Hippotese, Le cheval de Travail

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lundi 24 février 2025

Theorie et pratique du labour avec le livre "Machines Agricoles" de Tony Ballu (1948)

Lors des stages de formation "travail en vigne" auxquels j'ai participé ces derniers temps avec le CERRTA en temps que "spécialiste" des mesures d'effort, il y a toujours beaucoup de questions sur le labour, les charrues, leur réglage...

Age, soc, talon, sep, contre-sep, étançon, versoir, rasette...
Soc à taillant droit, à grain d'orge, à bec de canard, la pointe dite "carré fixe" ou carrelet...
L'angle d'attaque, l'angle de rivetage...
Régulateur de traction en hauteur ou en largeur
6 page sur le coutre et son réglage...

Le domaine est vaste...

Et il faut dire que les modèles de charrues (vigneronnes et autres) sont très nombreux et que l'usure avancée de celles que l'on trouve d'occasion ne permet pas toujours de visualiser les angles avec précision...

J'ai cherché dans mes archives un manuel qui fasse le tour de la question de manière didactique, j'ai trouvé le livre de Tony Ballu de 1948 : Machines_agricoles (612 pages) consultable en ligne (voir ci-dessous) et téléchargeable (près de 300 Mo quand même).

La lecture de tout le livre est intéressante et je vous ai fait un petit pdf de la table des matière ici pour info

Mais déjà l'étude attentive du chapitre 3 consacré au labour répondra à beaucoup de questions.

Je vous ai fait un pdf (26 Mo) du chapitre 3 dont j'ai enlevé la partie "pseudo-labour" consacrée aux houes et herses pour gagner 10 Mo ici

Et pour ceux qui veulent aller consulter en ligne tout le livre ou le télécharger c'est ci-dessous

mardi 21 janvier 2025

Fabriquer sa graisse à cuir, la recette d'Hippotese

Le mois dernier, Claire (merci à elle), une woofeuse de passage à la maison, a proposé de profiter de la nuit précoce, au coin du feu, pour graisser mon collier et mon harnais avec de la graisse à cuir que nous avions fabriqué, tous ensemble lors du dernier stage d'autoformation Hippotese, à Villers sous Chalamont, en novembre 2011.

La graisse susdite, n'a pas bougé et garde toutes ses qualités, 13 ans après sa fabrication.

Ça fait un bout de temps que je voulais faire un billet avec la recette, qu'avait noté, à l'époque, de sa belle écriture, Laurent "Accordéon".

Comme d'hab, j'ai ajouté quelques photos d'ambiance...

Et d'abord, la recette...


Recette de graisse à cuir "Hippotese"...


Faire fondre la graisse (ici de la graisse de cheval, récupérée à l'abattoir, merci Arthur), à feu doux, sans bouillir...
C'est l'étape la plus difficile (à l'odeur), on peu ajouter des branches de genévrier, des fleurs (même fanée) de lavande,...


Séparer les graillons, remuer toujours...


Baisser (couper) le feu, incorporer de la cire d'abeille et éventuellement du colophane, remuer...


Filtrer, remuer...


Ajouter les huiles essentiels, remuer... À plusieurs, chacun y va de son conseil olfactif...


Remuer, remuer... Il faut que les huiles essentiels se répartissent uniformément dans la masse visqueuse...


Mettre en pots, laisser refroidir...

Conseil de pro : Avant d'utiliser, si trop dure, on peut faire réchauffer à feu doux la graisse et l'appliquer au pinceau, puis frotter avec un chiffon pour faire pénétrer...

mercredi 1 janvier 2025

Le charbonnier Joseph et Hippotese vous souhaite une Bonne Année 2025 !

Il fut un temps où les combustibles étaient locaux et renouvelables car issus de la forêt...

Pas sûr que l'on puisse y revenir, à moins de baisser fortement notre consommation et de rouler au gazogène...

Mais un jour peut-être (sûrement ?), les enfants de nos enfants n'auront pas d'autres choix et que ce charbon de bois et la traction animale reprendront la place qu'ils ont laissé il y a seulement 3 ou 4 générations (mon grand-père était de 1902)... Pas si loin en fait...

Au nom de tous les membres actifs d l'association Hippotese : je vous souhaite une Bonne Année 2025 !

mardi 31 décembre 2024

Retour sur l’utilisation du Porte-outils Flex sur notre ferme en Drôme

Ivan Wassermann nous a envoyé un petit compte-rendu des tests qu'il a fait sur 2 saisons avec le Flex.
J'ai ajouté les 4 pages du doc technique du Flex, capturé sur le site du constructeur (https://www.noieilcavallo.org/flex/). J'ai aussi ajouté une petite vidéo en utilisation, filmée en 2017 à Tec-n-Bio (avec des mesures de force au Dataffiheur) et une vidéo du site du constructeur.

À la ferme de St Ferréol dans le Diois, nous (David et Ivan) cultivons, plantes médicinales, céréales et maraîchage de plein champ sur 15 ha. Nous essayons de réaliser le plus d’actions agricoles en traction animale quand cela est possible et envisageable.


(Préparation du lit de semence avec le FLEX et David à St Ferréol, photo Ivan Wassermann)

Pendant deux saisons nous avons utilisé le Flex principalement pour la préparation du sol pour le maraîchage de plein champs et les céréales.


(Intervention à la herse étrille sur céréales avec le FLEX à St Ferréol, photo Ivan Wassermann)

Petit rappel ! Le Flex est un porte-outil développé par Albano Moscardo (https://www.noieilcavallo.org, albano.moscardoCHEZgmail.com), constructeur italien de matériel moderne de traction animale.


(Document technique du FLEX, P1/4, photo noieilcavallo.org)


(Document technique du FLEX, P4/4, photo noieilcavallo.org)

Ce porte-outil à quatre roues (2 roues avant, jumelées comme sur les anciens cultivateurs) avec relevage hydraulique manuel est conçu pour être tiré par deux chevaux de front. Il est bien adapté pour la préparation de sol.


(Le châssis du FLEX est inspiré des cultivateurs traditionnels, photo Loiselet)

Albano Moscardo fabrique deux modules porte-dents qui s’adaptent au porte-outil : un griffon et un vibroculteur avec rouleau émietteur.


(Document technique du FLEX, P2/4, photo noieilcavallo.org)


(Document technique du FLEX, P3/4, photo noieilcavallo.org)

Les différents modules se montent sur le porte-outil via trois boules d’attelage (type remorque voiture).


(Le FLEX avec sa herse étrille, photo Ivan Wassermann)

Nous avons également finit la conception d’un module de herse étrille. Ce module avait été commencé par Trifin Gloaguen, financé par Hippotese, en 2021, sur une conception de l’Atelier Paysan (Thomas Peyre).
Ce module reprend d’ailleurs en partie la structure de la herse étrille que propose ce dernier. Ce module s’utilise très bien pour le désherbage des céréales à la sortie de l’hiver. De plus, il est relativement peu tirant, et donc idéal pour remettre les chevaux au travail pour la saison.

Nous avons principalement utilisé le module de vibroculteur (petites dents + rouleau émietteur), qui nous a permis de bien préparer notre sol pour la plantation des pommes de terres et oignons (0,5ha), ainsi que pour le semis de seigle (0,5ha) et d’orge (0,5ha).

Dans l’ensemble nous sommes vraiment satisfaits de ce porte outil et des différents modules qui s’y adaptent et nous projetons d’en faire l’acquisition pour la saison prochaine.


2 à 3 passages de FLEX ont été nécessaires pour faire un semis ou une plantation, photo Ivan Wassermann

Itinéraires techniques :
Pour des raisons de sols très argileux et de météo nous avons pour le moment principalement utilisé le Flex après un premier passage de vibroculteur au tracteur, passage qui n’avait pas permis d’obtenir une préparation de sol satisfaisante pour un semi, ni une plantation.
Sur un sol nu (chaume de sarrasin après moisson et passage de l’hiver), chez nous deux à trois passages de Flex se sont avérés nécessaires pour faire semis ou plantations.

Dans une projection future nous pensons utiliser le Flex pour la reprise d’un labour d’automne, labour fait à cheval bien évidement. Un ou deux passages seront nécessaires pour les semis d’automne. Nous projetons également de développer d’autres modules, un émietteur/émotteur, cover-crop. Avis aux amateurs-trices intéressés-ées de prendre contact avec nous ! (wassermann.ivanCHEZlaposte.net).

