Hippotese, Le cheval de Travail

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Mot-clé - Didier Mahillon

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lundi 18 novembre 2013

Collecte hippomobile de corbeilles de parc à Grenoble, été 2013 (suite)

Nous avons reçu encore quelques photos de la collecte hippomobile des corbeilles à Grenoble pendant l'été 2013.

Toutes ces photos sont de Emmanuel Breteau (merci à lui) et ont été prises la deuxième semaine (9 août).

Lolo, enfin à peu prés remise de l'accident a pu reprendre sa place et libérer "Camomille" qui avait assuré l'intérim au pied levé...


Signalisation gestuelle, il va falloir que les automobilistes réapprennent à les respecter...


Quartier La Villeneuve, les habitants sont conquis...


Chaque matin, les enfants attendent le passage de la benne et des "seuvôs"...


Dés que la benne est pleine, petit tour vers l’entrepôt municipal pour vider...


Circulation urbaine habituelle, les chevaux sont aux ordres, dans le calme et la sérénité...


Chaque matin, en fin de tournée, débriefing et petite remise à niveau sur le simulateur, sous l’œil sévère de l'équipage...

dimanche 3 novembre 2013

Collecte hippomobile de corbeilles de parcs à Grenoble, par l'asso. Equipage, été 2013

Article écrit et préparé (photos et vidéo comprises) par l'Association Equipage (http://www.cheval-equipage.fr), mise en page par DF Hippotese.

La collecte des corbeilles de parcs, ville de Grenoble, du 28 juillet au 9 août 2013.

Carnet de route, par Valérie Colin (Equipage)

Durant l’hiver 2012, nous avons proposé au service Espaces Verts de la ville de Grenoble nos prestations en traction animale.

Un appel d’offre a été lancé pour une éventuelle fauche d’herbe et le ramassage de corbeilles de parcs.
Nous avons proposé un devis et nous avons été retenu pour la collecte, pour une période de 15 jours du 28 juillet au 9 août 2013.
Le travail demandé consiste à ramasser les corbeilles dans différents parcs de la ville.

Pour cette collecte, nous avons loué, pour les 15 jours, une Hippoben dernier modèle, à Alain Perrier.
En allant la chercher, 2 jours avant le début du chantier, nous avons eu un accident sur l’autoroute, résultat : la remorque porteuse et l’Hippoben se sont retournées sur l'autoroute et le fourgon tracteur (qui a percuté fortement la barrière de sécurité), est rendu à l'état d'épave, mort !!!
Beaucoup de dégâts matériels mais on est, heureusement encore là pour en parler !!
Notre Lolo blessée quand même un peu... Donc repos.
C’est Capucine, alias "Camomille", qui la remplace au pied levé...
Mais plus de benne, du coup : "Allo Hippotese Assistance" : Didier et Deny s’organisent pour nous trouver une benne de ramassage d'ordures en remplacement, dans les 2 jours et nous la livrer sur Grenoble pour le dimanche soir...
Ils apportent une benne à ordures suisse, un petit modèle Ochsner qui a appartenu au Grand Hôtel de Zermatt (Station huppée de Suisse) et que Deny a acheté et remis en état récemment...

On se donne rendez-vous sur le campement (dans un parc en face du stade de Grenoble), nous, avec les chevaux, eux, avec la benne...
Et on se retrouve tous ensemble, à boire des bières à 2h du mat, dans le camion malgré un orage de fou. Mais la benne est livrée. Mission accomplie !
Ça assure chez Hippotese !!!

SEMAINE 1 : centre ville, Parc Paul Mistral

Lundi : Stresso-mètre au max !!! Tout revient à la gueule, l’accident, l’Hippoben, les réglages de l’Ochsner, la météo pourrie... Quelle horreur !
Pluie battante, orage, très mauvaises conditions pour attaquer le chantier, heureusement, les services techniques décident de décaler le ramassage d'un jour (on travaillera donc le samedi) et la collecte débutera seulement le mardi, ce qui nous laisse une journée pour finir d'aménager l’Ochsner (adaptation du timon et pose d'un gyrophare).

Mardi : On commence notre première tournée, accompagnées d’un employé municipal qui nous indique le parcours et l’emplacement des poubelles.
La tournée fait 8 km, à plat et comporte 5 parcs.
Il y a des portails et des bornes rabattables à ouvrir, il faut aussi emprunter les voies ouvertes à la circulation, Les Grands Boulevards, les feux, les stops, les voies de tram, les ralentisseurs... La ville, quoi !

Il y a aussi différents modèles de poubelles suivant les parcs. Certaines sont pratiques et d’autres beaucoup moins.

