Hippotese, Le cheval de Travail

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lundi 21 octobre 2013

Mise au Point sur le projet hippomobile du Mont Saint Michel (2ème partie)...

Et voici donc l'objet de mon courroux...

Vous avez tous pu lire dans le précédent numéro de Sabots (N°56) du 29 août 2013, une mise au point sur les maringotes du Mont Saint Michel... (pour ceux qui ne l'ont pas acheté à temps, je vous ai fait un petit pdf de l'article accessible ici).

Je ne sais pas pour vous, mais moi j'ai pas tout de suite compris vraiment de quoi il s'agissait...
L'article n'est pas très clair et ne fournit pas les documents mis en cause nous permettant de comprendre de quoi il s'agit...

Je savais qu'une évaluation des chevaux et des meneurs avait été commanditée par le Syndicat Mixte du Mont Saint Michel à la fin du mois de mai, suite à l'accident d'une maringote le 8 avril 2013 (PDF ici) et avant l'ouverture au public du service de transport hippomobile prévue pour le 3 juin 2013.

J'avais entendu dire que le résultat n'était pas bon (un seul meneur sur 23 a réussit les 3 épreuves et seulement 12 chevaux sur 23), mais n'ayant été destinataire ni de la synthèse de l'expertise, ni du communiqué de presse qui avait suivit, j'avais, trop occupé par mes foins, je l'avoue, un peu lâché l'affaire...

Suite, à la lecture de l'article du magazine Sabots, j'ai demandé au SNCP s'il pouvait me fournir les documents mis en cause, afin de les lire et de vous en faire profiter...

Je vous laisse les étudier avant de vous donner ma lecture critique de cet article qui m'a mis en colère...

Compte-rendu de l'Expertise commanditée par le Syndicat Mixte du Mont Saint Michel,

Et réalisée autour du 20 mai 2013 par :
- L’Institut Français du Cheval et de l’Equitation (IFCE) représenté par : Antony GOHIER, Catherine LE VEZOUET, Jacques TAMALET, Renaud VINCK.
- Le Syndicat National des Cochers et utilisateurs professionnel d’Animaux Attelés (SNCuPaa) représenté par : Olivier COURTHIADE, Yves DECAVELLE et Luc MICHELON.

Début août 2013, le SNCP, observant qu'il n'a pas été tenu compte, de manière suffisante, de leurs remarques, décide de rendre publique leurs conclusions dans un communiqué de presse dans l'espoir de mettre Transdev/Veolia (employeur des meneurs), Norbert Coulon (fournisseurs des chevaux) et les élus (maître d’œuvre de l'ensemble) devant leur responsabilité.

Communiqué de presse du SNCP ici...

Ce communiqué de presse sera repris par l'Agence France Presse (AFP) mi-août puis diffusé par de nombreux journaux, radios et télés (Le Télégramme, TV5 Monde,Le JDD, Sciences et Avenir, Europe1, La Croix... des 19 et 20 août 2013).

Voici, par exemple, l'article du Journal Du Dimanche du 19 août 2013, écrit comme beaucoup d'autres à partir d'une même brève de l'AFP...

Voir aussi l'article de Chevalmag.com qui est le plus fourni de tous et resitue, par un vrai travail journalistique, le problème dans son contexte (ici en pdf pour archive)...

Mais revenons maintenant à l'article du N°56 de Sabots...

Le communiqué "suicidaire" me semble plutôt positif puisqu'il nous permet aujourd'hui de parler des problèmes de sécurité et de validation de formation au sujet de l'attelage professionnel.
Certes, il met à jour un résultat d'expertise que certains auraient sans doute préféré garder pour eux, mais s'il dérange aujourd'hui c'est justement parce que la qualité de cette expertise réalisée par deux organismes reconnus (l'IFCE et le SNCP) ne peut être mise en cause.

