Hippotese, Le cheval de Travail

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samedi 9 mars 2019

L'autonomie sur la ferme en Traction Animale par Jeremy fady (Interview Le Dauphiné Libéré)

Lors de la visite du Dauphiné Libéré à la ferme de Jérémy Fady, en Nord Isère, à Doissin, le 23 février 2019, Guillaume Drevet, le journaliste, avait fait un interview en vidéo.

La voici donc (merci à lui et au Dauphiné Libéré).

Jérémy Fady nous expose sa vision de l'autonomie sur sa ferme en traction animale...

samedi 2 mars 2019

Spécial Innovation : Traction Animale, Agriculture Bio, Circuits courts et Entraide... Les clés du succés...

Dans le cadre du Salon de l'Agriculture, les journalistes, en région, vont à la rencontre des agriculteurs innovants...

C'est au tour de Jérémy Fady (membre actif du CA d'Hippotese, chargé en particulier des relations avec l'Atelier-Paysan) d'être interviewer par le Dauphiné Libéré (journal local qui couvre toute la région Rhône-Alpes)...

Il est maraîcher bio, en Nord-Isère, en Traction Animale, et membre fondateur du marché paysan local et collectif "Atout Bout d'Champ"

mercredi 27 février 2019

Savoie : Rencontre Technique sur la gestion de l'enherbement en Vigne, en Traction Animale, le 14 mars 2019

Une rencontre technique sur la gestion des sols et de l'enherbement en conditions difficiles, par Traction Animale, dans la vigne, est organisée le jeudi 14 mars 2019 à Fréterive (Savoie), de 14h à 16h.

Cette rencontre est proposée par les prestataires en Traction Animale : Les Gros Sabots (Pierre Gallet) et Muletier Services (Thomas Duguy) en partenariat avec l’ADABio, les VIF, les Pétavins et le SRVS.

Elle prendra la forme d'une démonstration, d'échanges pratiques et de partages d'expériences sur les conditions de travail, en dévers, dans la pente, les plantiers.

À partir de 16h, poursuite des échanges, autour d’un verre de l’amitié. (sur la parcelle ou à la cave).

Contacts :
Arnaud FURET, ADABio, 06 26 54 42 37 / arnaud.furet@adabio.com
Véronique DUPASQUIER, VIF , 04 79 44 02 23 / vitis7301@gmail.com

Télécharger le PDF de la rencontre ici...

dimanche 24 février 2019

Revue de presse : Sa(b)leuse TA à Val d'Isère

Radio-TV Val d'Isère sur son site web a diffusé une photo de sa(b)leuse à Traction Animale, le 21 février 2019 (merci Alex)...

Voir ici : http://www.radiovaldisere.com/index.php?p=infos&id=7905

Texte de l'article :
"La première saleuse de trottoirs à traction animale a été expérimentée pour la première fois hier après midi."

"C'est Xavier Mattis et son équipe de la Ferme de l'Adroit qui ont mis au point cette machine. Le principe est finalement simple, un système de gravillonnage automatique tournant en fonction de la vitesse est attelé à un cheval."

"Si la partie technique de projection du sel ou des gravillons se trouve dans le commerce, l'attelage, tout en inox, a été entièrement réalisé à la ferme. Le résultat est d'une efficacité redoutable."

"Odyssée, la jument de race Comtois de 13 ans, passe en effet partout sur les trottoirs puisque la largeur de la machine n’excède pas 1m50. Outre le respect environnemental, la manœuvrabilité de l'ensemble est bien supérieure à celle d'un tracteur."

"De plus, cela reste silencieux et cela fait la joie des passants qui, étonnés, s'arrêtent pour regarder cette drôle de machine."

Mon commentaire :
L'idée est très intéressante, la réalisation technique est soignée et semble efficace mais je pense que le déport avant est trop important...

Le cheval supporte sans doute plus que 10 kilos de charge au niveau de la sellette (voir l'étude de l'IOSTA de 1959, sur les problèmes d'appui sur le dos, page 10) et l'ensemble rigide n'est pas très manœuvrant...

Un déplacement de l'essieu vers l'avant aurait été préférable ou même un avant-train 3 roues, à roue avant directrice (type Cabri) ou encore un avant-train 4 roues à roues avant folles (type BMH) aurait sans doute été mieux adapté... Une future évolution peut-être ?

Pour les "petits nouveaux", je vous passe 2 photos du "Cabri", l'une du proto original de 95 (avec Antoine Luneau, son co-concepteur), on peut juger de sa capacité à tourner court et du harnais léger nécessaire à sa conduite.

L'autre du Cabri, modèle 2013, avec une roue avant plus grande, une accroche de brancard plus basse et un "Harnais Chevilatte" (recherchez, si vous le souhaitez, des images et des infos sur ce harnais dans la zone "Recherche" en haut à droite).

J'ai aussi retrouvé pour vous, quelques photos d'un voyage d'étude en Suisse dans une école d'agriculture (?) (dans les années 90, je pense) où nous avions vu un avant-train "polonais" (si mes souvenirs sont exacts) équipé d'un épandeur d’engrais à prise de force sur les roues, simple, léger et bien équilibré... Une source d'inspiration ?

mercredi 20 février 2019

Compte-rendu d'essais dynamométriques de traction avec la FAUCHEUSE I&J

Suite au billet précédent ici, voici le compte-rendu des essais dynamométriques de traction qui ont été réalisés avec la faucheuse I&J, en configuration d'origine (barre de coupe 2,40 m), par Jean-Louis Cannelle et Hervé Jourdain.

Lieu : Villers-sous-Chalamont (25), parcelle : la vie de Boujailles
Date : 05 juillet 2016.
Objectifs : Faucher un champ de 200 x 49 m (surface = 9800 m2, soit environ un hectare), à l’aide d’un faucheuse I&J, équipée d’une barre de coupe de 2,4 m (d'origine) entraînée par les roues, et tirée par 2 chevaux.

Rappel : l'unité internationale étant le Newton, 1 kgf = 9,81 N soit environ 1 kgf = 10 N = 1 daN
Pour des raisons pratiques, tous les résultats sont donnés en kgf.


Réglisse et Tetram lors des essais de la faucheuse I&J, Villers sous Chalamont, 5 juillet 2016, 8h00

Conditions d'essais :
Pour réaliser ces essais, nous avons balisé 4 parcours de 20 m, dans un champ présentant du plat, des montées et une descente. Pour chaque mesure, un top est donné devant les repères et permet la mise en route et l’arrêt de l’appareil de mesure. Le temps pour parcourir les 20 m est chronométré, il est également donné par la mesure, puisque l’appareil enregistre 10 mesures/s. Le temps est sec et la température est de 23°C à 8h00. Le terrain d'expérimentation est exposé au sud, donc plein soleil.

Chevaux utilisés :

TETRAM :
Hongre de 8 ans,
Hauteur au garrot H= 160 cm,
Périmètre thoracique P = 200 cm, poids = 650 kg
Capacité de traction théorique au pas C = 75 kgf

REGLISSE :
Jument de 10 ans,
Hauteur au garrot H= 160 cm,
Périmètre thoracique P = 216 cm, poids = 680 kg
Capacité de traction théorique au pas = 87 kgf

Tests réalisés :

NB : 2 tours de champ sont réalisés pour mettre en route les chevaux et voir le comportement de la faucheuse. Puis nous effectuons 4 mesures par tour, sur 3 tours, sur des distances de 20m.

Premier test : tour 1 et 2

Au premier tour, la faucheuse a bourré plusieurs fois dans la descente. Bourrage dû au manque d’adhérence de la faucheuse sur l’herbe mouillées par la rosée. Défaut corrigé, par la masse (65 kg) d’une personne qui monte sur la faucheuse (deuxième tour).


Graphique des mesures du premier test

On constate au premier tour des zones d'effort nul dû aux arrêts pour bourrage. On constate une différence de 2 minutes entre les 2 tours, ce qui multiplié par le nombre de tours donne une différence non négligeable.

Deuxième test : tests sur distance 20 m

4 mesures par tour, sur 3 tours, sur des distances de 20 m.
Les mesures sont identifiées par le numéro du tour, suivi du numéro de mesure, exemple : TEST 2.1 correspond à la première mesure du deuxième tour.

La première mesure est effectuée dans une montée à 6%
La deuxième dans une descente à 11 %
La troisième dans une montée à 7%
La quatrième sur le plat

Toutes les courbes enregistrées ci-dessous :


Graphique des mesures du second test

Deuxième tour, comparatif des 4 secteurs de mesure (montée(TEST 2.1), descente, montée et plat) (Cette mesure est effectuée sur le deuxième tour, la première mesure du tour 1 ayant ratée).