Nous nous levons à 4h30, soins aux chevaux, petit déj... On garnit et on va atteler l’Ochsner qui est stockée dans un local de la mairie, à quelques centaines de mètres des parcs des chevaux et de notre campement.

À 6h00, on commence la tournée, 140 poubelles en tout (le grenoblois aime la bière et la pizza !).
4h de tournée et environ 3,5 m3 de déchets, soit 2 bennes (l’Ochsner a une contenance d’environ 1,7 m3).
Nous vidons dans un benne Lely semi-enterrée (qui dépasse de 30cm du sol). Une manœuvre précise s’impose en marche arrière car en largeur, on est "pile-poil".

Ensuite, direction les services techniques de la mairie pour le nettoyage de la benne au Karcher.
Puis retour au hangar de l'orangerie où nous stockons l’Ochsner pour la nuit et enfin, nous douchons les chevaux.

Le campement est situé dans une zone du parc Paul Mistral, au cœur de la ville.
Les chevaux sont parqués près de nous. Il y a de l’herbe "à gogo", un point d’eau se trouve à proximité. Il ne manque plus que la piscine !!

L'après midi, c'est relâche, nous faisons la sieste dans le van, un œil sur les chevaux...

La nuit après un souper "camping" préparé dans le fourgon, nous couchons dans le van et le fourgon.
Cette nuit, nous avons été réveillées par la police municipale qui se demandait quel genre de Rom pouvait bien squatter là et avec des chevaux !!! La tête dans le ...bip..., on leur explique ce qu’on fait là, ils contrôlent l’arrêté préfectoral... et... "Nous sommes désolés, nous n'étions pas au courant !".

Les jours suivants, même déroulement, même quantité de déchets.
Les gens du quartier apprécient de se faire réveiller par le son des sabots et de voir des chevaux parqués près de chez eux. Les enfants viennent caresser les chevaux et les chiens citadins font une découverte !

Le travail est plutôt agréable, poubelles pas trop sales, peu de circulation aux heures où nous empruntons les Grands Boulevards. Pour les chevaux c’est un travail trop facile, à plat (ça change du Trièves !) la benne est très roulante et maniable.
Par contre les après-midi sont longues, alors après le repos, bourrellerie... Mais on reste H24 avec les chevaux et l'une de nous reste tout le temps près du campement.

Le bilan de cette 1ère semaine est positif, le service Espace Vert est satisfait de notre prestation. De notre coté, tout s’est bien passé, l’Ochsner est hyper fonctionnelle, et très adaptée à ce genre de travail : faible charge, beaucoup de manœuvres et des accès étroits.

SEMAINE 2 : Quartier Villeneuve

Samedi : Aujourd’hui, nouvelle tournée. Équipées d’un plan et de notre sens de l’orientation légendaire, nous voilà parties...

1er parc, 2ème parc : Tout va bien ! Puis, en route pour le troisième, on tombe sur 6 "gonz" qui tenaient encore le bar à 7h00 du matin !
En voyant les chevaux, ils accourent vers nous et là, on se dit "m..., ils vont nous squatter !". Pas loupé ! L’un s’assoit sur le timon, l’autre demande à se faire fouetter, le suivant essaie de monter dans la benne... Le bordel, quoi !!
Heureusement notre paparazzi adoré a la présence d’esprit de leur demander ce qu’ils fêtent... Une naissance !! Et voilà la situation décoincée, ils nous lâchent et nous, on poursuit notre collecte.
Plus loin, une bande d’ados est venue nous "brancher", ils trouvaient ça "trop chelou" de ramasser les poubelles avec des chevaux. En plus "c’est 2 meufs" ! Un échange bien marrant...

Dimanche : Retour au vert, un petit jour de repos.

Lundi : Le campement est moins calme que celui de la semaine dernière. On est à l’entrée d’un parc, proche de la rue, en face d’un quartier. Pas beaucoup d’espace à faire pâturer.
Les soirées durent longtemps, impossible de dormir avant minuit, trop de passage.
En tout cas, on est en sécurité !! Une caméra est dirigée vers nous H24 !! On se sent mieux d’un coup...

Cette seconde tournée est riche en échanges. Les gens sont très curieux. Certains apprécient, d’autres critiquent les choix politiques... C’est parfois animé !

La benne est stockée sur un parking des services techniques de la ville.
Au niveau circulation, c’est comme la semaine dernière... La "p’tite nouveauté" pour les chevaux, c’est de traverser une galerie, sous un immeuble, sur un sol carrelé. Avec les fers aux pieds, contact bizarre !

Nous vidons l'Ochsner sur un tas de déchets, au sol. Ils sont ensuite repris au chargeur et évacués en camion. Puis, nous lavons la benne à la Propreté Urbaine, à côté des autres camions poubelle.

