Hippotese, Le cheval de Travail

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samedi 7 janvier 2017

Autoconstruction d'une bineuse monorang, légère et autoconstructible : La NéoPlanète (2ème partie)

Quelques photos et une petite vidéo de notre autoconstruction de 2 "Néoplanètes" en partenariat avec l'Atelier Paysan (voir billet précédent ici) du 19 au 22 décembre 2016.

Et tout d'abord la vidéo d'un court moment d'essai au Potadjé de Jérémy Fady, le jeudi 22 décembre juste avant la nuit...

Certes, ça guidonne un peu, sans doute à cause de la hauteur du point de traction que nous n'avons pas pris le temps de régler (il y a 4 positions possibles sur notre proto), mais tous les réglages sont fonctionnels et les nouveaux mancherons semblent adaptés et efficaces...

A propos de mancherons "bois", je tiens ici à remercier Didier et à Gilles qui ont fabriqué des mancherons pour l'occasion, évidemment sans avoir vu le proto puisqu'il n'existait pas encore.
Nous n'avons pas encore testé ceux de Gilles qui seront montés sur le proto Néoplanète N°2 (à finir)...

Et voici quelques photos des "manouvriers" bénévoles qui ont accepté de passer 3 jours de folie dans la poussière et le bruit (en particulier celui de la ventilation) pour réaliser ces 2 protos de NéoPlanètes et aussi finir les NéoBuchers du stage d'octobre (Les barres d'outils, les brides et les parallélogrammes)...

lundi 5 décembre 2016

Autoconstruction d'une bineuse monorang, légère et autoconstructible : La NéoPlanète

Suite à notre collaboration avec l'Atelier Paysan sur l'autoconstruction des matériels de traction animale (en particulier destinés au maraîchage), à savoir Le projet NéoBucher, nous avons décidé de remettre le couvert...

Sachant que tous les maraîchers n'utiliseront peutêtre pas un outil multirangs comme le Bucher et pour faire suite à la demande de Jérémy Fady (voir son blog), nous avons proposé à l'Atelier Paysan de réfléchir à la conception d'une bineuse monorang légère de type Planet-JR...

Ces bineuses, d’origine américaine, ont été développées par la compagnie Allen and Co dans les années 1900 aux États-Unis et importées en France notamment par la maison Pilter.
Comme le Bucher, elles ne sont plus fabriquées ni commercialisées aujourd'hui.

Jérémy a donc proposé à l'Atelier-Paysan, au nom d'Hippotese, de repartir sur un projet de conception d'une NéoPlanète (nous avons francisé le nom pour l'occasion), sur le modèle des bineuses qu'il utilise tous les jours, de la rendre autoconstructible tout en améliorant si possible son ergonomie (mais en conservant ses qualités spécifiques) et évidemment de diffuser le fruit de ce travail en licence libre.

Un petit groupe de travail s'est donc constitué autour de Rémi Dupouy (volontaire en service civique à l'Atelier Paysan) pour réfléchir, concevoir et réaliser un prototype de NéoPlanète.

Je vous laisse découvrir les billets de compte-rendu de ce travail de recherche écrit par Rémi et diffusés sur le forum de l'Atelier paysan (que je recommande chaudement d'ailleurs à tous ceux qui s'intéressent à la recherche sur le matériel et à l'autoconstruction).

Je vous ai aussi mis ces billets en pdf pour lecture hors-ligne et/ou impression ci-dessous...

NB : l'Atelier Paysan et Hippotese organise un premier stage de "prototypage" de la NéoPlanet du 19 au 22 décembre 2016 au CFPPA de la Côte Saint André (Isère). Plus de renseignements ici...

dimanche 23 octobre 2016

Le NéoBucher d'Hippotese lauréat du Trophée Européen de l’Innovation Technologique 2016 (à TraitComtest)

Nous sommes très fiers d'avoir été lauréat du Trophée Européen de l’Innovation Technologique 2016 lors de la manifestation TraitComtest à la Ferme du Marault au coeur du département de la Nièvre (58) le 28 août 2016.

Même si la plupart des matériels présentés à ce Trophée auraient aussi mérités d'être récompensés, la reconnaissance de ce projet collectif par nos paires est un encouragement pour Hippotese...

Je tiens ici d'ailleurs à officiellement remercier toutes les personnes sans qui ce projet de "reconstruction" du porte-outils de maraîchage Bucher n'aurait pas pu arriver à son terme.

Évidemment je remercie tous les membres d'Hippotese qui ont passé beaucoup de temps à réfléchir, concevoir, fabriquer, tester, modifier, retester, diffuser, présenter...

Évidemment je remercie tous les membres de l'équipe de l'Atelier-Paysan qui nous ont accompagné en apportant leur compétence d’ingénierie et qui (permettent et) permettront la diffusion en stage d'autoconstruction de l'outil auprès des maraîchers...

Et enfin je remercie tous nos "financeurs-participatifs" qui nous ont fait confiance sur ce projet et nous ont donné les moyens de le développer...

En espérant que l'objectif d'offrir à la communauté des utilisateurs de la Traction Animale les plans de fabrication en licence libre de ce génial outil est atteint et qu'il profitera au plus grand nombre...

En gagnant ce Trophée Européen de l’Innovation Technologique, nous avons aussi gagné la réalisation d'un clip de promotion du projet NéoBucher (merci à l'APTC et à tous ses partenaires).

Ce clip a été réalisé à la demande de l'APTC par Esprit-Trait que vous connaissez bien et avec qui nous avons déjà partagé quelques bons moments, ce qui nous fait d'autant plus plaisir...

Et pour ceux que celà intéresse, une vidéo de présentation rapide de l'ensemble des 11 matériels qui ont été présentés par 7 constructeurs au Trophée Européen de l’Innovation Technologique 2016, toujours par Esprit-Trait.

vendredi 19 août 2016

Le "Datafficheur", un système de Suivi "Temps Réel" des Efforts en Traction-Animale (3ème partie)

Voici une petite présentation informatique du projet "Datafficheur" que j'avais préparé pour l'Assemblée Générale de la FECTU (en Espagne) ce printemps 2016.

J'ai mis à jour ces diapos avec les dernières avancées de ce travail de recherche pour ceux qui ne pourront pas venir à TraitComtest (et voir de visu l'appareil, qui va sans doute faire causer un peu...) et qui ont été intéressés par le billet précédent (ici).

Bien sûr, sans toutes les explications orales, il manque peutêtre quelques infos mais je pense que l'ensemble est compréhensible (sinon, posez vos questions dans les commentaires...).



























Et bien sûr, la présentation complète en pdf ici...

mercredi 17 août 2016

Le "Datafficheur", un système de Suivi "Temps Réel" des Efforts en Traction-Animale (2ème partie)

Nous vous avons un peu oublié cet été sur le blog, la moyenne d'un billet par semaine n'a pas été respectée, et puis pas d'HippoNews, et le site Hippotese.fr toujours en panne...

Rassurez-vous, nous étions simplement un peu occupé ailleurs car pour beaucoup, c'est la pleine saison : foins, légumes, vignes, tourisme...

Mais nous n'avons pas non plus chaumé sur l'avancement de nos recherches hippotésiennes...

Nous avons, entre autres, beaucoup progressé sur le projet "Datafficheur" dont nous avons déjà parlé dans un précédent billet (ici).

Comme le Datafficheur doit être présenté au trophée européen de l'innovation à TraitComtest, j'ai dû écrire un petit texte de présentation que je vous livre, brute de décoffrage...


Titre du projet : Le "Datafficheur", un système de Suivi Continu et "temps réel" des efforts en Traction-Animale.

Domaine d’intervention : Attelage, travail du sol, débardage... La traction des animaux de trait en général.

Résumé du projet : Le Datafficheur est un appareil réunissant :

1 Un système d'affichage double porté par le cheval et visible, depuis l'arrière, guides en main par le meneur. Cet afficheur doit indiquer en temps réel la valeur moyenne et la valeur maxi de l'effort de l'équidé

2 Un capteur dynamométrique porté par l'animal (placé sur l'un des avant-traits du cheval ou sur le palonnier par exemple.)

3 Un automate programmable chargé de la réception des données du capteur, de leur traitement et de la gestion de l'affichage.

Genèse du projet : Depuis l'origine d'Hippotese, nous avons toujours voulu connaître, de manière "non empirique", les efforts auxquels nous soumettons nos chers équidés... Nous avons, pour cela, testé de nombreux dynamomètres.

Nos conclusions : Les dynamomètres à lecture directe existants sont difficilement lisibles par le meneur pendant le travail et les appareils à enregistrement sont plutôt adaptés aux mesures scientifiques, ils demandent souvent un post-traitement des données et ne permettent une analyse des résultats qu'à posteriori (et donc aucune correction en temps réel, sur le terrain).

Nous avons donc décidé de développer notre propre appareil en se fixant, en plus, un prix maximum de 1000 € (matière) et en le concevant autoconstructible et diffusable (comme toutes nos recherches) en licence libre Creative-Commons.

En quoi le projet est innovant ?

Ce projet est innovant dans son usage puisqu'il permettra à tout utilisateur d'adapter son menage ou de régler ses outils en ayant une bonne connaissance des efforts mis en jeu et celà en toute autonomie, chez lui, sur son terrain, en pratiquant ses activités habituelles.

Ce projet est aussi innovant dans son principe de développement : ouvert, collectif et partageable (licence libre).

Ce projet est conçu dés l'origine pour être abordable, autoconstructible, autoréparable, évolutif et adaptable aux besoins de chacun.

En quoi le projet est-il adapté à une utilisation moderne de l’animal ?

Les animaux de trait sont aujourd'hui majoritairement utilisés par des personnes qui n'ont pas (ou pas encore) la connaissance intuitive ou culturelle des efforts qu'ils est possible de demander à un animal en particulier dans des conditions d'utilisation nouvelles (outils ou domaines inhabituels) où les références manquent.

Pour améliorer les conditions de travail de l'animal et du meneur et faciliter sa formation, en bref pour optimiser l'utilisation de la traction animale, il faut avoir des outils de mesure d'effort en continu, simples et efficaces. Le Datafficheur voudrait répondre en partie à ce défit.

dimanche 12 juin 2016

Moufle à 5 brins en arrachage et débuscage au cheval, au 13ème chantier-école de Montdenis

Comme nous vous l'avions promis dans un commentaire du billet sur l'arrachage d'arbustes en zone pavillonnaire, nous avons testé, par nous même, le moufle que Pierre Gallet (son constructeur) nous a gentiment prêté lors du 13ème chantier-école de Montdenis.

Bien sûr, nous en avons profité pour faire des photos et des plans...

Et pour commencer, une petite vidéo de présentation des essais...

Quelques photos de détail du moufle :


Le moufle 1 à 3 poulies.


Le moufle 2 à 2 poulies et un tirant


Vue par la tranche du moufle 1

Et puis un schéma coté du moufle 2 (sur le moufle 2 le tirant remplace la petite poulie du moufle 1) :

Merci à Christian Deiber pour la prise de cotes...

Pour info, Pierre utilise un câble d'un diamètre de 6 mm, on peut descendre à 5 mm mais dans ce cas, on ne prendra pas un câble trop souple (plus de risque "d’emmêlage"), celà, étant, un câble trop rigide se déformera à la traction au passage des poulies...
Dans la réalité, il est difficile de choisir un câble sans le toucher et apprécier sa souplesse et sans le tester...

Enfin, 2 proposition d'amélioration :

1) Proposition d'amélioration des dimensions de la taille de la petite poulie du moufle 1 (à valider), qui me semble d'un trop faible diamètre.

En effet, le faible diamètre de la petite poulie peut causer des problèmes de déformation de certains câbles à cause d'un "rayon de giration" trop court. Ici on passe la petite poulie d'un diamètre de 40 mm à un diamètre de 60 mm (les plaques des flasques restant de même taille).

A droite vous avez le schéma côté du modèle de Pierre, à gauche, vous avez la proposition de modification des côtes. Nous n'avons pas testé cette fabrication, si vous le faites, envoyez-nous quelques schémas et photos, nous les publierons ici...

2) Une deuxième proposition de modification est de monter 6 poulies (3 sur chaque moufle) comme dans un montage traditionnel, celà permet d'augmenter un peu la force de traction... (de 5x à 6x, voir schéma ci-dessous).
Dans ce cas, le tirant est fixé sur les flasques de l'un des moufle à l'aide d'une chape (ou d'une grosse manille, dont le manillon est l'axe de la petite poulie).

NB : Bague bronze ou roulement ? Au moment où j'écris ce billet, j'avoue que je ne sais pas si les réas du moufle de Pierre sont équipées de bagues bronze, de roulements ou d'un simple trou (axe acier sur acier). Je demanderai à Pierre et vous donne l'info dés que possible...

NB2 : A noter, pour ceux qui voudraient fabriquer un moufle du même type, on trouve dans le commerce des réas à bague bronze ou roulement à l'unité (compter environ 20 à 30 € par réa), voir par exemple ici. La difficulté est de trouver des réas de même épaisseur pour que les flasques guident correctement le câble qui doit absolument rester sur les poulies. Je sais que Pierre, lui, a fait tourner ses réas en acier par un artisan tourneur.

dimanche 7 février 2016

Présentation diapos du projet NeoBucher (fr), mise à jour de janvier 2016

Nous avions diffusé dans ce billet en mai 2015 une présentation (avec commentaires) sur l'histoire du projet NéoBucher...

Depuis, le prototype 003 (V2) est sorti...