Graphique du comparatif des 4 secteurs

COMPARATIF PAR SECTEUR

SECTEUR 1( montée 6%)

2 courbes seulement, la première mesure étant ratée. Les courbes sont homogènes et cohérentes. La moyenne de traction est de 187 kgf, pour une vitesse moyenne de 1,29 m/s et une puissance développée de 2400 W, soit 1200 W par cheval.

SECTEUR 2 ( descente 11%)

Les courbes sont homogènes et cohérentes. La moyenne de traction est de 117 kgf, pour une vitesse moyenne de 1,45 m/s et une puissance développée de 1520 W, soit 760 W par cheval.


Vue de l'essai dans une phase de descente

SECTEUR 3 ( montée 7%)

Les courbes sont moins homogènes que sur les autres tests. La pente mesurée dans l’axe de traction est de 7%, n’est pas forcément régulière. La moyenne de traction est de 230 kgf, pour une vitesse moyenne de 1,35 m/s et une puissance développée de 3100 W, soit 1550 W par cheval.

SECTEUR 4 ( plat)

Les courbes sont homogènes et cohérentes. La moyenne de traction est de 165 kgf, pour une vitesse moyenne de 1,05 m/s et une puissance développée de 1730 W, soit 865 W par cheval.

Tableau récapitulatif des mesures


Légende :
La force moyenne en Kilogramme-Force (KgF) (équivalent à des décaNewtons dN)
La distance en mètres (m)
Le temps en secondes (s)
W (le travail) en Joules (J)
P (la puissance) en Watts (w)
V (la vitesses) en mètres par seconde (m/s)

Conclusion :

La force de traction nécessaire pour le premier secteur (Test 2.1) pente d’environ 6% est de 193 kgf, à comparer avec les 232 kgf pour l’autre secteur (Test 2.3) qui monte (7%), les 169 kgf sur le plat (Test 2.4) et les 114 kgf en descente (Test 2.2).
NB : Il faut 2 fois plus de force en montée qu’en descente.

La traction sur le plat 170 kgf, ce jour là, avec ce foin là et cette hygrométrie là, correspond bien à la capacité de traction des chevaux utilisés (2 x 85 kgf), et permet donc de faucher la surface (1 ha) en 1 heure sans fatigue excessive des chevaux.

Hervé Jourdain et Jean-Louis Cannelle.

lundi 18 février 2019

Et si l’on fauchait…avec nos chevaux ! (étude critique de l'offre en matériel de fauche en Traction Animale)

Voici un article de Jean-Louis Cannelle et Hervé Jourdain sur l'inadaptation du matériel de fauche en Traction Animale.

Et si l’on fauchait…avec nos chevaux !

La volonté et l’engagement des utilisateurs, mais aussi des inventeurs et des constructeurs, autour du concept de développement de l’Énergie Animale, ne doit absolument pas être terni par des chimères économiques.

Nous allons vous narrer l’histoire de l’investissement dans une faucheuse à traction animale, de marque I&J, Type M2 MOVER DRIVE BY WILDCAT RIDGE GEAR, série WG-1367-15, ratio 11.89-1 Barre de coupe de 2,40m à double lame.


La faucheuse I&J en expo à la Pferdestark 2017

Sur notre ferme, nous récoltons environ 150 tonnes de foin, sur une trentaine d’hectares. Nous nous situons dans le Doubs, sur les deuxièmes plateaux, à 730 m d’altitude. Les prairies de fauche sont essentiellement en prairie naturelle. La surface labourée annuellement est de 2 ha.

Depuis quelques années, après l'avoir créé avec Charlie PINNEY, nous utilisons le PINTOW, (cet avant-train à 3 roues avec prise de force entraînée par les roues), pour andainer. il entraine un gyro andaineur KUHN, 9 bras de 3,8 m de largeur de travail. Ceci nécessite la force de traction de 3 chevaux, puisque la traction moyenne est de 250 kgf à plat.
L’andainage étant résolu, il restait 2 travaux que nous tenions impérativement à réaliser avec les chevaux, le fanage et la fauche.

La faneuse classique à traction animale ne donne satisfaction que pour terminer le foin, mais en aucun cas elle ne peut défaire des andains. Il fallait trouver le moyen d’actionner une pirouette.
A ce moment-là, nous avons choisi d’investir dans un avant-train HISKO doté d’un moteur auxiliaire. Comme la plupart des outils en TA, cet AT est un prototype qu’il a fallu modifier et qui reste imparfait :

- Pas de roue libre sur le moteur
- pas d’embrayage, mais un variateur
- pas de compte tours
- pas d’isolation phonique (obligation de travailler avec un casque anti-bruit)
- pas de cylindre bloc de liaison entre le châssis et le moteur, donc de nombreuses pièces du moteur cassent par vibrations (support réservoir carburant, support pompe à huile…)
- un relevage fonctionnant par déplacement des roues arrière, qui viennent buter dans les outils (faucheuse, …)

Malgré tout, nous l’utilisons pour tout ce qui est fanage, avec une pirouette KHUN, 4 toupies, 6 bras. Le rendement du moteur est très intéressant, puisque nous avons une consommation d’environ 0.8 litre à l’heure.


L'avant-train HISKO avec une pirouette KUHN 4 toupies, 6 bras

Mais la fauche n’était toujours pas solutionnée.
Après avoir vu des comptes rendus dans STARKE PFERDE, des publicités dans SABOTS, et après avoir consulté un certain nombre de personnes, nous avons fait le choix d’investir dans une faucheuse I&J dotée d’une barre de coupe MSS de 2, 40 m, préconisée pour une traction à 2 chevaux de traits d’environ 700 kg.

Avant essai nous avons constaté 2 points importants en régression par rapport aux anciennes faucheuses à doigts : pas de débrayage automatique du mécanisme en relevant le lamier, pas d’orientation possible de ce dernier, permettant de faire piquer plus ou moins si le foin est couché.

Nous avons démarré les travaux de fenaison en 2016 avec cette faucheuse, une série d’essais mesurés a été réalisée, avec de gros problèmes d’adhérence de la faucheuse et par résultante des problèmes de « bourrage du lamier » amenant des arrêts répétés et l’obligation avant de repartir de reculer pour débloquer les lames. Dans les parcelles en pente il nous arrivait d’être bloqué tous les 15 mètres.

Nous avions en 2016 une attaque de campagnol terrestre amenant beaucoup de terre dans le foin. Naturellement nous nous sommes dit que le dysfonctionnement était à attribuer à ce phénomène ponctuel. La solidarité de nos voisins motorisés nous a permis de pallier à notre incapacité à faire le travail avec nos chevaux.

La parcelle où nous avions réalisé les essais étaient en prairie artificielle, ce qui change considérablement la facilité de fauche. Ceci, c’est confirmé en 2017.

Cette année-là, donc, la fleur au fusil, nous avons attaqué dans de supers conditions la fenaison : pas de campagnol, du terrain sec, du foin non versé.

Première parcelle, prairie artificielle de première année, à plat, c’est génial, une heure 10 pour 1,2 ha. Victoire ça marche !

Le lendemain, départ pour faucher à 5h30, les 2 mêmes chevaux, prairie naturelle, fourrage extrêmement dense (pas loin de 6t/ha), la faucheuse se met à patiner, dès qu’on est dans le même sens que le foin légèrement couché, et sur une heure de travail, environ 20 patinages, et donc 20 bourrages et 20 reculés.

Retour à la maison avant d’avoir fini la parcelle, appel au voisin avec tracteur pour réaliser la fauche : échec !

Relecture du dossier technique du constructeur allemand (non distribué par le vendeur I&J à l’achat de la faucheuse), re-réglage des doigts d’appui, et ré-essai de la faucheuse, nouvel échec ! Pourtant essais réalisés avec des lames neuves.

Après réflexion, nous estimons le ratio, longueur de la barre de coupe/poids de la faucheuse incohérent. Notre décision est prise, nous raccourcissons le lamier et les lames de 35 cm (maintenant à 2,05 m).

Le lendemain matin, à nouveau essais, et enfin ça y est, notre faucheuse est fonctionnelle.


La faucheuse I&J au travail à Villers sous Chalamont

Nous décidons donc, à nouveau, la réalisation de mesures, qui vous le verrez ci-après (dans le prochain billet NDLR), correspondent un peu mieux à la puissance théorique des chevaux sur une durée de travail d’environ 2 heures.

