemblée Générale d'Hippotese à La Maison du Mulet de Seyne les Alpes, qu'Émile Braget nous a fait une présentation des techniques d'entrave et de bâtage sur les mules et mulets (voir billet précédent ici).

J'ai filmé une partie de cette présentation avec mon appareil photo, (navré pour la qualité du son qui n'est pas toujours très bonne) et je vous ai fait une série de petits films peutêtre un peu longs (mais je n'ai pas osé couper les explications d'Émile si intéressantes et pédagogiques).

Les titres des vidéos reflètent les contenus...

Émile Braget : Entrave d'une mule avec une corde

Émile Brager : Attacher une mule à un piquet

Émile Brager : Mettre le Bât sur la mule (partie1/3)

Émile Brager : Mettre le Bât sur la mule (partie 2/3)

Émile Brager : Mettre le Bât sur la mule (partie 3/3)

NB : Plus d'infos sur Émile Brager sur son site : http://emile-brager.fr/

Et dans son livre (vraiment génial, avec plein de dessins) : "Techniques du voyage à cheval", 46 €
Que vous pouvez commander directement à l'adresse suivante :
Emile Brager
Ferme muletière du Grand Pâtis
07700 Bidon
France

mercredi 28 juin 2017

Poulies de renvoi, crochets et mousquetons de sécurité en débardage avec câble en Traction Animale

Suite à vos nombreuses demandes et en particulier, celles des participants au chantier-école d'autoformation au débardage de Montdenis qui vient de se terminer, je vais vous faire une petite présentation des montages de poulies de renvoi que nous utilisons en débardage au cheval et que nous avons sélectionné et validé pour leur simplicité, leur efficacité et surtout leur sécurité.

Les Poulies ouvrantes :

Les poulies que nous utilisons et qui ne nous ont jamais déçu sont les poulies dites "ciseaux", modèle 1,6 tonne (dite souvent PC16). Leur résistance est à toute épreuve en traction animale, elles sont assez légères, tout en ayant une réa (disque de la poulie sur lequel passe le câble) d'un diamètre suffisant pour ne pas déformer les câbles acier de 5 et 6 mm de diamètre que nous utilisons.
Elles n'abîment pas non plus les cordes ou les câbles synthétiques et ne déraillent jamais. Elles sont montées sur bagues bronze ou roulements à bille étanches et supportent de traîner dans la boue sans problème.

Leur ouverture se fait par rotation d'un des flasques par rapport à l'autre. Ces 2 flasques sont réunis en utilisation par un mousqueton d'accrochage et un crochet tournant (voir ci-dessous).
Elles ne pèsent pas trop lourd (2,2 kg) et sont d'un prix abordable (autour de 70 €).

Quelques liens commerciaux :
Roux Solution-Levage : http://www.solutionlevage.com/poulie-ciseaux-ouvrante-pour-cable-pxc-capacite-1-5-t-a-5-t.html
Nantaise de Poulies : http://www.nantaise-de-poulies.com/fr/poulies-ciseaux/poulie-ciseau-ouvrante-351.html

Les crochets tournants :

Nous utilisons nos poulies montées sur des crochets tournants (dit crochet à touret) que l'on trouve facilement dans tous les magasins de bricolage.

Nous les modifions en retirant le linguet (fragile) en le remplaçant par un morceau d'acier carré 10x10 pour en faire un crochet étrangleur.

Quelques liens commerciaux :
Lien vers scs-levage : http://www.scs-levage.fr/boutique/crochets-a-touret/92-crochet-a-touret-a-linguet-acier-allie.html

Les mousquetons de sécurité :

Et suite à des ruptures intempestives d'amarrage par éclatement du mousqueton, depuis 3 ans, nous utilisons comme élément de liaison entre la poulie et le crochet tournant seulement des mousquetons à verrouillage automatique (dit Triact) comme le modèle Oxan Triact-Lock de chez PETZL (attention, il existe en version à sécurité à vis sous le nom : Oxan Screw-Lock, que nous déconseillons car on est jamais sûr du verrouillage).
Le prix du Oxan Triact-Lock est d'environ 14 €.