En quoi un touriste/vacancier est-il capable de juger de la sécurité d'un l'attelage ?
Il va peutêtre falloir faire passer les audits des commissions de sécurité dans les villages-vacances...

Ces experts ont été reconnus par les différentes parties prenantes, les critères de leur expertise ayant été acceptés, on peut difficilement les remettre en cause par la suite...

- L'Expertise (audit qualité) : Diligenté par le Syndicat Mixte du Mont Saint Michel sur les recommandations de la Commission Nationale des Chevaux territoriaux et dont le principe a été accepté par Transdev et Norbert Coulon a été réalisée par :
- L’Institut Français du Cheval et de l’Equitation (IFCE) représenté par : Antony GOHIER, Catherine LE VEZOUET, Jacques TAMALET, Renaud VINCK.
et
- Le Syndicat National des Cochers et utilisateurs professionnels d’Animaux Attelés (SNCuPaa) représenté par : Olivier COURTHIADE, Yves DECAVELLE et Luc MICHELON.

L'expertise chevaux était basée sur le BAC Attelage® (Bilan des Acquis et du Comportement), (voir ici quelques infos des Haras sur le BAC équidé et l'option attelage).

L'expertise meneur était basée sur l’examen du Certificat de Spécialisation , "Utilisateur de Chevaux Attelés", (voir la fiche du Le Répertoire National des Certifications Professionnelles sur le site du Ministère ici (ou en PDF ici)).

Pour les tests in situ (l'audit qualité), 11 chevaux recalés sur 23 et un seul meneur sur 23 qui a réussit les 3 épreuves du CS, quelques insuffisances quoi...

Évidemment, il ne s'agit pas d'accabler les meneurs du Mont Saint Michel, ce sont avant tout des chauffeurs de bus titulaires du permis de transport en commun (et pour celà sûrement au fait des problèmes de sécurité), ils ont été formés en 400 heures à une formation "attelage" spécifique (Spécialité d'initiative locale (Sil) "Conduite d'attelage en zone urbaine et/ou touristique") différente du CS-cocher (qui lui se fait 497 heures en centre et 420 heures en entreprise) et n'ont pas beaucoup mené pendant un an à cause des problèmes des maringotes.
Mais alors qui a décidé que leur formation et leur diplôme ne serait pas ceux qui sont maintenant reconnus partout en France ? (et préparés par de nombreux centres sur tout le territoire).
Aurait-il été acceptable qu'ils n'aient pas le même permis de conduire "transport en commun" que les autres chauffeurs de bus, dans la mesure où ils conduisaient sur une route particulière ?
Et qui a décidé de démarrer le service public des maringotes le 3 juin 2013, alors que les entraînements des meneurs n'étaient (peutêtre) pas suffisants ?

Si je comprend bien, si cet audit n'avait pas été "diligenté", certains chevaux "inaptes" seraient aujourd'hui attelés devant des maringotes ?

Doit-on conclure que le syndicat de cocher (SNCP) siégeant à la "commission cheval" ne peut jouer son rôle de "lanceur d'alerte" et doit mettre "son mouchoir dans sa poche" devant les investissements de Transdev ? (voilà qui ne donne pas envie de faire partie d'une commission d'Experts...)
Le rayonnement du "formidable chantier" de la "traction animale" justifie-t-il ce fonctionnement pour le moins "original" ?
Quand aux mesures prises sur les recommandations du SNCP (et de l'IFCE), elles devaient sembler bien dérisoires face aux résultats de l'audit...

Ce n'est pourtant pas ce qui est écrit ni avant, ni après...

En fait seulement l'essentiel des remarques... Encore faut-il se mettre d'accord sur l'essentiel...

"La mise au point des maringotes s'effectuera au fur et à mesure de leur utilisation..." ça c'est de l'anticipation...
Et pour info sur l'antériorité d'interlocuteurs compétents, je précise que Le SNCP a été créé en 1999 et que la 1ère session de formation "CS cocher" (faisant suite au "SIL attelage") date de janvier 2006, au CFPPA de Montmorot (Jura), la Commission des Chevaux Territoriaux date de 2005 et a été officiellement créée en 2010. Ceci dit l'antériorité n'a jamais été un gage de qualification...