Points techniques sur le fonctionnent de l’outil :
- Le changement des modules se réalise assez facilement grâce au levage hydraulique du porte outil et aux trois boules d’attelage qui servent d’amarrage entre les modules et la structure porte-outil.
- L’ensemble reste très roulant et mobile, une personne suffit pour faire le changement de module. (sur sol plat et stabilisé bien sûr – et pour nous sur béton dans un bâtiment).
- Le relevage hydraulique est simple et rudimentaire : une pompe double effet (montée et descente), 3 mètres de tuyau et un piston. Il reste très efficace pour le relevage en bout de champs, trois aller-retours sur le levier suffit à lever les modules du sol. Un inverseur permet de changer de position, levage ou descente, facilement.
- Le terrage du module ainsi que son angle d’attaque sont réglables. Ces réglages se réalisent par de simple vis et est facile à réaliser quand l’outil/module n’est pas en tension. Une certaine connaissance/familiarisation avec l’outil est tout de même nécessaire pour comprendre son fonctionnement et l’utiliser sans effort.
- La largeur de travail est d’environ 1,20 mètre.

Remarques – pistes d’amélioration
- Nous avons mis des repères pour indiquer le sens d’action du levier de relevage (levage ou descente).
- La vis de réglage du terrage est un peu courte, un à deux centimètres de plus permettraient d’avoir plus de choix sur la hauteur de l’outil, notamment pour faire un travail plus superficiel.
- Le travail sur un sol très argileux comme c’est le cas chez nous, demanderait presque plus de puissance de traction que deux chevaux, au vu du travail du sol fourni par les modules.
- Il n’est pas possible d’adapter un siège sur la structure il faut marcher à coté, mais cela nous convient. La solution que propose Albano Moscardo est d’atteler le Flex à un avant train, voir la vidéo du site du constructeur (en fin de billet).

Ivan et David


Ivan Wassermann et son cheval Tarik en démonstration à Tec-n-Bio 2023


En 2017, à Tec-n-Bio, nous avons fait quelque démonstrations du porte-outils Flex de Noieilcavallo qu'Hippotese venait d'acquérir.
Nous en avons profité pour faire quelques mesures d'efforts avec le Datafficheur.
Cette petite vidéo vous présente ces essais.


NB : Comme indiqué en fin de vidéo, les mesures au Datafficheur ont été réalisées sur un seul cheval, Les données lues (que vous entendez en fond sonore) sont donc à multiplier par 2. Le Flex demande donc dans ce terrain (très caillouteux) une traction moyenne de 180 à 240 kgf (1800 à 2400 N).

Le Flex peut aussi être attelé à un avant-train. Voici une vidéo de présentation chez Albano Mascardo, son constructeur, issue de son site https://www.noieilcavallo.org/flex/.

dimanche 15 décembre 2024

Quelques conseils de lecture, des livres que vous pourrez (vous) offrir pour noël

Voici quelques livres autour de la Traction Animale, que j'ai beaucoup apprécié ces dernières semaines...

Le cheval en robe de mariée - Des marchands de chevaux en France. 1880-1980. Bernadette Lizet.

Date de parution : 2024, Editeur : CNRS, Nombre de pages : 360, prix : 25 €, isbn : 978-2271147226

Dans ce livre remarquable, l’ethnologue Bernadette Lizet retrace la vie d’une famille de marchands de chevaux entre 1880 et 1980.

De l’opulence à la disparition de la profession. On découvre ainsi les subtilités d'une culture et d'un art du négoce, et c'est tout un pan méconnu, de l'histoire rurale de la France se révèle à nos yeux.

Nous suivons l'histoire de trois générations de maquignons qui déploient un éclatant savoir-faire et une relation intéressée, mais aussi intime, profonde, entre l'animal voué au travail et ses acheteurs.

À pied ou en train, pendant plus d'un demi-siècle, ces voyageurs acharnés, les Perraguin, maquignons de père en fils de 1880 à 1980, ont placé des dizaines de milliers de poulains de Bretagne chez le paysan, l'artisan ou l'entrepreneur sur tout le Centre et l'Est de la France.

Daniel et ses frères bonimentent. Ils aiment donner la leçon aux orgueilleux et aux " petits-clients " en défendant leur honneur et leur respectabilité.

Ils furent les derniers héritiers d'une longue histoire, d'un art de conduire les affaires en foire, dont ils maîtrisaient tous les codes et les secrets.

À partir de centaines d'heures d'entretiens, de carnets et documents, Bernadette Lizet construit ici un récit précis et sensible. Elle nous plonge dans la vie des marchés aux chevaux, là où se pratique le " vol honnête ", où les wagons de poulains arrachés à leurs mères traversent le pays en une nuit, où l'on masque leurs défauts et leurs tares, en les habillant en " robe de mariée ".


La ronde des bêtes - Le moteur animal et la fabrique de la modernité - François Jarrige

Date de parution : 2023, Editeur : CNRS, Nombre de pages : 456, prix : 25 €, isbn : 978-2348076718

Cet ouvrage, fruit d'une longue enquête, se propose de retracer l'histoire longue du moteur animal, de ses mutations et de sa contribution à la fabrique du monde moderne.

Désormais oubliée, ou considérée comme une pratique périmée, la mobilisation des animaux tournant en rond pour produire de la force et actionner des appareils mécaniques a pourtant accompagné l'expansion de l'Europe, nourri l'extractivisme, offert un moteur bon marché aux premières usines comme aux paysans, avant d'inspirer les recherches contemporaines d'alternatives aux combustibles fossiles.

Le travail des animaux offrait en effet une source d'énergie familière, flexible et bon marché, incarnant un "progrès avec prudence" alors que s'installaient l'Anthropocène et ses grands équipements.

L'exhumation de cette pratique, depuis ses premiers usages antiques jusqu'à son apogée au XIXe siècle, puis sa survie souterraine jusqu'à aujourd'hui, vient interroger la condition animale et les enjeux énergétiques en décalant les regards habituels. Explorer le rôle et les usages de l'animal prolétaire permet de penser l'évolution du statut des bêtes, mais aussi les liens qu'elles entretiennent avec les autres acteurs au travail.

Alors que les appels à décarboner et à sortir des énergies fossiles se multiplient, ce livre s'efforce de retrouver des modes de vies oubliés et de redonner à voir des collaborations entre humains et non-humains largement invisibilisées par les récits dominants.

Nous aurons prochainement l'occasion de revenir sur les manèges en présentant notre première expérimentation, lors de l'AG d'Hippotese...


And last but not least

Brèves de Mules - Anecdotes et petits récits - ouvrage collectif et associatif

Date de parution : 2023, Editeur : Auto-édité, Rémy Pipet, Nombre de pages : 244, prix : 15 €, isbn : 979-1041516339

"Brèves de mules" est un ouvrage collectif et associatif composé de 95 petits récits et anecdotes croustillantes, drôles ou émouvantes, illustrant à la fois le bonheur et les difficultés de côtoyer cet animal, peu connu du grand public.

Des récits très courts, d'autres de plusieurs pages, des tranches de vie, de petites anecdotes, des ressentis très personnels, au final un patchwork d'histoires variées à la lecture desquelles on peut se faire une idée de la spécificité, du tempérament, des qualités incroyables de la mule, et de ce que représente la relation avec cet animal.

La lecture de ces récits devrait enchanter ceux qui connaissent déjà bien notre hybride, et peut-être donner à d'autres l'envie de l'approcher !

Le livre n'a donc pas d'auteur, mais 67 co-auteurs. Il comporte une cinquantaine de photos et autant de dessins, réalisés par une vingtaine d'illustrateurs. Composé de 244 pages et de très bonne facture, son objectif est de mieux faire connaître cet animal hybride qu'est la mule (le mulet si c'est un mâle !), car les livres sur le sujet sont rares en langue française.

Les associations "La Maison du Mulet" et "HIPPOTESE" ont participé financièrement à la réalisation de ce livre, ainsi que plusieurs adhérents de l'association des CALC (Cavaliers Au Long Cours).

A l'initiative de cette idée, Rémy, membre de ces trois associations, a joué le rassembleur d'histoires et réalisé la mise en pages du livre avec l'aide indispensable de Véronique, son épouse.

Pour se procurer ce livre, vendu 15 euros (plus les frais de port le cas échéant), vous pouvez aller sur Hello-Asso-Hippotese (en plus, on gagne quelques euros...).

lundi 9 décembre 2024

Influence de la pente sur les efforts produits par le cheval de travail (suite)

Voici l'étude plus scientifique d'un cas plus général de calcul des efforts dus à la pente.

Cette étude complète le billet précédent sur ce sujet, voir ici... et pourra intéresser les utilisateurs d'équidés qui font du transport par exemple.