Cet après midi, un monsieur est venu nous brancher, pour récupérer le crottin pour son jardin. Du coup, il passe 3 fois par jour en vélo, armé de son cabas et de sa pelle, et il ramène un sac à chaque voyage !!
Les chevaux sont fatigués du passage incessant des curieux. Plein d’enfants viennent, coupent le jus, leur donnent des trucs à manger, comme au zoo...

Mais aussi, certains sont bien "partants" pour transporter les seaux d'eau depuis le point d'eau et leur donner à boire...

Les parcs de cette tournée sont peu fréquentés, donc il y a peu de déchets. A peine une demi-benne par jour, pour 3 heures de tournée.
Il y a beaucoup de distance entre les parcs. Certains modèles de poubelles prennent plus de temps (ouverture avec une clé). Il y a une cinquantaine de poubelles en tout.

Mardi : Ce soir, une dame est venue nous apporter des "Samoussas" et des gâteaux marocains... On est aux petits soins !!!

Des fois, on a l’impression d’être un "cabinet psy", certaines personnes viennent discuter, nous raconter leurs histoires... Parfois, cela dure longtemps... Et "allez ! au suivant !".

La suite de la semaine de collecte se déroule sans incident. Le bilan est le même que la semaine précédente.

Un petit regret : La presse et les élus devaient venir faire une inauguration, puis une visite et au moins un bilan du chantier... Mais comme Monsieur l’Elu n’était pas dispo, personne n'est venu... Cette action sera donc passée (presque) incognito...

Toutes les photos ici... dans "Collecte hippomobile de corbeilles de parc à Grenoble, Asso Equipage (été 2013)"

Et enfin une petite vidéo de Didier, pour l'ambiance...


Collecte hippomobile de corbeilles à Grenoble... par hippotese

Pour les smartphones et les tablettes...


Collecte hippomobile de corbeilles à Grenoble... par hippotese

samedi 13 octobre 2012

Transport avec cheval bâté dans les alpages du Dévoluy (Hautes Alpes)

Petit retour sur nos activités de l'été...
Dans le feu de l'action, il n'est pas toujours facile d'écrire un petit compte-rendu de nos diverses activités, le retour de l'automne, plus calme permet de rattraper notre retard...

Et nous voici aujourd'hui en Dévoluy avec Didier Mahillon qui nous raconte une histoire de bâtage...

Le Dévoluy est un massif calcaire fortement modelé par l'érosion glaciaire, typique des Préalpes. Il est situé principalement sur le département des Hautes-Alpes et un peu sur les départements de l'isère de la Drôme. On y trouve de nombreux vallons et d'importants éboulis, qui donnent sa couleur caractéristique grise à la roche. Son sommet culminant est l'Obiou à 2789 m.

Le Dévoluy est faiblement peuplé (1000 habitants répartis sur 4 villages) à l'année hors fréquentation touristique (station de SuperDévoluy).

Dans ce massif on compte 26000 brebis (productions de viande) pour une soixantaine d'exploitations.
Depuis 1993, la présence du loup est avérée dans le massif, ce qui a imposé la modifications des pratiques pastorales établies depuis les années 80.

Avant la présence du loup, ces dernières années, les troupeaux étaient sans berger (parcs électriques et une visite hebdomadaire).

Depuis, les éleveurs touchent des subventions pour avoir des aides-bergers et des patous.
Et s'ils ne mettent pas en œuvre ces moyens contre la prédation, ils sont moins bien indemnisés en cas d'attaque de leur troupeau.

Et pour avoir des bergers, il faut avoir des cabanes pastorales, construites à neuf ou rénovées.


(Photo Valérie Colin)

Généralement les alpages sont situés dans un vallon qui va de 1300 m à 2500 m environ.
Autrefois, il y avait au moins une cabane aux alentours de 1600m occupée toute la saison par le berger. Parfois il y avait une ou deux autres petites cabanes plus haut. Les bergers étaient salariés par un ou plusieurs propriétaires.

Une fois par an, en début de saison (juillet), pour un voisin avec qui j'échange habituellement des services, je fais le transport de sel.
Je pars soit de chez moi (1250m), soit d'une cabane située à 1600 m (fin de piste carrossable) jusqu'à 1850 (soit 600 m ou 350m de dénivelé).
Je charge 6 blocs de sel de 12 kg par cheval (soit 72 kg + 25 kg de bât = 97 kg). Avec mes 2 mérens, nous transportons 144 kg de sel en un seul voyage.


(Photo Valérie Colin)

Cette année, j'ai fait le transport de sel, cela s'est très bien passé et mon voisin m'a demandé si je pouvais monter 4 planches de coffrage pour couler la dalle d'une nouvelle cabane à construire à 1900 m d'altitude environ

Cette cabane doit permettre de surveiller le haut de l'alpage (au delà de 2000 m) pendant 5 semaines au cœur de l'été.