Pour la dernière parcelle fauchée cette année, pour 4 ha de surface en prairie naturelle un peu tourmentée, le temps de fauche en 2 fois, une première partie le soir, après une pluie de l’après-midi, et la fin le lendemain matin à partir de 5 heure, nous a demandé au total 6h de travail pour réaliser la fauche (récupération des chevaux comprise).

Il nous paraissait important de prendre le temps d’écrire ce témoignage pour diverses raisons :

- En premier lieu, pour éviter que d’autres commettent la même erreur !
- En deuxième lieu, nous voulons ce témoignage comme un appel aux constructeurs à ne pas tromper les utilisateurs qui sont les premiers à pouvoir faire la promotion des machines modernes.

Le manque d’essais en conditions réelles peut menacer l’équilibre économique de ces pionniers que sont les nouveaux installés faisant le choix juste mais difficile de l’utilisation de l’Énergie Animale. Souvent de petites structures pour lesquelles un investissement comme cette faucheuse (8000 euros) est considérable.

Hervé Jourdain et Jean-Louis Cannelle.

A suivre dans le prochain billet : Compte-rendu d'essais dynamométriques de traction avec la FAUCHEUSE I&J

samedi 9 février 2019

Spécial copinage : Cavale-de-Soie : le voyage à cheval de Louise, sur la route de la Soie...


Le logo du voyage dessiné par Maëlle RONY.


Une petite carte tirée du site : sentiersdudevenir.com, dessinée par Elia LUC

Louise, notre chère secrétaire, à qui vous devez la "régularité" des dernières Hipponiouses, se prépare pour un voyage à cheval, au long cours, sur la route de la Soie.

Partir un an avec deux équidés et un chien, d'Istanbul et Samarcande, à travers la Turquie, l’Iran, le Turkménistan et l’Ouzbékistan.

Je vous laisse lire la "préhistoire" de ce voyage que nous a envoyé Louise...

NB1 : Vous trouverez en fin de billet le PDF de cette préhistoire et le PDF du bulletin d'abonnement à sa chronique...

NB2 : Vous trouverez aussi d'autres informations sur le site Sentiers du Devenir ici









Les 7 pages de cette préhistoire en pdf ici

Le bulletin d'abonnement aux chroniques du voyage en pdf ici

dimanche 27 janvier 2019

Le Chargeur CALVIN Jean, le Charretier BONNETON Benjamin et HIPPOTESE vous souhaitent une bonne et heureuse année 2019 !

Il parait que l'on peut souhaiter la bonne année, tout le mois de janvier... Dont acte !

Un petit clin d’œil et un grand hommage aux "fonctionnaires" que l'on accuse de tous les mots mais que l'on regrette quand ils ne sont plus là...

dimanche 23 décembre 2018

Porte-Outils de maraîchage, en Paire, à 4 roues (POP4), vidéo des 1er tests, sous serre... (décembre 2018) et retour sur ce projet...

Pour ceux qui ont raté le début (et surtout ceux qui n'ont pas bénéficier des infos en avant première dans l'HippoNiouse parce qu'il ne sont pas adhérent... Et toc !) :

Fin 2017, et surtout en 2018, un nouveau projet a vu le jour avec l’Atelier Paysan : le POP4 (Porte-Outils en Paire à 4 roues) pour travailler en Traction Animale en planches permanentes...

1ers essais du POP4 (Porte-Outils en Paire à 4 roues) en décembre 2018 à la Ferme de Nico et Vincent à Montoison (Drôme)

Pourquoi travailler en planches permanentes ?

L’intérêt des planches permanentes, pour les maraîchers avec des surfaces relativement importantes, est surtout de limiter le tassement du sol cultivé (puisque les animaux circulent dans les "passes-pied" entre les planches et non entre les rangs).

Celà permet aussi de densifier les cultures en rapprochant les rangs (en monorang, il faut prévoir un passage pour le cheval et le meneur et 2 passages pour les roues), en planches permanentes, les chevaux et les roues passent sur les 2 passes-pied, et le meneur est soit porté par l'outil au dessus de la culture, soit marche derrière sur l'un des passes-pied.


Culture en monorang (ici des patates)


Culture en planches permanentes (oignons)

Des essais ont été fait de travailler en planches permanentes avec un seul cheval (qui marche sur l'un des passes-pied), et un outil déporté par rapport à la traction (voir ici, lors de la 7ème journée technique maraîchage en Haute Savoie).

Mais outre le fait que l'on manque de puissance pour certains travaux, le cheval travaille mal et doit supporter un effort latéral contraignant.

Pour info une barre de binage demande un effort de 130 kgf pour les travaux les plus lourds (buttage 2 rangs ou décompaction du sol au printemps), alors qu'un cheval seul permet un effort moyen de 70 kgf au pas de travail (en traction idéale et continue).

Il y a aussi la solution d'atteler le NéoBucher en paire (avec des chevaux à 2 mètres d'entraxe dans les passes-pieds), mais si on résout le problème du tassement du sol par les chevaux, le meneur lui marche sur la planche et garde les mains prises pour la correction de trajectoire (ce qui rend difficile le menage en simultané car il n'y a pas de guides à la ceinture en menage en paire).
De plus le réglage de terrage n'est pas réellement possible


Le NéoBucher attelé en paire

La majorité des outils maraîchers en traction animale en France ne sont pas adaptés à ces techniques culturales, peu de maraîchers en traction éprouvent la nécessité de cette technique car leur surface sont limitées. Mais certains voient leur ferme s’agrandir et auraient besoin d’évoluer.

Les futurs meneurs-maraîchers, capables de maîtriser la technique complexe d’une bineuse à 2 chevaux, ne sont pas insensibles au concept mais il faut concevoir de nouveaux outils.

Une équipe d'une dizaine de personnes (la plupart maraîchers) s'est attelé à cette tâche à l'automne 2017, après une étude de l'existant en France, en Allemagne et aux États Unis...

Quelques exemples de l'existant (pour la plupart resté au niveau du prototype ou du modèle unique) :


Bineuse IJ (fabriquée en série US)


Bineuse G-Haw (Proto US)


Bineuse Bernard Michon Hippomobile (Proto France)


Bineuse Univecus (Proto Allemagne)


Bineuse Schmitz (Proto Allemagne)

Plein de rencontres et d'échanges de méls plus tard, la réalisation d'un cahier des charges d'un porte-outil à 2 chevaux idéal, permettant de faire de la planche permanente et aussi d’autre types de travail du sol, aboutissait...

Cahier des Charges sommaire du futur POP4 :

- 2 chevaux, pour avoir la puissance nécessaire
- Écartés à 160 cm, soit l’écartement des planches
- Avec des freins efficaces
- 4 roues pour une bonne stabilité (2 directrices pour la correction de trajectoire et 2 "folles" qui permettent le demi-tour le plus court possible en bout de rang.
- 2 timons pour plus de confort des chevaux dans les manœuvres, avec grand écartement
- Une position de menage assise, pour gérer les guides et ne pas écraser les planches
- Une direction des barres de binage avec les pieds, pour gérer à la fois guides et outils
- La possibilité de monter différentes barres de binage ou de travail du sol facilement et rapidement (la barre à section triangulaire du NéoBucher sera sans doute conservée).

Paul Jarreau et Joseph Templier de l'Atelier Paysan ont pû alors faire les premiers dessins 3D qui ont été discutés et remaniés par l'équipe pendant l'année 2018...


Dessin du proto virtuel...


Schéma explicatif du proto virtuel...

Et un premier proto a été construit à la ferme des Volonteux près de Valence, (26), en une semaine, du 19 au 23 novembre 2018, par une équipe formée de Sylvain, Remy, Thomas, Vincent, Ivan, Mickael, Etienne et Paul.


Nico et Thomas Peyre ont finalisé l'hydraulique les semaines suivantes et mi-décembre les premiers essais ont pu avoir lieu...


1ers essais du Proto POP4, début décembre 2018


1ers essais du Proto POP4, début décembre 2018


1ers essais du Proto POP4, début décembre 2018


1ers essais du Proto POP4, début décembre 2018

Certes, il reste des finitions à faire et puis sans doute des modifs, certains choix seront peutêtre remis en question, on a l’expérience du projet NéoBucher qui pourtant partait d'un porte-outils existant et qui a mis plus de 3 ans pour aboutir à sa version définitive...

Il faut savoir prendre un peu de temps pour fignoler les détails, tester en conditions réelles sur plusieurs mois, sans vouloir multiplier trop vite un proto inabouti...

En tout cas bravo à l'ensemble de l'équipe qui nous offre en avance un super cadeau de noël...