Quelques liens commerciaux :
Lien vers expe.fr : https://www.expe.fr/fr/mousqueton-oxan-triact-lock.html ou
Lien vers Le vieux Campeur : https://www.auvieuxcampeur.fr/oxan-acier-triack-lock-mousqueton.html

Une petite photo du montage final...

Et une photo en utilisation...

NB : Vous trouverez éventuellement d'autres infos dans de précédents billets :
ici sur les crochets et chaînes de débardage...
ici sur les poulies "largables"...
ici sur les cône de débardage...
ici sur les cordes et poulies...
et évidemment ici sur tous les billets des chantiers-écoles...

dimanche 12 juin 2016

Moufle à 5 brins en arrachage et débuscage au cheval, au 13ème chantier-école de Montdenis

Comme nous vous l'avions promis dans un commentaire du billet sur l'arrachage d'arbustes en zone pavillonnaire, nous avons testé, par nous même, le moufle que Pierre Gallet (son constructeur) nous a gentiment prêté lors du 13ème chantier-école de Montdenis.

Bien sûr, nous en avons profité pour faire des photos et des plans...

Et pour commencer, une petite vidéo de présentation des essais...

Quelques photos de détail du moufle :


Le moufle 1 à 3 poulies.


Le moufle 2 à 2 poulies et un tirant


Vue par la tranche du moufle 1

Et puis un schéma coté du moufle 2 (sur le moufle 2 le tirant remplace la petite poulie du moufle 1) :

Merci à Christian Deiber pour la prise de cotes...

Pour info, Pierre utilise un câble d'un diamètre de 6 mm, on peut descendre à 5 mm mais dans ce cas, on ne prendra pas un câble trop souple (plus de risque "d’emmêlage"), celà, étant, un câble trop rigide se déformera à la traction au passage des poulies...
Dans la réalité, il est difficile de choisir un câble sans le toucher et apprécier sa souplesse et sans le tester...

Enfin, 2 proposition d'amélioration :

1) Proposition d'amélioration des dimensions de la taille de la petite poulie du moufle 1 (à valider), qui me semble d'un trop faible diamètre.

En effet, le faible diamètre de la petite poulie peut causer des problèmes de déformation de certains câbles à cause d'un "rayon de giration" trop court. Ici on passe la petite poulie d'un diamètre de 40 mm à un diamètre de 60 mm (les plaques des flasques restant de même taille).

A droite vous avez le schéma côté du modèle de Pierre, à gauche, vous avez la proposition de modification des côtes. Nous n'avons pas testé cette fabrication, si vous le faites, envoyez-nous quelques schémas et photos, nous les publierons ici...

2) Une deuxième proposition de modification est de monter 6 poulies (3 sur chaque moufle) comme dans un montage traditionnel, celà permet d'augmenter un peu la force de traction... (de 5x à 6x, voir schéma ci-dessous).
Dans ce cas, le tirant est fixé sur les flasques de l'un des moufle à l'aide d'une chape (ou d'une grosse manille, dont le manillon est l'axe de la petite poulie).

NB : Bague bronze ou roulement ? Au moment où j'écris ce billet, j'avoue que je ne sais pas si les réas du moufle de Pierre sont équipées de bagues bronze, de roulements ou d'un simple trou (axe acier sur acier). Je demanderai à Pierre et vous donne l'info dés que possible...

NB2 : A noter, pour ceux qui voudraient fabriquer un moufle du même type, on trouve dans le commerce des réas à bague bronze ou roulement à l'unité (compter environ 20 à 30 € par réa), voir par exemple ici. La difficulté est de trouver des réas de même épaisseur pour que les flasques guident correctement le câble qui doit absolument rester sur les poulies. Je sais que Pierre, lui, a fait tourner ses réas en acier par un artisan tourneur.

mardi 26 janvier 2016

Le "Passe-Partout", un timon d'attelage en col de cygne inspiré du "brancard de labour"... (1ère partie)

Depuis le début du projet NéoBucher, nous avons l'objectif d'équiper celui-ci d'un mono-brancard en col de cygne pour libérer le cheval, en particulier lors des demi-tours en bout de ligne.

Nous nous sommes fixés comme objectif, en ce début d'année 2016, de tester en conditions réelles cette utilisation et de définir si oui ou non ce système est pertinent pour travailler avec le NéoBucher et dans sa version traditionnelle (type Passe-Partout de Banyuls) ou dans une autre version.