J'ai donc préparé un seul cheval, mais en fait en arrivant à la cabane intermédiaire il y avait 14 planches de différentes largeurs (car non délignées) et en 3 m de long donc plus difficile à charger et à arrimer.
Ce chargement plus important compliquait le portage d'autant qu'il n'y a pas de chemin tracé dans le vallon. Mais le transport s'est bien passé malgré un temps nuageux et une faible visibilité. Quartz, mon Mérens mâle, avait bien du mal à tourner du fait de la longueur de ces deux paquets de planches qui lui bloquaient l'encolure...

Le transport du béton pour la dalle, se fait à l'hélicoptère depuis la vallée. Le coffrage est lui préparé à l'avance avec ces planches.
Le jour de la coulée du béton du dallage, 3 personnes sont en haut pour écarter et lisser le béton, 2 personnes sont en bas pour préparer (à l'avance) le béton et accrocher les charges sous l'hélicoptère.
Il était prévu 5 rotations avec un seau de 200 litres à fond ouvrant pour le béton et une rotation pour transporter le bois de construction de la cabane.
A cause du mauvais temps (vent et brouillard), il a fallu reporter les rotations de béton qui n'ont pas pu aboutir et le bois de la cabane a été déposé à seulement 1600m faute de pouvoir monter plus haut...

Quelques jours plus tard, par beau temps, l'hélicoptère est revenu, la dalle a pu être coulée et le bois de la cabane transporté jusqu'à son emplacement définitif à 1900 m.


(Photo Valérie Colin)

On pourrait penser que ce serait plus simple, moins cher et plus sûr de transporter les matériaux secs (ciment et sable, puisque l'eau est sur place) avec des animaux de bâts (nous avions rencontré des prestataires qui faisaient cela avec des bâts équipés de caisse métallique à fond ouvrant dans le Val Pelice en Italie en 1990).

Nous avions déjà évoqué ce problème dans un billet précédent ici, NDLR

Mais en fait, ici les éleveurs ne payent que 125 € par rotation de l'hélicoptère, car celle-ci sont subventionnées (toujours à cause du loup) et que les prestations avec les animaux de bât ne le sont pas (encore)... Le combat est inégal !

Depuis, dans le mois d'août, j'ai encore fait un transport avec les 2 chevaux pour transporter 2 sacs de 25 kg de croquettes (pour les patous), des bastaings, des tôles de faîtage et un rouleau de tuyau souple.

Bilan technique : La première difficulté de ce transport n'est pas le poids de la charge transportée (sauf pour le nombre de planches, mais il s'agissait plutôt d'une incompréhension).
La première difficulté est qu'il n'y a pas de chemin pour accéder dans ces alpages et que donc la monté est rendue très pénible avec les pieds tordus.


(Photo Didier Mahillon)

La seconde difficulté est due à la longueur des planches qui bloque l'encolure des chevaux, d'ailleurs le premier voyage a été fait avec un bât de l'armée suisse de 1906, sans échelle, mais la charge était trop prés du cheval et le deuxième voyage a été fait avec un bât toujours de l'armée suisse mais plus récent et muni d'échelles qui éloignent un peu la charge. Ce dernier était plus confortable pour le cheval.

Sinon, on voit bien la complexité du transport avec les hélicoptères qui sont très sensibles au temps qu'il fait et au vent en particulier en montagne.

Dans notre cas, les éleveurs ne payent pas les rotations à leur prix réel donc une comparaison économique n'a pas de sens (sauf à subventionner aussi le portage avec équidés), mais dans les autres cas, le bâtage peut sans doute être une alternative crédible...

samedi 29 mars 2008

Recherche sur un harnais à chevilles latérales dit harnais chevilatte (4eme partie)

Dans les billets précédents, sur notre recherche sur un harnais à chevilles latérales dit "chevilatte" 1ère partie, 2eme partie et 3eme partie nous avons successivement étudié le harnais "Franc-Comtois" "en cheville" avec un reculement "Grand-Vallier", le harnais de débardage "Hippotese", le harnais de type "scandinave" et ses variantes "anglo-saxonnes" et son utilisation dans son berceau d'origine.

Suite à cette étude de l'existant nous avons écrit un cahier des charges qui s'établit ainsi :

Un harnais à un cheval (mais adaptable en paire), utilisable aux traits ou en brancards, muni d'un système d'attelage rapide aux brancards, capable de supporter une surcharge occasionnelle ou permanente (sur le dos du cheval via les brancards) (ex : véhicule à 2 roues dans la pente), muni d'un reculement très efficace (et qui n'assoit pas le cheval), qui laisse une grande liberté d'encolure au cheval (utilisation d'outils à brancards en forêt), qui ne blesse pas (sous ventrière sur-dimensionnée, pas de culeron), qui soit adaptable à tout type de collier ou bricole et à de nombreuses tailles de chevaux, qui soit simple à réaliser (voir éventuellement auto-constructible) et pas trop cher (réutilisation de partie existante : sellette, reculement...).