Pour le soutien de tous les acteurs à ce projet, je suis assez "pour", mais pas "sans réserve", nous continuerons à relever ce que nous considérons comme des dysfonctionnements afin que ce projet devienne réellement un exemple pour nous tous...

A la lecture des dires de chacun dans cet article, Je ne suis pas sûr que toutes les garanties soient prises, mais restons positif et espérons que l'entreprise de transport a bien compris l'obligation de formation continue de ses cochers et l'obligation de sélection des chevaux de son prestataire...

Et pour un prochain (gros) projet de chevaux territoriaux, mettons-nous tous d'accord sur la seule validité d'une formation unique connue et reconnue par tous, la seule validité d'une qualification des chevaux d'attelage connue et reconnue par tous.
Acceptons que des organismes de contrôle indépendants vérifient ces qualifications dans la transparence et pour la sécurité commune, comme c'est le cas pour le permis de conduire, le contrôle technique et les commissions de sécurité dans le domaine automobile.

lundi 14 octobre 2013

Mise au Point sur le projet hippomobile du Mont Saint Michel...

Depuis longtemps, à Hippotese, nous suivons le projet hippomobile du Mont Saint Michel dans l'idée que celui-ci est une vitrine internationale de la Traction Animale, et que donc, il se doit de réussir et d'être à tous les points de vue, exemplaire.

Et il l'est certainement, mais malheureusement le plus souvent dans le mauvais sens du terme...

Petit rappel de quelques faits...

Après les errements de la conception des maringotes et de leur capacité inadaptée à la traction par 2 chevaux, que nous avions dénoncé, sur le blog d'Hippotese, il y a plus de 2 ans, (voir articles précédents). celles-ci ont été entièrement repensées depuis.


Les maringottes de première génération, aujourd'hui détruites, 5,6 tonne de PTC...

En effet, les maringotes originelles étaient prévues pour 50 places (ramenées à 45 ensuite) par les "ingénieux ingénieurs" de Véolia-Transdev, elles furent rapidement retoquées.
À la fabrication, elles pesaient 2 tonnes à vide pour 3,6 tonnes de chargement en comptant une moyenne (haute) de 80 kg/pers, soit un total de 5,6 tonnes.

Elles furent (évidemment) retirées de la circulation après quelques essais...

Les nouvelles maringotes (2013) sont prévues pour 22 personnes (1,2 tonne à vide et 1,8 tonne de chargement en comptant une moyenne (haute) de 80 kg par personne, soit un total de 3 tonnes.


Les nouvelles maringottes de 2013, 3 tonnes de PTC...

Nous voilà revenu à ce que nous préconisions, il y a prés de 4 ans, en effet, nos premiers discordes sur ce point, avec les ingénieurs de Véolia, datent du Salon de l'Agriculture de 2009, confirmé par les essais auxquels nous avions participé en 2009 et 2010, via la collaboration au projet de Hervé Jourdain (CERRTA/Hippotese), qui fut écarté ensuite pour divergences de vues... (les ingénieurs n'aiment pas être contredits par les hommes de terrain)...
En "exclusivité Hippotese", je vous livre le documents de travail des ingénieurs de Véolia en 2010. Vous apprécierez les belles formules qui "prouvent" que 2 chevaux sont capables de tirer 5,6 tonnes, alors que tous les "hommes de chevaux" savent depuis 2 siècles que la charge nominale (sur route) pour 2 chevaux se situe autour de 3 tonnes...
A télécharger ici (attention, un peu lourd, 2,8 Mo...).