Et comme à notre habitude, il fallait bien partir de l'étude de l'existant afin de ne pas réinventer la roue...

Je crois que la première fois que j'ai vu un système d'attelage à mono-brancard, c'est dans la revue Science et Vie, j'avais même écrit à l'époque un petit article dans l'Hippobulle N°2 de 1988 (!) et déjà je m'interrogeais sur une utilisation agricole du système...

Depuis l'entreprise Equimobile de Stéphane Proust commercialise de nombreuses variantes de son attelage à monobrancard. Vous pouvez aller sur son site pour en savoir plus...

Comme je suis chipoteur, je suis allé chercher dans les dépôts de brevets, ceux qui concernaient cette invention et d'autres, antérieurs ou postérieurs...

Le plus ancien brevet concernant l'Équimobile que j'ai trouvé date de 1985 (FR2589418) ("Voiture hippomobile du type libre en rotation au cheval, liaison monopoutre dorsale"), on peut voir que cette version était encore sommaire, plus proche de l'idée que l'on griffonne sur un coin de table que de l'objet technique abouti... (sauf peutêtre le harnais). Elle était complétée de 2 gravures bien connues de harnais traditionnels (type 1880).


Les textes et les dessins du brevet de 1885...


En 1987, Stéphane Proust dépose un autre brevet ("Dispositif d'attelage pour véhicule hippomobile à monobrancard"), les explications (issues sans doute de l'expérience acquise depuis le brevet précédent) et les dessins de définition sont ici beaucoup plus explicites.
ceux qui sont intéressés à utiliser ou concevoir un système de traction agricole à mono-brancard seront sans doute intéressé de lire la totalité du résumé et des spécifications que je vous livre ci-dessous (les autres sauteront le paragraphe pour ne regarder que les images...).


Résumé du brevet de 1987 :
Dispositif d'attelage pour véhicule hippomobile, comportant un monobrancard (2) passant au-dessus du dos d'un cheval et relié, à sa partie avant, à un harnais (5, 6, 7) par l'intermédiaire d'un berceau de traction (4) sur lequel le monobrancard (2) est monté en rotation et, à sa partie arrière, à un véhicule hippomobile (3), caractérisé en ce que le berceau (4) comporte deux arceaux (9, 10) réunis à leur partie inférieure pour la jonction avec un collier (5) de harnais et s'écartant progressivement l'un de l'autre jusqu'à atteindre une distance maximum à l'aplomb du garrot du cheval, un élément (11) solidaire du monobrancard (2) étant monté en rotation sur un organe (12) reliant les deux arceaux (9, 10) au niveau de leur écartement maximum, et en ce que le berceau repose sur le dos du cheval par l'intermédiaire de deux volets (15, 16) articulés montés sur l'arceau arrière (10) et situés de part et d'autre de la ligne médiane du dos du cheval. Le monobrancard (2) porté par le berceau (4) est relié à un véhicule (3) à roues (37) par l'intermédiaire d'un dispositif amortisseur-suspenseur.


Spécifications complètes du brevet de 1987 (les dessins ont été intercalés pour faciliter la lecture) :
Dispositif d'attelage pour véhicule hippomobile monobrancard.

L'invention concerne un dispositif d'attelage pour véhicule hippomobile à monobrancard passant au-dessus du dos du cheval.
Un dispositif de ce type et un véhicule hippomobile adapté sont décrits dans le document FR-A-2 589418. Le dispositif d'attelage comporte un monobrancard passant au dessus du dos du cheval et relié, a sa partie avant, à un harnais par l'intermédiaire d'un berceau sur lequel le monobrancard est monté sur pivot et, à sa partie arrière, à un véhicule hippomobile. Les arceaux reposent directement sur le dos du cheval et un simple rembourrage assure le confort du cheval.
Ce dispositif constitue une amélioration indéniable des dispositifs d'attelage à monobrancard antérieurs. Dans l'antiquité, on utilisait un monobrancard monté sur un collier de cou mais de très faible rendement puisqu'il comprimait les jugulaires du cheval et l'attelage ne bénéficiait pas de la totalité des efforts de traction du cheval. D'autres dispositifs utilisent une sellette analogue à celles d'un harnais classique, mais placée sur le dos du cheval et portant à sa partie supérieure l'extrémité antérieure du brancard. De même que dans le cas des chars antiques, les efforts de traction du cheval ne sont pas entièrement transmis et en règle générale il n'est possible de tracter qu'un sulky.