Pour aller plus loin, il nous fallait réaliser un prototype opérationnel made-in "Hippotese" et le comparer à un vrais harnais "scandinave" d'origine, acheté en Suède, les 2 étant à tester dans nos conditions locales d'utilisation.

Nous avons donc commandé en Suède un vrais harnais d'origine (sur ce catalogue).
L'ensemble arriva en pièces détachées.


Le harnais suédois d'origine, monté, avec les avant-traits rigides en cuir, made in Jura (par Vincent Sappez)

Malheureusement au montage de l'arceau métallique sur les coussins de sellette, un écrou borgne trop serré cassa la tige filetée à l'intérieur d'un des coussins et il fallut découdre ce coussin pour réparer puis le recoudre (c'est parfois utile un bourrelier... merci Vincent).
Nous n'avons d'ailleurs toujours pas compris l'intérêt de l'arceau de cette sellette...
L'ensemble nous a déçu...
Nous avons été vraiment décontenancé par le montage des pièces de cuir sur les platines métalliques avec des vis et des écrous et le reculement nous parait peu solide pour une utilisation dans la pente en attelage agricole ou forestier.
Bref, première impression : pas terrible !
La seule pièce qui nous émerveilla fut la cheville amovible en inox massif de toute beauté (voir plus loin).
Dans un souci de compatibilité (avec des outils d'origine nordique) nous décidâmes de garder ce modèle de référence pour nos harnais.


Les premières chevilles ouvrantes en acier, pâle copie du modèle suédois et la mortaise (trou 45 x 16) à souder sur les brancards, réalisée uniquement à base de plat 40 x 8.

Didier réalisa un prototype de harnais "chevilatte" modèle "Hippotese" en intégrant un harnais "Grand Vallier" en reculement, une sellette de l'armée suisse (et une sangle de selle de monte très large, muni d'une fourrure synthétique) à la place de la sellette à arceau, nous gardions le système à anneau latéral et l'avant-trait massif en cuir.


Le premier prototype de harnais chevilatte made in Hippotese (par Didier Mahillon)

Les essais aux traits furent concluants, il restait à fabriquer des brancards utilisables avec ces chevilles.


Les essais aux traits furent concluants...

Après mûres réflexions, nous avons décidé de modifier des brancards d'un modèle standard, type voiture de marathon pour attelage en sellette, en leur ajoutant simplement la mortaise rectangulaire nécessaire, tout en gardant la possibilité de les atteler avec des pote-brancards traditionnels (sainte compatibilité).



Les brancards en selette modifiés par l'ajout de la mortaise rapportée

Il sera toujours temps de réaliser des brancards spécifiques plus tard, quand nous aurons plus d'expérience...
Et donc les essais en brancards purent commencer.
En partant de la maison, entre l'église et le cimetière, j'ai une petite descente qui avoisine les 20 %, qui me permet de tester la tenue des harnais en descente.
Et là ce fut une grande surprise, ça n'allait pas du tout !



Cà n'allait pas du tout, dans les fortes descente, l'anneau se vrillait...

Il faut comprendre que dans ce type de harnais scandinave, toutes les pièces sont assemblées sur 2 gros anneaux ronds latéraux. La sellette porte ces anneaux, la sous ventrière les empêche de remonter, les avant-traits les relient au collier, le reculement les empêche d'avancer.
Les brancards eux, par l'intermédiaire des chevilles, qui se prennent sur la partie arrière de l'anneau les tirent en arrière en traction et en avant dans les descentes ou les reculés.

Et bien dans les fortes descentes, les anneaux avancent (d'un poing si le reculement est bien réglé) et que font'ils ?
Et bien ils se vrillent et donc vrillent la sous-ventrière et les porte-brancards, jusqu'à faire un tour sur eux-même.
L'avant-trait rigide lui forme un arc de cercle vers l'extérieur et peut même se décrocher du collier.
Notre harnais "Hippotese" avait donc un défaut...
Pourtant le test avec le harnais suédois d'origine donna le même résultat...
Donc nous ne savions pas régler ces harnais...
Nous étions découragés...
En cherchant un peu, sur le catalogue même du bourrelier suédois on remarque une photo avec le même défaut et dans toutes les photos de reculés (en concours par exemple) on remarque le même vrillement des anneaux latéraux...
A croire que les chevaux du nord ne reculent jamais ou alors que leurs reculements sont réglés tellement serrés qu'ils ne peuvent avancer...