Première présentation du NéoBucher V2 à l'AG d'Hippotese (nov 2015)


Première présentation du NéoBucher V2 à l'AG d'Hippotese (nov 2015)


Une vue éclatée du NeoBucher V2 (janvier 2016)

Nous avons donc fait une petite mise à jour de cette présentation diapos (janvier 2016) que vous pouvez retrouver ici (PDF, 5,8 Mo)...

mardi 26 janvier 2016

Le "Passe-Partout", un timon d'attelage en col de cygne inspiré du "brancard de labour"... (1ère partie)

Depuis le début du projet NéoBucher, nous avons l'objectif d'équiper celui-ci d'un mono-brancard en col de cygne pour libérer le cheval, en particulier lors des demi-tours en bout de ligne.

Nous nous sommes fixés comme objectif, en ce début d'année 2016, de tester en conditions réelles cette utilisation et de définir si oui ou non ce système est pertinent pour travailler avec le NéoBucher et dans sa version traditionnelle (type Passe-Partout de Banyuls) ou dans une autre version.

Et comme à notre habitude, il fallait bien partir de l'étude de l'existant afin de ne pas réinventer la roue...

Je crois que la première fois que j'ai vu un système d'attelage à mono-brancard, c'est dans la revue Science et Vie, j'avais même écrit à l'époque un petit article dans l'Hippobulle N°2 de 1988 (!) et déjà je m'interrogeais sur une utilisation agricole du système...

Depuis l'entreprise Equimobile de Stéphane Proust commercialise de nombreuses variantes de son attelage à monobrancard. Vous pouvez aller sur son site pour en savoir plus...

Comme je suis chipoteur, je suis allé chercher dans les dépôts de brevets, ceux qui concernaient cette invention et d'autres, antérieurs ou postérieurs...

Le plus ancien brevet concernant l'Équimobile que j'ai trouvé date de 1985 (FR2589418) ("Voiture hippomobile du type libre en rotation au cheval, liaison monopoutre dorsale"), on peut voir que cette version était encore sommaire, plus proche de l'idée que l'on griffonne sur un coin de table que de l'objet technique abouti... (sauf peutêtre le harnais). Elle était complétée de 2 gravures bien connues de harnais traditionnels (type 1880).


Les textes et les dessins du brevet de 1885...


En 1987, Stéphane Proust dépose un autre brevet ("Dispositif d'attelage pour véhicule hippomobile à monobrancard"), les explications (issues sans doute de l'expérience acquise depuis le brevet précédent) et les dessins de définition sont ici beaucoup plus explicites.
ceux qui sont intéressés à utiliser ou concevoir un système de traction agricole à mono-brancard seront sans doute intéressé de lire la totalité du résumé et des spécifications que je vous livre ci-dessous (les autres sauteront le paragraphe pour ne regarder que les images...).


Résumé du brevet de 1987 :
Dispositif d'attelage pour véhicule hippomobile, comportant un monobrancard (2) passant au-dessus du dos d'un cheval et relié, à sa partie avant, à un harnais (5, 6, 7) par l'intermédiaire d'un berceau de traction (4) sur lequel le monobrancard (2) est monté en rotation et, à sa partie arrière, à un véhicule hippomobile (3), caractérisé en ce que le berceau (4) comporte deux arceaux (9, 10) réunis à leur partie inférieure pour la jonction avec un collier (5) de harnais et s'écartant progressivement l'un de l'autre jusqu'à atteindre une distance maximum à l'aplomb du garrot du cheval, un élément (11) solidaire du monobrancard (2) étant monté en rotation sur un organe (12) reliant les deux arceaux (9, 10) au niveau de leur écartement maximum, et en ce que le berceau repose sur le dos du cheval par l'intermédiaire de deux volets (15, 16) articulés montés sur l'arceau arrière (10) et situés de part et d'autre de la ligne médiane du dos du cheval. Le monobrancard (2) porté par le berceau (4) est relié à un véhicule (3) à roues (37) par l'intermédiaire d'un dispositif amortisseur-suspenseur.


Spécifications complètes du brevet de 1987 (les dessins ont été intercalés pour faciliter la lecture) :
Dispositif d'attelage pour véhicule hippomobile monobrancard.

L'invention concerne un dispositif d'attelage pour véhicule hippomobile à monobrancard passant au-dessus du dos du cheval.
Un dispositif de ce type et un véhicule hippomobile adapté sont décrits dans le document FR-A-2 589418. Le dispositif d'attelage comporte un monobrancard passant au dessus du dos du cheval et relié, a sa partie avant, à un harnais par l'intermédiaire d'un berceau sur lequel le monobrancard est monté sur pivot et, à sa partie arrière, à un véhicule hippomobile. Les arceaux reposent directement sur le dos du cheval et un simple rembourrage assure le confort du cheval.
Ce dispositif constitue une amélioration indéniable des dispositifs d'attelage à monobrancard antérieurs. Dans l'antiquité, on utilisait un monobrancard monté sur un collier de cou mais de très faible rendement puisqu'il comprimait les jugulaires du cheval et l'attelage ne bénéficiait pas de la totalité des efforts de traction du cheval. D'autres dispositifs utilisent une sellette analogue à celles d'un harnais classique, mais placée sur le dos du cheval et portant à sa partie supérieure l'extrémité antérieure du brancard. De même que dans le cas des chars antiques, les efforts de traction du cheval ne sont pas entièrement transmis et en règle générale il n'est possible de tracter qu'un sulky.

Un brevet français N° 712758 (c'est le brevet original du Passe-partout de 1931, NDLR) décrit un berceau de traction associé à un monobrancard par une articulation verticale et auquel est fixée une paire de traits. Ce dispositif permet de tracter des outils agricoles, le travail se faisant au pas, mais n'est pas utilisable aux autres allures du cheval.
L'inconvénient principal du dispositif de FR-A-2589418 (il s'agit du brevet de l'équimobile de 1985, NDLR) est que le rembourrage des arceaux n'empêche pas le cheval de se blesser à la longue en raison, du frottement qui se produit, ce qui limite bien entendu les possibilités d'utilisation de ce dispositif.

L'invention fournit donc un dispositif du type décrit précédemment, dans lequel le berceau comporte deux arceaux réunis à leur partie inférieure pour la jonction avec un harnais et s'écartant progressivement l'un de l'autre jusqu'à atteindre une distance maximum à l'aplomb du garrot du cheval, un élément solidaire du monobrancard étant monté en rotation sur un organe reliant les deux arceaux au niveau de leur écartement maximum, et le berceau repose sur le dos du cheval par l'intermédiaire de deux volets articulés montés sur l'arceau arrière disposé obliquement et situés de part et d'autre de la ligne médiane du dos du cheval.
La face interne des volets en contact avec le dos du cheval est rembourrée et présente une section droite convexe, dans la zone centrale du volet, dans un plan perpendiculaire au plan de l'arceau arrière, les parties latérales du volet de part et d'autre de l'arceau présentant une section concave dans des plans parallèles au plan de l'arceau, et une section droite concave dans la zone centrale du volet, dans un plan parallèle au plan de l'arceau, les parties supérieure et inférieure du volet présentant elles une section convexe dans des plans perpendiculaires au plan de l'arceau. Avantageusement la partie supérieure du volet forme une pointe et la partie inférieure un gros bout, donnant au volet une forme ovoïde dont ce gros bout constitue la base. Du fait de cette forme, le volet repose par sa convexité centrale dans le creux situé entre l'épaule et le dos du cheval, les deux concavités latérales permettant de loger les muscles correspondants sur lesquels le volet prend appui alternativement lors des mouvements du cheval; tandis que la concavité centrale permet au volet d'être positionne sur les muscles croisés du cheval, les deux convexités supérieure et inférieure amenant le volet en contact avec les creux situés de part et d'autre de la jonction des muscles superficiels du dos, du garrot et de l'épaule du cheval (respectivement grand dorsal, trapèze dorsal et triceps). En raison de cette forme et de l' articulation du volet sur son support, le déplacement de va-et-vient horizontal de l'omoplate provoque un basculement du volet autour de l'arceau arrière en maintenant le contact entre le volet et le dos du cheval.

Afin de favoriser ce basculement autour de l'axe de l'arceau arrière, le volet est monté pivotant en deux points et de préférence grâce à deux rotules montées l'une fixe sur l'arceau et mobile sur le volet et l'autre fixe sur le volet et mobile sur l'arceau.

Afin de faciliter encore l'effort de traction du cheval, le monobrancard porté par le berceau est avantageusement relié au véhicule à roues par l'intermédiaire d'un dispositif amortisseur-suspenseur. Celui-ci comporte de préférence un anneau élastique tendu selon un axe perpendiculaire à l'axe longitudinal de l'attelage véhicule hippomobile/monobrancard, entre deux points de fixation sur ledit véhicule. Un dispositif d'équilibrage réglable relie la partie centrale de l'anneau élastique au monobrancard.
D'autres avantages et caractéristiques de la présente invention apparaîtront à la lecture de la description détaillée suivante, faite en référence aux dessins annexés dans lesquels :

la figure 1 est une vue d'ensemble de côté, de l'attelage utilisant un berceau de traction selon l'invention,
la figure 2 est une vue de dessus du véhicule hippomobile et du monobrancard utilisant le berceau de traction selon l'invention,
la figure 3 est une vue de côté du dispositif de la figure 2,
la figure 4 est une vue représentant le positionnement du berceau de traction selon l'invention par rapport à l'anatomie du cheval;
la figure 5 est une vue de face (partie droite) du berceau de traction selon l'invention, et une vue de l'arrière (partie gauche),
les figures 6 et 7 représentent schématiquement les mouvements des épaules du cheval et ceux des- volets du berceau de traction, respectivement,
La figure 8 est une vue de dessus, agrandie, du dispositif amortisseur,
La figure 9 est une vue de devant montrant la fixation du harnais au berceau de traction.

Sur la figure 1, est représenté un cheval 3 attelé à un véhicule hippomobile 1 à deux roues par l'intermédiaire d'un monobrancard 2. Ce monobrancard repose sur le cheval par l'intermédiaire d'un berceau de traction 4, d'un collier 5, 6 et d'une sous-ventrière 7, ces deux derniers éléments constituant le harnais. Des rênes 8 permettent de guider le cheval de façon classique. Le berceau de traction 4 comporte deux arceaux 9,10 réunis à leur partie inférieure pour la jonction avec le collier 5 et s'écartant progressivement l'un de l'autre jusqu'à atteindre une distance maximum à l'aplomb du garrot du cheval, l'arceau arrière 10 vu de dessus (figure 2) présentant un rayon de courbure plus faible que l'arceau avant 9. L'arceau avant se trouve dans un plan peu écarté de la verticale tandis que l'arceau arrière est nettement oblique par rapport a ia verticale. Un pivot 11 solidaire du monobrancard 2 est monté sur un organe 12 (par exemple une plaque) reliant les deux arceaux 9 et 10, au niveau de leur écartement maximal et permet la libre rotation du monobrancard par rapport au cheval. Cette structure en double arceau du berceau est avantageuse du point de vue économique et du point de vue légèreté, mais pourrait être remplacée par une structure pleine, permettant de définir un axe arrière oblique, même non matérialisé.
Les rênes 8 passent chacune de chaque côte du berceau dans un œillet 14a sur l'arceau avant puis dans un œillet 14 (figure 2) situé sur l'arceau arrière puis toutes deux dans le même œillet 14b sur le monobrancard 2.

Le berceau de traction 4 prend appui sur le dos du cheval par l'intermédiaire de deux volets 15,16, montés tous deux sur l'arceau arrière 11, disposes de part et d'autre de la ligne médiane du dos du cheval et symétriques par rapport à cette ligne. Chaque volet prend appui dans le creux anatomique situé à l'arrière de l'omoplate 17 du cheval (figure 4) et la face interne du volet, en contact avec le dos du cheval est rembourrée et présente plusieurs convexités et concavités. Les volets 15, 16 ont de préférence une forme ovoïde présentant une pointe 22 et un gros bout 23, ce dernier constituant la base du volet.
Chacun des volets 15,16 est monté sur l'arceau arrière par l'intermédiaire de deux articulations par exemple de deux rotules 24 montées sur des tiges fixes 25, 25a. La tige 25a située à la partie supérieure du volet 15, 16 et la tige 25 à la base du volet sont montées en inversion, c'est-à-dire que la tige 25a est montée sur l'arceau et la rotule qu'elle porte repose sur le volet alors que la tige 25 est montée sur le volet et sa rotule repose sur l'arceau. La longueur des tiges fixes peut être modifiée par vissage ou dévissage de façon à permettre la fabrication standardisée de berceaux pour n'importe .quel dos de cheval.
Comme indiqué précédemment, chaque volet 15, 16 comporte sur sa face interne un rembourrage 26 sur une plaque de base 27, les deux étant conformés de façon à venir s'adapter à l’anatomie du cheval à l'arrière de l'omoplate de celui-ci. Pour ce faire, la face interne des volets en contact avec le dos du cheval est rembourrée et présente une section droite convexe, dans la zone centrale du volet, dans un plan perpendiculaire au plan de l'arceau arrière, les parties latérales du volet de part et d'autre de l'arceau présentant une section concave au plan de l'arceau, et une section droite concave dans la zone centrale du volet, dans un plan parallèle au plan de l'arceau, les parties supérieure et inférieure du volet présentant elles une section convexe dans des plans perpendiculaires au plan de l'arceau. Lorsque le cheval avance et quelle que soit son allure (pas, trot ou galop), ses épaules avancent alternativement et sont animées d'un mouvement représenté schématiquement sur la figure 6, par les flèches E-F. Du fait des articulations à rotules, les volets suivent les mouvements des omoplates du cheval en basculant, autour de l'axe reliant les deux articulations, vers l'avant lorsque c'est l'épaule correspondante qui avance et vers l'arrière lorsque celle-ci est en retrait. Ceci est représenté schématiquement sur la figure 7, par les flèches I et J, les points d'articulation étant symbolisés par les tiges 25 et 25a. Du fait du montage de la rotule de la tige 25a sur le volet, le mouvement de bascule à la pointe du volet est de moindre amplitude qu'à la base et ceci correspond au fait que l'amplitude de mouvement de l'omoplate du cheval est inférieure au niveau de la pointe du volet par rapport à celle existant à la base du volet.
Le berceau de traction 4 est maintenu en place sur le cheval par l'intermédiaire d'un collier 5, 6 et d'une sous-ventrière 7 (figure 9). Le collier est de préférence un collier de chasse de type américain ("breath collar"), c'est-à-dire un collier en deux parties latérales 5 réunies par un anneau et est monté de façon fixe par un dispositif classique de boucles à l'extrémité 28 de la partie commune des deux arceaux 9 et 10. Une courroie 6 est montée sur l'anneau du collier de chasse, passe entre les jambes avant du cheval et est réunie à l'aide d'un anneau ou tout autre dispositif à la sous-ventrière 7. Celle-ci est fixée par des attaches ou crochets 13a aux anneaux 13 (figure 5) prévus sur l'arceau arrière 10 entre les points d'articulation des volets. Pour atteler le cheval au monobrancard, il suffit de lui enfiler par la tête l'ensemble berceau et cellier et de venir ensuite mettre en place de chaque côté les crochets 13a de la sous-ventrière dans les anneaux 13 de l'arceau 10. Ceci assure le positionnement latéral du berceau sur le cheval, tandis qu'un culeron 29 relié également aux anneaux 13 assure le positionnement longitudinal du berceau.
Pour profiter au mieux de l'effort de traction du cheval, l'extrémité 28 des arceaux se trouve sur l'axe horizontal 20 passant par la base du cou du cheval et le collier de chasse se situe en majeure partie entre cet axe horizontal 20 et l'axe horizontal 21 passant par la pointe de l'épaule.