Si je vous fait ce rappel, ce n'est pas pour tirer une quelconque gloriole de notre sens prémonitoire, mais plus simplement pour dénoncer l'état d'esprit qui fait penser à nos "lettrés" (dans lesquels j'inclue un bon nombre de nos dirigeants politiques, la plupart des bureaux d'études remplis d'ingénieux ingénieurs, certains journalistes aux ordres et quelques arrivistes notoires...) que les Gens de Terrain (que je préfère aux "professionnels de la profession") sont des crétins indécrottables, réactionnaires à tout changement et jaloux de leurs prérogatives...
Si je ne doute pas qu'il en existe... Je pense aussi qu'il existe des hommes honnêtes, qui peuvent mettre leur expertise au service de tous et qui sont insensibles aux pressions du pouvoir, de la notoriété ou de l'argent...

C'est pourquoi, dans un prochain billet, je vous expliquerai ma colère, à la lecture du dernier Sabots (N°56) qui critique les membre du Syndicat des Cochers Professionnels, qui sont pourtant les dignes représentants de cet esprit libre qui manque souvent à certains...

mercredi 6 février 2013

Le Trottibus, navette hippomobile à Termignon (Maurienne, Vanoise, Savoie)

Alex nous a fait suivre le lien vers ce reportage de Maurienne-TV sur le Trottibus qui tourne depuis le début de la saison d'hiver sur la station de Termignon (Maurienne, Vanoise, Savoie).


Le trottibus à Termignon (1300 m), sous la neige, Photo : Les éditions Aaah la vache !


1 2 3 Maurienne N°6 par lafibremauriennaise

C'est la société Hippo-Écolo-Services qui assure la prestation avec 3 paires de chevaux (une paire en service le matin, une paire l'après-midi et une paire au repos).

Chaque paire de chevaux "tourne" donc pendant 4h30 (le service est assuré de 8h45 à 17h45).

La capacité du véhicule est donné pour 12 à 16 skieurs (donc avec chaussures et skis), assis ou debout.

Le véhicule a été fabriqué par l'entreprise MTM à Avanches (constructeur des "feu" maringotes du Mont-Saint-Michel. Pas vu d'infos sur leur site...

En terme de carrosserie et d'esthétique, j'aime assez ce Trottibus.

En terme d'accessibilité, de luminosité et de protection des passagers et du meneur, ce véhicule est vraiment un modèle du genre.

Sans oublié la signalétique avec ses feux à éclats, ses clignotants et feux stop.

Je n'ai pas d'indications sur son poids ni sur son prix de vente (ni s'il est à la vente d'ailleurs, ce qui serait un manque). Si vous avez des infos...

Vu sur le site de Termignon :
A Termignon : le « Trotti'bus »
''Une navette hippomobile non stop de 8h45 à 17h45 tous les jours de l’ouverture à la fermeture du domaine skiable de Val Cenis Vanoise secteur Termignon. Accès gratuit : de 12 à 16 places.''

Je vous joins quelques captures de la vidéo...


Photo : Maurienne-TV


Photo : Maurienne-TV


Photo : Maurienne-TV


Photo : Maurienne-TV


Photo : Maurienne-TV


Photo : Maurienne-TV


Photo : Maurienne-TV


Photo : Maurienne-TV


Photo : Maurienne-TV


Photo : Maurienne-TV

La plaquette Hippo-Écolo-Services ici...

vendredi 3 août 2012

Revue de presse... Pas de Maringotes au Mont-Saint-Michel en 2012... Et après ?


On ne verra peutêtre plus de maringotes au Mont Saint Michel...

La nouvelle est tombée sous forme d'un communiqué de Véolia à l'AFP ce jeudi 2 août 2012 : Les 6 Maringotes quittent définitivement le Mont Saint Michel.

(voir nos articles précédents)

Un reportage de FR3 Normandie devenu depuis "collector" !