Le défaut ne venait donc pas d'un mauvais réglage, mais bien d'une mauvaise conception du harnais scandinave !



Les harnais suédois d'origine, présentent tous le même défaut de vrillement de l'anneau dans les descentes.

Il fallait trouver une solution afin que l'anneau de fixation ne se vrille pas en descente. Après une semaine de réflexion et de prototypes nous avons trouvé la solution. Il suffit que la cheville soit fixée à l'anneau en avant des porte-brancards et de la sous-ventrière.
Voici une photo du 1er anneau anti-vrillement.



Anneau de liaison anti-vrillement "Hippotese", formé d'un gros anneau de chaîne + soudé à un demi-anneau

Les essais reprirent et là ce fut impeccable, l'anneau ne se vrillait plus, le harnais restait en place...
Nous décidâmes dans le même temps de supprimer l'avant-trait rigide en cuir et de le remplacer par un avant-trait en chaîne (donc réglable et moins cher).



Les essais reprirent et là ce fut impeccable...

Conclusion provisoire :
Depuis presque un an, ce harnais a été testé dans pas mal de situations et avec beaucoup de chevaux de tailles très différentes (petit comtois, grand comtois, percheron, ardennais, breton...).
Le principe du harnais à chevilles latérales, mixte, qui libère l'encolure est comme nous le pensions un excellent système, la modification de l'anneau corrige son seul gros défaut.
Il reste évidemment des points de détails à améliorer (entre autres être plus rapide à poser), mais globalement il rempli son rôle et répond parfaitement au cahier des charges.


Ce harnais a été testé dans pas mal de situations et avec beaucoup de chevaux de taille très différentes


Les avant-traits en chaîne ont été gainés (ici avec une chambre à air de vélo) pour ne pas blesser.

Nous verrons dans un prochain billet les améliorations réalisées, les modifications prévues et les tests qu'il nous reste à faire en particulier avec un tombereau (à 2 roues).
Si vous le souhaitez je vous donnerai les dimensions des différentes pièces pour les réaliser vous-même.
Nous verrons aussi les modifications proposées pas nos bourreliers et même des essais de modèles simplifiés entièrement auto-constructibles et sans couture...

dimanche 30 septembre 2007

Didier abandonne les chevaux et se met au tracteur !

Bon je rigole... mais ça aurait pu être grave....

Pour plier un timon sous l'essieu avant de son chariot, et lui faire faire quelque tonneaux, il suffit :

  • de choisir un chemin avec une très forte pente,
  • un jeune cheval, en paire, pas trop habitué à retenir,
  • un frein pas trop efficace sur du gravier,
  • un peu de malchance malgré l'expérience...

Après, il faut sauter au bon moment quand on voit que tout s'emballe et prier le Saint Protecteur des Chevaux de Montagne...

Quand le meneur s'en sort idem, les chevaux aussi, on peut un peu pleurer sur le chariot abîmé (finalement pas trop)...

Comme toujours, on est évidemment en colère de s'être fait prendre bêtement, mais on est quand même content d'une si faible casse...

Il faut ensuite reprendre les chevaux à la longe, ré-atteler rapidement et se mettre à réparer...

Courage Didier, on est avec toi...

mardi 10 juillet 2007

Vend petit chariot 4 roues

Cause double emploi, vend petit chariot 4 roues pneus, freins à tambour arrières, timon, brancard.

Livré avec bâche beige + 4 arceaux métal (type western) + porte bâchée arrière à fermeture éclair.

Longueur 2m60. Largeur 1m15. Poids 300kg.

Très bon état. Fabrication artisanale traditionnelle. Très beau modèle.

Prix : 2300 € - (ou échange contre un combiné à bois).

Tél : 04 92 58 88 01 - 06 63 57 15 37 Hres Repas. (Dévoluy, Hautes Alpes)

mercredi 9 août 2006

carnet de route de l'homme aux Merens (suite) 4-5-6 août

Voici la suite du carnet de route de l'homme aux Merens, Convergence vers Levier (25), étape Herbeys-Saint Pierre de Chartreuse (38).

Carnet de route suite …La traversée de Grenoble

St Disdier le 06 Aout 2006,au soir,

Salut à tous

Ce week-end je me suis de nouveau approché de Levier. Apres le boulot vendredi 4 au soir je suis allé chez Claude qui m‘avait préparé un bon repas. Et patati et patata, pendant ce temps l’horloge ne s’arrête pas ! Moi j’ai prévu de m’avancer ce soir au centre de Grenoble pour pouvoir partir tôt demain hors de la circulation.