Cas général de l'influence des efforts dus à la pente

On peut remarquer dans ce schéma qu'il ne s'agit pas de travail à l'aide d'un outil aratoire, mais le raisonnement reste le même.

Les efforts propres au travail du sol (résistance de la terre que l'on déplace), sont ici comparables aux efforts dus au frottement (essieu, pneus...) quand nous sommes dans le cas d'un engin à roues.

Ces efforts ne sont pas représentés sur ce schéma, ni l'énergie dépensée par le cheval pour se mouvoir sur le plat (à vide, un cheval qui marche sur le plat, dépense de l'énergie). Nous n'étudions ici que la variation de ces efforts dus à la pente.

Rappel des formules de physiques qui nous intéressent ici :


Rappel des formules de physique en jeu ici...

Quelques exemples pour illustrer :

Un cheval de 700 kg, tire une charrette de 800 kg sur le plat à 5 km/h (1,39 m/s), le coefficient de frottement est de 0,02 (2 %, ou 20 kg/tonne), soit 800 x 0,02 = 16 kg.
La puissance mise en jeu sur le plat est P = F x V soit P = 16 x 9,81 x 1,39 = 218 w

Sur une pente de 5%, en regardant les formules, on a en plus :
P = (M1 + M2) x 9,81 x pente x V = (700 + 800) x 9,81 x 0,05 x 1,39 = 1500 x 9,81 x 0,05 x 1,39 = 1023 w
On prend en compte ici, le surplus de puissance dû à la traction de la charrette en pente et le surplus de puissance dû au déplacement du cheval lui-même.

On passe donc de 218 w à 1023 + 218 soit 1241 w, soit 1241/218, ou 5,7 fois plus !

On peut recalculer en imaginant baisser la vitesse de déplacement dans la pente et passer de 5 km/h à 3,6 km/h (1 m/s).
La puissance mise en jeu est de P = F x V = 16 x 9,81 x 1 = 157 w
Et avec la pente de 5% :
P = (M1 + M2) x 9,81 x pente x V = (700 + 800) x 9,81 x 0,05 x 1 = 1500 x 9,81 x 0,05 x 1 = 736 w

On est maintenant à 157 + 736 = 893 w, et donc 893/218, soit 4 fois plus ! (que sur le plat à 5 km/h).

Une route avec une pente de 5% est très courante. On voit que la puissance demandée augmente très fortement et il faut en tenir compte. On voit aussi que le fait de baisser la vitesse de déplacement permet de réduire d'un tiers l'effort du cheval dans la pente.

Pour mémoire, nous avions déjà parlé de tout cela dans un précédent billet ici, mais sans prendre en compte l'effort supplémentaire du cheval pour se mouvoir lui-même dans la pente.

vendredi 6 décembre 2024

Influence de la pente sur les efforts produits par le cheval de travail

De nombreux prestataires en vigne ou vignerons, utilisent leur chevaux dans la pente.

Si parfois, ils choisissent de ne travailler qu'à la descente (et donc de remonter à vide) ils leur arrivent aussi de travailler à la montée et à la descente en alternant les passages d'une fois sur l'autre pour limiter l'effet de l'érosion (en particulier sur le rang descendant).

On peut donc se demander quel effort (supplémentaire) on demande à nos "collègues équidés" dans cette situation pendant la montée.


Morgane et Alice pendant une formation CERRTA "vignerons du Jura" en avril 2024

Tentons une estimation rapide...

On sait que la Puissance (W) = Force (N) x La Vitesse (m/s) P = F x V

On peut prendre un exemple pour comprendre : À plat, 1 cheval de 700 kg qui tire un outil de 20 kg à 1 m/s avec un effort de 70 kg (à peu prés 700 N) développe une puissance de 700 w mesurée (pour la traction de l'outil) + l'énergie propre à son déplacement horizontale (non mesurée et que nous négligerons ici).

En première approche, on considère que l'énergie due au travail du sol ne change pas dans la pente (même travail aratoire) mais que s'y ajoute une énergie nécessaire à l'élévation verticale de la masse du cheval et de celle de son outil.

C'est ce supplément qui nous intéresse ici...

Donc, le même cheval qui se déplace en travaillant à la montée sur une pente de 10% (5,7°), dans les même conditions de sol, d'outil et de vitesse, développe toujours une puissance de 700 w pour le travail, mais élève en plus chaque seconde de 10 cm (0,1 m) sa masse et celle de l'outil, soit 720 kg.

Cela revient à tirer verticalement 720 kg (7200 N) à la vitesse de 0,1 m/s soit développer une puissance supplémentaire de 720 w (rappelez-vous la démonstration de watt sur la 2ème diapo du billet sur les mesures d'efforts ici).

Le cheval fourni donc dans ce cas (pente à 10 %) une puissance de 720 + 700 = 1420 w (Plus de 2x plus qu'à plat) ou l'équivalent d'un effort de 142 kg sur du plat (qui est un effort important).

Le même cheval sur une pente à 20 % (11,3°) 7200 N x 0,2 m/s = 1440 w soit 1440 + 700 = 2140 w (Plus de 3x plus qu'à plat) ou l'équivalent d'un effort de 214 kg (qui est un effort très important).

Le même cheval sur une pente à 30 % (16,7°) 7200 N x 0,3 m/s = 2160 w soit 2160 + 700 = 2860 w (Plus de 4x plus qu'à plat) ou l'équivalent d'un effort de 286 kg (qui est un effort à ne demander que de manière limité dans le temps).

Il faut donc être bien conscient des efforts supplémentaires que l'on demande à un cheval sur un terrain en pente.

En vigne, une pente de 10 % (5,7°) est courante, une vigne de 20 % (11,3°) fréquente et certaines parties de vigne atteignent parfois les 30 % (16,7°). Nous avons mesuré en Jura des vignes qui finissent en haut de parcelle à 19° (34,4 %) voir 20° (36,4 %).

Si l'on souhaite travailler ces parcelles à la montée, il faudra gérer les temps de récupération (la descente peut être considérée comme un temps de récupération) et les temps de pause. Il faudra aussi être attentif à l'échauffement (commencer par des rangs peu pentus), surveiller la fréquence cardiaque de l'animal et limiter le temps global de travail (répartition sur plusieurs jours de l'intervention, ou sur plusieurs chevaux, par exemple).

Une autre possibilité est de réduire la vitesse de travail et de cadencer le pas, en effet le cheval a tendance spontanément à accélérer dans les montées, ce qui est contre-productif. Il faut au contraire le ralentir...

Et évidemment, le choix d'un cheval adapté (plus léger, plus trapu) et au pas naturel plus lent est à privilégier.

Nous poursuivrons notre réflexion avec une étude de cas plus général dans un prochain billet...

lundi 2 décembre 2024

Débardage de voiture en talus, Il faut bien calculer... (suite, vidéo et photos...)

Pour compléter mon billet précédent sur le débardage de voiture en talus, voici une petite vidéo et quelques photos qui vous permettront de vous imprégner de l'ambiance du chantier...










jeudi 28 novembre 2024

Débardage de voiture en talus, Il faut bien calculer...

On nous demande parfois de sortir des objets (grume, carcasse de voiture...) tombés en contrebas d'un talus, en général sur des chemins peu accessibles, en bord de rivière ou dans des sites sensibles.

Il est intéressant, avant d'accepter la mission, d'évaluer l'effort nécessaire afin de dimensionner le système technique à prévoir et pouvoir évaluer son coût et/ou sa faisabilité.

Je vais vous montrer sur un exemple récent, que l'on peux sous-estimer la difficulté, en négligeant de faire des observations précises et quelques calculs de physique au préalable...

Je vous présente le projet tel qu'il m'a été soumis par Noémie. Il s'agit de sortir d'un talus une voiture (206 Peugeot) pour la remonter sur un chemin dans une forêt de Chartreuse.

Voici les 2 photos qu'elle m'a envoyé...

Que j'ai bricolé pour en faire une seule...

Là dessus, j'ai estimé à la louche un certain nombre de paramètres et j'en ai conclu "fingers in the nose" qu'il n'y avait pas de difficultés.

Ma première analyse :

- Une petite voiture 206, autour de 800 kg, à tirer sur 10 mètres.
- Un point d'accrochage existant, solide et bien placé (arbre, croix jaune).
- Un chemin de halage, légèrement descendant, en ligne droite de plus de 50 m de long. A priori avec un sol peu glissant.

Ma 1ère solution :

Un mouflage quatre brins avec 4 poulies ciseaux PC16 et un câble acier 6 mm de 50 m doit suffire (je choisis le câble acier car il est moins sensible à l'usure par frottement que le câble synthétique).