Un brevet français N° 712758 (c'est le brevet original du Passe-partout de 1931, NDLR) décrit un berceau de traction associé à un monobrancard par une articulation verticale et auquel est fixée une paire de traits. Ce dispositif permet de tracter des outils agricoles, le travail se faisant au pas, mais n'est pas utilisable aux autres allures du cheval.
L'inconvénient principal du dispositif de FR-A-2589418 (il s'agit du brevet de l'équimobile de 1985, NDLR) est que le rembourrage des arceaux n'empêche pas le cheval de se blesser à la longue en raison, du frottement qui se produit, ce qui limite bien entendu les possibilités d'utilisation de ce dispositif.

L'invention fournit donc un dispositif du type décrit précédemment, dans lequel le berceau comporte deux arceaux réunis à leur partie inférieure pour la jonction avec un harnais et s'écartant progressivement l'un de l'autre jusqu'à atteindre une distance maximum à l'aplomb du garrot du cheval, un élément solidaire du monobrancard étant monté en rotation sur un organe reliant les deux arceaux au niveau de leur écartement maximum, et le berceau repose sur le dos du cheval par l'intermédiaire de deux volets articulés montés sur l'arceau arrière disposé obliquement et situés de part et d'autre de la ligne médiane du dos du cheval.
La face interne des volets en contact avec le dos du cheval est rembourrée et présente une section droite convexe, dans la zone centrale du volet, dans un plan perpendiculaire au plan de l'arceau arrière, les parties latérales du volet de part et d'autre de l'arceau présentant une section concave dans des plans parallèles au plan de l'arceau, et une section droite concave dans la zone centrale du volet, dans un plan parallèle au plan de l'arceau, les parties supérieure et inférieure du volet présentant elles une section convexe dans des plans perpendiculaires au plan de l'arceau. Avantageusement la partie supérieure du volet forme une pointe et la partie inférieure un gros bout, donnant au volet une forme ovoïde dont ce gros bout constitue la base. Du fait de cette forme, le volet repose par sa convexité centrale dans le creux situé entre l'épaule et le dos du cheval, les deux concavités latérales permettant de loger les muscles correspondants sur lesquels le volet prend appui alternativement lors des mouvements du cheval; tandis que la concavité centrale permet au volet d'être positionne sur les muscles croisés du cheval, les deux convexités supérieure et inférieure amenant le volet en contact avec les creux situés de part et d'autre de la jonction des muscles superficiels du dos, du garrot et de l'épaule du cheval (respectivement grand dorsal, trapèze dorsal et triceps). En raison de cette forme et de l' articulation du volet sur son support, le déplacement de va-et-vient horizontal de l'omoplate provoque un basculement du volet autour de l'arceau arrière en maintenant le contact entre le volet et le dos du cheval.

Afin de favoriser ce basculement autour de l'axe de l'arceau arrière, le volet est monté pivotant en deux points et de préférence grâce à deux rotules montées l'une fixe sur l'arceau et mobile sur le volet et l'autre fixe sur le volet et mobile sur l'arceau.

Afin de faciliter encore l'effort de traction du cheval, le monobrancard porté par le berceau est avantageusement relié au véhicule à roues par l'intermédiaire d'un dispositif amortisseur-suspenseur. Celui-ci comporte de préférence un anneau élastique tendu selon un axe perpendiculaire à l'axe longitudinal de l'attelage véhicule hippomobile/monobrancard, entre deux points de fixation sur ledit véhicule. Un dispositif d'équilibrage réglable relie la partie centrale de l'anneau élastique au monobrancard.
D'autres avantages et caractéristiques de la présente invention apparaîtront à la lecture de la description détaillée suivante, faite en référence aux dessins annexés dans lesquels :