Si vous voulez vous raccrocher au projet...

D'autres infos sur le site de l'Atelier-Paysan ici...
Ou le PDF de l'article de l'Atelier-Paysan sur le POP4 ici (9 Mo)

Pour toutes questions, renseignements ou participation, contactez Vincent Bastard (vincent.bastard-chez-posteo.net) ou neobucher@googlegroups.com

samedi 10 novembre 2018

Les inventions matérielles de Pierre Gallet : porte-outils, herse, brancalonnier...

Je vous avais promis de vous parler des inventions matérielles en Traction Animale de Pierre Gallet (Les Gros Sabots à Challes-les Eaux (73), tél 04 79 72 91 00).

J'ai retrouvé quelques vidéos d'une "Fête Nature" au Lac des Hurtières (à Saint-Alban-d'Hurtières, en Maurienne) en juin 2016.

On lui avait proposé de faire une démonstration de travail avec ses chevaux tout en préparant une bande fleurie le long de la route d'accès au lac.

Voici un petit film-compilation de ces vidéos (en fin de billet tout en bas) qui présentent bien (une partie) des outils inventés ou adaptés par Pierre...

Vous allez voir successivement un canadien porté sur son support d'outils (génial) et une charrue à balancier attelée en double, une herse sur le même support d'outils attelée en simple au "brancalonnier" (et harnais "chevilatte") et enfin la finition (après semis de la bande fleurie par les enfants) au rouleau de pierre.

Vous pouvez retrouver des infos sur le harnais "chevilatte" ici et je vais vous faire prochainement un billet spécial "brancalonnier".

jeudi 25 octobre 2018

Assemblée Générale d'Hippotese, samedi 17 novembre 2018 à Challes-les-Eaux (près Chambéry, Savoie) chez Pierre Gallet

L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE d'HIPPOTESE 2018 se tiendra le samedi 17 novembre, à partir de 14h précise à Challes-les-Eaux (73190), 441 Chemin des Baraques, chez Pierre Gallet.


La fiche de présentation de l'entreprise de Pierre Gallet, prestataire en Traction Animale

Évidemment le samedi soir nous ferons la fête, tous ensemble et vous pourrez dormir sur place (apportez duvets, couvertures et matelas...). Et le dimanche 18 novembre, nous parlerons "vigne" et recherche "matériel" (entre autres)...

Voici le programme prévisionnel :

Samedi 18 novembre 2018 :

Vous pouvez arriver dans la matinée pour visiter la ferme et le matériel inventé par Pierre... et à midi le repas sera tiré du sac.

14h - 15 h Présentation et tour de table

15h – 19h Assemblée générale statutaire 19h - ...

Repas et soirée festive comme d'habitude... Le plat principal est fourni. N'oubliez pas de le compléter avec vos spécialités régionales à déguster tous ensemble ! (boissons et charcuteries vivement autorisées)


Pierre Gallet un chercheur, poète et philosophe de l'Énergie Animale...

Dimanche 19 novembre :

De 9h - 11h Démo de travail avec les chevaux de Pierre (bois et agricole), équipés des dernières évolutions du Datafficheur. Présentation de ses recherches en matériel (brancalonier, chevilles de Chevilatte à ressort, bineuse 2 rangs/1 cheval, herse étrille relevable, hippobus et toutes ses inventions et aussi ses outils traditionnels (modifiés ou non)...

11h30 - 13h Apéro-échange avec les mandataires (vignerons et maraîchers) qui font travailler Pierre en prestation, avec pour sujet "leur intérêt pour l'Énergie Animale et leur bilan sur plusieurs années"

Le repas de midi sera de nouveau tiré du sac.

Organisation-Transports :

Pour des questions d'organisation, vous pouvez laisser un message sur le répondeur de Pierre (04 79 72 91 00) en particulier ceux qui dormiront sur place...

Pour info, la gare de Chambéry n'est qu'à 20 mn en bus (ligne C) et il y a un arrêt (Baraques) à 150 m de la ferme de Pierre (voir l'image de la ligne C ci-dessous et la fiche horaire à télécharger ici (un bus toutes les 15 à 20 mn environ).


La ligne de bus C (prendre direction Challes-centre à la gare de Chambéry)

La fiche horaire de la ligne C en pdf ici.

Vous pouvez aussi laisser un commentaire sur le blog pour proposer un covoiturage...

Nous vous diffuserons dans les prochains jours quelques photos/vidéos du matériel de Pierre, mais je ne résiste pas à la tentation de vous rappeler le superbe poème qu'il nous avait fait pour les 30 ans d'Hippotese, en 2016...


Le poème de Pierre Gallet, pour les 30 ans d'Hippotese en décembre 2016

Le pdf du poème pour les collectionneurs...


Et une petite photo de la pogne géante offerte par Thierry Bret à cette occasion (pour donner des idées à certains)...

samedi 13 octobre 2018

Mesures dynamométriques au Datafficheur sur une opération de fauche avec moteur auxiliaire par le Réseau "Faire-à-Cheval"

Après une première prise en main du Datafficheur (voir l'article sur leur site web : FAIRE À CHEVAL SE DOTE D’UN DATAFFICHEUR !), le réseau __Faire-à-Cheval__ , "réseau Armoricain des équidés de travail", (qui a acquis début août un Datafficheur), est passé aux choses plus sérieuses avec des mesures lors d'une opération de fauche sur une lande. Les essais ont été réalisés avec un Polynol (porte-outil simple et robuste, créé dans les années 80 par Jean Nolle) équipé d'une faucheuse (à barre de coupe à lame double effet) à moteur auxiliaire.

NB : C'est à la suite des démonstrations d'utilisation du Datafficheur que j'ai fait lors du 3ème congrès de la Fédération Nationale des Chevaux Territoriaux (FNCT), en Mai 2018 au Haras d'Hennebont (Morbillan), que le réseau Faire à Cheval a décidé d'acquérir cet appareil pour ses propres expérimentations.

Marc Le Vaillant, coordinateur régional du réseau Faire à Cheval, m'a envoyé le compte-rendu qu'il a fait de cette opération et m'a autorisé sa diffusion, ce que je fais avec grand plaisir.

Voici les 7 pages de ce Compte-rendu :

Le PDF du compte rendu des __Mesures dynamométriques au Datafficheur, sur une opération de fauche avec moteur auxiliaire, sur les Landes de Jaunousse, par le Réseau "Faire-à-Cheval"__

dimanche 23 septembre 2018

"Mon bœuf, ma liberté" ou l’incroyable histoire d’amour entre un homme et un bœuf, une vidéo de la Radio Télévision Suisse

Une belle façon de prolonger les vacances et un petit clin d’œil à ceux qui sont partis en randonnée bâtée...

Une histoire originale de bœuf et de bière artisanale...

(Merci à Alex pour le lien...)

vendredi 21 septembre 2018

Des Mesures Dynamométriques du Professeur Collins aux concours de Pulling aux États Unis, de 1920 à nos jours (3ème partie)

Avant de poursuivre la présentation des évolutions des chariots dynamométriques du professeur Collins (voir la 1ère partie ici et la deuxième là), nous allons, comme à notre habitude, nous arrêter sur les brevets déposés par celui-ci...

Et le premier, déposé le 16 juin 1924 porte sur un traîneau dynamométrique, en voici ma traduction (approximative comme d'habitude) des explications accompagnant ce brevet et évidemment les dessins et textes originaux.


Les revendications du Brevet US 1,603,521A sur un traîneau dynamométrique par Davidson Jay Brownlee et Edgar V Collins, 21 mars 1924, page 1/3

Brevet US 1,603,521A
Classifications : Appareils ou méthodes pour mesurer la force, p.ex. en raison de l'impact, du travail, de la puissance mécanique ou du couple, adapté à des fins spéciales pour mesurer la force de traction ou de propulsion des véhicules

Inventeurs : Davidson Jay Brownlee, Edgar V Collins
Responsable actuel : COLLÈGE D'AGRICULTURE DE L'ÉTAT de l'IOWA
Destinataire d'origine : COLLÈGE D'AGRICULTURE DE L'ÉTAT de l'IOWA
Date de priorité : 1924-06-16

Classification : Famille: US (1)
DateApp / Pub NumberStatus
1924-06-16US1603521AExpired - À vie
1926-10-19US1603521AGrant

Classé le 16 juin 1924, Breveté le 19 octobre 1926. N ° de série 720 361.