Le petit croquis d'explication que j’avais fait

N'ayant pas pu être personnellement présent sur les lieux le jour dit, pour raison médicales, Noémie, Pierre, Nina et Loup ont donc mis en place le système et réalisé le débardage de la voiture avec succès mais non sans difficultés. Voici le compte-rendu de Nina.


Chantier original en Chartreuse Récit de Nina Mas

Noémie adhérente à Hippotese et responsable de l’entreprise de prestation en TA « d’Un Seul Trait » est récemment arrivée en Chartreuse. Lorsqu’elle a présenté son projet à la commune, la mairie lui parle alors d’un chantier qui pourrait l’intéresser.

Une sortie de route étant vite arrivée une voiture s’est accidentée dans un ravin 5m sous la route. Chance pour le conducteur qui s’en sort sain et sauf car le ravin se termine une trentaine de mettre plus bas dans une rivière caillouteuse.

Noémie n’étant pas équipée, elle a fait appel a Hippotese pour son soutien matériel, technique et humain.

La demande de la municipalité de Saint Pierre d'Entremont (Savoie) est simple, sortir la voiture du ravin et la mettre sur la route. Ce qui n’était pas prévu et qui nous a rajouté environ deux heures de travail c’était de la traîner sur la route sur 50 mètres afin de l'amener sur un replat pour permettre à la dépanneuse de la récupérer sans difficulté.

Nous n’étions pas trop de 4 humains, 1 cheval, et deux caisses de matériel de mouflage pour répondre à la problématique du chantier. En plus de la réflexion technique en amont de Deny F.

Première étape, la veille du chantier officiel, afin d’aller repérer les lieux, comprendre le chantier, et mettre en place le matériel dont nous aurions besoin le lendemain.

L'étude sur place des conditions réelles nous a poussé à modifier le système envisagé. L’enjeu était de trouver la solution la plus pertinente pour remonter la voiture avec nos contraintes de terrain et le matériel à disposition.

Le mouflage prévu n'était visiblement pas suffisant (plus dur que prévu) et il a fallu augmenter le nombre de brins, ce qui a obligé à prévoir des reprises compte tenu de la longueur de câble à disposition.

Il fallait de plus absolument mettre en place un dispositif de sécurité pour s'assurer que la voiture ne redégringole pas en bas du ravin lorsque nous devions effectuer ces reprises ou en cas de rupture d'un élément tracteur (câble, mousqueton, chaîne d'accroche...).

Cette sécurité a été réalisée avec un câble synthétique, un moufle 6 brins. Le câble était enroulé d'un tour autour d'un arbre et repris en tension au fur et à mesure.

Nous avions le matériel d'Hippotese à disposition et nous avons dû en rajouter (notamment des câbles) une fois rentrés de l'étape de préparation.

Pour la plupart nous n’avions que très peu pratiqué les techniques de mouflage, c’était très formateur de devoir réfléchir ce chantier et bien sur d’être accompagnés de Pierre G. qui a pu nous partager son expérience.

Aux deux premières traînes du matériel à cassé, une chaîne d'accroche à l'emplacement d’une soudure et un crochet raccourcisseur mis en remplacement, sans doute trop faible (que nous n'avons pas retrouvé).

La suite de la matinée s’est déroulé sans autre aléa, la voiture a pu être tirée du fossé puis remontée sur la route.

Il aura fallu 1h30 de préparation la veille puis une matinée de 7h30 à 13h30 pour mener jusqu’au bout le chantier, soit 7h30 au total, à 4 personnes.

FIN


A l'écoute du récit de Nina, je me suis remis en question et j'ai tenté d'analyser mes erreurs...

Mes erreurs de jugement :

La première, a été de ne pas me rendre sur place pour analyser la situation, les photos déforment la réalité et aplatissent les perspectives. Et quand on a surtout une expérience pratique et expérimentale, on ne sent pas les choses si l'on n'est pas sur le terrain.
Pourtant Noémie m'avait invité à aller sur place, mais faute de temps et trop sûr de moi, j'avais décliné.
La seconde erreur a été d'envisager la situation comme si nous étions en faible pente et ne pas avoir mesuré la hauteur du déplacement de la charge, ni la pente naturelle du talus.
La troisième erreur est d'avoir sous estimé le poids de la voiture, une 306 fait 1000 kg (une simple interrogation du Net m’aurait renseigné), mais en fait, nous avions à faire à une Peugeot 307 hdi qui pèse, elle, prés de 1300 kg (une observation précise du terrain, on vous dit...).
Et enfin la quatrième est d'avoir sous estimé le frottement d'une épave, à laquelle il manquait 2 roues sur un sol meuble forestier en sous-bois (Noémie avait proposé de trouver 2 roues à la casse pour remplacer les 2 manquantes, j'avais refusé...).

Voici le dessin que j'aurai dû faire :


Et le schéma analytique que l'on peut en tirer...


Ma seconde analyse :

Nous avons un solide de 1300 kg de masse, à monter d'une hauteur de 7 m sur un plan incliné à 45°.
Nous ne connaissons pas la valeur du frottement de ce solide sur le sol (qui va augmenter l'effet du poids), ni celle du câble sur l'arête supérieur du talus car nous pouvons difficilement nous accrocher assez haut sur l'arbre pour éviter cette ligne de traction brisée (en fait, il y a 4 lignes de traction car 4 brins au moufle et donc 4 frottements).

Le poids de l'objet est égal à m x g soit 1300 x 9,81 = 12753 Newtons, ou 1275,3 daN ou 1275 kgf
Comme le talus est incliné à 45°, l'effet du poids (parallèle à la pente, en rouge) est : m x g x sin α, or sin α = sin 45° = 0,707
Donc l'effet du poids sur le plan incliné est 12753 x 0,707 = 9017 N soit 901,7 daN ou 902 kgf

Donc sortir cette voiture du talus, indépendamment du frottement, revient à lever verticalement une charge de plus de 900 kg sur une hauteur de 7 m !

Toujours en négligeant le frottement (parce qu'inconnu mais certainement pas nul), le cheval doit exercer un effort supérieur à 902 / 4 puisque nous avons 4 brins, soit 225,5 kgf, pour espérer déplacer la charge.

Pour info, un effort de 70 kgf est considéré comme standard, 140 kgf, comme fort et 210 kg comme très fort.

Mais en plus, contrairement à une traction comparable sur le plat, la charge voudra redescendre (elle pèse de tout son poids) donc la traction statique (à l’arrêt) ne peut pas être inférieur à cette valeur sinon, le cheval sera lui même entraîné en arrière...
Il faut donc prévoir de verrouiller la charge dans une position quelconque afin qu'elle ne tire pas le cheval en arrière si celui-ci s'arrête ou si on a besoin de faire des reprises ou encore en cas de rupture d'un éléments.


Bref, sur ce type de chantier (sur les autres aussi) :

  1. Il faut faire preuve d'humilité.
  2. Aller sur place, mesurer, calculer les efforts en jeu, se faire aider au besoin.
  3. Utiliser du matériel de qualité et éprouvé, surdimensionner les systèmes.
  4. Mettre en place un dispositif de sécurité indépendant du système principal.

Quelques photos et une vidéo du chantier, à suivre... ici

mercredi 27 novembre 2024

Manuel du ferrage standard

Lors de la journée technique "Chevaux de travail : Bientraitance et Sécurité" organisée par la nouvelle association "Cheval de travail en Suisse", Alexandre Valet, Maréchal-ferrant et intervenant, nous a distribué, un petit fascicule intitulé "Manuel du ferrage standard".

C'est un petit recueil d'une vingtaine de pages, destiné aux apprentis maréchal-ferrant suisse et aux propriétaires de chevaux afin qu'ils puissent avoir un repère d'évaluation d'un ferrage correct.

Quelque soit le choix d'entretien des pieds (pieds-nus ou ferrés) de vos chevaux, il contient des informations de base sur les aplombs, le vocabulaire et le pied que nous devrions tous connaître.

Vous pouvez le télécharger ici...

Si j'ai bien compris, il a été créé par la commission nationale des cours et examens de AM Suisse, Aarberg, 2028 (qui est la fédération des associations professionnelles de travail du métal en Suisse). Vous pouvez aussi le retrouver sur leur site.

Je vous propose le scan de quelques pages pour vous donner envie...


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dimanche 13 octobre 2024

Fabriquez votre Avant-Train avec Aurelien Gerboin

Nous savons tous que le premier équipement que doit avoir un utilisateur d'équidé de travail, surtout débutant, c'est un avant-train.

Il permet de se déplacer rapidement (et à plusieurs) tout en améliorant le dressage (en particulier à la mauvaise saison, quand les autres travaux sont moins nombreux).