la figure 1 est une vue d'ensemble de côté, de l'attelage utilisant un berceau de traction selon l'invention,
la figure 2 est une vue de dessus du véhicule hippomobile et du monobrancard utilisant le berceau de traction selon l'invention,
la figure 3 est une vue de côté du dispositif de la figure 2,
la figure 4 est une vue représentant le positionnement du berceau de traction selon l'invention par rapport à l'anatomie du cheval;
la figure 5 est une vue de face (partie droite) du berceau de traction selon l'invention, et une vue de l'arrière (partie gauche),
les figures 6 et 7 représentent schématiquement les mouvements des épaules du cheval et ceux des- volets du berceau de traction, respectivement,
La figure 8 est une vue de dessus, agrandie, du dispositif amortisseur,
La figure 9 est une vue de devant montrant la fixation du harnais au berceau de traction.

Sur la figure 1, est représenté un cheval 3 attelé à un véhicule hippomobile 1 à deux roues par l'intermédiaire d'un monobrancard 2. Ce monobrancard repose sur le cheval par l'intermédiaire d'un berceau de traction 4, d'un collier 5, 6 et d'une sous-ventrière 7, ces deux derniers éléments constituant le harnais. Des rênes 8 permettent de guider le cheval de façon classique. Le berceau de traction 4 comporte deux arceaux 9,10 réunis à leur partie inférieure pour la jonction avec le collier 5 et s'écartant progressivement l'un de l'autre jusqu'à atteindre une distance maximum à l'aplomb du garrot du cheval, l'arceau arrière 10 vu de dessus (figure 2) présentant un rayon de courbure plus faible que l'arceau avant 9. L'arceau avant se trouve dans un plan peu écarté de la verticale tandis que l'arceau arrière est nettement oblique par rapport a ia verticale. Un pivot 11 solidaire du monobrancard 2 est monté sur un organe 12 (par exemple une plaque) reliant les deux arceaux 9 et 10, au niveau de leur écartement maximal et permet la libre rotation du monobrancard par rapport au cheval. Cette structure en double arceau du berceau est avantageuse du point de vue économique et du point de vue légèreté, mais pourrait être remplacée par une structure pleine, permettant de définir un axe arrière oblique, même non matérialisé.
Les rênes 8 passent chacune de chaque côte du berceau dans un œillet 14a sur l'arceau avant puis dans un œillet 14 (figure 2) situé sur l'arceau arrière puis toutes deux dans le même œillet 14b sur le monobrancard 2.