JAY BROVNLEE DAVIDSON ET EDGAR V. COLLINS, DE LA VILLE D'AMES, ÉTAT DE L'IOWA, CÉDANTS DU COLLÈGE D'AGRICULTURE ET DES ARTS MÉCANIQUES DE LA VILLE D'AMES, DÉPENDANT DE L'ÉTAT DE L'IOWA

DYNAMOMÈTRE.

Le but de notre invention est de fournir un dispositif de construction simple, durable et peu coûteux pour tester avec précision, commodité et facilité la puissance de traction des animaux de trait, des moteurs, etc., lors de l'avancement sur une route.

Plus précisément, nous avons pour objectif de fournir un dynamomètre d'un principe tel qu'il puisse être utilisé sur des surfaces de caractéristiques très différentes pour répondre aux exigences des essais sur des animaux de trait ou des moteurs. Ces conditions routières différentes et l'état de la chaussée ne devront en aucune façon, affecter la précision du test effectué avec ce dynamomètre.

Notre invention consiste en la construction, l'arrangement et la combinaison de divers composants et ces objectifs sont atteints par les principes indiqués plus en détail dans la suite de nos revendications et illustrés dans les dessins annexés :

La figure 1 montre une vue de dessus d'un dynamomètre représentant "notre invention".

La figure 2 montre une vue latérale avec l'élévation du poids. La position du poids à proximité de sa limite supérieure de déplacement est indiquée par des pointillés.

La figure 3 montre une vue transversale, verticale et en coupe (suivant la ligne 3-3) de la figure 2, l'axe et les roues au sommet de la figure étant représentés en élévation.

En référence aux dessins annexés, nous avons utilisé le numéro de référence 10 pour indiquer le châssis principal du dynamomètre. Ce châssis est supporté à proximité de son extrémité arrière par des roues "support" 11 sur un essieu 12. En avant, le châssis 10 est en appui sur des patins 13. Ce châssis, ses roues et patins "support" constituent le principe de ce véhicule destiné à être tiré sur une route.


Brevet US 1,603,521A sur un traîneau dynamométrique par Davidson Jay Brownlee et Edgar V Collins, 21 mars 1924, détails (Fig 1) des dessins de la page 1/3

Deux rails de guidage 14, de préférence réalisés avec des profilés en "U", s'étendent depuis l'avant du châssis vers le haut et vers l'arrière avec un angle d'environ trente degrés par rapport à l'extrémité arrière du cadre. Sur ces rails de guidage ou sur la piste inclinée sont montés quatre roues 15 libres en rotation sur les essieux 16, et ces essieux supportent à leur tour un caisson 17 dans lequel est installé de manière amovible un poids 18.

Un câble 19, attaché à l'un des essieux 16, s'étire vers le haut et vers l'arrière et passe sur une poulie directrice 20 à l'extrémité arrière supérieure du châssis 10. Le câble descend sous une autre poulie directrice 21 à l'extrémité arrière inférieure du châssis. Et de là le câble est prolongé vers l'avant sous une poulie directrice 22 à l'avant du châssis. A l'extrémité avant de ce câble se trouve une chape 23 sur laquelle des animaux de traction ou un dispositif de traction peuvent être appliqués.


Brevet US 1,603,521A sur un traîneau dynamométrique par Davidson Jay Brownlee et Edgar V Collins, 21 mars 1924, détails (Fig 2 et 3) des dessins de la page 1/3

En pratique, en supposant que le poids et son caisson sont dans leur position normale, comme le montre la figure 2, avec le poids reposant sur le châssis 10, les animaux de trait à tester sont attelés à la chape.

Évidemment, lorsque le poids est directement au-dessus des patins 13, les patins offrent une résistance considérable à l'avancement du traîneau sur la route et, par conséquent, le cadre reste immobile et la totalité de La force de traction des animaux de trait est appliquée en élevant le poids vers le haut et vers l'arrière sur la rampe inclinée.
Au fur et à mesure que le poids progresse sur la rampe, une plus grande proportion de celui-ci est appliquée aux roues 11 et une proportion moindre est appliqué sur les patins.
Par conséquent, à mesure que le poids progresse vers le haut et vers l'arrière, la résistance au frottement des patins par rapport à la surface de la route diminue progressivement et à un certain point de la progression du poids vers le haut de la pente, le traîneau commencera à avancer avec les animaux de trait.

Si l'état de la route est tel que les patins subissent un frottement relativement important, la position du poids pendant que les animaux de trait avancent sera sensiblement la même que celle indiquée par les pointillés de la Fig 2, soit presque au-dessus des roues arrières.
De même, si les conditions de la route sont telles que le frottement est minimal entre les patins et la route, le traîneau dynamométrique avancera lorsque le poids se situera à mi-distance entre sa limite supérieure et sa limite inférieure.

Chaque fois que la traction exercée sur le câble est inférieure à la force de traction nécessaire pour élever le poids, le poids descend par gravité jusqu'à la position du poids dessiné en lignes continues sur la fig 2 et impose ainsi un frottement important s'opposant à l'avancement sur la route.

Comme illustration pratique de l'utilisation usuelle de notre dynamomètre amélioré, supposons que l'on souhaite tester la puissance de traction et l'endurance de plusieurs paires d'animaux de trait.
Pour conduire ce test, une paire d’animaux de trait est attachée à l’appareil, puis pressée d’avancer. Si l'attelage réussit à démarrer le traîneau dynamométrique, l'opérateur note le temps nécessaire qu'il faut pour le déplacer sur un parcours mesuré. Ce même test est répété avec les autres attelages d’animaux de trait entrant en compétition.

En pratique, il arrive fréquemment que des attelages ne parviennent pas à démarrer le dynamomètre, d’autres le déplacent de quelques mètres et ne peuvent pas aller plus loin. Si plusieurs attelages concurrents déplacent le dynamomètre sur la totalité du parcours mesuré, alors évidemment le classement inverse des temps requis pour un tel déplacement détermine les attelages qui ont la plus grande force de traction.

A cet égard, votre attention doit être attirée sur le fait que l'état de la route n'a pas d'effet appréciable sur un tel test, car si l'état de la route offre une assez grande résistance à l'avancée du traîneau, la puissance de traction des animaux de trait est appliquée seulement au déplacement du poids et évidemment la position du poids détermine la quantité de force de traction qui doit être appliquée avant même que le dynamomètre ne bouge, et donc celle-ci n'est pas influencée par l'état de la route, l'appareil ne sert pas non plus à déterminer ou à tester les conditions routières

Nous revendiquons comme notre invention :

(NDLR : Pour la suite de la traduction, j'avoue que j'ai pas bien compris les différences entres les différents dynamomètres, mais cela ne me semble pas le plus important...)

1 Un dynamomètre de la classe décrite, comprenant un véhicule, une piste inclinée portée par le véhicule, son extrémité supérieure étant vers l'arrière, un poids supporté pour se déplacer sur ladite piste inclinée, un câble relié au poids et étendu d'abord vers l'arrière du véhicule puis vers l'avant du véhicule, des dispositifs de guidage pour le câble, et des moyens pour appliquer une force de traction à l'extrémité du câble opposée à l'extrémité attachée au poids.

2 Un dynamomètre de la classe décrite, comprenant un véhicule, une piste inclinée portée par le véhicule, son extrémité supérieure étant vers l'arrière, un poids supporté pour se déplacer sur ladite piste inclinée, un câble relié au poids et étendu d'abord vers l'arrière de le véhicule, puis vers l'avant du véhicule, des dispositifs de guidage pour le câble, et des moyens pour appliquer une force de traction à l'extrémité du câble opposée à l'extrémité attachée au poids, le véhicule comprenant des moyens pour supporter l'arrière de celui-ci pour offrir un minimum de résistance à l'avancée du véhicule et des moyens pour supporter l'avant de celui-ci conçus pour offrir une résistance relativement grande à l'avancée du véhicule.

3 Un dynamomètre de la classe décrite, comprenant un cadre, une piste inclinée portée par celui-ci, un poids supporté pour se déplacer sur ladite piste inclinée, des moyens permettant a. une force de traction peut être appliquée au dit poids pour le déplacer vers le haut sur la dite piste inclinée, un moyen de support pour le cadre adjacent à l'extrémité supérieure de la piste inclinée capable de n'offrir qu'une légère résistance à l'avancée et un cadre à l'extrémité inférieure de la piste inclinée capable d'offrir une grande résistance à une telle avance.

