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Mot-clé - Chasse-neige

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jeudi 22 janvier 2026

Special Copinage : Outils pour gérer la neige au Quebec (ferme Lytton, Québec, Canada)

En décembre 2025, j'ai reçu un mail de Marc et Tony qui sont sur une ferme au Québec, je leur ai proposé de m'envoyer quelques photos et des précisions techniques sur le matériel qu'ils utilisent pour gérer la neige...

Mais je vous donne le contenu de leur mail...


Triangle de déneigement, Photo Marc, Ferme Lytton.com, Quebec


Bonjour Deny,

Merci beaucoup pour votre retour et votre proposition.
Ce sera avec plaisir.

Nous sommes installés en Haute-Gatineau, au Québec, dans un contexte rural et forestier où le cheval de trait reste un outil de travail parfaitement adapté. La ferme repose sur une pratique quotidienne du cheval, autant en forêt (débardage léger, transport de bois, entretien de sentiers) qu’en agriculture maraîchère. Le cheval n’est pas ici un symbole ni un choix idéologique, mais un outil cohérent, efficace et durable, inscrit dans le réel.

Le travail est volontairement montré tel qu’il se fait : conditions climatiques parfois rudes, matériel simple, gestes hérités et ajustés par l’expérience. Il s’agit avant tout de transmission montrer que ces pratiques ne relèvent pas du passé, mais qu’elles fonctionnent encore aujourd’hui, sans artifice ni mise en scène.


Pelle à neige hippotractée, Photo Marc, Ferme Lytton.com, Quebec

Concernant la pelle à neige hippotractée, il s’agit d’un outil conçu et adapté à nos conditions hivernales (neige lourde, froid, terrain irrégulier).

Si ce billet peut servir à nourrir les échanges et les réflexions autour du travail au cheval en milieu montagnard ou forestier, tant mieux. Dans tous les cas, je salue votre travail de fond et la constance de l’association Hippotese depuis des années.

Au plaisir d’échanger,
Marc & Tony
www.ferme-Lytton.com
Québec, Canada


Herse niveleuse, Photo Marc, Ferme Lytton.com, Quebec


Second mail :


Le triangle de déneigement mesure environ 1,80 m de côté, sur ses trois côtés égaux. La lame avant fait 60 cm de haut.


Triangle de déneigement, Photo Marc, Ferme Lytton.com, Quebec


Triangle de déneigement, Photo Marc, Ferme Lytton.com, Quebec

Derrière, la herse est construite sur un triangle isocèle : 120 cm sur les côtés, pour 1 m de base. En travers de cette herse, j’ai installé des lames niveleuses qui grattent et structurent la neige. Le but n’est pas de faire une surface lisse comme une patinoire, mais au contraire de "raplanir" en laissant de l’accroche, pour pouvoir marcher et circuler sans glisser. Deux contrepoids à l’arrière, de simples disques d’haltérophilie, assurent une bonne pression au sol.


Herse niveleuse, Photo Marc, Ferme Lytton.com, Quebec


Herse niveleuse, Photo Marc, Ferme Lytton.com, Quebec


Herse niveleuse, Photo Marc, Ferme Lytton.com, Quebec

La seconde machine, que j’appelle par facilité ma charrue de déneigement, n’a en réalité pas de nom, parce que ce type de matériel n’existe tout simplement pas. À l’origine, c’est un porte-outils monté sur skis, que j’utilise pour sortir le bois. J’y ai adapté un godet à neige, fabriqué à partir de la cuve d’un vieux chauffe-eau électrique. J’ai récupéré la cuve, soudé des plaques sur les côtés, et façonné une lame à l’avant.


Pelle à neige hippotractée, Photo Marc, Ferme Lytton.com, Quebec

Le fonctionnement est simple, presque évident : on baisse le godet, on racle la neige, elle se charge à l’intérieur, puis on la déplace jusqu’au tas. Arrivé là, je soulève le godet à la main, je vide, et je recommence le cycle. Rien d’hydraulique, rien d’assisté : du poids, du levier, du bon sens.


Pelle à neige hippotractée, Photo Marc, Ferme Lytton.com, Quebec

Si ce type de charrue n’existe pas dans l’histoire, ce n’est pas un oubli. À l’époque du cheval, on ne déneigeait pas. On roulait la neige, on la damait avec de gros rouleaux en bois, et on circulait exclusivement en traîneau, comme cela se faisait partout au Québec. Le besoin de déblayer est venu avec l’automobile.


Pelle à neige hippotractée, Photo Marc, Ferme Lytton.com, Quebec

Aujourd’hui, si l’on veut réutiliser le cheval pour le déneigement, il faut être honnête : le système n’existe plus. Il faut donc le réinventer, non pas en copiant le passé à la lettre, mais en comprenant comment il fonctionnait… et pourquoi il a disparu.