Le collier de chasse peut être remplacé par une bricole, pièce d'un seul tenant et traditionnellement utilisée pour la traction, mais l'effort du cheval s'effectue alors à la base du cou. On préfère donc utiliser un collier de chasse (utilisé pour les chevaux montés) avec lequel l'effort se répartit sur les deux épaules.

Le monobrancard 2 est relié au véhicule hippomobile 3 par un dispositif amortisseur et un dispositif d'équilibrage réglable que l'on décrira après une courte description du véhicule lui-même.

Ce véhicule est constitué par un châssis 30 monté sur deux roues 31 équipées de pneumatiques par l'intermédiaire de barres 32 et de suspensions 33. Un plancher 34, par exemple en treillis métallique (représenté sur la moitié du véhicule à la figure 2), permet à une ou plusieurs personnes de prendre place. Un siège 35 est prévu sur les montants arrière 36 de châssis (seule la structure de support du siège est représentée à la figure 2) de telle sorte que le poids du ou des passagers s'exerce essentiellement à la verticale (plan 37) de l'axe des roues 31 (figure 3).

L'extrémité arrière 38 du monobrancard 2 est fixée en 39 sur le châssis 30. Comme on le voit sur les dessins, la forme générale du monobrancard épouse celle du cheval et l'extrémité arrière 38 du monobrancard est oblique par rapport à la verticale. Un élément de support 40 est monté à l'avant du châssis 30. Cet élément 40 comporte deux parties latérales 41 sensiblement verticales et une partie centrale 42 horizontale sensiblement en arc de cercle ouvert vers l'avant du véhicule.

Cette partie en arc de cercle peut servir de poignée pour les passagers mais a essentiellement un rôle de support du dispositif amortisseur. Ce dispositif amortisseur 43 (représenté à plus grande échelle sur la figure 8) est constitué par un élément élastique 44 tendu, perpendiculairement à l'axe longitudinal du véhicule, entre les deux extrémités 45 de l'arc de cercle 42. Cet élément élastique est avantageusement constitué par un anneau en caoutchouc ou une bande de caoutchouc ou d'un autre élastomère repliée sur elle même, relié aux points 45 par des organes de fixation 46 traversant l'anneau; ces organes de fixation 46 peuvent être des tiges 47 à extrémité filetée traversant l'anneau et maintenues par des écrous 48, comme représenté sur la figure 8 à titre illustratif.

La partie centrale de l'anneau élastique 44 est comprimée entre deux rondelles 49 dans le trou central desquelles passe un axe 50 relié rigidement au monobrancard 2. L'extrémité 51 de l'axe 50 fixée au monobrancard est montée en rotation sur une plaque 52 fixée au monobrancard, (par exemple dans un trou de la plaque à l'aide d'un boulon) à peu près au même niveau que l'épaule du cheval. De cette façon, le mouvement alternatif saccadé de traction du cheval est transmis à l'élément élastique qui l'amortit pour que la voiture soit entraînée de façon continue, sans saccades.

L'axe rigide 50 a une longueur réglable par exemple du fait de son interruption par un élément du type ridoir qui permet de rapprocher ou d'écarter la plaque 52 de l'élément élastique 44. Ceci permet de régler l'équilibre de la voiture hippomobile en fonction du cheval, du nombre et du poids de passagers,... pour que l'avant du siège se trouve à la verticale du centre des roues (plan 37). Par ailleurs, le meneur a toujours la possibilité de modifier cet équilibre en se positionnant de façon appropriée dans le véhicule, en position assise ou debout, prenant appui sur la partie centrale du plancher 34, sur sa partie avant remontante ou sur l'une ou l'autre des parties latérales débordant au dessus des roues 31 (cf. fig.2).

Le véhicule hippomobile, le mono-brancard et le berceau de traction sont représentés sur les dessins comme étant faits en tube d'acier. C'est une solution simple et facile à mettre en œuvre, permettant une légèreté et une solidité adéquate tout en facilitant l'obtention des formes arrondies adaptées d'une part à la morphologie du cheval pour la partie mono-brancard et berceau de traction et d'autre part à l'exigence de maniabilité et de sécurité de la partie véhicule. En effet les parties latérales en arrondi, débordant au dessus des roues et inclinées vers le sol permettent à ce véhicule de s'effacer lorsqu'il heurte accidentellement un obstacle (pierre, arbre, ...).

A titre d'exemple, l'élément de rotation 11 peut être un roulement à billes fixé à la plaque 12 par quatre boulons mais d' autres dispositifs permettant de relier le berceau à un mono-brancard en assurant une libre rotation de celui-ci autour du point d'articulation sur le berceau peuvent bien entendu être envisagés.

Les éléments constitutifs du harnais, collier de chasse et sous-ventrière, sont construits et assemblés de façon classique, avec un rembourrage assurant le confort du cheval.
Bien entendu les dimensions du véhicule, du mono-brancard et du berceau sont adaptées à la taille du cheval. Toutefois du fait de la présence des volets articulés, on peut sans problème se contenter d'adapter ces dimensions au type de cheval utilisé (poney, double poney, cheval, ... ). Un dispositif tel que décrit ici permet une très grande liberté de manœuvre puisque le cheval a pratiquement la liberté de manœuvre d'un cheval monté et que la forme et la structure du véhicule lui permettent de passer presque partout (il suffit que le passage disponible ait la largeur du véhicule), sur route, en forêt, dans les champs, etc...


Les textes originaux du brevet...


Le même brevet a été déposé dans différents pays en 1989 (WO/1989/005748) et aux États-Unis en 1991 (US5076041A) ("Harnessing device for single shaft horse-drawn vehicle").

Dans une prochaine partie nous verrons d'autres brevets de systèmes proches de celui-ci, postérieurs mais aussi antérieurs à l'Équimobile...

lundi 18 janvier 2016

Porteur Forestier Hippomobile autoconstructible de l'Atelier Paysan

Arnaud Rostoll et Paul Deshayes (de l'Atelier Paysan) ont travaillé sur un porteur forestier hippomobile autoconstructible d'un modèle qui s'inspire de celui de notre porteur Suédois Ulvins (qui n'est malheureusement pas importé en France).

Ce porteur est très utilisé à Hippotese, c'est même le matériel qui tourne le plus entre les adhérents et qui a servi dans de nombreux chantiers de débusquage de bois de petites sections.

Voici une petite vidéo de présentation de leur prototype de porteur forestier hippomobile autoconstrucible.

Et quelques photos de détail...


Vue d'ensemble du porteur.


Vue du train avant du porteur.


Vue du train arrière du porteur.


Vue des brancards "Chevilatte".


Le porteur en mode "Arche de débuscage".


Les sauterelles sur l'arche.

L'Atelier-Paysan organise du 29 février au 3 mars 2016, à Valence, une formation à l'autoconstruction de ce Porteur Forestier Hippomobile.
Il est même possible de repartir avec son outil, plus de renseignements ici :
http://www.latelierpaysan.org/Outil-pour-le-debardage

Pour info, vous pouvez aussi retrouver une vidéo réalisée au chantier-école de Montdenis en 2013 avec le modèle Ulvins original qu'Hippotese a prêté à l'Atelier Paysan.


Débusquage au cheval en montagne, Hippotese 2013 par hippotese

samedi 28 novembre 2015

Porteur forestier suédois pour un cheval, de chez Osterby-Smedja (vu aux Pferdestark-2015)

Suite des retours de nos rencontres lors de la Pferdestark-2015 en Allemagne.

Deny Fady pour Hippotese a rencontré l'entreprise suédoise Osterby-Smedja qui fabrique des porteurs forestiers en traction animale.

NB : Ce matériel n'est pas sans rappeler le matériel SJM (http://www.yourvismawebsite.com/skog-mek-sjm) dont nous avons déjà parlé dans plusieurs billets, mais qui n'est pas importé en France.
On pourra aussi consulter le CR photos de l'AG 2011 de la FECTU en suède ici...

Mais revenons à notre interview chez Osterby-Smedja.
Le vendeur (Morgan Andersson ?) a accepté de nous présenter son porteur de débardage à cheval SV5 son arche et ses brancards de débardage.

L'interview est en anglais et tout le monde appréciera la qualité linguistique de mon "technical english" !
NB2 : On vous prépare une version sous titrée peutêtre bientôt...

Mais déjà quelques infos tirées des dialogues de la vidéo :

Les freins à disque (à l'avant) sont utilisables avec une pédale (adaptable au centre dans le trou prévu à cet effet) ou manuel (robinet presseur).
On peut adapter un plateau ou des sièges.
Les brancards (brancalonniers) sont indépendants et mobiles longitudinalement pour accompagner les mouvements du cheval (effet palonnier).

Les freins ne transmettent pas leur chaleur aux pneus (en effet, les tambours ne touchent pas les jantes) et donc on peut freiner pendant des heures.
Les essieux arrières sont montés sur boggie pour absorber les irrégularités du terrain.
Le porteur pèse 260 kg à vide avec les freins (et 250 kg sans les freins).
Le porteur peut transporter une charge de 2 tonnes.
Le prix du porteur est de 5600 € HT et 7000 € TTC
Le transport depuis la Suède vers la France est de 800 € (le porteur arrive tout monté sauf les brancards).

L'arche de débuscage coûte 600 € (640 € avec une chaîne).
Le brancard-traîneau coûte 350 €

L'interview complète en vidéo...


Porteur-forestier suédois pour un cheval... par Deny-Fady-Hippotese

Pour infos complémentaire, voici le retour d'une demande de tarif, faite par Maurice C. à l'entreprise Osterby-Smedja (en octobre 2015)
Traduction approximative : Deny Fady.

Question :
Hello,

Can you tell me the prices for a SV5 and its differents options ?
Options : Flat bed, Footrest, Loading arm, Pole, Seat, Toolbox
Best regards, Maurice Callendret

Réponse de Morgan Andersson, Österby Smedja :

The prices are without the Swedish sales tax of 25% (TVA). If you have a TVA number, you don´t pay the taxes.

SV5 Terrain wagon SEK 57200 x 0,106980 = 6120€
Steel bed (plateau métallique) SEK 6000 x 0,106980 = 642€
Seats (banquette) SEK 3500 x 0,106980 = 375€
Drivers bench, adjustable, (siège meneur ajustable) SEK 8058)x 0,106980 = 862€
Footrest is included in both above (le repose-pied est inclue dans les 2 options précédentes)
Loading arm (bras de chargement, ranchés (?)) SEK 7000 x 0,106980 = 750€
Pole (timon) SEK 5500 x 0,106980 = 588€
Toolbox (boîte à outils) SEK 2000 x 0,106980 = 214€
Loading skids (rampes de chargement) SEK 2500 x 0,106980 = 267€

Total : 8800€, sans l'option plateau métallique

Seats and bench kit also includes brake pedal (la banquette ou le siège incluent la pédale de frein)
When ordering a product, you will recive an invoice of the whole amount. (quand vous commander un produit, vous recevez une facture du montant total)
You pay 30% of the amount as a deposit. The rest you pay just before the wagon is shipped. (vous payez 30 % du montant à la commande et le reste juste avant que le chariot soit envoyé).
The wagon is shipped fully mounted, except for the shafts. (le chariot est expédié tout monté sauf les brancards)
Shipment cost to France is 800 €. (le transport vers la France est de 800 €)

Best regards
Morgan Andersson
Österby Smedja
+46702241621
www.osterbysmedja.se info@osterbysmedja.se


lundi 7 septembre 2015

Le collier suisse simplifié pour les bovins dans les pays en voie de développement de Waclaw Micuta

Titre original : The Swiss collar for developing countries (Le collier suisse pour les pays en voie de développement) de Waclaw Micuta, (Traduction de Deny Fady).