Le berceau de traction 4 prend appui sur le dos du cheval par l'intermédiaire de deux volets 15,16, montés tous deux sur l'arceau arrière 11, disposes de part et d'autre de la ligne médiane du dos du cheval et symétriques par rapport à cette ligne. Chaque volet prend appui dans le creux anatomique situé à l'arrière de l'omoplate 17 du cheval (figure 4) et la face interne du volet, en contact avec le dos du cheval est rembourrée et présente plusieurs convexités et concavités. Les volets 15, 16 ont de préférence une forme ovoïde présentant une pointe 22 et un gros bout 23, ce dernier constituant la base du volet.
Chacun des volets 15,16 est monté sur l'arceau arrière par l'intermédiaire de deux articulations par exemple de deux rotules 24 montées sur des tiges fixes 25, 25a. La tige 25a située à la partie supérieure du volet 15, 16 et la tige 25 à la base du volet sont montées en inversion, c'est-à-dire que la tige 25a est montée sur l'arceau et la rotule qu'elle porte repose sur le volet alors que la tige 25 est montée sur le volet et sa rotule repose sur l'arceau. La longueur des tiges fixes peut être modifiée par vissage ou dévissage de façon à permettre la fabrication standardisée de berceaux pour n'importe .quel dos de cheval.
Comme indiqué précédemment, chaque volet 15, 16 comporte sur sa face interne un rembourrage 26 sur une plaque de base 27, les deux étant conformés de façon à venir s'adapter à l’anatomie du cheval à l'arrière de l'omoplate de celui-ci. Pour ce faire, la face interne des volets en contact avec le dos du cheval est rembourrée et présente une section droite convexe, dans la zone centrale du volet, dans un plan perpendiculaire au plan de l'arceau arrière, les parties latérales du volet de part et d'autre de l'arceau présentant une section concave au plan de l'arceau, et une section droite concave dans la zone centrale du volet, dans un plan parallèle au plan de l'arceau, les parties supérieure et inférieure du volet présentant elles une section convexe dans des plans perpendiculaires au plan de l'arceau. Lorsque le cheval avance et quelle que soit son allure (pas, trot ou galop), ses épaules avancent alternativement et sont animées d'un mouvement représenté schématiquement sur la figure 6, par les flèches E-F. Du fait des articulations à rotules, les volets suivent les mouvements des omoplates du cheval en basculant, autour de l'axe reliant les deux articulations, vers l'avant lorsque c'est l'épaule correspondante qui avance et vers l'arrière lorsque celle-ci est en retrait. Ceci est représenté schématiquement sur la figure 7, par les flèches I et J, les points d'articulation étant symbolisés par les tiges 25 et 25a. Du fait du montage de la rotule de la tige 25a sur le volet, le mouvement de bascule à la pointe du volet est de moindre amplitude qu'à la base et ceci correspond au fait que l'amplitude de mouvement de l'omoplate du cheval est inférieure au niveau de la pointe du volet par rapport à celle existant à la base du volet.
Le berceau de traction 4 est maintenu en place sur le cheval par l'intermédiaire d'un collier 5, 6 et d'une sous-ventrière 7 (figure 9). Le collier est de préférence un collier de chasse de type américain ("breath collar"), c'est-à-dire un collier en deux parties latérales 5 réunies par un anneau et est monté de façon fixe par un dispositif classique de boucles à l'extrémité 28 de la partie commune des deux arceaux 9 et 10. Une courroie 6 est montée sur l'anneau du collier de chasse, passe entre les jambes avant du cheval et est réunie à l'aide d'un anneau ou tout autre dispositif à la sous-ventrière 7. Celle-ci est fixée par des attaches ou crochets 13a aux anneaux 13 (figure 5) prévus sur l'arceau arrière 10 entre les points d'articulation des volets. Pour atteler le cheval au monobrancard, il suffit de lui enfiler par la tête l'ensemble berceau et cellier et de venir ensuite mettre en place de chaque côté les crochets 13a de la sous-ventrière dans les anneaux 13 de l'arceau 10. Ceci assure le positionnement latéral du berceau sur le cheval, tandis qu'un culeron 29 relié également aux anneaux 13 assure le positionnement longitudinal du berceau.
Pour profiter au mieux de l'effort de traction du cheval, l'extrémité 28 des arceaux se trouve sur l'axe horizontal 20 passant par la base du cou du cheval et le collier de chasse se situe en majeure partie entre cet axe horizontal 20 et l'axe horizontal 21 passant par la pointe de l'épaule.

Le collier de chasse peut être remplacé par une bricole, pièce d'un seul tenant et traditionnellement utilisée pour la traction, mais l'effort du cheval s'effectue alors à la base du cou. On préfère donc utiliser un collier de chasse (utilisé pour les chevaux montés) avec lequel l'effort se répartit sur les deux épaules.

Le monobrancard 2 est relié au véhicule hippomobile 3 par un dispositif amortisseur et un dispositif d'équilibrage réglable que l'on décrira après une courte description du véhicule lui-même.

Ce véhicule est constitué par un châssis 30 monté sur deux roues 31 équipées de pneumatiques par l'intermédiaire de barres 32 et de suspensions 33. Un plancher 34, par exemple en treillis métallique (représenté sur la moitié du véhicule à la figure 2), permet à une ou plusieurs personnes de prendre place. Un siège 35 est prévu sur les montants arrière 36 de châssis (seule la structure de support du siège est représentée à la figure 2) de telle sorte que le poids du ou des passagers s'exerce essentiellement à la verticale (plan 37) de l'axe des roues 31 (figure 3).

L'extrémité arrière 38 du monobrancard 2 est fixée en 39 sur le châssis 30. Comme on le voit sur les dessins, la forme générale du monobrancard épouse celle du cheval et l'extrémité arrière 38 du monobrancard est oblique par rapport à la verticale. Un élément de support 40 est monté à l'avant du châssis 30. Cet élément 40 comporte deux parties latérales 41 sensiblement verticales et une partie centrale 42 horizontale sensiblement en arc de cercle ouvert vers l'avant du véhicule.