Les Maringottes du Mont Saint Michel tournent à vide ! par hippotese

Déjà absentes de l'inauguration du 28 avril 2012, puis livrées avec retard et enfin mises à l'essai depuis deux mois, mais sans passager, les Maringottes sont irrémédiablement recalées sur leur test de sécurité et ont été chargées sur des camions, ce vendredi 3 août vers une destination inconnue pour "autopsie"...

En cause, des soudures de châssis peu fiables et des problèmes de direction...

"C’était un prototype unique au monde, qui malgré tous nos efforts n’a pas pu aboutir", reconnaît Régina Dutacq, responsable d’opération chez Veolia qui gère les parkings et les moyens d’accès au Mont.
"Les ingénieurs considèrent en effet que les tests de résistance effectués sur les prototypes n'ont pas été totalement probants et nous avons préféré renoncer à leur utilisation par principe de précaution. Même si aucun danger pour le public n'est clairement apparu, la fiabilité à long terme des navettes n'était pas suffisante", précise t-elle.


Première présentation du prototype de Maringotte, le 6 décembre 2011...

Déjà, lors de leur première présentation par Veolia, le 6 décembre 2011, à en croire le site très documenté lemontsaintmichel.centerblog.net les navettes hippomobile n'avaient pas convaincu les visiteurs, je cite :

"ll est vrai que ces tubulures d'aluminium ornementés en partie de bois, font plus penser à un wagon recustomisé qu'à une maringotte. Mais s'il faut croire les propos du président du syndicat mixte, cette réalisation est un chef d’œuvre de l'art contemporain..."

"A l'intérieur, au premier niveau 20 places assises avec de larges baies vitrées, non jointives avec la carrosserie qui laisseront de substantiels courants d'air l'hiver, conjugué à une absence totale de chauffage."

"Au deuxième niveau, par lequel on accède grâce à un escalier étroit aux contre-marches très hautes et inclinées (type échelle de meunier, donc inaccessible à des personnes âgées), se trouvent, en plein air, 25 places assises."

"Le véhicule est à l'arrêt, freins serrés et sans chevaux attelés. Pourtant dès que l'on accède au second niveau, on ressent un phénomène de tangage surprenant. Qu'en sera-t'il en conditions normales de circulation ?"

Ces impressions ont depuis été partagées par d'autres observateurs lors des essais in-situ.


Les ouvriers du constructeur des maringotes (le carrossier MTM) à Avranches, posent dans le premier exemplaire... (photo MTM)

Des soudures défectueuses ?

Quand même, Il est très étonnant qu'un constructeur carrossier telle que l'entreprise MTM d'Avranches, spécialisé depuis 15 ans dans la fabrication de carrosseries haut de gamme pour le transport de chevaux (fourgons, camions ou vans tractés) rate des soudures sur 6 maringottes !
il est beaucoup plus probable que les "ingénieux" ingénieurs de Véolia (ou ceux de Car&D) qui ont fait la conception et la modélisation 3D de la structure et son optimisation par simulations informatiques, se soient un peu trompés dans leurs calculs de résistance des matériaux avec le cahier des charges impossible à tenir qui leur était imposé... A savoir : une capacité de 50 places pour un poids à vide de 1,5 T et d'ailleurs ce sont, dit-on, les techniciens de MTM qui ont tout fait pour renforcer la structure (les maringotes sont sorties des ateliers avec un poids de 2 tonnes soit 500 kg de plus que prévu).

Croisements et dépassements impossibles...

Mais les ennuis de Véolia ne s'arrêtent pas là, car comme l'a mis en lumière le site lemontsaintmichel.centerblog.net, décidément très clairvoyant, les maringotes font 2,50 m de large (pour 10m à 11m de long environ, chevaux compris), les navettes automobiles (les passeurs) font 2,70 m de large (pour 14,5m de long) et la voie sur la future passerelle fera 6,5 m de large entre de hauts trottoirs (pour la sécurité des piétons qui se rendront "pedibus" au Mont).