Ce billet qui fait suite à mon billet sur un attelage de 2 vaches Grises Rhétiques est la traduction depuis l'anglais d'un article de Waclaw Micuta, diffusé sur le site de la FAO (voir l’article original ici).

Cet article date de 1985 et n'a pas pris une ride... Quarante ans plus tard, les pays en voie de développement ont encore plus de difficulté à résoudre leur crise alimentaire... Avec les conséquences que l'on sait... Et nous n'avons sans doute pas su les aider ni leur montrer l'exemple... Cet article donnera, je l'espère, envie aussi à certains, de fabriquer leur propre colliers pour leur âne ou leurs vaches... Tenez-nous au courant de vos essais...

''NB1 : Comme je n'ai pas trouvé sur le web de traduction française de qualité, j'ai décidé de faire la mienne...
Il y a encore sans doute des fautes que vous m'aiderez à corriger (mél à Hippotese ou contact).''

NB2 : Comme vous pourrez le lire ci-dessous dans la bibliographie, il existe un document (FSERTR. 1940. Guide de l'attelage du bétail bovin. Berne, Suisse, Fédération suisse d'élevage de la Race Tachetée Rouge) qui a, semble t-il, été largement diffusé (en français) en Suisse... Si l'un de nos amis helvétiques en connaît un exemplaire, je me ferai une joie de le diffuser ici...

Plan de l'article :

Harnais
Principaux types de harnais de traction
Colliers
Conclusion
Épilogue

W. Micuta

Waclaw Micuta est directeur de la Fondation Bellerive à Genève et son adresse est : Renewable Energy Development Institute (REDI) (Institut de développement des énergies renouvelables), 5 rue du Vidollet, CH-1202 Genève, Suisse.

Un certain nombre de pays en voie de développement, particulièrement en Afrique et en Asie, sont aujourd'hui confrontés à une crise alimentaire. La production agricole est incapable de suivre la spirale de la croissance de la population. Les seuls moyens de remédier à cette situation et d'éviter de plus en plus de famines avant la fin du siècle, est d'augmenter la productivité agricole. Ceci à son tour appelle à une augmentation parallèle de la fourniture d'énergie aux populations rurales. Si nous ne sommes pas en mesure d'augmenter la production d'aliments cultivés localement par habitant, nous pouvons malheureusement prévoir la poursuite de la famine et de la faim.

La grande majorité des agriculteurs dans les pays en développement travaillent de relativement petites parcelles de terre. Outre la force de leurs propres muscles, ils ont généralement à leur disposition une seule autre source d'énergie économique et accessible - la traction animale. Une récente estimation de la FAO suggère que, dans les 15 à 20 prochaines années, il sera nécessaire de doubler l'offre actuelle d'énergie pour la traction agricole. Une telle augmentation vertigineuse va appeler clairement à redoubler d'efforts pour améliorer l'efficacité de l'énergie en traction animale - un problème auquel peu ou pas d'attention a été accordée dans la majorité des pays en développement. Même dans les zones où les animaux de trait sont d'usage courant, les harnais inefficaces infligent continuellement sur les malheureuses créatures une torture quotidienne au cours de laquelle seulement une partie de leur potentiel de puissance est exploité. Habituellement, ils travaillent sous des jougs cruels. Leur espérance de vie au travail est considérablement réduite en conséquence et ils produisent peu de viande, de lait ou de fumier, tandis que leur capacité de travail est sous utilisée.

Un grand nombre de problèmes connexes doivent être abordés sans délai si la situation doit être améliorée. Par exemple, il est essentiel de traiter (et améliorer) des questions telles que l'élevage traditionnel, l'alimentation et des services vétérinaires. Un gros travail doit également être entrepris pour accroître l'efficacité des outils et des véhicules agricoles à traction animale. Le présent article, cependant, se réfère à un seul problème, à savoir : l'utilisation efficace des animaux de trait.

Harnais

Un harnais est un dispositif adapté sur un animal qui permet d'utiliser sa puissance et de fournir un travail moteur. Pour répondre aux exigences de traction, les caractéristiques d'un bon harnais sont : un bon angle de la traction, une pression de contact faible, une position de travail adaptée et un poids réduit.


1. L'angle de traction avec un joug


2. Un collier pour les bovins développés en Suisse durant la Seconde Guerre mondiale


3. Vache suisse harnachée avec un collier suisse (simplifié)

L'angle de traction

Les charges sont tirés au moyen de traits qui relient la charge à l'animal. L'angle entre le trait et la ligne horizontale au point de fixation à la charge (voir la figure 1) est appelé l'angle de traction. Cet angle doit être aussi faible que possible de manière à utiliser la puissance de l'animal à son maximum. Idéalement, il devrait y avoir un angle nul. Néanmoins, ces angles apparaissent, par exemple, lorsque les animaux sont attelés à des chariots relativement hauts et que les traits sont parallèles au sol. Comme l'angle augmente, la force de traction est divisée au point de fixation de l'animal. Une partie de la force (R) est gaspillée dans le processus de tirage et se transforme en pression (verticale) et en inconfort pour l'animal. A titre d'exemple, si un taureau est attelé à un joug et que l'angle de traction est de 30 °, la pression verticale sur l'animal peut atteindre jusqu'à 50 kg f. Ce calcul ne prend pas en compte le poids du joug lui-même, qui peut atteindre environ 10 kg par animal.

La pression de surface

L'efficacité d'un harnais est fortement influencée par la façon dont il épouse le corps de l'animal. Avec un joug traditionnel (sur les cornes) ou un joug monté sur le cou, la surface de contact avec le corps de l'animal est seulement d'environ 200 cm². Si l'animal développe 100 kg-f, chaque centimètre carré de la surface de traction sera soumis à la pression dans la région de 500 g-f. Les chocs et les a-coups lors des travaux vont encore augmenter cette pression. Il en résulte une gêne considérable entraînant des maladies de la peau et des plaies ouvertes. Il est peu surprenant que les animaux attelés de cette façon soient incapables de développer pleinement un travail efficace sans souffrir.

Avec un collier bien conçu et bien rembourré pour taureaux, la surface en tirant sur chaque épaule peut facilement être augmentée à 600 cm² - soit un total de 1 200 cm² sur les deux épaules. La pression sur chaque centimètre carré du dos de l'animal peut ainsi être réduit par un facteur de six. Ceci, avec la fourniture de rembourrage, permet à l'animal de travailler plus efficacement et sans souffrance.

La position de travail

Un harnais efficace doit être conçu de sorte que l'animal puisse utiliser son corps d'une manière naturelle. Placer un joug sur la tête ou le cou d'un animal l'oblige à modifier sa position normale et le contraint aussi à courber sa colonne vertébrale afin de maintenir le joug en place. Souvent, les animaux adultes sont incapables de le faire et ne peuvent pas travailler. En dehors des considérations de posture, attacher les animaux par le cou ou la tête est cruel en ce qu'il les expose à de considérables souffrances inutiles lorsque les charges sont tirés sur un terrain accidenté. Les chocs continuels qui se produisent lors de tels travaux sont transmis directement à des parties très vulnérables du corps.

Le poids du harnais

Naturellement, le harnais devrait être aussi léger que possible. Ceci étant dit, les colliers de chevaux, perfectionnés au fil des siècles, par exemple, en Europe et en Amérique du Nord, sont relativement lourds. Ceux qui étaient conçus pour les travaux durs pesaient environ 20 kg. Néanmoins, en utilisant des matériaux modernes, il est maintenant possible de réduire considérablement ce chiffre (Jussiaux, 1976).

Principaux types de harnais de traction

Beaucoup de harnais différents ont été fabriqués par les éleveurs de bétail à travers les âges.

Il est, bien sûr, également possible d'harnacher des chevaux à l'aide d'une bande sur la poitrine (bricole). Cependant, cette méthode est seulement appropriée aux travaux légers, sinon la bricole tend à blesser l'animal et compresse les vaisseaux sanguins et la trachée. Pour cette raison, les colliers de chevaux ont été généralisés diversifiés et perfectionnés au fil des siècles. Les colliers de chevaux répondent à tous les critères d'un bon harnais comme décrit précédemment. Les jougs sont principalement conçus pour faciliter le contrôle de l'animal. Ils sont aussi relativement peu coûteux et facile à fabriquer. Malheureusement, l'utilisation efficace de la puissance de traction et le confort de l'animal ne sont presque jamais pris en compte.

Les colliers

Les avantages importants à l'utilisation du collier d'épaule au lieu du joug sont universellement reconnus. En 1920, en testant les harnais à Grand-Joran, France, Ringelmann a établi qu’un bœuf équipé d'un collier pouvait accomplir la même quantité de travail que deux bœufs attachés à un joug (Larousse Agricole, 1921). De même, dans les années 1950 M. Jean Garnier a démontré en Asie du Sud que le harnachement en collier a augmenté la force de traction des buffles de 50 pour cent.

Il est généralement admis que le meilleur harnais jamais appliqué à des animaux est le collier de cheval. On date sa première apparition en Europe au XIe siècle, mais on ne sait pas si il a été inventé sur ce continent ou a été rapporté d'Orient par les tribus mongoles.

Dans la plupart des régions, le harnais à collier a été employée exclusivement avec les chevaux, qui ont joué un rôle de plus en plus important, montés ou comme animaux de trait.

Il est curieux de constater que le collier, en dépit de ses qualités reconnues, ai été réservé presque exclusivement aux chevaux à travers les siècles. Il ne fut pas, par exemple, adapté aux bovins (menés au joug) ou à d'autres animaux de trait tels que les ânes et les chameaux (qui sont restés en bricole). Même en Europe, les bovins ont traditionnellement principalement été soumis à des jougs cruelles et inefficaces.

Une exception notable à cette règle est la Suisse, où les agriculteurs ont fait adapter le collier de cheval aux bovins.

Ces colliers bovins sont habituellement désignés comme des colliers "de Berne" (figures 2 et 3). La conception a été fortement influencée par celle du collier de cheval et notamment le rembourrage prévu autour du corps de l'animal. Cela a permis aux agriculteurs non seulement d'accroître l'efficacité de l'attelage des animaux, mais aussi de pouvoir utiliser les chevaux et les bovins ensemble dans la même attelée - un avantage important pour les agriculteurs qui ne pouvaient se payer qu'un seul cheval.

Contrairement à une croyance populaire perpétuée par l'utilisation du joug, les bovins ne tirent pas mieux de la tête ou du cou. Au contraire, leur force de traction, comme celle des chevaux et même celle des êtres humains, vient des épaules (voir Figure 4).

La conception du harnais en collier suisse pour les bœufs a été grandement simplifiée au cours de la Seconde Guerre mondiale, quand un grand nombre de chevaux de trait ont été réquisitionnés par l'armée. Comme les tracteurs étaient rares et le carburant sévèrement rationnée, les agriculteurs se sont retrouvés avec les bovins (principalement des vaches) comme principale source d'énergie pour les travaux agricoles et les transports. Face à cette situation, les autorités suisses ont invité la Fédération Suisse d'Élevage de la Race Tachetée Rouge (FSERTR) à mener des recherches visant à améliorer et à simplifier le collier traditionnel bovin et à former les agriculteurs à l'utilisation correcte des bovins pour les travaux agricoles.

L'étude de la fédération a été publié (FSERTR, 1940) et largement distribuée aux agriculteurs et aux bourreliers. La nouvelle forme de collier qui a résulté de la recherche est une variation importante (par rapport à la forme) du collier de cheval (voir la figure 2). Seulement les épaules de l'animal sont protégés par deux pads rectangulaires, tandis qu'un troisième coussin (en garrot), fixé entre les deux attelles, sert à maintenir le collier dans la bonne position sur le cou.

Il est généralement admis que le collier de trois pads développé en Suisse pour les bovins est une très bonne chose. Cependant, il a souvent été considéré comme trop coûteux et trop difficiles à produire dans les pays en voie de développement. Par exemple, Barnwell et Ayre (1982) affirment que le collier de trois pads offre les avantages d'un harnais à collier complet, mais il est relativement complexe et coûteux à produire.

L'auteur W. Micuta a donc commencé une recherche sur les moyens d'adapter le collier suisse aux conditions qui prévalent dans le monde des pays en voie de développement. L'objectif de ses recherches est de préserver la valeur fonctionnelle du collier suisse tout en simplifiant sa conception, en réduisant ainsi le coût de production, de manière à le rendre accessibles aux communautés les plus pauvres du monde.

Les composants de base du collier sont les attelles et les pads - les deux pouvant facilement être produits à partir de matériaux locaux disponibles.

Les attelles sont formées à partir de deux morceaux de bois qui sont taillées pour épouser les contours de l'animal. Elles doivent être fabriquées à partir de bois dur, mais élastique, tel que celui utilisé pour la fabrication locale des manches pour les outils agricoles, comme les haches et les houes.

Il est essentiel que les attelles épousent (la forme de) l'animal afin d'assurer un maximum de confort. Pour les bovins, qui trottent rarement, les attelles sont placés plus écartés en bas. Pour les animaux qui trottent occasionnellement, comme les ânes, les attelles peuvent être un peu fermées autour de la poitrine de manière à fournir une stabilité accrue.