4 Dans un dynamomètre de la classe décrite, comprenant en combinaison un châssis, un patin à l’extrémité avant du cadre, supportant des roues à l’arrière du cadre, une piste inclinée vers le haut et vers l’arrière et supportée par le châssis, un poids coulissant monté sur ladite piste et un câble relié au poids et prolongé vers le haut et vers l'arrière sur la piste inclinée puis vers le bas puis vers l'avant jusqu'à l'extrémité avant du dispositif, les poulies portées par le châssis et les câbles être disposé de telle sorte que lorsque la traction par traction est appliquée au câble, il aura tendance à élever le poids vers le haut et vers l'arrière, et à mesure que le poids progresse vers le haut et vers l'arrière, les patins seront soulagés. partie du poids et offrira moins de résistance à l’avancement du cadre sur la surface de la route, aux fins indiquées.

Des Moines, Iowa, 21 mars 1924.
JAY BROWNLEE DAVIDSON. EDGAR V. COLLINS.


Les revendications du Brevet US 1,603,521A sur un traîneau dynamométrique par Davidson Jay Brownlee et Edgar V Collins, 21 mars 1924, page 2/3


Les revendications du Brevet US 1,603,521A sur un traîneau dynamométrique par Davidson Jay Brownlee et Edgar V Collins, 21 mars 1924, page 3/3

vendredi 31 août 2018

Hippotese sera présente à la 8ème Fête de la Vache Nantaise - les 7, 8 et 9 septembre 2018 à Plessé (44)

Hippotese sera présente à la 8ème Fête de la Vache Nantaise - les 7, 8 et 9 septembre 2018 à Plessé (Loire-Atlantique)...

Nous avons été invité par les organisateurs de la 8ème Fête de la Vache Nantaise à Plessé (près de Nantes) pour venir présenter nos activités et le fruit de nos recherches

Nous serons donc une petite délégation (avec chevaux et matos) et nous en profiterons pour montrer en démonstration notre NéoBucher et nos derniers modèles de Datafficheurs...

Le programme complet ici...

Et aussi rencontrer les copains du "Grand Ouest" (et faire la fête avec eux aussi...).

Nous porterons aussi les couleurs de l'Atelier-Paysan qui a été notre partenaire technique, en particulier sur le NéoBucher et plus récemment sur le POP4 (Porte-outils en paire à 4 roues dont nous avons longuement parlé dans l'Hipponiouse été-2018).

Nous présenterons aussi quelques outils d'Albano Mascardo d'EquiIdea, (le Flex et le Multi-V) que nous utilisons régulièrement...

Si vous voulez d'autres infos allez-voir sur le site web de La Vache Nantaise : https://www.vachenantaise.fr/

Et voici leur petit film de présentation pour vous mettre l'eau à la bouche...

Et pour ceux qui ne pourrons pas traverser la France pour aller à Nantes (tout le monde n'a pas forcément envie de faire 2000 km dans le week-end, en plus c'est pas trop écolo...), vous pourrez profiter Samedi 8 septembre 2018 de la Fête Paysanne de la Confédération Paysanne Isère à Doissin (38) (près de La Tour Du Pin, 38), où il y aura des présentations de chevaux au travail (entre autres), pour le coup, c'est plus local !

Et c'est des copains aussi...

mardi 14 août 2018

5ème édition des Journées de la Traction Animale, à Sciez sur Leman (Haute Savoie), samedi 15 et dimanche 16 septembre 2018

La 5ème édition des Journées de la Traction Animale, à Sciez sur Leman (Haute Savoie), aura lieu les samedi 15 et dimanche 16 septembre 2018.

Bientôt le programme détaillé...

En attendant l'affiche...

samedi 11 août 2018

La disparition des Haras... Dans l’indifférence générale...

Au sujet du Tractomètre de Lambale, j'ai déjà eu la possibilité de vous parler de la nécessité de sauver cet appareil unique au monde et j'espère vous avoir convaincu de l'intérêt technique, historique et patrimonial qu'il représente...

Dans la même philosophie, je vous fais suivre (avec son autorisation) une lettre ouverte de Tanneguy de SAINTE MARIE qui reprend ce sujet de façon plus large et qui mérite, à mon avis, d'être connue de tous...

Vous pouvez, si vous le jugez utile, diffuser plus largement...

Deny Fady


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Tanneguy de SAINTE MARIE
2 hameau de la Serverie
14570 Saint Rémy sur Orne

tel 06 76 81 51 80
mail tanneguysm@gmail.com

La Serverie, le 25 juin 2018

Dans l’indifférence générale

En 1947, un projet de loi prévoyant la suppression de l’Administration des Haras est soumis au vote du parlement. Il n’est pas adopté.

En octobre 1965, à l’occasion des festivités du tricentenaire de l’Administration des Haras, au Haras du Pin, le ministre de l’Agriculture, Edgar PISANI, annonce l’organisation prochaine de la « réforme » de cette institution, devenue sans utilité stratégique pour l’État.

En 1968, le corps spécifique des « Officiers des Haras » est dissout. Ses derniers membres sont intégrés au corps des Ingénieurs du Génie Rural, des Eaux et des Forêts. ( IGREF ).

Dans les années 1980, le corps des Agents, Gardes des Haras, est dissout. Ses derniers membres sont intégrés dans les corps des Agents Techniques du Ministère de l’Agriculture.

En 1999, sans autre forme de procès, l’Administration des Haras disparaît au profit d’un nouvel Établissement Public à caractère Administratif : « Les Haras Nationaux ».

Le 28 décembre 2001, nos parlementaires, dans leur quasi unanimité ( et à l’unanimité de ceux de Normandie ) votent la Loi de Finance 2002 qui comporte la fin du financement direct des Haras Nationaux par un prélèvement de 0,8 % sur les jeux sur les courses hippiques. Cette institution était la seule administration française qui ne coûtait pas un sou au contribuable. Le ministre du budget qui, sans sourciller, met en œuvre en 2002 cette réforme s’appelle Alain LAMBERT .

A partir de 2005, les achats d’étalons sont réduits à leur plus simple expression et le recrutement de personnels compétents se raréfie de façon drastique.

En 2010, est créé l’Établissement Public Administratif « Institut Français du Cheval et de l’Équitation » avec absorption de l’ENE (mariage de la carpe et du lapin ! ).

Durant ces périodes, se sont succédées les fermetures de toutes les stations de monte et des dépôts d’étalons de Strasbourg, Montier en Der, Annecy, Blois, Rodez, Tarbes, Saintes, Compiègne, Villeneuve sur Lot, de même que la jumenterie de Pompadour . Sont sur la liste pour des fermetures prochaines, Les Bréviaires, Gelos, Cluny, Saintes, ….

Toutes ces fermetures s’accompagnent, dans l’indifférence générale, de l’évaporation systématique des matériels meublant les selleries d’honneur, d’astiquage et de travail, les ateliers de sellerie, de bourrellerie, de menuiserie, de ferronnerie, de forge et maréchalerie, de peinture, les bibliothèques, les archives, les réserves, les lanternes, les fouets, les coussins, les bois de bouches, les tord nez, les longes, les bricoles de monte et leurs entraves, les grandes guides, les bridons d’abreuvoirs, les licols, les uniformes … .

Les nouveaux « responsables mais pas coupables » nommés à la direction des sites, sont dans la très grande majorité des cas, non issus de La Maison, afin de pouvoir mettre en application, le plus rapidement possible, les instructions parisiennes :

« Tout doit disparaître » dans le calme, la sérénité, sans heurts et sans malheurs, sans communications et sans commentaires . Aujourd’hui, les tous derniers « cailloux dans les chaussures » et les tous derniers « bois dans les rais » restent les voitures hippomobiles.

Depuis près de vingt ans, avec quelques collègues passionnés ( sans doute trop ! ) et Jean-Louis LIBOUREL, nous avons accompagné, alerté, interpellé, inventorié, publié, commenté, diffusé, expertisé,... ( tout en essayant de respecter « l’obligation de réserve » ! ).

J’ai participé durant près de dix ans aux travaux du Comité Scientifique « Cheval et patrimoine » au Ministère de la Culture. A chaque réunion parisienne et à chaque colloque nous avons alerté et avons proposé des pistes et des idées :

SILENCE ABSOLU …. « Tout doit disparaître » .

Parmi les très nombreuses propositions que nous avons formulées et écrites depuis 15 ans, en voici quelques unes :

1) Regrouper dans l’ancien dépôt de Compiègne, dont le rattachement au musée du château est souvent évoqué, une trentaine de voitures ( voire plus ), typiques des Haras Nationaux , tels que, charrettes, tilburys, petit breaks, Grand breaks, omnibus et bien sûr squelettes, de différents carrossiers, pour en faire une annexe du musée des transports.