Vue frontale d'une maringotte... Imposant quand même !

En imaginant que les véhicules circulent à 0,20 m du bord de la chaussée (il va falloir être attentifs les gars...), un passeur qui croise une maringote le fera avec un espace de moins d'un mètre, 0,90 m pour être exact (6,5 - (2,7 + 2,5 + 0,4)), avec une vitesse relative de 35 km/h (25 + 10), en effet, un attelage au petit trot fait 10 km/h environ, les passeurs doivent circuler à 25 km/h et les 2 véhicules circulent en sens inverse...
Croiser ou doubler dans ces conditions (et sans parler des jours avec vent latéral) Je vous le dis, ça va être coton, personnellement, je ne postulerai pas comme chauffeur-meneur...

NB : les passeurs se croisent eux, suivant le même calcul, à 0,70m et à 50 km/h de vitesse relative, à tel point que leurs rétroviseurs qui risquaient de se percuter ont été démontés et seront remplacés par des caméras vidéo...

Le plus drôle est que les 6 passeurs (et les 5 bus standards en renfort) qui circulent donc à 25 km/h (une vitesse plus que triple de celle des navettes hippomobiles) se succèdent toutes les 3 mn en heure de pointe et que les maringotes (6 étaient prévues à terme) circulent à 7,5 km/h de moyenne (rappelez-vous, 500 m au pas à 5km/h, 1km au petit trot à 10km/h et 500 m au pas à 5 km/h) et se succèdent toutes les 15 mn (le cadencement sera variable suivant l’affluence)...
Je vous fait grâce du calcul digne d'un (très) bon certificat d'étude mais chaque maringotte pourra croiser au moins 5 navettes et être doublée par autant (donc 10 chances d'avoir un accident, 20 par aller-retour)... Elle est pas belle la vie ?


Une maringote quitte son parking...

Mais là où ça pousse à la franche rigolade (quoique, c'est plutôt triste...), c'est que le code de la route dans son article R414-4, en vigueur depuis le 22 Juin 2003, précise dans son point IV et suivants, que :

IV. - Pour effectuer le dépassement, il doit se déporter suffisamment pour ne pas risquer de heurter l'usager qu'il veut dépasser. Il ne doit pas en tout cas s'en approcher latéralement à moins d'un mètre en agglomération et d'un mètre et demi hors agglomération s'il s'agit d'un véhicule à traction animale, d'un engin à deux ou à trois roues, d'un piéton, d'un cavalier ou d'un animal.
V. - Le fait, pour tout conducteur, de contrevenir aux dispositions des II à IV ci-dessus est puni de l'amende prévue pour les contraventions de la quatrième classe.
VI. - Tout conducteur qui contrevient aux dispositions des II à IV ci-dessus encourt également la peine complémentaire de suspension du permis de conduire pour une durée de trois ans au plus, cette suspension pouvant être limitée à la conduite en dehors de l'activité professionnelle.
VII. - Cette contravention donne lieu de plein droit à la réduction de trois points du permis de conduire.

Franchement, vous êtes conducteur de "passeur", en un aller-retour, vous doublez 5 maringottes et en croisez 5, à 3 pts par infraction, si vous n'avez pas d'accident, vous perdez 30 pts (sur 12) et vous gagnez 30 ans de suspension de permis de conduire... Pour un chauffeur professionnel, en une demi-heure, c'est imbattable !


Les maringotes tournent à vide lors des essais de fiabilité...

Une gabegie financière...

La flotte des douze véhicules (6 passeurs automobiles et 6 maringottes hippomobile) a coûté au total 6,5 millions d’euros. Comment avec de tels moyens en arrive-t-on à des solutions techniques aussi désastreuses...
Et ça continu de coûter... Car la date de mise en exploitation de la Délégation de Service Public (DSP), accordée à Veolia était fixée au 28 avril 2012, et depuis cette date, pour n'avoir pas pu fournir tous les passeurs et avec les 100 places prévues (seulement 66 places ont été autorisées), Veolia a payé 400 000 € de pénalités et paye pour les maringottes absentes une indemnité de 500 € par maringote et par jour, soit un total de 3000 € / jour.