Les épaules des animaux de trait doivent être bien protégés contre la pression des attelles - d'où l'importance des pads. Traditionnellement, ces coussins sont fabriqués à partir de cuir, mais il n'y a aucune raison pour lesquelles ils ne devraient pas être fabriqués à partir de tout tissu disponibles. Par exemple, les sacs de jute (notamment les sacs de farine) disponibles dans tous les pays en voie de développement offrent une bonne solution.

L'adoption du collier suisse simplifié

Le collier simplifiée a été donnée à plusieurs agriculteurs suisses qui continuent à utiliser quotidiennement les bovins pour leurs travaux agricoles. Ils ont utilisé le collier tous les jours pendant ces trois dernières années et il leur a donné entière satisfaction. Les colliers n'ont pas encore montré de signes de détérioration, même si le reste du harnais a dû faire l'objet de réparations mineures environ une fois par an.

Le nouvel équipement a les mêmes qualités fonctionnelles que le collier suisse de Berne traditionnel, mais est plus léger, plus facile à produire et beaucoup moins cher.

Les figures 5 et 6 montrent deux vaches - l'un harnachée avec le collier de Berne et l'autre avec le nouveau modèle décrit dans cet article. Dans des conditions de travail, les deux colliers offrent performance et confort similaires.

Au début de 1982, le premier bourrelier a été formé au Rural Stove-making Centre créé par The Bellerive Foundation au village de Ruthigiti (Karat) à coté de Nairobi, Kenya. Le nouveau harnais a été fabriqué localement et utilisé sur un âne attelé à une charrette qui a été utilisés pour livrer les cuisinières fabriquées sur place, aux familles des environs. Ce harnais a été immédiatement apprécié et adopté par la population locale.

Le nouveau harnais a ensuite été adopté par le révérend Daniel Schellenberg au nom de la Mission Baptiste du Kenya. L'auteur et un autre consultant de la fondation Bellerive, Emil Haas, ont formé des personnes handicapées du Salvation Army Centre, à Thika, aux compétences nécessaires àla production de boucles, anneaux, chaînes et autres fournitures. Le centre fut bientôt en mesure de commencer la production à petite échelle et, avec l'aide de la Mission Baptiste, à la fin de 1982, le nouveau collier a été utilisé sur des ânes dans plusieurs villages de la région de Thika (figure 7).

En Février 1983, une unité de fabrication de harnais a été créée au sein du Agricultural Engineering Department of the University of Nairobi. Cette étape a été rendue possible grâce à l'aimable coopération et le soutien du président de ce département, Gichuki Muchiri. Pour mettre la nouvelle unité en route, les outils de base nécessaire à la fabrication des harnais ont été fournis et un bourrelier local, Nemehia Kariski, qui avait été formé l'année précédente à Ruthigiti, a été embauché. L'auteur a montré les techniques nécessaires à l'adaptation des colliers sur les différents animaux de trait, notamment les taureaux zébus (figure 8) et les ânes. La responsabilité de l'unité a été confiée à M. Dibbits, professeur adjoint parrainé par la Dutch Technical Assistance.

L'expérience récente de la Fondation Bellerive au Kenya confirme les avantages significatifs du harnais en collier. Rev. Schellenberg a estimé que "Avec le nouveau harnais nous pouvons pousser les gens à vendre un taureau (sur deux) tout en continuant de labourer et de désherber efficacement, ce qui leur permettra de doubler leur rendement» (The Friend, 1983).

Dibbits pense que deux ânes attelés avec le collier suisse pourraient labourer un sol léger aussi bien que deux bœufs de travail au joug.

En dehors de fournir a augmenté la traction, il ne faut pas oublier que le nouveau harnais élimine également les souffrances causées par les techniques de harnachement inefficaces qui prévalent dans les pays en développement. Les vies de travail utiles animaux de trait sont donc prolongée et ils produisent plus de viande et de meilleure qualité, le lait et le fumier.


4. L'angle de traction avec un collier


5. L'auteur travaillent en Suisse avec deux vaches : avec un collier traditionnel (à droite) et le collier simplifiée (à gauche)


6. Une vue rapprochée du collier bovin traditionnel (à droite) et du collier simplifiée (à gauche)


7. Âne Travaillant Avec le collier suisse simplifié au Kenya


8. Deux taureaux zébus travaillant avec le collier suisse simplifié au Kenya


9. Les Attelles


10.Les pads ou coussinets

La fabrication locale du collier suisse simplifié

La fabrication du nouveau harnais ne requiert pas un haut degré de compétences, ni des outils sophistiqués ou des matériaux rares. Il peut facilement être produit dans un village africain ou asiatique par les bourreliers locaux qui ont subi une formation de quelques mois.

À condition que la production soit bien organisée et que les bourreliers locaux soient régulièrement approvisionnés avec les fournitures nécessaires à un prix raisonnable, il n'y a aucune raison pour que le nouveau harnais ne soit pas fabriqués à un coût adapté aux moyens financiers des utilisateurs potentiels.

Sur la base de son expérience à ce jour, l'auteur estime que les principales difficultés techniques rencontrées dans la conception et le développement d'un type de collier harnais simple, pour les pays en développement ont maintenant été surmontées. Une expérience suffisante a été acquise dans les conditions du terrain pour envisager de promouvoir le collier suisse simplifié dans d'autres pays en voie de développement. Pour atteindre cet objectif, il est maintenant nécessaire de concentrer l'attention sur la formation professionnelle des bourreliers locaux (le métier est pratiquement inconnu dans de nombreux pays en voie de développement) qui vont produire et réparer les harnais. Des mesures devront aussi être prises pour réduire le prix des composants tels que les pièces métalliques qui ne sont pas toujours disponibles dans tous les villages du monde.

Conclusion

Il est essentiel d'encourager une nouvelle approche à l'égard du traitement des animaux de trait. Les agriculteurs européens traitent leurs animaux comme des amis - presque comme des membres de leur famille. Ils sont bien entretenus et pris en charge et ne sont jamais surchargés de travail. Les humains et les animaux doivent former une équipe et, comme c'est le cas avec le collier suisse, la tête et le cou de l'animal doivent être libres pour éviter des traitements cruels. Le collier suisse devra, par conséquent, être introduit auprès des gens qui sont prêts à comprendre, respecter et chérir leurs animaux.

Épilogue

Les lignes directrices suivantes doivent être suivies pour la fabrication du collier Suisse simplifié.

Les composants de base du collier sont les attelles et les pads - les deux pouvant facilement être produits à partir de matériaux disponibles localement.

Les attelles. Les attelles sont formées à partir de deux morceaux de bois, de forme étudiée pour épouser les contours de l'animal (voir la figure 9). Elles doivent être fabriquées à partir de bois dur, mais élastique, par exemple, le bois utilisé localement pour la fabrication des manches d'outils agricoles tels que des haches ou des houes. Il est important de veiller à ce que le fil du bois suive la courbe (bois de forme), car cela renforce les attelles. Si le fil ne suit pas la courbe, ou court dans la direction opposée, les attelles peuvent se briser - en particulier sur les parties où les traits sont attachés ou lorsque la courbe est plus accentuée.

Dans le passé, les bourreliers recherchaient les pièces de bois avec des courbes naturelles pour construire les attelles. Plus tard, ils ont appris à plier les sections droites, en utilisant la chaleur ou la vapeur (la même technique est, bien sûr, utilisée par les charrons).


11. Remplissage du pad ou coussinet


12. Remplissage de la "saucisse"


13. Fixation des coussinets sur les Attelles


14. Fixation de la "saucisse" sur l'attelle

Si un bois de bonne qualité est utilisé, l'épaisseur des attelles ne doit pas dépasser 3 cm pour les bovins et 2 cm pour les ânes. Si le bois est moins satisfaisant, l'épaisseur devra probablement être augmentée pour compenser. Bien que le bois de bonne qualité est toujours souhaitable, l'auteur a découvert, au cours des essais sur le terrain, que des harnais satisfaisants peuvent être fabriqués, même si le bois n'est pas idéal à tous égards.

Afin que les attelles soient bien ajustées, les contours de l'animal dans sa posture debout normale doivent être soigneusement mesurés. Cette tâche peut être facilitée par l'utilisation d'un fil de cuivre, plié le long du corps de l'animal pour reproduire la forme exacte. Une solution encore meilleure, quand elle est possible, est d'utiliser une bande de caoutchouc comme celle utilisée par les ingénieurs pour mesurer les courbes.

La mesure doit commencer dans la partie supérieure du cou, juste en face de la pointe de l'épaule. Les contours enregistrés avec le fil de cuivre ou la bande de caoutchouc sont reportés sur une feuille de papier et le bois est ensuite coupé en conséquence. Il est à noter que la largeur des attelles doit être plus grande dans la partie centrale où les traits sont attachés. Comme un arc, l'épaisseur est dégressive en haut et en bas et les extrémités sont incurvées vers l'extérieur pour fournir de solides points d'ancrage aux lanières de cuir (en haut) et à la chaîne (en bas) qui maintiennent les deux attelles ensemble (figure 9).

Les pads. Traditionnellement ils sont fabriqués à partir de cuir, mais il n'y a aucune raison pour qu'ils ne soient pas fabriqués à partir de tout tissu disponible. Par exemple, les sacs de jute (notamment les sacs de farine) disponibles dans tous les pays en voie de développement, offrent une bonne solution.

Le matériau choisi est plié et découpé, comme indiqué sur la figure 10 et ensuite cousu à la main ou à la machine. Une ligne de couture est faite à 6 cm du bord inférieur (plus large) du pad pour créer un compartiment en forme de petite saucisse qui servira à fixer le pad à l'attelles. Le matériau est ensuite retourné à l'envers et rempli de tout matériau de remplissage approprié qui est disponible localement (figures 11 et 12). Le matériau choisi doit être "élastique" de sorte que le tampon ne sera pas aplatit pendant le travail. Un des meilleurs matériaux de remplissage est fait de poils d'animaux, élastiques à la pression et qui laissent transpirer. Il y a, cependant, un certain nombre de matériaux végétaux qui pourraient servir aussi bien. Les fabricants de matelas locaux peuvent être une source utile d'information sur les matériaux de rembourrage appropriées, qui comprennent le carex des sables ainsi que des fibres de palmiers, d'agaves, de noix de coco ou le sisal. Le coussin inférieur, en forme de saucisse, doit être rempli avant le corps principal. Une fois le remplissage achevé, les bords du tampon peuvent être cousus. Le coussin supérieur est ensuite repliée (voir figure 10) et cousu vers le bas.

La fixation de la garniture à l'attelles nécessite une certaine habileté de la part du bourrelier. Des lanières de cuir sont passées entre le coussin et le corps principal du pad, par des trous percés dans l'attelle et attachées avec des noeuds (figures 13 et 14).

Les traits sont attachés aux attelles au moyen de deux trous forés dans l'attelle au niveau de l'épaule de l'animal.

Bibliographie

Barnwell, I. & Ayre, M. 1982. The harnessing of draught animals. Intermediate Technology Pub.

FAO. 1982. Proc. Expert Consultation on the Rational Use of Animal Energy in Africa and Asia. Rome, FAO.

FSERTR. 1940. Guide de l'attelage du bétail bovin. Berne, Suisse, Fédération suisse d'élevage de la Race Tachetée Rouge.

Jussiaux, M. 1976. Le cheval. Paris, Hachette.

Larousse Agricole. 1921. Joug. Paris, Larousse.

The Friend. 1983. 14 Octobre 1983.

dimanche 6 septembre 2015

Attelage de 2 vaches Grises Rhétiques au Pferdestark 2015

Comme promis, voici un des premier billet sur notre compte-rendu du PferdeStark 2015...

Et une fois n'est pas coutume, nous allons parler de vaches attelées (en collier)...

Ces vaches étaient présentées par Gerhart Döring et sa femme et venaient de Weißenborn (commune de Saxe, à l'est de l'Allemagne).

Il s'agit ici d'un couple de petites vaches de race "Grise Rhétique" (rätisches Grauvieh en allemand), c'est une race bovine suisse originaire du canton des Grisons, à l'est de la Suisse, on la trouvait autrefois dans une grande partie des Alpes orientales.

Elle porte une robe grise aux nuances dégradées de blanc presque pur au niveau des oreilles et du front, au gris ardoise foncé presque noir au garrot. Le taureau est brun gris plus foncé au garrot. Ses muqueuses sont sombres, mais le mufle est entouré d'une auréole claire. Elle porte des cornes torsadées vers l'extérieur.

C'est une petite race. La vache mesure 116-123 cm pour 350-500 kg et le taureau 120-128 cm pour 500-700 kg.

C'est une race classée à triple destination. Elle donne un lait riche en matière sèche, une viande de qualité et fournissait autrefois son travail. Elle est rustique, bien adaptée à son environnement montagnard, a une bonne longévité et transforme bien le fourrage parfois grossier des alpages de sa région. Elle tire mieux profit que la brune (Brune des Alpes, race suisse, à ne pas confondre avec la Tarine, race savoyarde) des environnements difficiles.

(Sources wikipédia, Grise Rhétique)


Les Grises Rhétiques attelées à la Kassine de Prommata...

Nous allons maintenant vous présenter le chariot et les colliers :


On peut remarquer que ce chariot a de grandes roues à l'avant et que l'essieu directeur ne peut pas passer sous le châssis, le rayon de braquage est donc très grand et le chariot peu manœuvrant...


Le chariot est muni d'une mécanique (accessible sous le plateau à l'arrière) qui commande, en friction, des patins sur les bandages des roues...