Il permet, à moindre coût de faire des travaux de cours de ferme ou des transports à l'aide d'un simple petite remorque routière (qu'on trouve à quelques centaines d'euros sur le Bon Coin).

Aurélien Gerboin, qui est Forgeron et ferronnier d'art, nous partage les documents et photographies qui permettent de se fabriquer un Avant-Train de base en simple ou en paire, d'un poids environ 150 kilos, d'une voie de 1,32 mètres, avec une banquette 3 places réglable d’avant en arrière, un attelage remorque (chape et boule) réglable en hauteur, un frein à pied avec blocage possible et des roues gonflables de grand diamètre (pneu moto de 69 cm de diamètre).

Vous pouvez télécharger (voir en bas de ce billet) une notice générale (photos), les plans côtés et les explications pour fabriquer les roues à partir de roues de moto.

Merci à Aurélien de cette aide à l'autoconstruction. Et si vous ne vous sentez pas de le fabriquer vous même, vous pouvez peut-être trouver un artisan métallier qui acceptera de vous le fabriquer (en tout ou partie) à partir de ces documents.

Télécharger la Notice Générale ici.

Télécharger les plans côtés ici.

Télécharger les explications pour fabriquer les roues.

mercredi 2 octobre 2024

AG 2024 d'Hippotese aura lieu les 9 et 10 novembre 2024 à la ferme du collectif de Chenèvre à la Chapelle sur Furieuse 39110 Jura

L'AG Hippotese se tiendra cette année les 9 et 10 nov, à la ferme (du collectif) de Chenèvre, à La Chapelle sur Furieuse dans le Jura (39110), à 8 km de Salins Les Bains. Coordonnées GPS : cherchez : 46.9869 5.8571

Attention, les festivités commencent le samedi matin...

Samedi 9 nov matin (9h-12h), visite du projet expérimental d'Hippo-câble pour le travail de la vigne en pente, le site est situé aux Arsures (entre Arbois et Salins), voir photo. Coordonnées GPS : Cherchez : 46.9412 5.794

Samedi midi, repas/apéro sorti du sac.

Samedi après-midi (14h-15h), visite de la ferme de Chenèvre.

Samedi après-midi (16h-19h) débat avec nos hôtes sur le choix de la traction-animale intégrale.

Samedi soir, la fête, apporter vos instruments de musique et vos spécialités...
NB : Le repas du samedi soir est prévu, mais comme d'habitude, vous pouvez apporter vos spécialités solides et liquides que nous aurons plaisir à déguster.

Dimanche matin, (9h-12h), AG de l'association Hippotese.

Dimanche midi, Repas partagé de dimanche midi.


Divers :

La gare la plus proche se trouve à Mouchard à 5 km, venez en train ou covoiturez...

Couchage :

Apportez vos sacs de couchage et matelas, le couchage est possible sur Chenèvre. Ceux qui souhaitent plus de confort peuvent apporter leur tentes, fourgons ou réserver les gîtes locaux...

Un accueil est possible le vendredi soir à Villers-sous-Chalamont sur la ferme Cannelle.

Boutique sur place :

Vente du livre collectif auquel l’association a contribué "Brèves de Mules" au prix de 15 euros. Vente des Ressorts de Traction made Hippotese au prix de 70 euros la paire pour les adhérents. Y'en a plus, et on ne sais pas quand il y en aura d'autres...

Vous ne pouvez pas venir...

Nous vous regretterons, c'est sûr... Mais vous pouvez quand même soutenir la Traction-Animale et la mise à disposition gratuite en licence libre de tous nos travaux et recherches...
Vous pouvez adhérer, nous soutenir ou acheter le livre "Brèves de mules" en ligne ici : https://www.helloasso.com/associations/hippotese

samedi 21 septembre 2024

Retour sur les JOURNÉES SCIENCES ET INNOVATIONS ÉQUINES (JSIE) en mai 2024 de l'IFCE

Mon petit retour sur les JOURNÉES SCIENCES ET INNOVATIONS ÉQUINES (JSIE) 2024 de l'IFCE à Saumur.

Elles sont un rendez-vous intéressant pour communiquer, échanger, découvrir et débattre autour des dernières nouveautés scientifiques et techniques de la filière équine (suivre l'état de la science équine et connaître les différentes thèses en cours).

Ces journées (un jeudi et un vendredi) qui enregistrent plusieurs centaines d’inscrits (350 en 2023), sont accessibles en présentiel (payant) ou en direct en ligne (payant) et plus tard en retransmission gratuite (documents et vidéo) sur le site de l'IFCE.

C'est la 3ème année où je me rends aux JSIE.
En 2022 j'y suis allé en tant que simple spectateur...

En 2023 j'ai présenté un poster sur le Datafficheur, voir billet ici :...

Et en 2024, j'ai présenté notre méthode de "Mesure d'efforts et récupération chez les équidés de travail" (voir billet ici)


Le programme de ces journées est chargé et en général il y a 2 conférences en simultané, il faut donc étudier attentivement le programme des journées pour faire son choix (Programme des communications 2024).

On a un petit résumé à l'avance des communications pour pouvoir choisir (Présentation des communications 2024).

Le contenu est d'un bon (haut) niveau scientifique, les présentateurs(trices) sont des étudiants(tes) en thèses ou des scientifiques qui font un point sur leurs recherches. Peu de témoignages d'utilisateurs comme moi.

Les présentations que j'ai vraiment apprécié aux JSIE 2024 :

- La Table ronde "SPORTS ÉQUESTRES ET CHANGEMENT CLIMATIQUE" très intéressante. Avec entre autre une intervention de Nicolas Coulmy (Direction Technique Nationale de la Fédération Française de Ski), qui a fait un parallèle avec la nécessité des stations de ski d'anticiper l'évolution de leur pratiques malgré le déni des intéressés.

- La visite du plateau technique (en fin d'après-midi) "Équitation et performance sportive" avec une présentation des différentes études menées à Saumur suivi d'une démo en live du fonctionnement de tous les matériels et capteurs avec la complicité des jeunes élèves de l'école nationale d'équitation. Évidemment, la visualisation en direct sur écran des valeurs des capteurs et le traitement informatique du signal qui sont aussi des problématiques de nos Datafficheurs m'ont donné plein d'idées de développement et plein d'énergie pour avancer sur ces sujets.

On peut avoir une idée de cette visite du plateau technique ici.

- La démonstration au GRAND MANÈGE : "Le cheval peint pour mieux comprendre la biomécanique", très spectaculaire et pédagogique, même si l'on est un peu soûlé par les noms complexes des différents muscles. Impressionnant en déplacement dynamique aux différentes allures et en saut. (image prise avec mon téléphone en pièce jointe).

- La présentation "Médias et sports équestres : quelle gestion des crises ?". Une analyse de l’emballement médiatique dans les médias traditionnels et les réseaux sociaux suite à l'incident du Pentathlon aux JO de Tokyo en 2021 (pour ceux qui comme moi avait raté l'affaire "Saint Boy"), pour en tirer une meilleure compréhension du fonctionnement des médias, de leur temporalité et la gestion d’une crise dans un contexte sociétal sensible au bien-être animal. Ça pourrait bien nous concerner un jour ! (https://mediatheque.ifce.fr/doc_num.php?explnum_id=27734).

- La présentation du poster et les retours de l'étude "Effort de travail du couple cheval-meneur en viticulture" de Anais Appelgren de l'IFCE UZES. Cette étude (https://mediatheque.ifce.fr/doc_num.php?explnum_id=27753), est intégrée dans le projet Caract-Equivigne, qui sera détaillé aux JSIE 2025. Regarder sur le pdf, le mode de représentation très intéressant des données sous forme de "graphe en violon" représentant les fréquences cardiaques du binôme cheval-meneur et la force de traction exercée par le cheval.

- La présentation "Vision par ordinateur : quel regard sur nos chevaux ?" de Benoît Pasquiet de l'IFCE SAUMUR, géniale, c'était plutôt une initiation à l'analyse d'image automatique et une déconstruction des mystères de l'intelligence artificielle (https://mediatheque.ifce.fr/doc_num.php?explnum_id=27742).

Il y en avait plein d'autres très bien aussi, comme les 3 conférences sur l'économie (https://mediatheque.ifce.fr/index.php?lvl=notice_display&id=74456) et celle sur le comportement des maréchaux-ferrants (https://mediatheque.ifce.fr/doc_num.php?explnum_id=27743).

Je faisais ma présentation en dernier le vendredi à 17h, autant dire qu'une partie du public qui vient de toute la France était déjà sur le retour, mais comme toutes les présentations se retrouvent à terme sur le net, ce n'est pas si grave.