2) Confier aux collectivités territoriales reprenant les sites ( Le Pin, Saint Lô , Lamballe, Hennebont, Rosières aux Salines, Tarbes, La Roche sur Yon, ) les voitures qui s’y trouvent en y rapprochant quelques autres.

3) Proposer aux domaines et châteaux nationaux, régionaux et départementaux ( Compiègne, Chambord, Versailles, Bouges, Chaumont sur Loire, Eu, Blois, Caen, etc... ) et privés ( Vaux Le Vicomte ) d’en accueillir dans leurs collections.

4) Conserver sur site, lorsqu’ils sont repris par des collectivités, les voitures offertes par des familles locales ou carrossées dans la région proche.

5) Susciter l’intérêt de quelques villes pour accueillir des voitures fabriquées chez elles telles que Sancoins ( Retif ), Montier en Der ( Michel pour deux squelettes ), Pau ( Lagarde & Darracq ), Toulouse, Blois, Vierzon, Périgueux, La Guerche, Bordeaux, Bayonne, Bayeux, Lyon, Le Bourg Saint Léonard, etc....

6) Informer toutes les collectivités territoriales ( Régions, Départements, Villes ) de cette menace. Elles sont toutes munies de Conservateurs du patrimoine mobilier ( DRAC en région, CAOA en département ).

Rien n’y a fait … TOUT DOIT DISPARAÎTRE.

Aujourd’hui, l’IFCE n’a ni le sérieux reconnu, ni les moyens humains, ni les compétences, ni, surtout, les finances pour lancer quelque projet que ce soit de conservations, de restaurations et, encore moins, de « déconstructions ». Donc, surtout, qu’il poursuive la politique qui lui est imposé depuis vingt ans et qu’il réussit fort bien : La politique de la terre brûlée…. La folle idée des déconstructions est ainsi fort bien adaptée à cette situation. Il fallait vraiment y penser.

« Dites moi pas que nous ne sommes pas entourés de génies qui s’ignorent ».

Tanneguy de SAINTE MARIE

PS : Dans les années 1960, un de mes oncles était officier de cavalerie chez les spahis de Senlis.
Le « Général » décida la dissolution de cette unité et … tout a disparu !
Mon grand-père, lui-même ancien officier de cavalerie, et ma famille étaient en pleurs !
A l’époque, j’avais dix ans et avais mis beaucoup de temps à comprendre cette tristesse familiale.
Aujourd’hui, la disparition des Haras Nationaux, de leurs patrimoines mobiliers et de leurs savoir-faire ne fait pleurer personne.


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La lettre ouverte au format pdf ici

dimanche 29 juillet 2018

Des Mesures Dynamométriques du Professeur Collins aux concours de Pulling aux États Unis, de 1920 à nos jours (2ème partie)


Le second chariot dynamométrique du professeur Edgard V. Collins (voir ci-dessous)

En 1921, le professeur Edgard V. Collins, de la Station Agricole Expérimentale de l'Iowa State College de Ames, a débuté des tests pour déterminer la capacité de travail des chevaux.

Il est parti des travaux de James Watt qui a défini le "horse power" (cheval-vapeur) en 1782 correspondant à un travail équivalent à 33 000 pieds-livres effectué en une minute.
La puissance d'un cheval (en Cheval Vapeur) est donc calculée en multipliant la force agissant en livres par la vitesse à laquelle il se déplace en pieds par minute, divisée par 33 000.

Par exemple, si un cheval exerce une force de traction de 175 livres (80 kg) tout en se déplaçant à une vitesse de 2,5 miles par heure (4 km/h) soit 220 pieds par minute (67 m/mn), la puissance développée est de 175 fois 220 ou 38 500 divisée par 33 000 soit 1.1/6 CV.

Mais E.V. Collins s'aperçoit que contrairement à l'opinion générale, l'estimation de Watts de la capacité de travail d'un cheval basé sur ses tests n'était pas d'un cheval-vapeur, comme il en a établi l'unité, mais seulement des deux tiers de celui-ci.

Ceci est expliqué par le paragraphe suivant tiré du U.S. Bureau of Standards Bulletin No. 34 : L'unité de puissance du cheval-vapeur utilisée à l'heure actuelle pour mesurer le travail effectué par les machines, a été créé par James Watt, à qui on attribut le premier moteur à vapeur commercial.
Quand Watt a commencé à proposer sa machine sur le marché, il a été nécessaire d'avoir une unité de mesure pour définir sa capacité. Comme les chevaux étaient les "moteurs animés" les plus utilisés à l'époque, il était naturel que le "travail-moteur" de la machine soit comparé à celui des chevaux.


L'expérimentation de Watt et Boulton pour fixer la valeur du horse-power (cheval-vapeur) : "Trad. : Premier appareil utilisé pour tester la puissance des chevaux"

Cette unité de mesure de la puissance a été définie expérimentalement par Watt et son partenaire d'affaires, Boulton.
Ils ont emprunté des chevaux de trait lourds à la brasserie Barclay et Perkins à Londres et les ont fait tirer horizontalement un poids du fond d'un puits profond, avec une corde passant sur une poulie.

Ils ont déterminé qu'un cheval pouvait soulever commodément un poids de 100 livres (45 kg) attaché à l'extrémité de la corde en marchant au rythme de 2 milles et demi par heure ou 220 pieds par minute (4 km/h). Soit 220 x 100 = 22 000 pieds-livres/mn.
Cependant, Watt, afin de tenir compte de la friction dans son système et pour une "bonne mesure", a ajouté 50 pour cent à cette quantité, établissant ainsi 33 000 pieds-livres par minute, ou 550 pieds-livres par seconde la valeur du cheval-vapeur et donc l'unité de puissance.

NDLR1 : Il est à noter que le Cheval-vapeur n'est plus une unité du système métrique actuel (système SI).
NDLR2 : Le Horse-Power (hp) anglais vaut 746 w et le Cheval-Vapeur français (abréviation : ch et pas CV qui est le cheval fiscal) vaut 735,5 w

E.V. Collins décide donc de réaliser ses propres mesures en inventant des appareils de mesure plus efficaces.
Car bien que des dynamomètres soient déjà disponibles à cette époque, ils ne mesuraient que la force nécessaire pour déplacer une charge.
Or cette force varie en fonction de l'état de surface sur laquelle la charge est tirée et la force nécessaire pour démarrer la charge est aussi beaucoup plus grande que celle requise pour le maintenir en mouvement.

Afin de mesurer avec précision la force de traction d'un cheval, le professeur Collins a dû concevoir une machine qui a besoin de la même force de traction au démarrage et pour se maintenir en mouvement.


Trad. : Méthode simple pour appliquer une charge uniforme au cheval central.

Il construit un système simple de traîneau à poids tiré par 3 chevaux, mais dont seul le cheval central est testé.
Quelque soit l'état du terrain, le cheval central tire toujours le même poids, mais par contre, on doit mobiliser 3 chevaux pour en tester un seul.

Collins décide alors de réaliser un chariot-dynamométrique qui permettra de tester une paire de chevaux (les américains attellent quasi exclusivement en paire) sur une grande distance et à l'allure du pas ou du trot.

Le premier chariot dynamométrique.

E.V. Collins a commencé avec un châssis d'un "International Harvester Auto Wagon" avec le moteur, la boîte et la carrosserie enlevés, mais en conservant le système de transmission et les freins.


Photo d'un International Harvester (IH) Auto Wagon de 1909.

De chaque côté, un palonnier était attaché à un câble coulissant sur des poulies jusqu'à l'arrière du chariot, à l'extrémité duquel était suspendu un poids.

Quand une paire de chevaux était attelée aux 2 palonniers et qu'elle tirait, les poids montaient dans leurs guides verticaux jusqu'à ce qu'ils buttent en fin de course et que le chariot se mette à avancer.

Pour maintenir la charge constante et les poids en position centrale sur les guides, une certaine résistance au mouvement du chariot était cependant nécessaire.


"Trad. : Schéma de principe de la machine utilisée pour tester les chevaux dans un travail de charge normale."

Pour fournir cette résistance, une pompe rotative a été montée de sorte qu'elle soit entraînée par une poulie et une courroie fixée sur l'essieu du véhicule. L'entrée de la pompe était raccordée au bas d'un réservoir de 10 gallons (autour de 40 litres). Un autre tuyau partait du haut du réservoir jusqu'à une vanne de régulation rotative puis à la sortie de la pompe.

Cette vanne, lorsqu'elle était fermée, empêchait la circulation du fluide et la rotation de la pompe, bloquant efficacement les roues du chariot.