Le chariot dispose d'une ridelle arrière amovible et d'un plateau dépassant largement la longueur des ridelles latérales, sans doute pour servir de siège au meneur (ou à son aide), même si le chariot est chargé...


Détails des colliers...


Détails des colliers...


Détails des colliers...


Détails des colliers...

NB : Nous avons déjà un peu parlé sur le blog des colliers de vaches de modèle suisse...

Ici (photo-insolite-de-vache-ou-boeuf-tirant-un-traineau)

Ici (photos-de-boeufs-de-travail-suisses-en-collier)

Et ici (jeu-hippotese-n1-attelage-de-boeufs-de-travail-les-resultats)

Et nous en reparlerons dans un prochain billet quelques indications de fabrication (pour ceux qui sont curieux ou bricoleurs)...

Quelques autres photos de l'attelage et une petite vidéo du harnachement...


Pferdestark-2015-vaches-attelées par hippotese

vendredi 24 juillet 2015

Trépigneuse à 2 chevaux présentée au Pferdestark 2013 par l'IGA...

Je vous passe aussi une petite vidéo que j'avais faite sur une trépigneuse à 2 chevaux (de marque Athens) qui entraînait une scie à ruban et une fendeuse à inertie de marque SuperSplit.

Les chevaux qui sont visiblement sur le tapis roulant pour la première fois, s'habituent très vite à la besogne.


Trépigneuse à 2 chevaux au Pferdestark 2013 par hippotese

Ce matériel était présenté par l'IGA (InteressenGemeinschaft Arbeitspferd)

L'IGA (groupe d'intérêt pour le cheval de travail) est une association de traction animale et qui est basée en Basse Saxe (nord de l'Allemagne) dans l'arrondissement du Comté de Bentheim.

L'objectif statutaire de l'association est de préserver et promouvoir le cheval de travail issu du patrimoine agricole et de créer un écomusée utilisant les chevaux.

Si vous êtes nul comme moi en allemand, vous pouvez utiliser les services de Google translate pour aller sur leur site web...

Si j'ai bien compris, ils ont acheté une trépigneuse Athens aux États Unis grâce à l'aide d'une fondation allemande (Grafschafter Sparkassenstiftung)...

La doc officielle (PDF) de la trépigneuse Athens Horse Treadmills fabriquée aux États-Unis.

Le site officiel de Athens Horse Treadmills

La page des essais de l'IGA sur le web : http://www.arbeitspferd.org/Tretmuehle_index.html

Le document PDF en allemand, (tiré de leur site) qui explique les modifications du tapis réalisé par l'IGA.

Apparemment, L'IGA a aussi testé une trépigneuse à 1 cheval : https://www.youtube.com/watch?v=QmID7-_qXto

samedi 27 juin 2015

Transporter 2 balles rondes avec un âne et 2 brouettes porte-balle transformées (suite)

Ce billet, proposé par Philippe Gérard de Clomot (Côte d'Or), fait suite à son précédent billet de 2013...

Philippe a fait un gros travail d'explications pédagogiques sous forme de vidéos et textes pour nous faire partager son expérience d'utilisation des brouettes porte-balle.

Les foins sont là et certains pourront peutêtre expérimenter des brouettes porte-balle autoconstruites...
N'hésitez pas à partager vos expériences avec nous...


brouette-porte-balle par hippotese

Philippe a aussi réalisé, pour nous, un schéma coté de la brouette et des explications constructives :

Voici le croquis coté de la brouette initiale, elle est entièrement faite en tube de 30 mm de diamètre.

Sur ce croquis, le trait représente l'axe du tube, la largeur de la brouette est de 72 cm.

Les côtés sont faits dans un seul tube cintré à la demande de A à A, sans doute sur un gabarit et à chaud (il y a quand même 8 cintrages...).

Il est important que AB soit perpendiculaire à CD pour une bonne verticalité de la brouette au moment de la prise de balle.

Sur ABD et C, le tube est doublé d'un fer plat de renfort (plus large) qui évite l'enfoncement, il faut bien garder les pattes en forme de ski, surtout si le basculement est réalisé par un animal attelé, la brouette est alors un peu traînée.

Il faut aussi conserver l'arrondi des « poignées » pour la traction humaine, il permet aux mains de bien s'accrocher sans serrer.

L'essieu est fixé à 94 cm du point C, il faudra peutêtre tâtonner un peu pour trouver l'emplacement idéal.

Il est sans doute judicieux de fabriquer une flèche articulée qui permette le basculement puis le transport en se verrouillant... (voir sur la vidéo).

Plan de la brouette porte-balle en pdf (3,6 Mo)

Retour après utilisation printemps 2013 et hiver 2013/2014 :

Au printemps 2013.
J'ai transporté 43 balles rondes de foin et quelques balles de paille de cette façon du 20 janvier à la mise à l'herbe, j'étais plutôt satisfait. Il y a eu quelques soucis quand même, bien sûr :
- j'ai renversé deux fois une brouette chargée en traversant une ornière et un trou, la largeur de la voie (limitée à l'origine pour ne pas dépasser la balle et permettre le passage dans les portes étroites des anciennes étables, 0.90 m) étant insuffisante pour un transport "tout-terrain".
- à la 20ème balle, le roulement d'une roue a rendu l'âme (elle avait alors fait chez moi 60/70 km sur route dont la moitié en charge...).
J'ai donc changé essieu (1.25 m hors tout) et roues (roulement à billes). J'ai ajouté aussi une planchette qui évite le frottement de la balle sur la roue.

Uranie a aussi transporté 33 balles des prés vers la grange au moment des foins. J'ai également mis une béquille-patin fixe sous la flèche qui permet de poser celle-ci sans précaution et sans risque de remplir l'attelage-boule de terre.

J'ai aussi, dès le début, collé une bande réfléchissante zébrée rouge et blanche à l'arrière de la brouette pour que les voitures comprennent d'emblée qu'elles arrivent derrière un véhicule atypique.

Hiver 2013/2014.
Pour préparer l'hivernage suivant, j'ai voulu améliorer deux choses : transporter deux balles rondes d'un coup (c'était mon objectif initial) et améliorer le chargement, pour passer directement par basculement de la brouette dressée à la brouette attelée, comme lorsqu'on relève la caisse d'un tombereau qu'on vient de benner en faisant avancer l'animal.

Il fallait :

1) Trouver une deuxième brouette, j'en connaissais une chez un agriculteur retraité qui a bien voulu me la vendre (50 €). J'ai donc équipé les 2 brouettes d'une boule à l'arrière pour les accrocher en train (cette boule ne doit pas dépasser l'axe des roues pour une question d'équilibre).

2) Faire une flèche articulée et amovible qui puisse s'atteler à l'avant-train, brouette en position "dressée" et un système de verrouillage de celle-ci brouette en position "route", avec un système d'accueil amorti de la partie qui bascule.
J'ai fait l'essai sur la première brouette modifiée avec un succès limité ; le relèvement de la brouette chargée se fait en trois phases : (Nota : la brouette dispose de 2 plats de renfort soudés sur les 2 angles que forme le châssis tubulaire à l'avant, ce qui définit 2 positions "prise de balle"). 1ère phase, la brouette est placée verticalement contre /sous la balle. 2ème phase, on bascule sur le deuxième patin plat, jusqu'à ce que les roues touchent le sol (tout ceci se faisait très bien avec Uranie, mon ânesse), et là, arrêt (la brouette cherche à repartir en arrière).
3ème phase, basculement complet de la brouette, (je mettais une cale à chaque roue pour permettre cette étape finale), c'est la phase la plus exigeante en effort de traction.
Ça allait bien derrière le 4x4 en faisant patiner l'embrayage et en tirant doucement, mais avec Uranie et un meneur débutant (entre autres raisons), cela ne se passait pas bien : Uranie laissait reculer après les deux premières phases, et/ou tirait trop franchement (aussi parce qu'elle avait du mal) et passait sur les cales, sans réaliser le basculement à la troisième phase.

A revoir...

J'ai alors mis à l'arrière de la brouette deux béquilles qui se déplient pour la bloquer au stade "roues au sol" et éviter ainsi le problème du "laisser reculer". Efficace.
Mais la troisième phase est restée compliquée et insatisfaisante (sauf à être à deux : un meneur qui n'a que sa bête à s'occuper et qui peut freiner, et une autre personne qui peut aider physiquement à basculer). Est alors apparue une solution de repli inattendue : les deux béquilles se révèlent très utiles en basculement à la main : on fait les deux premières phases (les plus faciles) à la main, la brouette reste bloquée dans cette position, on met la flèche, qui par sa longueur permet, par effet de levier, une remontée plus facile sur les roues en appuyant de tout son poids sur son extrémité.

C'est ce que j'ai fait tout l'hiver 2013-2014. Uranie et moi avons transporté ainsi environ 110 balles rondes de foin, par train de deux (de quoi affourrager 25 UGB) et une vingtaine de balles de paille.

Et quand Uranie ne transporte pas du foin, elle fait la "corvée" d'eau, de quoi maintenir son dressage au niveau optimum...
Et c'est là aussi un des avantages de ces travaux répétitifs qu'apprécient tant nos fidèles compagnons de "labeur" (et nous aussi par la même occasion)...

Merci Philippe pour toutes ces explications...

mardi 23 juin 2015

8ème Journée Technique Maraîchage, le 2 mai 2015 à Dullin (Savoie) : Mesure d'efforts avec un épandeur de fumier Millcreek

Lors de la 8ème journée technique sur le maraîchage en traction animale, chez Thierry Bonnamour à Dullin (Savoie, France), Michel Carrel a fait une petite mesure d'efforts lors de l'épandage d'un fumier bien décomposé.


Mesure d'efforts avec un épandeur de fumier en traction animale, au château partagé de Dullin.


Mise en place du capteur de force, on enlève les amortisseurs de traction pour ne pas fausser les mesures...


Vue détaillée du capteur (10 mm de diamètre)...


Le "Data Logger" qui récupère et sauvegarde les données du capteur.

Nous avons utilisé un épandeur TA de marque Millcreek, (origine américaine) à prise de force sur les roues, attelé à un porte-outils Bucher monté en avant-train (avec un attelage à boule).

Nous avons chargé à la main l'épandeur à partir d'un tas de fumier bien décomposé...

Nous avons épandu sur une bande enherbée très mouillée (il avait plu plus de 24 heures d'affilé la veille) d'une centaine de mètres de long au profil légèrement descendant (de gauche à droite par rapport au cameramen).

A l'aller et au retour, il y a eu un arrêt, nous avons donc partagé les mesures en 4 courbes distinctes : Aller-1, Aller-2, Retour-1 et Retour-2.


Thierry Bonnamour et Michel Carrel attentifs pendant les mesures...

Voici déjà la vidéo complète de l'Aller-retour...


Mesure d'efforts en traction animale (épandage... par hippotese

Et voici les 4 courbes des 4 parties...


De 20 à 200 Kgf, force moyenne 83 Kgf, durée 25 secondes.


De 15 à 240 Kgf, force moyenne 93 Kgf, durée 36 secondes. Total 1mn1s


De 20 à 300 Kgf, force moyenne 147 Kgf, durée 28 secondes.


De 25 à 300 Kgf, force moyenne 120 Kgf, durée 46 secondes. Total 1mn14s

Nota : Attention les courbes ne durent pas le même temps (de 25 à plus de 46 secondes), ce qui explique que "l’accordéon" soit plus ou moins serré...

Thierry Bonnamour (utilisateur habituel de l'épandeur) nous précise :
La bande enherbée fait une longueur de 90 m avec une pente longitudinale de 2 % environ (pour un dévers, en largeur, de 5%).
Le volume épandu est de 0.68m3 (densité inconnue).

L’épandeur utilisé est un épandeur Millcreek qui a été acheté en France chez Equip-Equestre.fr, qui a un volume "annoncé" de 1,5 M3.
Thierry pense que l'indication de ce volume est exagérée, sauf à remplir l'épandeur au delà des bords de la benne, ce qu'il n'a pas essayé.


L'épandeur Millcreek sur le site de http://www.equip-equestre.fr.


Vue des pignons d’entraînement du tapis et du hérisson, le mouvement est pris sur les roues de l'épandeur.

Michel Carrel (qui a réalisé le relevé des mesures) nous précise :
Tant les tracés que les forces moyennes ne doivent pas être pris comme parole d'évangile, les mesures ayant été effectuées un peu à l'arrache et sur des durées très courtes.
Visuellement nous avions l'impression que le tirage était plus important que mesuré (83 à 147 Kgf de moyenne). La variabilité de ces forces est probablement influencée par la texture du compost et par le chargement de l'épandeur.
L'amplitude de l'oscillation des forces est importante, allant parfois jusqu'à 200 Kgf (de 50 à 200) et doit rendre le travail plus pénible pour l'équidé. Dans ce contexte, les ressorts de traction, que nous avions enlevé pour les mesures (pour des problèmes de montage) sont probablement très bénéfiques.

Informations tirées du film :
Le terrain est très mouillé (on voit bien la terre et l'herbe qui adhère aux roues), ce qui est logique avec les pluies de la veille, on peut penser que le coefficient d'adhérence est très désavantageux pour le cheval.
Le harnais "en mancelles" qui laisse libre verticalement les brancards, favorise peutêtre les "coups de raquette" que l'on aperçoit dans le film quand le terrain présente des irrégularités (et qui sont visibles aussi sur les graphiques).
On voit bien, au retour que le cheval est dans un effort très important, on peut se poser la question de l'organisation du chantier qui aurait permis de faire le même travail sans un tel effort.