Cette partie en arc de cercle peut servir de poignée pour les passagers mais a essentiellement un rôle de support du dispositif amortisseur. Ce dispositif amortisseur 43 (représenté à plus grande échelle sur la figure 8) est constitué par un élément élastique 44 tendu, perpendiculairement à l'axe longitudinal du véhicule, entre les deux extrémités 45 de l'arc de cercle 42. Cet élément élastique est avantageusement constitué par un anneau en caoutchouc ou une bande de caoutchouc ou d'un autre élastomère repliée sur elle même, relié aux points 45 par des organes de fixation 46 traversant l'anneau; ces organes de fixation 46 peuvent être des tiges 47 à extrémité filetée traversant l'anneau et maintenues par des écrous 48, comme représenté sur la figure 8 à titre illustratif.

La partie centrale de l'anneau élastique 44 est comprimée entre deux rondelles 49 dans le trou central desquelles passe un axe 50 relié rigidement au monobrancard 2. L'extrémité 51 de l'axe 50 fixée au monobrancard est montée en rotation sur une plaque 52 fixée au monobrancard, (par exemple dans un trou de la plaque à l'aide d'un boulon) à peu près au même niveau que l'épaule du cheval. De cette façon, le mouvement alternatif saccadé de traction du cheval est transmis à l'élément élastique qui l'amortit pour que la voiture soit entraînée de façon continue, sans saccades.

L'axe rigide 50 a une longueur réglable par exemple du fait de son interruption par un élément du type ridoir qui permet de rapprocher ou d'écarter la plaque 52 de l'élément élastique 44. Ceci permet de régler l'équilibre de la voiture hippomobile en fonction du cheval, du nombre et du poids de passagers,... pour que l'avant du siège se trouve à la verticale du centre des roues (plan 37). Par ailleurs, le meneur a toujours la possibilité de modifier cet équilibre en se positionnant de façon appropriée dans le véhicule, en position assise ou debout, prenant appui sur la partie centrale du plancher 34, sur sa partie avant remontante ou sur l'une ou l'autre des parties latérales débordant au dessus des roues 31 (cf. fig.2).

Le véhicule hippomobile, le mono-brancard et le berceau de traction sont représentés sur les dessins comme étant faits en tube d'acier. C'est une solution simple et facile à mettre en œuvre, permettant une légèreté et une solidité adéquate tout en facilitant l'obtention des formes arrondies adaptées d'une part à la morphologie du cheval pour la partie mono-brancard et berceau de traction et d'autre part à l'exigence de maniabilité et de sécurité de la partie véhicule. En effet les parties latérales en arrondi, débordant au dessus des roues et inclinées vers le sol permettent à ce véhicule de s'effacer lorsqu'il heurte accidentellement un obstacle (pierre, arbre, ...).

A titre d'exemple, l'élément de rotation 11 peut être un roulement à billes fixé à la plaque 12 par quatre boulons mais d' autres dispositifs permettant de relier le berceau à un mono-brancard en assurant une libre rotation de celui-ci autour du point d'articulation sur le berceau peuvent bien entendu être envisagés.

Les éléments constitutifs du harnais, collier de chasse et sous-ventrière, sont construits et assemblés de façon classique, avec un rembourrage assurant le confort du cheval.
Bien entendu les dimensions du véhicule, du mono-brancard et du berceau sont adaptées à la taille du cheval. Toutefois du fait de la présence des volets articulés, on peut sans problème se contenter d'adapter ces dimensions au type de cheval utilisé (poney, double poney, cheval, ... ). Un dispositif tel que décrit ici permet une très grande liberté de manœuvre puisque le cheval a pratiquement la liberté de manœuvre d'un cheval monté et que la forme et la structure du véhicule lui permettent de passer presque partout (il suffit que le passage disponible ait la largeur du véhicule), sur route, en forêt, dans les champs, etc...


Les textes originaux du brevet...


Le même brevet a été déposé dans différents pays en 1989 (WO/1989/005748) et aux États-Unis en 1991 (US5076041A) ("Harnessing device for single shaft horse-drawn vehicle").

Dans une prochaine partie nous verrons d'autres brevets de systèmes proches de celui-ci, postérieurs mais aussi antérieurs à l'Équimobile...

- page 1 de 9