Le temps de décharger la voiture, tente mono-mat et tipi pour les enfants que je laisse à Claude et qui égayeront le campement Hippotese sur le site à Levier. Les harnais que j’avais gardé afin de les nettoyer et graisser auront vite perdu de leur superbe vu les trombes d’eau que nous prenons sur la tête. J’enfile le ciré et je cale le bonnet sur mes oreilles car c’est pas la chaleur. Je garnis et attelle rapidement on se met en route à 21h, le ciel est bien sombre, il fait presque noir….
Claude et Nicole on décidé de me suivre avec les feux de détresse (et heureusement). Bonne descente bien raide pour rejoindre Uriage. Je mets rapidement Ulysse et Ida au trot car il faut pas traîner. On essaye de mettre Keti (la chienne) dans le C15 mais elle aboie tellement qu’on est obligé de la laisser suivre la carriole. C'est son boulot et il faut pas lui enlever ça !
Elle reste bien calée derrière la carriole et ne dévie pas sa trajectoire selon Claude et Nicole qui en sont fort impressionnés !

Je rejoins la route principale entre Uriage (je passe devant le casino ou les 2 grooms qui sont à la porte me regarde d’un air étonné) et Grenoble . Là ça roule encore beaucoup.
Il est interdit de doubler sur 6km, la ligne est continue et des plots au milieu de la route empêchent tous dépassement. Nous avons convenu que lorsque Claude klaxonne c’est qu’il y a a une voiture derrière et donc j ‘essaye tant bien que mal de me serrer pour laisser passer la voiture ou la file de voiture selon le cas.

Il fait nuit noire, la pluie ne cesse pas et les voitures se mettent en plein phare afin d’essayer de comprendre ce qu’il y a en face d’eux. Les chevaux noirs c’est pas salissant mais la nuit ça craint ! J’espère qu’on croisera pas les flics car a mon avis c’est un peu limite……(en fait, carrément à ne pas faire… ) Les chevaux sont au grand trot , il faut qu’on sorte vite de cette route, ensuite il y aura l’éclairage public, ça sera moins pire !

Ca y est nous sommes sous les lampadaires. Nous entrons dans Gières. Là ce n’est que plaques d’égout, bandes visibles au sol de toutes les couleurs, ralentisseurs de toutes formes et de tous matériaux.
Et les reflets de l’eau qui augmentent certains effets avec l’éclairage. Mes petits chevaux ruraux se demandent s’ils n’ont pas changé de planète !!!!
On passe un tunnel tout éclairé en bleu.
Quand on dit qu’on ne fait rien pour égayer les villes on est vraiment de mauvaise foi ! Si, si les architectes font preuve d’une créativité sans limite. D’ailleurs ce tunnel et le rond point qui le précède sont couverts de faïence blanche, c’est l ‘effet que ça donne en tout cas.
Ca ressemble à une grande salle de bain. A leur place j’aurai fait une grosse brosse à dent et un gobelet au milieu du rond point. Mais bon, on peut pas penser à tout !!!

Bon, bon je divague et on avait dit qu’on convergeait J ‘arrête.
En tout cas les chevaux se comportent bien et c’est l’essentiel.
Je passe près d’un groupe de jeunes (c’est pas pour dire mais je croyais que c’était interdit de se regrouper en bas des escaliers …) Ca roule des mécaniques mais à mon approche, la chienne se dirige vers eux et aboie gentiment et hop ça fuit dans tous les sens comme une nuée de moineaux ! Je leur souhaite une bonne soirée tout de même.