Je regrette juste, puisqu'il y a 2 lieux de conférence en simultané, de ne pas avoir pu suivre les présentations sur "BIEN-ÊTRE, COMPORTEMENT ET COGNITION" qui avaient lieu en même temps que ma présentation et de 3 autres intéressantes que je ne voulais pas rater. C'est un peu le problème, il faut faire des choix...
Il reste les vidéos à regarder en replay...

Nota : Les conférences JSIE 2023 sont visibles ici : https://www.youtube.com/playlist?list=PLATYrVnX3WHUPN3N6uDT06CNusxK0vUG9

Les conférences JSIE 2024 sont visibles ici : https://www.youtube.com/playlist?list=PLATYrVnX3WHVS8adVOCGP-qq7CfgkoMxV

mercredi 18 septembre 2024

Présentation vidéo : "Mesure d'efforts et récupération chez les équides de travail" (JSIE 2024)

Voici les diapos de ma présentation : "Mesure d'efforts et récupération chez les équidés de travail".

Elle a été présentée en avant-première aux JSIE (JOURNÉES SCIENCES ET INNOVATIONS EQUINES) de l'IFCE les 30 et 31 mai 2024 à l'École Nationale d'Équitation de Saumur.

Vous pouvez télécharger cette présentation en pdf, la visualiser en vidéo et ou lire l'article résumé (voir les liens en fin de billet)...


Les 18 diapos de la présentation...



Pour télécharger...

Lien vers la présentation 2024 "Mesure d'efforts et récupération chez les équidés de travail" en pdf ou sur le blog ici...



Lien vers la vidéo de la présentation (sur Youtube) : https://www.youtube.com/watch?v=I-A0-Vz4U_o



Lien vers l'article d'accompagnement (pdf) : https://mediatheque.ifce.fr/doc_num.php?explnum_id=27744ou sur le blog ici...

lundi 16 septembre 2024

Reportages vidéo sur l'un des derniers Mulateri italien et un portage muletier pour des bergers en Ubaye (EquiGrimpe)

Comme promis dans le précédent billet, pour les exemples d'utilisation de mules, je vous ai trouvé sur Youtube un reportage sur un des derniers Mulateri italien (Andrea Filipponi) et un reportage d'EquiGrimpe (Lucile Gegout) sur le ravitaillement de chalets de bergers en Ubaye (Alpes-de-Haute-Provence), de bien beaux exemples...

Les commentaires du premier reportage sont en anglais, choisir "regarder sur Youtube", activer les sous-titres (le petit logo livre), ils sont par défaut en anglais, puis retourner dans les paramètres, choisir "traduction automatique", puis "français".

Un des derniers Mulateri italien

Ravitaillement de chalets de bergers avec EquiGrimpe

vendredi 13 septembre 2024

Retour des 1eres Assises du Mulet, les 5-6-7 septembre 2024 aux Contamines-Montjoie

Voici quelques images et retour des 1ères Assises du Mulet, en septembre 2024 aux Contamines-Montjoie.


(1ères Assises du Mulet, en septembre 2024 aux Contamines-Montjoie, photo Deny Fady)

Je n'ai assisté qu'aux conférences du vendredi et samedi matin. Elles étaient très intéressantes et de haut niveau scientifique.

Un public de connaisseurs, 50 à 70 personnes suivant les moments, un accueil très chaleureux de la part des organisateurs.

Les sujets concernaient surtout la dimension historique, de l'histoire très ancienne, études paléogénomiques et archéologiques à l'histoire récente (1990) en passant par le moyen-âge et l'aspect patrimonial actuel.
Quelques, trop peu nombreuses, présentations d'élevage ou d'utilisations : un gros élevage dans les Pyrénées, des exemples d'utilisation en Belgique et en Italie et les fameuses Mules du Tour du Mont-Blanc.

Il a manqué des présentations sur les usages actuels des mules et mulets, sur les particularités de leur dressage et de leur caractère... Ce sera sans doute pour les prochaines assises...

Et puis quelques autres photos du samedi sous un soleil radieux...


(Les mules de La Route des Tommes, Photo Deny Fady)


(Les mules de La Route des Tommes, Photo Deny Fady)


(Les mules de La Route des Tommes, Photo Deny Fady)


(Les mules de La Route des Tommes, Photo Deny Fady)


(Les mules de La Route des Tommes, Photo Deny Fady)


(Les mules de La Route des Tommes, Photo Deny Fady)


(De jolis tipi-chapiteaux ouvrants pour se mettre à l'ombre, Photo Deny Fady)


(Les ânes et les enfants, étaient aussi de la fête, Photo Deny Fady)


(Les ânes et les enfants, étaient aussi de la fête, Photo Deny Fady)


(Cuisine roulante militaire, avec potence à gamelles, Photo Deny Fady)


(Cuisine roulante militaire, avec potence à gamelles, Photo Deny Fady)


(Les mules belges de l'équipe Valérie Barchon, Photo Deny Fady)


(Les mules belges de l'équipe Valérie Barchon, Photo Deny Fady)


(Les mules, ça se monte aussi... Photo Deny Fady)


(brancard de débardage, ce système était utilisé pour débarder dans de fortes pentes, les brancards évitaient au mulet (équipé d'un reculement bien sûr) d'être rattrapé par la bille de bois, Photo Deny Fady)


(Lugeon de débardage, à sellette tournante (s'utilise avec des brancards dans la pente), Photo Deny Fady)


(Lugeon de débardage, ce système avec brancards était utilisé pour débarder dans de fortes pentes sur la neige. Comme le précédent, les brancards évitent au mulet d'être touché par la grume, Photo Deny Fady)


(Lugeon de débardage, Photo Deny Fady)


(Lugeon de débardage, Photo Deny Fady)


(Lugeon de débardage avec extension arrière, permet le transport du bois en bûches, Photo Deny Fady)


(Linguelles de débardage à émerillon tournant, pour tirer les grumes sans user de chaîne, Photo Deny Fady)


(Traîneau à foin et cordes à barillons, munies de "troyes" (troyés, trò-iess, clé à foin), Photo Deny Fady)


(Gros plan sur les "troyes" (troyés, trò-iess, clé à foin), Photo Deny Fady)


(Faucheuse à cheval Deering New-Ideal, Photo Deny Fady)


(Faucheuse à cheval Deering New-Ideal, Photo Deny Fady)


(Faneuse à fourches, Photo Deny Fady)


(Andaineur à peignes, à décharge latérale, Photo Deny Fady)


(Charrue de labour en planche, Photo Deny Fady)


(Un beau rouleau en bois, Photo Deny Fady)


(Un chariot (militaire ?) et ses patins d'hiver, Photo Deny Fady)


(Charrette à fumier, dont nous reparlerons bientôt, Photo Deny Fady)


(Charrette à 2 roues, Photo Deny Fady)


(Collier traditionnel savoyard (pour les mules et les ânes), Photo Deny Fady)


(Collier français et très joli petit collier suisse, Photo Deny Fady)


(Collane savoyarde, Photo Deny Fady)


(Collane savoyarde, Photo Deny Fady)


(Presse de transport des meules de Beaufort sur les bâts des mulets, Photo Deny Fady)

Et pour ceux qui habitent dans l'est de la France, Pascal Garnier, rencontré aux assises, grand collectionneur de matériel et de harnais, organise une expo sur les mules, les 28 et 29 septembre 2024, dans le cadre du château "Qui qu'en Grogne" à Moyen (Meurthe-et-Moselle), entre Luneville et Rambervillers (Vosges).

Il s'agit notamment de selles sambue - cabestres - divers colliers et objets - cacolet - etc.

Matériel datant du Moyen Age jusqu'à la fin du XIX ème.

La visite de l'expo est gratuite et animée par Pascal soit pendant les heures d'ouverture du Château (samedi et dimanche 14h-18h) entrée payante pour la visite du château, soit sur demande en dehors de ces horaires.
Pascal reste à votre disposition pour plus de renseignements : 06 07 61 40 33

C'est tout pour aujourd'hui, je vais vous trouver quelques compléments pour un prochain billet...

vendredi 30 août 2024

Assises du Mulet 2024, en Savoie et Haute-Savoie, les 5-6-7 septembre 2024

Cette manifestation inédite, organisée par La Compagnie des Âniers et Muletiers du Valmontjoie, veut mettre en avant la dimension historique et patrimoniale de l'élevage mulassier qui perpétue un savoir faire très particulier, partagé par plusieurs territoires d’Auvergne Rhône Alpes, mais d’autres aussi en France (Poitou, Alpes de Haute-Provence et Pyrénées), tout comme dans les pays voisins (Suisse, Italie, Espagne, Belgique, etc ). En réunissant des scientifiques menant des recherches dans différentes disciplines paléogénomique, archéologie, archéozoologie, histoire, ethnologie, etc.) et sur ces différents territoires.