Véolia s'est, depuis vendredi 3 août, engagé à fournir des calèches "classiques" (et temporaires) de 20 places avant fin 2012 et à concevoir de nouvelles maringottes pour 2014...


La maringotte au design futuriste va peutêtre disparaître...

D'après quelques indiscrétions (à confirmer), le modèle à deux étages, au design futuriste (que personnellement, j'aime assez) pourraient perdre un étage et descendre à 20 ou 25 passagers, voilà qui résoudrait le problème de la charge pour revenir autour de 3 tonnes, ce que nous préconisions dans un billet précédent...

Tant que l'on en est aux conseils... Il faudra peutêtre aussi réduire la largeur des maringottes (à 2 m ?) pour pouvoir les doubler ou les croiser, ou augmenter la largeur de la voie roulante sur le tablier de la passerelle (si c'est encore possible, mais ce sera sûrement au détriment des trottoirs).
Il faudrait sans doute aussi mettre les maringotes sur rail afin qu'elle ne dérivent pas lors du passage des passeurs (ce qui résoudrait du même coup le problème de la puissance des attelages et permettrait de remonter à 30 passagers pour 2 chevaux).

On peut aussi imaginer une passerelle de largeur inchangée mais avec 3 élargissements (un tous les 500 m) qui seraient des zones de croisement ou dépassement sécurisées...

Nous conseillons aussi plutôt une maringotte bicéphale (à 2 sens de conduite) avec un poste de menage surélevé (au dessus des chevaux ce qui permettrait de ne pas perdre de longueur) et parfaitement capoté (il pleut parfois et il vente souvent, dans la baie), celà autoriserait la conception de véhicules sans système de direction sophistiqué (puisque sur rail) car le système retenu qui est complexe ((rappelons que Veolia a déposé un brevet d'essieu directeur à double détente pour permettre aux maringottes de faire demi-tour sur 8,5m) favorise sans doute la prise de poids du véhicule, la fragilité du châssis et la sensibilité au tangage ?

Allez, "ingénieux ingénieurs", il faut nous trouver une solution, pour que Énergie Animale soit dignement représentée pour atteindre la merveille des merveilles...

En attendant un avenir meilleur, les chevaux du Mont, cobs normands, postiers bretons et percherons, ont rejoint leurs écuries (au frais de Veolia) et les vingt-cinq meneurs, (dont la formation a quand même coûté 187 500 €), vont devoir se reconvertir en agents de parking et d’accueil. Heureusement que celà était prévu dans leur contrat d'embauche (voir l'offre d'emploi du 28 juin 2012 de Véolia-transdev), Ha, ils avaient tout prévu les bougres...

jeudi 12 janvier 2012

Les Maringotes du Mont Saint Michel dans les sables mouvants...

Les navettes qui transporteront les visiteurs des parkings au Mont Saint Michel devraient démarrer début 2012, c'est le moment de faire le point de la situation.

Cet été, en août, profitant des vacances, nous sommes allés à la mer, du côté de la baie du Mont Saint Michel.
Vue de Savoie, cette région est un havre de paix propice aux promenades pédestres et équestres (la fameuse traversée de La Baie), à la pêche à pied, aux dégustations de coquillages, à la baignade...

Évidemment nous avons profité de la proximité du Mont Saint Michel pour faire une visite (non pas au Mont surfréquenté, ou alors à faire de nuit), mais aux chantiers et aux travaux d'aménagement (Voir billet précédent).

Le barrage "chasse d'eau" sur le Couesnon est terminé, bel ouvrage qui offre une jolie perspective vers le Mont, imaginez... debout sur la proue du Titanic...