On est dans Gières et à présent il faut se diriger vers le domaine universitaire où j ‘ai prévu de bivouaquer. J’hésite et ne retrouve pas le tunnel qui passe sous la rocade.
Claude et Nicole ne retrouvent pas non plus.
Tout le quartier a été réorganisé. Arrive un jeune que j’interroge.
Il nous explique la route , mais pour faire plus simple il monte dans la carriole et me guide parmi le dédale de rues.
Finalement on prend quand même une route importante (que je voulais éviter) mais il n’y a guère de voitures et on rentre vite dans le domaine universitaire. On passe encore sur les rails du tramway…. Les chevaux auront tout vu !
Dans le domaine il n’y a pratiquement personne, il y a des arbres, de la pelouse, on respire un peu.
On arrive à 22h30 près de l’Isère (1h30 pour faire 15km).
Laurent devrait être là mais y’a personne. Je lui avais dit que j’arriverais à la nuit tombante. Pour être tombée, elle y est depuis longtemps (Laurent est resté jusqu'à 21h45 puis est reparti fort déçu mais non sans avoir sillonné tout le campus).
Je gare la carriole et mets les chevaux à l’attache à proximité et leur partage une botte de foin.
Je vais chercher 2 seaux d’eau à une borne incendie voisine. (Les cantonniers ont les clés carrées pour ouvrir les bornes, j’avais prévu le coup). Benoît l’étudiant en droit qui nous a guidé jusque là, gardera sans doute un souvenir original de sa promenade nocturne. Je lui ai laissé l’adresse du site, il nous donnera peut-être ses impressions. En tout cas il a été fort sympa.
Claude et Nicole le laisse et ramène Benoît chez lui. Encore un grand merci à eux.
Il pleut toujours. Je me calfeutre dans ma carriole humide et essaye de dormir. Quelques voitures passent mais c’est calme. A 1h30 une voiture s’arrête a ma hauteur. Je sors la tête de la carriole. La société « Securitas » veille !
L’homme sort de son véhicule pas trop rassuré car son chien aboie à l’intérieur, la mienne aussi ! Le type, plein de mousquetons à la ceinture, une grosse torche à la main (il fait clair on est sous les lampadaires !) Il est très correct et s’inquiète de savoir ce que je fais et a eu peur que des poneys tous proches de là se soient échappés. Il me dit que tout est calme et que souvent il en voit des vertes et des pas mures. Je veux bien le croire, il me souhaite une bonne nuit et continue sa virée.
Vers 3 heure, j’entends un cheval sur la route. Il faut que je me lève. Le doigt du mousqueton s’est ouvert (t’avais raison Laurent, les mousquetons à vis, c’est mieux …).

5H30, hop, debout, faut pas traîner. A 6H00 je suis en route. En 30 mn je suis hors de Grenoble, sur la route de la Chartreuse. Ca aura permis de chauffer un peu les chevaux, car pour aller au col de Porte, ça monte sans discontinuer. (1100 m de dénivelé).
A 9H, je suis au SAPPEY et nous avons réalisé 800 m de dénivelé. J’ai fais une pose en route pour faire souffler les chevaux et me chauffer un café (les 2 bistrots que je croise sont fermés).
Les chevaux arrivent et ne sont même pas essoufflés. Ils sont vraiment en forme.
Isabelle et André m’accueillent gentiment. Un parc est prêt pour les chevaux. Nous sommes gâtés. J’avais prévu de dormir là, mais comme ça va pas mal je poursuivrai jusqu’à St PIERRE, qui est le but de mon week-end, dans l’après-midi.
Je mange avec eux et fais une petite sieste. Entre temps, 3 jeunes filles sont venues voir les chevaux et ont décidé de les brosser. A mon réveil, je vois mes chevaux luisants (ils étaient dans la boue 30 mn avant), les queues et les crinières démêlées et lustrées. Les pieds graissés. Bravo !

Je me mets en route pour St PIERRE. Il n’y a plus que 10 km et 300 m de dénivelé.
Isabelle m’accompagne, ainsi que les 3 jeunes filles et Félix, le fils des amis de St PIERRE, se joint à nous.
Le temps de démarrer et se sont des trombes d’eaux qui s’abattent sur nous. Je ré-enfile le ciré et tout le monde se serre derrière ! On est vite à St PIERRE. On se quitte et on se dit peut être à Levier.

Jean-Miche et Domi m’accueillent et on va mettre la carriole chez Claire et Gilles qui élèvent des chèvres angoras. Ils m’ont fait un parc plein d’herbe grasse.
La soirée s’écoule autour d’un verre (peut être deux !) où l’on se plait à refaire le monde (une fois de plus !) Entre nano-technologie, guerre du Liban et mouvement alternatifs.
Me voici de retour dans le Dévoluy. Ici, il n’a pas plut une goutte ! Je travaille lundi, mardi et mercredi. Mercredi soir, on remonte en Chartreuse avec les enfants et ce coup là, et on y va pour de bon !

Et vous ? Elles sont prêtes ces carrioles ? Les chevaux ont la forme ? J’ai hâte de vous retrouver à Montagna le Reconduit.

A très bientôt. Bises à tous Saluti !

Didier

PS : Bientôt des infos sur le village Traction Animale.

Une petite photo, un peu ancienne du chariot de Didier et ses Merens, lors d'un week-end en ballade dans Le Dévoluy

jeudi 3 août 2006

Carnet de route Convergence (St Disdier-Grenoble, 28-29-30 juillet)

Nous allons essayer de vous faire suivre au jours le jours, sur le blog, un carnet de route de la Convergence des chariots d'Hippotese en route vers Levier.

Didier qui est parti avant nous de St Disdier en Dévoluy (05), progresse week-end après week-end, avant que tous, nous le rejoignions à Montagna Le Reconduit (39) le 15 août, pour le grand départ.

Voici son compte-rendu du parcours St Disdier (05)- Herbeys (38)(prés de Grenoble), le week-end du 28-29-30 juillet 2006.

Nous vous passerons des photos dés que possible...

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