La soupape était reliée aux poids de sorte que lorsque les poids se trouvaient au bas de leur course, la soupape était fermée et les roues étaient bloquées, offrant une résistance maximale au mouvement vers l'avant. Au fur et à mesure que la paire de chevaux tirait, les poids montaient, ouvrant graduellement la soupape, jusqu'à ce qu'en haut de leur course, la soupape soit grande ouverte et le chariot roule facilement.

Une fois réglé correctement, le chariot devait se déplacer juste assez vite pour maintenir les poids suspendus pendant le déplacement.


"Trad. : Dynamomètre construit pour tester les chevaux dans un travail de charge normale."

La chose n'a pas très bien fonctionné au début, mais après plusieurs essais et modifications, le dynamomètre a rempli sa mission.
Avec cette machine, l'effort de traction requis de chaque cheval, ainsi que la capacité d'une paire à tirer continuellement une charge sur une longue période, pouvaient être testés.

Il a ainsi été mesuré que les chevaux pouvaient, sans fatigue excessive, exercer un effort de traction d'un dixième à un huitième de leur poids (70 à 75 kg pour un cheval de 700 kg) tout en parcourant un total de 20 miles par jour (33 km).

Un second chariot-dynamométrique.

Une deuxième machine plus grande et plus lourde a été construite sur le châssis d'un camion à quatre roues motrices "Nash Quad" dont le moteur a été remplacé par une grosse pompe rotative. La pompe était entraînée par les quatre roues via la transmission du camion et les arbres d'entraînement (fig 5).


"Trad. : Schéma du premier Chariot-Dynamomètrique construit pour déterminer l'effort maximum d'une paire de chevaux. Cette machine est brevetée et appartient au collège (Iowa State College de Ames)."

On a fixé des poids en béton au bout d'un câble unique tiré par un palonnier double. Ce dynamomètre pouvait fournir une résistance à la traction de 4100 livres (1900 kg).

Dans une thèse écrite en 1924, Kenneth J. Maltas, un étudiant de l'Iowa State, décrit la seconde machine : "Quand une paire commence à tirer sur le câble, les roues sont pratiquement verrouillées, de sorte que la première action est d'élever les poids. Lorsque ces poids atteignent un certain point, un bras qui est relié aux guides ouvre automatiquement une soupape du côté refoulement de la pompe et celle-ci offre alors très peu de résistance à la rotation des roues" fig6.


"Trad. : Chariot-Dynamomètrique construit pour tester l'effort maximum de traction d'une paire de chevaux (ici présenté à une manifestation)."

Lorsque les roues sont déverrouillées, le chariot dynamométrique avance automatiquement juste assez vite pour maintenir les poids suspendus.

La hauteur à laquelle les poids sont soulevés n'a aucune importance, tant qu'ils ne frappent pas le haut ou le bas des guides et fournissent une mesure précise de la traction exercée par les chevaux.

L'état de surface du sol sur laquelle le chariot dynamométrique roule na pas d'influence sur la traction. La charge de départ n'étant évidemment pas supérieure à celle requise pour maintenir la machine en action.

A suivre dans un prochain billet...

lundi 23 juillet 2018

Des Mesures Dynamométriques du Professeur Collins aux concours de Pulling aux États Unis, de 1920 à nos jours (1ère partie)

Dans le cadre de l'étude du Tractomètre Le Bihan (inventé à la demande du colonel Charpy), voir précédent billet ici, je vous avais promis des précisions sur les dynamomètres utilisés dans les concours américains de Pulling.


Une image célèbre de concours de pulling au États-Unis...

NB : tous les concours de pulling ne font pas appel à des dynamomètres (souvent montés sur des camions), certains utilisent simplement des traîneaux comme ci-dessus, l'effort dépend alors de la charge mais aussi de l'état du terrain (ce qui est plus difficile à apprécier et aussi à comparer d'un concours à un autre).

Les dynamomètres, (quand ils sont utilisés), ont été, à l'origine, mis au point par le Professeur Edgar V. Collins pour l'étude de la puissance des chevaux de travail (au sein de l'Iowa State College of Agriculture and Mechanic Arts de Ames) et ensuite seulement ils ont été utilisés dans les concours.

Mais tout d'abord, voici (toujours tiré de la revue CHEVAL – ANE – MULET, Bulletin Officiel du Comité National Interprofessionnel des Chevaux et Mulets, janvier 1944 – 2è année – Numéro 1) les commentaires du colonel Charpy sur les concours de traction et en particulier sur la voiture Collins (que nous étudierons en détail bientôt) utilisée aux USA et en Allemagne.


Revue CHEVAL – ANE – MULET, Bulletin Officiel du Comité National Interprofessionnel des Chevaux et Mulets, janvier 1944 – 2è année – Numéro 1, page 4


Revue CHEVAL – ANE – MULET, Bulletin Officiel du Comité National Interprofessionnel des Chevaux et Mulets, janvier 1944 – 2è année – Numéro 1, page 5


Revue CHEVAL – ANE – MULET, Bulletin Officiel du Comité National Interprofessionnel des Chevaux et Mulets, janvier 1944 – 2è année – Numéro 1, page 6


Revue CHEVAL – ANE – MULET, Bulletin Officiel du Comité National Interprofessionnel des Chevaux et Mulets, janvier 1944 – 2è année – Numéro 1, page 7

Et pour comprendre les critiques du colonel Charpy sur la voiture Collins et les concours américains, voici 2 courtes vidéos assemblées (USA-Michi-GreatLakes-Dynamometer-horse-pulling-2012 et USA-Mich-Saline-Lightweight-Horse-Pulling-2010 empruntées à pegasuspinto et banjokat) de Concours de traction au dynamomètre pour les chevaux (Dynamometer Horse Pulling) tournées en 2010 et 2012...

Ces vidéos ne sont pas de très bonne qualité mais vous permettront de mieux comprendre le principe de ces concours.

À observer : les masses indiquées sur le camion, en pounds (lbs) qui correspondent aux efforts de traction fournis (1 lbs = 0,45 kg), soit :
2800 lbs pour 1270 kg
3000 lbs pour 1360 kg
3200 lbs pour 1451 kg
3400 lbs pour 1542 kg
Ce qui est considérable !

À observer : le système de câbles qui monte les masses verticalement dans leur cage (elles doivent rester au milieu pendant la traction) et le bruit de la pompe hydraulique qui ralentit le camion et maintien la tension.

À observer aussi : la distance de traction (27,5 pieds soit 8,38 m) mesurée avec une pige verticale qui est tirée par une corde fixée au camion et bascule quand cette distance est atteinte (indiqué au meneur par un coup de sifflet)...

La suite dans la deuxième partie...

samedi 14 juillet 2018

Il faut sauver le Tractomètre "Le Bihan" du Haras de Lamballe... (3ème Partie)

Suite des billets "Il faut sauver le Tractomètre "Le Bihan" du Haras de Lamballe... (1ère Partie)" visible ici... et 2ème partie visible ici...

Présentation du fonctionnement du Tractomètre "Le Bihan" par le colonel Charpy dans la Revue CHEVAL – ANE – MULET, Bulletin Officiel du Comité National Interprofessionnel des Chevaux et Mulets, janvier 1944 – 2è année – Numéro 1, par le Colonel Charpy.

Cette présentation est plus complète et plus pédagogique que cette de Yves-Marie-Francis Le Bihan dans ces dépôts de brevet (ce qui est bien logique dans la mesure où un brevet doit protéger l'invention d'un auteur et ne donner que les indications techniques strictement nécessaires à la démonstration de l'originalité de l'invention).


Revue CHEVAL – ANE – MULET, Bulletin Officiel du Comité National Interprofessionnel des Chevaux et Mulets, janvier 1944 – 2è année – Numéro 1, page 10.


Revue CHEVAL – ANE – MULET, Bulletin Officiel du Comité National Interprofessionnel des Chevaux et Mulets, janvier 1944 – 2è année – Numéro 1, page 11.


Revue CHEVAL – ANE – MULET, Bulletin Officiel du Comité National Interprofessionnel des Chevaux et Mulets, janvier 1944 – 2è année – Numéro 1, page 12.

Pour les plus techniciens d'entre-vous, je vous ai fait un petit montage chronologique des 3 schémas techniques du tractomètre "Le Bihan".

Évolution chronologique des schémas de fonctionnement du tractomètre Le Bihan 1942 - 1944

Nous verrons dans un prochain billet comment, à la même époque, de l'autre côté de l'Atlantique, les américains envisageaient les mesures d'efforts avec une toute autre philosophie...

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