Intérêt des mesures dynamométriques :
Outre l'intérêt scientifique de connaître la valeur absolue des forces en présence qui confirme ce que nous préconisons à Hippotese, c'est à dire qu'un cheval de 700-800 kg ne doit pas effectuer un effort prolongé de plus de 100 kgf (98,1 dN) au pas (4,3 km/h).
On peut ici facilement constater que le cheval est dans un effort acceptable tant qu'il reste en moyenne autour de 90 kgf, mais que c'est trop dur quand l'effort moyen est de 130 kgf.
On peut aussi constater que la variation de poids du fumier, entre l'aller et le retour (la moitié du fumier est distribué) semble beaucoup moins influer que la pente (2 %) dans l'effort mesuré.
Dans le cas qui nous intéresse, on pourrait donc, tirer certains enseignements des mesures, en particulier en terme d’organisation du travail, même s'Il nous manque l'effort de traction pur (sans mettre en route le mécanisme de distribution), à vide, en charge et en demi-charge , et ce, à l'aller (descente) comme au retour (monté) pour pouvoir vraiment valider une organisation plus efficace des déplacements.

Proposition d'une nouvelle organisation :
Les mesures dynamométriques, pour ne pas rester théoriques, doivent nous permettre de proposer de nouvelles organisations (typiquement souvent, comme ici, de nouveaux parcours) plus économes en effort.
Regardons ce que celà pourrait donner sur notre petit exemple d'épandage...
Et tout d'abord, petit schéma du déplacement tel qu'il a été effectué (voir film) :


Le schéma du déplacement réel...

On peut à priori penser pour améliorer l'organisation du chantier :

Qu'Il serait judicieux, de distribuer le fumier en 2 passages sur cette parcelle mais toujours dans le sens de la descente (gauche à droite) et donc...

- Première solution, de remonter la bande de terrain sans distribution (par le bas de la parcelle), puis de faire un deuxième passage en distribution en descente.


Première proposition de déplacement demandant moins d'effort, le cheval remonte la pente latérale par le bas sans épandre puis effectue son 2ème épandage à la descente...

- Ou Deuxième solution, de ne remplir que la moitié de la charge, aller l'épandre, puis revenir remplir une demi-charge et refaire un tour d'épandage (toujours dans le sens de la descente, gauche-droite). Ce qui suppose que l'épandeur fonctionne aussi bien avec une charge de demi-hauteur (ce qui n'est pas sûr) ou qu'il faut réduire l'utilisation de la benne à sa partie arrière avec une cloison mobile par exemple.


Deuxième solution de déplacement demandant moins d'effort, le cheval effectue 2 épandages à demi-charge (avec demi-remplissage au départ et demi-remplissage avant le deuxième tour).

Conclusion :
On voit bien dans cet exemple l'intérêt des mesures dynamométriques qui permettent d'affiner notre perception des efforts mis en jeu en traction animale.
Nous sommes évidemment conscients que nous ne pouvons pas faire de mesures d'une valeur "scientifique" à Hippotese, car nous ne sommes pas en laboratoire et aussi par manque de temps (il faudrait faire des mesures en ne faisant varier qu'un seul des paramètres et répéter ces mesures un grand nombre de fois pour avoir une valeur moyenne statistique des résultats), nous sommes et restons dans des situations de travail réel.
Néanmoins, avec ces mesures "de terrain" et une vidéo accompagnatrice, un travail de réflexion collectif est possible pour améliorer l'organisation de nos chantiers (au niveau des harnais, des parcours, des matériels employés, des méthodes de menage...), et le choix des solutions peut être validé par une confirmation numérique (à posteriori) des améliorations, (en terme d'effort), obtenues.

On peut aussi rêver de systèmes embarqués qui permettront bientôt de faire ces mesures en continu et donc d'affiner, en direct, nos méthodes de travail. Nous en reparlerons bientôt sans doute...

mercredi 17 juin 2015

Neobucher : une petite vidéo de la journée de suivi d'essais et de réglages-modifications du vendredi 5 juin 2015

Merci à Joseph de l'Atelier Paysan qui nous a fait passer une petite vidéo sur les essais de terrain du porte-outils de maraîchage en traction Animale NeoBucher, lors de la journée de suivi-d'essais et de réglages-modifications, le vendredi 5 juin 2015, chez Nicolas Koziel dans la Drôme.


Néo-Bucher porte outils pour maraîchage en... par hippotese

Plus de détails sur cette journée et des photos dans le billet précédent ici...

dimanche 24 mai 2015

Retour sur la 8ème journée technique de maraîchage en traction animale organisée par Hippotese... (1ère partie)

Les derniers jours de la collecte (plus que 2 jours aujourd'hui 24 mai 2015) pour le financement du projet NéoBucher, nous occupent beaucoup mais nous n'oublions pas les autres activités de l'association Hippotese, surtout que vous allez voir que ce porte-outils n'est jamais très loin...

Le 2 mai, c'était en effet la première sortie "grand public" du NeoBucher parmi de nombreux autres outils (ce qui montre d'ailleurs qu'il peut facilement s'intercaler au milieu d'autres pratiques culturales).

Je profite de cette tribune pour remercier les intervenants "chevaux" (Pierre Gallet et Thierry Bonnamour, notre hôte) de cette journée qui ont versé leurs indemnités au KissKissBankBank pour soutenir le projet NeoBucher... Merci à eux...

Et merci aussi aux participants, jeunes pour la plupart, à cette journée qui sont tous en cours d'installation ou récemment installés... Ils représentent le futur de l'agriculture biologique en traction animale... Et le futur de l'association HIPPOTESE...

La vidéo des moments forts de la journée...


8ème journée technique maraichage en Traction... par hippotese

Quelques précisions sur le contexte...

Lors de la 8ème journée technique maraîchage en traction animale pour les professionnels organisée par Hippotese, nous avons pû tester un ensemble d'outils de préparation du sol.

Il faut préciser qu'il avait plu la veille, en continu, pendant 24 heures d'affilées et que nous avions dû couvrir le terrain d'essai avec des bâches plastiques.

L'objectif de la journée était de tester une succession d'outils de préparation de sol en partant d'un labour (réalisé avec une charrue brabant double en traction animale aussi) pour aller vers des buttes de culture maraîchères.
Dans la réalité, cette succession est souvent faîte sur plusieurs jours (voir plusieurs semaines) et le soleil et la dessiccation participe à l'effritement des mottes et l'amélioration du lit de semence.

Pour cette journée, nous avons, comme à notre habitude, mélangé des outils anciens (herse triangle pliable, canadien 9 dents, rouleau plombeur, houe de buttage planetJR) et des outils modernes (porte-outils mono rang Vitimeca (avec dents souples, buttoir et disques billonneurs) et évidemment le NeoBucher avec des disques billonneurs et des herses étrilles).

Vous retrouverez d'autres photos de cette journée sur le blog Hippotese dans un prochain billet.

Et aussi un billet de mesure d'efforts en épandage de fumier avec un épandeur Millcreek à traction animale bientôt.

jeudi 21 mai 2015

Présentation diapos du projet NeoBucher avec commentaires (ver française, mai 2015)

Voici une petite mise à jour de la présentation du projet NeoBucher avec ses commentaires (ver française du 20 mai 2015).

Ce billet reprend celui d'avril et y ajoute quelques diapos avec les dernières nouvelles...

Vous aurez même droit à un pdf avec diapos et commentaires (voir en bas)

Plus que 5 jours pour boucler la collecte KissKissBankBank (26 mai 19h32)...
Nous en sommes à 5300 € sur 7000 € (soit 76 %), on reste tendu mais confiant...

Jusqu'au 26, vous pouvez encore soutenir le projet en participant à son financement...
Plus d'infos ici : http://www.kisskissbankbank.com/neo-bucher-traction-animale-et-innovation

Dans tous les cas, un grand merci à tous ceux qui nous ont déjà soutenu...

Ce projet fera date par sa philosophie et il contribuera à améliorer l'efficacité des interventions en traction animale en maraîchage et cultures de plein champ et permettra, nous l'espérons, à plein de jeunes de s'installer (et de réussir) en bio et traction animale...

Histoire du projet Néo Bucher


01 : Nous allons vous présenter le projet NeoBucher qui raconte l'histoire de la renaissance du porte-outils de maraîchage à Traction Animale Bucher.
Ce projet, encore en cours aujourd'hui, est porté par l'association Hippotese qui est une association de promotion du Cheval de Travail.


02 : L'association Hippotese est une association loi de 1901 qui a été créée en 1986 par la fusion du groupe Traction Animale du CEP Savoie et du groupe Traction Animale ARTAP de Franche-Comté.
Le nom "HIPPOTESE" signifie Ass HIPPOmobile de Technologie et d'Expérimentation du Sud-Est, car la Savoie et la Franche-Comté sont situées dans la quart Sud-Est de la France.


03 : Depuis 1986, l'association Hippotese fait de la recherche technique (colliers, harnais, matériel agricole, forestier, urbain...), de la formation, de la collecte et de la diffusion d'informations (sur son site web, son blog, dans son journal Hippobulle et par une lettre d'information mensuelle HippoNews), organise des manifestations de promotion de la Traction Animale et soutient ses membres dans leur activités (prêt de matériel, chantiers collectifs, coups de main...).


04 : Le porte-outils de maraîchage en traction animale Bucher (Bucher Guyer AG) est un outil d'origine suisse, qui existe depuis les années 30 et qui a été commercialisé jusque dans les années 60.
Il est adapté à la culture de légumes de plein champ et au maraîchage.
Il est équipé d'un système de relevage d'outils et son châssis est de conception simple et légère.


05 : Le porte-outils Bucher a des qualités rares, outre qu'il permet de travailler 2 rangs en même temps (3 rangs possibles), il propose deux systèmes de correction de trajectoire qui permettent de sarcler les plantes au plus prés et il peut être utilisé avec un seul cheval (2 chevaux possibles).


06 : A Hippotese, nous avons découvert ce porte-outils dans les années 1990 et nous avons diffusé une première documentation technique en 1992 dans l'Hippobulle n°15/16.
En 2006, dans un billet du blog, nous nous posions déjà la question de refaire fabriquer de manière semi-industriel cet outil, sans donner suite.


07 : Entre 2000 et 2008, nous avons importé plusieurs dizaines de porte-outils Bucher d'occasion de Suisse jusqu'à en épuiser la source.
La question d'une re-fabrication s'est de nouveau posée mais sans réponse satisfaisante.


08 : À partir de 2010, il est sorti sur le marché français de nombreux prototypes de porte-outils de maraîchage mais aucun ne s'inspirait vraiment du Bucher.
Il nous semblait idiot de vouloir réinventer la roue, alors que nous avions une base de travail à la fois simple et très sophistiquée, qui a été perfectionnée pendant plus de 20 ans, qui a été diffusée à plusieurs centaines d'exemplaires et reste très facile à reproduire.
De plus, aucun de ces nouveaux porte-outils ne répondait aux 3 fonctions principales du Bucher : 1 cheval, 2 rangs et correction de trajectoire.


09 : En juillet 2014, nous avons décidé de faire dessiner les plans du porte-outils Bucher (existant) pour pouvoir les diffuser à ceux qui voudraient en construire un.
Dans un deuxième temps, à partir des plans de définition, nous avons essayé de simplifier la construction de l'outil en limitant le nombre de sections (de profilés métalliques) utilisées.
Puis on a réfléchit au remplacement de certaines pièces en fonte moulée (sur le Bucher original) par des pièces mécano-soudées, réalisables plus simplement.


10 : En octobre 2014, on a décidé d'apporter des améliorations au modèle original tout en gardant une compatibilité avec les barres d'outils existantes. Le projet NéoBucher est lancé !
On a alors créé un groupe de travail pour écrire un cahier des charges des éléments à garder et des éléments à améliorer.
C'est aussi à ce moment là qu'Hippotese s'est associée avec la Coopérative d'Autoconstruction l'Atelier Paysan, qui pouvait nous apporter sa compétence technique et son expérience sur la conception d'outils de maraîchage autoconstruits et la formation.
Ensemble, nous avons cherché des solutions techniques, simples, originales ou éprouvées.


11 : Nous avons décidé :
- De diffuser le résultat de notre travail en licence libre "Creative Common",
- De réfléchir dés la conception à la possibilité d'auto-construire le porte-outils (choix de solutions nécessitant peu de compétences techniques),
- De rendre possible, avec l'Atelier Paysan, l'organisation de formations à l'autoconstruction,__
- Et aussi d'autoriser la fabrication partielle ou totale des porte-outils par des artisans, pour les utilisateurs qui ne souhaitent pas réaliser eux-même le leur.


12 : Nous nous sommes imposé la recherche de solutions constructives adaptées à l'équipement d'un atelier mécanique de base.
À savoir : un poste à souder, une disqueuse, une perceuse à colonne, et des profilés métalliques courants.
En nous réservant la possibilité de faire réaliser à l'extérieur quelques pièces complexes (tournage, découpe laser...).
Ce qui ouvrait la possibilité de construire des NeoBucher partout dans le monde en utilisant des moyens techniques locaux.


13 : Axel, élève ingénieur, en service civil à l'Atelier Paysan, a accepté de travailler sur les plans 3D du NéoBucher et nous a proposé des solutions constructives qui répondaient au cahier des charges.
De nombreux échanges entre les membres du groupe de travail (Hippotese, Atelier-Paysan, simples utilisateurs de Bucher...) ont permis de sélectionner les meilleures solutions.


14 : Février 2015, organisation d'un premier stage d'auto-construction qui réunit 13 stagiaires sous la direction d'Axel et de Joseph de l'Atelier Paysan à Valence (Drôme).
En 3 jours (et plus de 300 heures d'atelier), les prototypes 001 et 002 sont construits et valident du même coup la faisabilité technique des solutions retenues.