C’est exactement ce que j’essaie de faire ici.
Marc & Tony
www.ferme-Lytton.com
Québec, Canada

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Quelques vidéos de la ferme Lytton...

samedi 9 mars 2013

Les chasse-neiges tirés par les chevaux (1ère partie)

Il y a longtemps que je voulais vous faire un billet sur les chasse-neiges et puis l'hiver est passé...

Et puis j'ai eu dernièrement, plusieurs demandes à ce sujet...
Et comme nous sommes toujours à l'écoute de nos lecteurs (sic), voici une petite série de billets pour préparer l'hiver prochain en attendant les beaux jours...

NB : nous avions déjà fait deux billets sur les chasse-neiges :
-1er billet : chasse-neiges à cheval en Suède
- 2ème billet : Chasse-neige québécois.

Et nous commencerons par aller faire un petit tour de l'autre côté de l'Atlantique...

Pendant une longue période de l'histoire américaine, se débarrasser de la neige en hiver n'était pas la priorité.
C'est à partir du 19ème siècle, que les besoins en déplacements, même pendant la saison hivernale, devinrent incontournables.
Et donc, l'hiver venu, les voitures à cheval et les chariots échangeaient leurs roues contre des patins...


La société Pioneer commercialise toujours des patins adaptables sur des essieux...


...pour transformer un chariot même à essieu avant directeur en traîneau.

ou on utilisait des véhicules spécifiques, conçus pour la neige...


Omnibus sur patins de la "Lewiston and Auburn Railroad Company" (USA).

Dans tous les cas, comme les routes étaient faites de terre battue, la neige durcie, voir la glace, loin d'être des menaces pour les déplacements routiers, étaient plutôt un avantage.


C'est à la fin de l'hiver, avec le départ du froid, que cela devient difficile...

Aussi, pour maintenir les routes en état d'enneigement optimal, de nombreuses municipalités payaient des "gardiens de la neige" pour l'étaler et la tasser à l'aide d'un appareil simple appelé "rouleau à neige" (snow-roller).


Le snow-roller est un rouleau géant en bois, alourdi parfois de pierres, tiré par des bœufs ou des chevaux, qui tasse la neige pour permettre la circulation des traîneaux.

Le travail des "gardiens de la neige" consistait donc à entretenir la route comme une piste de ski ou une patinoire.
Plus étrange encore, les "gardiens de la neige" devaient rajouter de la neige sur les parties des chemins protégés ou sur les ponts où elle manquait afin que le déplacement ne ​​soit pas interrompu par des "manques" ou que les patins ne soient pas détériorés.


Traîneau de livraison à Boston.

A partir de 1850, il fallut aussi nettoyer la neige des allées des parcs et des trottoirs des villes afin que les piétons puissent se déplacer aisément.

Nettoyage des allées des parcs...


Déneigement dans un Parc de Boston.


Chasse neige triangle dans un autre Parc de Boston.

Nettoyage des trottoirs en ville...


Chasse-neige spécial "trottoirs" du service municipal de Montréal.


Chasse-neige triangle en Nouvelle Angleterre.


Autre chasse-neige triangle "classique" en Nouvelle Angleterre (région de la côte nord-est des États-Unis).

Les autorités lancèrent aussi des appels d'offres et plusieurs inventeurs différents brevetèrent leurs versions de chasse-neiges hippomobiles. En 1862, Milwaukee fut la première ville importante à en essayer une avec succès.
De nombreuses municipalités lui emboîtèrent le pas et l'on vit apparaître de nombreux systèmes de raclage et de traçage de pistes.


Modèle de chasse-neige perfectionné...

Dont certains à plusieurs fonctions...

Le cheval qui tirait ce chasse-neige en bois pouvait dégager la neige comme un simple triangle ou bien pouvait tracer deux traces pour les traîneaux, dans la neige et laisser une partie centrale en forme de billon pour que le cheval puisse marcher.

NB : Le siège en avant était pour le charretier tandis qu'un deuxième homme s'occupait des leviers et des roues à l'arrière. Les leviers permettaient d'écarter plus ou moins les ailes et monter plus ou moins les roues et de manœuvrer les lames qui pouvaient réaliser des traces profondes de 6 à 8 pouces (15 à 20 cm) pour les patins des gros traîneaux.

A partir des années 1900, avec l'arrivée des automobiles et du revêtement macadam (empierrement de granulométrie décroissante fortement tassé et plus tard imbibé de goudron), les chasse-neiges raclèrent entièrement les rues des villes nord américaines pour en enlever totalement la couche de neige et permettre aux voitures de circuler...


Déneigement à Boston...


Un chasse-neige triangle perfectionné du service municipal de Montréal.

A suivre...