Les Assises du mulet permettront de faire le point sur les connaissances actuelles relatives à l’élevage mulassier et à les diffuser largement et durablement.

Les premières Assises du mulet veulent également contribuer à une mise en réseau (elle aussi inédite) des différents acteurs (associations, institutions, éleveurs) qui œuvrent aujourd’hui pour le développement de l’élevage mulassier et sa promotion.

Début des assises le 5 septembre à Flumet (73590)
Puis poursuite le 6 et 7 septembre à Les Contamines-Montjoie (74170)

Voir le programme ci-dessous...

Je vous ai fait un petit pdf à imprimer avec tous les détails...

Compagnie des Aniers et Muletiers du Valmontjoie
Chez Didier ERBA, 338 route de la Gruvaz, Le Gerdil, 74170 SAINT GERVAIS
Tel 06 12 11 19 52, Mail : didier.erba@sfr.fr

mercredi 20 mars 2024

Journee Colliers de traction, à Saint Pierre de Genebroz (73), le 13 décembre 2023, 1ère partie

Nous nous sommes retrouvés le 13 décembre 2023, à la Tit’ Ferme (73000 Saint Pierre de Genebroz), pour discuter collier de traction.
Cette journée était portée par Le Réseau Professionnel Auvergne-Rhône-Alpes de traction animale et Hippotese.
Au final, après avoir refusé quelques participants, nous étions une petite trentaine d’utilisateurs venant d’un peu partout en AuRA (Auvergne Rhône-Alpes) et de Suisse.


Une partie des participants à la journée collier de traction (photo Deny Fady).

1. Anatomie du collier

Dans un premier temps, nous avons révisé les bases avec Didier Mahillon (association le Kabassiou), qui nous a présenté les différentes parties d’un collier et les étapes de la fabrication traditionnelle.


Un corps de collier en paille de seigle (photo DF).

Didier nous présente un corps de collier. C’est la structure de base des colliers. Il est composé de paille de seigle uniquement. Les fibres de paille sont alignées et sont fortement serrées ce qui crée cette armature dure et solide.
C’est sur cette base qu’est ensuite installé le reste des éléments du collier. Il n’existe aujourd’hui que très peu de personnes qui détiennent encore ce savoir-faire.

"La fabrication des corps de colliers (ou torches) était l'œuvre exclusive du "piéçard" bourrelier travaillant aux pièces.
Celui-ci était généralement compagnon itinérant travaillant pour un artisan sédentaire qui le rémunérait pour la quantité de pièces réalisées en quelques jours voire quelques semaines. La moyenne étant de 3 corps de collier par jour !
Ce travail particulièrement harassant commençait au lever du jour jusqu'à la tombée de la nuit ; il exigeait une force particulière dans les poignets pour manier les rembourroirs."
(citation de https://sites.google.com/site/ifojoss/fabrication-dun-corps-de-collier-de-cheval)

"Le rembourrage de la verge consiste à enfiler la paille dans la verge à l’aide d’un rembourroir. À savoir, prendre quelques brins de paille dans la main, les torsader à l'endroit du pliage (en deux) et placer cette boucle dans l'encoche du rembourroir afin de permettre à celui-ci de les pousser. Ne pas se contenter d’enfiler la paille jusque pile au milieu. Il faut dépasser le milieu de la verge afin que la paille reste bien en place lorsque le corps de collier sera mis en forme (et donc tendu)."
(voir le pdf ici http://travail-du-cuir.fr/partage/Fabricationcorpscollierdetrait.pdf pour plus de détails).


photos d'un rembourroir de 63 cm de long et détails (photo Le Bon Coin).

Traditionnellement c’est le bourrelier qui est en charge de réaliser l’assemblage du corps de collier avec les attelles, le chapeau, les tirants. Il peut également garnir le corps de collier d’une renfonçure, coussin en textile bourré de crin qui permet de rendre la surface d’appui plus moelleuse sur l’épaule du cheval.

"Pour les renfonçures le crin de cheval était traité selon une procédure bien particulière. Après avoir été coupé, le crin était mis en torons qu’il fallait ensuite mettre à bouillir.
Au moment de les utiliser, les torons étaient "détortillés. Il fallait ensuite passer les crins à la cardeuse à balancier. (...) Toutes ces opérations lui avait donné du ressort sans lequel il aurait été inutilisable."
(citation de http://www.traitsensavoie.fr/spip.php?article260)

Le bourrelier peut aussi se charger de couper le bas du collier et d’ajouter un fermoir réglable ou non. Il existe donc des colliers dits "ouverts" et des colliers dits "fermés" qui s’enfilent par la tête du cheval.

"Mon père se déplaçait à Troyes pour acheter ses cuirs de bovins. Le dos, appelé dosset, servait à la confection des harnais neufs ; le ventre, le flan, étaient utilisés pour les réparations. Les cuirs légers, fleur ou croûte, les cuirs de veau et de mouton, appelés basanes, entraient dans la fabrication des corps de colliers.
Le fil utilisé (pour les coutures) était en chanvre, traité avec de la poix de Suède, un produit à base de résine. La poix était chauffée puis mise dans la pièce-à-poix qui servait à en enduire le fil. Celui-ci était ensuite glacé et mis en écheveau."
(citation de http://www.traitsensavoie.fr/spip.php?article260)

Nota 1 : À la fabrication l'opération de glaçage d'un fils consiste à le passer dans un bain d'amidon dans lequel est ajouté de la cire d'abeille. Il subit ensuite un brossage au crin de cheval et un étirage. Ces opérations donnent un fil lisse et résistant qui a de la rigidité et de la tenue.
Nota 2 : De nos jours, on utilise souvent du fil de lin câblé glacé idéal pour la couture du cuir, il provient de la marque française « Fil au chinois » fabriqué dans le nord. Ce fil spécial pour la maroquinerie a été tordu puis tordu une deuxième fois lors de son câblage ou du fil de lin poissé très collant, et pas toujours agréable pour certaines tâches, il est surtout utilisé pour le matériel d’harnachement, soumis à la transpiration de l’animal, pluie, soleil, poussière, frottement etc.


Collier de traction (type belge) ouvrant (photo DF)

2. Différents types de colliers

Nous avons pu comparer différents types de collier que l’on peut trouver en France : de Gauche à droite : Collier Suisse rénové (10 à 11 kg), Collier Américain avec Pad (10,3 kg), Collier Suisse, Collier Français (15,2 kg), Collier Belge (16,1 kg).


Collier Suisse, Collier Américain, Collier Suisse, Collier Français, Collier Belge (photo DF).

De Gauche à Droite : Collier d’omnibus (8,15 kg) en tôle de zinc, Collier Suisse Réglable de partout (armée ?).


Collier d’omnibus, Collier Suisse Réglable (photo DF).

Certains participants avaient également amené leurs colliers : Collier Réglable Perrin (Equi-Val.fr), Collier réglable AFH (12,9 kg)...


Collier Réglable Perrin (Equi-Val.fr), Collier réglable AFH (photo DF).

Et aussi un Collier réglable de la sellerie Baude et une Colanne (14,2 kg) qui est un collier ouvrant dessus et s'enfile donc par en dessous...
Désolé, comme nous n'avions pas de photo disponible, nous avons utilisé des photos prises en d'autres occasions...


''Collier Réglable des Établissements Baude, photo de leur site web"


''Collane savoyarde prise en photo aux Contamines (photo Deny Fady) et sur un cheval aux tourbières de l'Herrétang (38), (photo Thierry Bret)"

Nous avons ensuite évoqué comment prendre les mesures de son collier. Néanmoins, ces informations restent assez imprécises car les colliers peuvent avoir des formes différentes, et donc se positionner de façon totalement différente sur l’encolure du cheval.


Didier nous montre sur un collier suisse, les différentes manières de prendre des mesures (photo DF).

Et selon le pays ou le bourrelier, les mesures ne sont pas prises de la même manière. La mesure d’un collier ne sera donc pas un critère suffisant pour savoir si le collier conviendra à un équidé.

Quelques techniques de prises de mesure trouvées sur 3 sites de bourrelier français... Les liens sont indiqués sur les captures d'écran et en légende.