15 : Dans la foulée, Hippotese est invitée à présenter 15 jours plus tard, un prototype de NéoBucher au Salon International de l'Agriculture de Paris. Nous nous empressons de rendre présentables les prototypes.


16 : Début mars 2015, le prototype 002 est présenté aux 2 démonstrations de matériel hippomobiles innovants du salon en présence du Ministre de l'agriculture.


17 : Mi-mars 2015, Hippotese a atteint la limite de ses capacités d'auto-financement, nous lançons une collecte en financement participatif sur le site KissKissBankBank.com avec l'objectif d'acheter des outils modernes pour équiper nos porte-outils et ainsi permettre des essais en conditions d'utilisation réelle pour finaliser rapidement le projet.


18 : Fin mars 2015, nous présentons l'un des deux prototypes et le projet NeoBucher à l'Assemblée Générale de la Fédération Européenne du Cheval de Trait (FECTU), en Italie, devant nos partenaires européens.


19 : En Avril 2015, nous organisons deux jours d'atelier à la ferme de Nicolas Koziel. Après quelques essais, nous avions besoin de modifier et améliorer quelques détails sur le NeoBucher, notamment sur le système de relevage et la barre porte-outils.


20 : En mai 2015, nous commençons les véritables tests intensifs en conditions réelles sur des cultures biologiques de plantes aromatiques et médicinales. Et les résultats sont très encourageants.


21 : La suite du projet reste à écrire...
Nous pensons réaliser des essais sur le terrain et la mise au point des prototypes de mai à septembre 2015.
Mi-septembre 2015, le NeoBucher sera présenté au salon Tech&Bio (Salon Européen Professionnel des techniques bio et alternatives en agriculture) à Valence (Drôme).
A partir d'octobre 2015 et jusqu'à la fin 2015, nous établirons les plans définitifs et le tutoriel de fabrication.
Début 2016 : Nous espérons pouvoir diffuser les plans et organiser les premières formations à l'autoconstruction en vue de la multiplication des porte-outils NeoBucher...
A suivre sur le Blog d'Hippotese : http://hippotese.fr


Téléchargez la présentation de l'Histoire du projet Néo Bucher (version française, mai 2015) avec commentaires, au format PDF, voir ici.

mercredi 6 mai 2015

2 petits films des 1ers essais de binage du NeoBucher sur Plantes Aromatiques et Médicinales (PAM), début mai 2015

Suite des essais du prototype 002 du NeoBucher (porte-outils de maraîchage en traction animale auto-construit), dans une jeune plantation de Plante Aromatiques et Médicinales (PAM), chez Nicolas Koziel (Drôme), début mai 2015.

Le travail de binage sur de jeunes plants, d'une grande précision, est facilité par la conduite des roues directrices (grâce aux mancherons) propre au Bucher et impose la présence d'un meneur et d'un conducteur d'outils.

Les doigts bineurs (ici de modèle Kress) permettent une intervention de désherbage des adventices au stade "cotylédon", au plus près de la plante.

Cette technique évite le recours aux désherbants chimiques (de toutes façon interdits en agriculture biologique) ou les interventions de désherbage manuelle ou thermique ou encore les systèmes de "paillage" avec films plastiques.

Merci à Nicolas K. et Vincent B. pour cette démonstration.


NeoBucher, binage de précision avec des doigts... par hippotese

Pour ceux qui n'ont pas vu le précédent film (que nous avions réservé à nos Kisskissbankers) des dernières modifications d'atelier et des premiers essais du 22-23 avril toujours dans la Drôme.

Retour à l'atelier pour quelques réglages et modifications et 1ère sortie sur le terrain du prototype NeoBucher (22-23 avril 2015).

Nous nous sommes réunis pendant 2 jours, à 5 (Joseph, Nico, Vincent, Jérémy, Nina et Deny) à Montoison (Drôme) chez Nicolas K. pour quelques modifications et réglages du porte-outils de maraîchage en traction Animale NeoBucher (prototype N° 002).

Au menu : correction de quelques ratés d'atelier, rattrapage de jeu en tous sens, renforcement de certaines pièces, fabrication de nouvelles barres porte-outils (retour au triangle), fabrication de nouvelles brides de fixation d'outils, modification barre de direction, test de l'assistance au relevage en conditions réelles...

Nous en avons profité pour faire nos premiers essais attelés de herses étrilles (fabrication maison de Nico K.) et binage sur une plantation de camomille à peine sortie de terre.

Il reste certes quelques réglage à faire mais nous avons validé un certains nombres de choix technologiques et nous avons surtout progressé dans la compréhension de la cinématique complexe de ce génial porte-outils qu'est le Bucher (original).


NeoBucher : Atelier et Premières intervention... par hippotese

Si vous avez envie de soutenir le projet NeoBucher, dépêchez-vous, plus qu'une quinzaine de jours (fin de la collecte le 26 mai 2015)...

Donnez ! donnez même un peu mais donnez ! Le nombre de vos soutiens nous aide aussi beaucoup dans nos efforts...

Grâce à vous, les plans du NeoBucher pourront être finalisés et diffusés (dés 2016) partout dans le monde et chacun pourra se fabriquer ou se faire fabriquer son porte-outils de maraîchage...

La collecte, c'est ici : http://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/neo-bucher-traction-animale-et-innovation

mardi 21 avril 2015

Présentation diapos du projet NeoBucher avec commentaires (ver française, avril 2015)

Lors de l'AG de la FECTU en Italie (voir billet précédent), nous avons présenté sous forme de Diapos un résumé de l'histoire du Projet NeoBucher...

Comme certains d'entre-vous nous l'ont demandé, c'est avec plaisir que nous la diffusons aujourd'hui avec les commentaires, intercalés avec les diapos...
Vous trouverez en fin de billet la présentation et les commentaires sous forme de 2 fichiers au format PDF...

Nous diffuserons prochainement une version anglaise de cette présentation (et des commentaires) pour l'international (sic)...

Histoire du projet Néo Bucher


01 : Nous allons vous présenter le projet NeoBucher qui raconte l'histoire de la renaissance du porte-outils de maraîchage à Traction Animale Bucher.
Ce projet, encore en cours aujourd'hui, est porté par l'association Hippotese qui est une association de promotion du Cheval de Travail.


02 : L'association Hippotese est une association loi de 1901 qui a été créée en 1986 par la fusion du groupe Traction Animale du CEP Savoie et du groupe Traction Animale ARTAP de Franche-Comté.
Le nom "HIPPOTESE" signifie Ass HIPPOmobile de Technologie et d'Expérimentation du Sud-Est, car la Savoie et la Franche-Comté sont situées dans la quart Sud-Est de la France.


03 : Depuis 1986, l'association Hippotese fait de la recherche technique (colliers, harnais, matériel agricole, forestier, urbain...), de la formation, de la collecte et de la diffusion d'informations (sur son site web, son blog, dans son journal Hippobulle et par une lettre d'information mensuelle HippoNews), organise des manifestations de promotion de la Traction Animale et soutient ses membres dans leur activités (prêt de matériel, chantiers collectifs, coups de main...).


04 : Le porte-outils de maraîchage en traction animale Bucher (Bucher Guyer AG) est un outil d'origine suisse, qui existe depuis les années 30 et qui a été commercialisé jusque dans les années 60.
Il est adapté à la culture de légumes de plein champ et au maraîchage.
Il est équipé d'un système de relevage d'outils et son châssis est de conception simple et légère.


05 : Le porte-outils Bucher a des qualités rares, outre qu'il permet de travailler 2 rangs en même temps (3 rangs possibles), il propose deux systèmes de correction de trajectoire qui permettent de sarcler les plantes au plus prés et il peut être utilisé avec un seul cheval (2 chevaux possibles).


06 : A Hippotese, nous avons découvert ce porte-outils dans les années 1990 et nous avons diffusé une première documentation technique en 1992 dans l'Hippobulle n°15/16.
En 2006, dans un billet du blog, nous nous posions déjà la question de refaire fabriquer de manière semi-industriel cet outil, sans donner suite.


07 : Entre 2000 et 2008, nous avons importé plusieurs dizaines de porte-outils Bucher d'occasion de Suisse jusqu'à en épuiser la source.
La question d'une re-fabrication s'est de nouveau posée mais sans réponse satisfaisante.


08 : À partir de 2010, il est sorti sur le marché français de nombreux prototypes de porte-outils de maraîchage mais aucun ne s'inspirait vraiment du Bucher.
Il nous semblait idiot de vouloir réinventer la roue, alors que nous avions une base de travail à la fois simple et très sophistiquée, qui a été perfectionnée pendant plus de 20 ans, qui a été diffusée à plusieurs centaines d'exemplaires et reste très facile à reproduire.
De plus, aucun de ces nouveaux porte-outils ne répondait aux 3 fonctions principales du Bucher : 1 cheval, 2 rangs et correction de trajectoire.


09 : En juillet 2014, nous avons décidé de faire dessiner les plans du porte-outils Bucher (existant) pour pouvoir les diffuser à ceux qui voudraient en construire un.
Dans un deuxième temps, à partir des plans de définition, nous avons essayé de simplifier la construction de l'outil en limitant le nombre de sections (de profilés métalliques) utilisées.
Puis on a réfléchit au remplacement de certaines pièces en fonte moulée (sur le Bucher original) par des pièces mécano-soudées, réalisables plus simplement.


10 : En octobre 2014, on a décidé d'apporter des améliorations au modèle original tout en gardant une compatibilité avec les barres d'outils existantes. Le projet NéoBucher est lancé !
On a alors créé un groupe de travail pour écrire un cahier des charges des éléments à garder et des éléments à améliorer.
C'est aussi à ce moment là qu'Hippotese s'est associée avec la Coopérative d'Autoconstruction l'Atelier Paysan, qui pouvait nous apporter sa compétence technique et son expérience sur la conception d'outils de maraîchage autoconstruits et la formation.
Ensemble, nous avons cherché des solutions techniques, simples, originales ou éprouvées.


11 : Nous avons décidé :
- De diffuser le résultat de notre travail en licence libre "Creative Common",
- De réfléchir dés la conception à la possibilité d'auto-construire le porte-outils (choix de solutions nécessitant peu de compétences techniques),
- De rendre possible, avec l'Atelier Paysan, l'organisation de formations à l'autoconstruction,__
- Et aussi d'autoriser la fabrication partielle ou totale des porte-outils par des artisans, pour les utilisateurs qui ne souhaitent pas réaliser eux-même le leur.


12 : Nous nous sommes imposé la recherche de solutions constructives adaptées à l'équipement d'un atelier mécanique de base.
À savoir : un poste à souder, une disqueuse, une perceuse à colonne, et des profilés métalliques courants.
En nous réservant la possibilité de faire réaliser à l'extérieur quelques pièces complexes (tournage, découpe laser...).
Ce qui ouvrait la possibilité de construire des NeoBucher partout dans le monde en utilisant des moyens techniques locaux.


13 : Axel, élève ingénieur, en service civil à l'Atelier Paysan, a accepté de travailler sur les plans 3D du NéoBucher et nous a proposé des solutions constructives qui répondaient au cahier des charges.
De nombreux échanges entre les membres du groupe de travail (Hippotese, Atelier-Paysan, simples utilisateurs de Bucher...) ont permis de sélectionner les meilleures solutions.


14 : Février 2015, organisation d'un premier stage d'auto-construction qui réunit 13 stagiaires sous la direction d'Axel et de Joseph de l'Atelier Paysan à Valence (Drôme).
En 3 jours (et plus de 300 heures d'atelier), les prototypes 001 et 002 sont construits et valident du même coup la faisabilité technique des solutions retenues.


15 : Dans la foulée, Hippotese est invitée à présenter 15 jours plus tard, un prototype de NéoBucher au Salon International de l'Agriculture de Paris. Nous nous empressons de rendre présentables les prototypes.


16 : Début mars 2015, le prototype 002 est présenté aux 2 démonstrations de matériel hippomobiles innovants du salon en présence du Ministre de l'agriculture.


17 : Mi-mars 2015, Hippotese a atteint la limite de ses capacités d'auto-financement, nous lançons une collecte en financement participatif sur le site KissKissBankBank.com avec l'objectif d'acheter des outils modernes pour équiper nos porte-outils et ainsi permettre des essais en conditions d'utilisation réelle pour finaliser rapidement le projet.


18 : Fin mars 2015, nous présentons l'un des deux prototypes et le projet NeoBucher à l'Assemblée Générale de la Fédération Européenne du Cheval de Trait (FECTU), en Italie, devant nos partenaires européens.


19 : La suite du projet reste à écrire...
Nous pensons réaliser des essais sur le terrain et la mise au point des prototypes d'avril à septembre 2015.
Mi-septembre 2015, le NeoBucher sera présenté au salon Tech&Bio à Valence (Drôme).
A partir d'octobre 2015 et jusqu'à la fin 2015, nous établirons les plans définitifs et le tutoriel de fabrication.
Début 2016 : Nous espérons pouvoir diffuser les plans et organiser les premières formations à l'autoconstruction en vue de la multiplication des porte-outils NeoBucher...
A suivre sur le Blog d'Hippotese : http://hippotese.fr


La présentation de l'Histoire du projet Néo Bucher (version française, d'avril 2015) au format PDF téléchargeable ici.

Les commentaires de la présentation de l'Histoire du projet Néo Bucher (version française, d'avril 2015) au format PDF téléchargeable ici.

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