Prise de mesures pour un collier : https://www.harnais-colliers-chevaux.fr


Prise de mesures pour un collier : https://www.randoline.com/


Prise de mesures pour un collier : https://www.sellerie-baude.com/

Compte-rendu de Estelle et Julie (avec la complicité de Deny)
Suite de ce compte-rendu dans un prochain billet...
Pour patienter utilement et mieux comprendre le placement du collier sur le cheval, nous vous offrons une belle vue du squelette du cheval à étudier pour la suite...


samedi 16 mars 2024

Mesure d'efforts et temps de récupération en buttage de poireaux au cheval (La Kassine améliorée aux potagers de Gaia) Partie 3

Suite des précédents billets (ici et ) sur la recherche d'une méthode non invasive de mesure d'efforts et temps de récupération chez un équidé en situation réelle de travail.

Voici un petit récapitulatif des données observées/calculées à partir de notre observation non-invasive...

Longueur de ligne moyenne : 78 m
Vitesse de travail moyenne: 0,942 m/s (3,39 km/h)
Temps de travail total (pour cette intervention) : 57 mn et 10 s
Réparti ainsi :
Effort inférieur à 6 kgf (0 - 6 kgf), pendant 35 mn, 62 % du temps total
Effort de 6 à 44 kgf, pendant 8 mn, 14 % du temps total
Effort supérieur à 45 kgf, pendant 14 mn, soit 24 % du temps total
Nota 01 : Une donnée toutes les 0,1865 s, 11368 données inférieur à 6 kgf, soit 2120 s ou 35 mn/57 mn (62%), 2654 données entre 6 et 44 kgf, soit 495 s ou, 8 mn/57 mn (14%), 4368 données supérieur à 45 kgf, soit 815 s ou 14 mn/57 mn (24%).

Plage d'effort quand l'outil travaille : de 45 kgf à 150 kgf
Effort moyen quand l'outil travaille : 97 kgf soit 97 x 9,81 = 951,57 N (1 kgf = 9,81 Newton)
70 % des valeurs présentes sont comprises entre 78 kgf à 116 kgf (Moins un écart-type, plus un écart-type).

Angle de traction par rapport au déplacement du cheval : 12,9 °, soit un cos(12,9) = 0.9747
Nota 02 : On peut remarquer aussi que l'angle de traction est faible (12,9°) par rapport à l'angle théorique (15°), sur la photo de profil en traction, l'angle d'inclinaison du collier sur l'épaule, semble un peu trop vertical. Épaule très verticale sur ce cheval ? collier trop serré en haut ? position des crochets trop basse? ... A vérifier...

Puissance moyenne nécessaire pour que l'outil travaille :
La Puissance (en watt) = Force (en Newton) x cos α x Vitesse (en mètre/seconde)
P = 951,57 x 0.975 x 0,942 = 874 W

Pour rappel, voici une diapo sur l'Énergie.

L'énergie totale fournie par le cheval pendant le temps ou l'outil travaille effectivement est égale à E = P x t

Soit E = 874 w x 815 s = 712310 Joules (712 kJ),
comme 1Wh = 3600 J
on a E = 712310/3600 = 198 Wh (Watt-heure, Wh, unité d'énergie souvent utilisée en électricité, plus parlante).

Que l'on pourrait exprimer autrement, pendant sa séance, le cheval à travaillé effectivement 815 s (soit 815/3600 = 0,226 h) à une puissance de 983,5 W.
Il a donc fourni 874 x 0,226 = 198 Wh (pendant que l'outil est en terre).

Nota 03 : On ne considère ici que l'énergie nécessaire à la traction de l'outil, sans prendre en compte l'énergie que le cheval dépense pour se mouvoir lui-même.

Que peut-on conclure à partir des données recueillies :

Quand l'outil travaille, l'effort moyen peut être qualifié d'important (97 kgf), ce qui se confirme dans la valeur de la puissance nécessaire (874 W) qui est supérieure à un cheval vapeur (735,5 W). Par contre, le temps de travail effectif de l'outil pendant la séance reste faible (24 % du temps total) soit une durée totale de 14 mn.

L'énergie fournie par le cheval pour le travail effectif est de 712 kJ ou 198 Wh.
Pour l'instant, nous n'avons pas beaucoup de données de comparaison.

On remarque simplement que la mesure de la durée et la répartition des temps de travail avec des efforts effectifs/légers/faibles sont des données qu'il faut absolument prendre en compte dans une observation globale de l'énergie demandée au cheval dans sa séance/journée/semaine de travail.

La mesure de la durée des efforts :

En effet, on ne peut pas se contenter de mesurer seulement les valeurs des efforts effectifs, on doit aussi prendre en compte leur durée.
Avec un effort moyen et une vitesse de travail identique en labour par exemple, mais des temps en effort effectif beaucoup plus longs, nous n'aurions pas du tout les même impacts sur la fatigue. L'énergie demandée étant beaucoup plus forte.

La répartition des temps de travail :

De plus, si l'on veut aussi prendre en compte la récupération après l'effort et la santé sur le long terme de l'animal, on doit aussi étudier la répartition des plages d'efforts importants/légers/faibles pendant une séance.
Cette prise en compte peut être globale si la séquence est courte comme ici et doit être plus précise si l'effort est intense (débardage par exemple) ou continu (labour) par exemple, et/ou si ces efforts se reproduisent plusieurs fois sur une période plus longue (journée/semaine...).


Le matériel minimum nécessaire pour mettre en œuvre la méthode d'observation non-invasive : un appareil photo et un DataPalo.

Que peut-on conclure à propos de la méthode d'observation proposée.

On peut tout d'abord rappeler pour mémoire les principes de la méthode :

1) Dans une situation réelle de travail, mesure continue des efforts (nuls, faibles ou forts) pendant tout la durée de la séance (1 heure, 1/2 journée, 1 journée, un chantier...).
2) Filmage continu de la séquence ou au moins de l'ensemble des différentes phases (harnachement, mise en place, réglage de l'outil, travail sur plusieurs lignes, arrêts, demi-tour, pauses, retour, désharnachement...)
3) prise de Photos/film latérales au travail (pour l'angle de traction).
4) Mesure longueur parcelle/ligne/traîne... Mesure nombre de lignes/surface... Mesure longueur parcourue et vitesse de travail...(on pourra utilement utiliser une photo aérienne de la parcelle et/ou une trace GPS avec un smartphone embarqué sur le cheval et/ou un odomètre/tachymètre).

En option :
5) Si cela est souhaité, retour oral chaque seconde des valeurs moyennes au meneur pour information.
6) Mesure fréquence cardiaque (du cheval et du meneur).
7) Mesure hauteur garrot et tour de poitrail pour vérification des formules de calcul de la capacité d'effort potentiel théorique (nous aurons l'occasion de discuter des ces formules une autre fois)
8) S'informer du poids du cheval, s'il est connu. Voir peser le cheval si c'est possible.

En conclusion :

La méthode d'observation proposée, la moins invasive possible, permet quand même de relever un certains nombres de données chiffrées tout en n'interférant que modérément avec le travail du couple cheval/meneur.

Elle peut donc être plus facilement mise en place, mieux acceptée par les intervenants, voir se dérouler sur un temps long (typiquement sur une semaine, la durée d'un chantier, voir même une saison) pour permettre des observations sur l'énergie demandée, la fatigue et la récupération sur le temps long.

Le recueil de nombreuses données dans des situations de travail différentes, par cette méthode d'observation simplifiée, permettra à terme de tirer des enseignements sur l'énergie que l'on peut attendre d'un cheval de travail sur un temps long, en respectant son intégrité et sa santé. Ces données pourront servir de base de réflexion pour les notions de bien-traitance.

mercredi 28 février 2024

Agenda Hippotese 2024


(Dernière Mise à Jour : Lundi 04 nov 2024)

L’agenda a pour but de vous partager l’ensemble des événements et animations soutenus par l’association Hippotese. Vous retrouverez les dates, lieu, participations éventuelles de l’asso et toutes infos jugées intéressantes :-)
Cet agenda (prévisionnel et évolutif) sera mis à jour, au fur et à mesure des informations que nous recevrons.
Un lien permanent dans la colonne de droite du blog permet de le consulter régulièrement.

- Novembre 2024 : - -

  • 9 et 10 nov 2024 :

AG Hippotese à la ferme (du collectif) de Chenèvre, à La Chapelle sur Furieuse dans le Jura (39110), à 8 km de Salins Les Bains. Le samedi 9 matin (9h-12h), visite du projet expérimental d'hippo-câble pour le travail de la vigne en pente, le samedi après-midi, visite de la ferme de Chenèvre et débat sur le choix de la traction-animale intégrale. Le samedi soir, la fête... Le dimanche matin, AG de l'association Hippotese.

- Décembre 2024 : - -

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