(photo D. Fady)

A voir aussi une expo didactique superbe sur le(s) chantier(s)...

Les travaux d'aménagement sont bien avancés... On apprend que :
Au cœur de cet immense parking, plusieurs bâtiments sortent de terre. Ce sont les futurs bureaux du personnel administratif de Véolia transport, les vestiaires, les bâtiments d'entretien des navettes et le chenil pour les animaux de compagnie.
45 personnes, chauffeurs des navettes et meneurs de maringotes travailleront dans ces locaux sans oublier les 15 gardiens du parking.

Très bien, mais où sont situées les écuries des 40 chevaux et la remise des 6 maringotes ?

Les hôtesses de l'expo ne savent pas nous répondre...
Nous devrons aller jusqu'à l'hippodrome du Mont-Saint-Michel (au delà du village de La Grève au lieu-dit l'Anse de Moidrey en face du Moulin du même nom, pour trouver une réponse...

En trainant entre les boxes (entre gens de chevaux), nous apprenons qu'il n'y aura pas d'écurie en dur pour les chevaux...

ceux-ci ne seront même pas logés sur place, mais à 4,4km de la place des navettes, à la ferme de Dailly, dans le polder, à l'ouest du village de La Grève, ferme que Norbert Coulon aurait acquise.


La ferme de Dailly (photo D. Fady)

Si cette ferme pourra accueillir les 40 chevaux nécessaires à la traction des maringotes, ceux-ci devront, pour prendre leur service à la Caserne en face du barrage sur le Couesnon, circuler en camions !

En effet, on imagine mal, qu'en plus de leur 12 km de course, les chevaux fassent les 8,8 km d'approche (aller-retour)...


4,4 km pour aller de la ferme de Dailly à la place des navettes (image Google)

NB : si j'ai bien tout compris, il faut environ 20 mn aux maringotes pour rallier le Mont depuis la place des navettes (2km), soit un aller-retour de 4 km par heure, compte-tenu des pauses et donc 3 aller-retours pendant les 3 heures de travail d'une paire. On est donc à 12 km de traction intensive, ce qui me semble déjà pas mal...

Mais alors, les chevaux feront 12 km à pied pour prés de 9 km en camion...
On marche sur la tête...

Et puis, sur le lieu de départ des Maringotes, point d'écurie en dur non plus, un camion à chevaux, spécialement aménagé en sellerie servira, nous dit-on, de lieu d'harnachement-désharnachement des attelages...
A croire qu'il fait toujours beau dans ce pays et que les chevaux n'auront jamais besoin d'un abri (du vent ou de la pluie) pour sécher après leur course...

On peut donc raisonnablement se poser des questions sur l'intérêt et la pérennité d'une telle installation...

Les responsables du projet qui communiquent pourtant facilement sur le sujet, ne semblent pas beaucoup croire aux maringotes pour en laisser la seule responsabilité à Norbert Coulon...

Voilà une opération de communication (Rappelez-vous : Le Mont-Saint-Michel sera ainsi le premier site touristique en France desservi en hippomobile, selon François-Xavier de Beaulaincourt, directeur du syndicat mixte) qui n'aura pas coûté grand chose en investissement...

Véolia n'aura pris aucun risque et réalisé aucun investissement pour prévoir l'hébergement des animaux, des meneurs, et même des harnais dans des conditions d'exploitation acceptables...

Les politiques et le Syndicat Mixte de la Baie du Mont-Saint-Michel, maitre d’œuvre de l'opération, portent également la responsabilité de cette ineptie...
Mettez des chevaux ça fait "vert", c'est porteur et puis ça nous coûte rien même pas le risque que ça se plante... Pensent-ils surement... Je cite :
Le Président du Conseil Régional se réjouit de ce que « le cheval, identité de la Normandie, transporte le public vers ce monument emblématique » et y voit « une motivation supplémentaire pour préserver les races de trait dans leur berceau ». On pourrait aussi y ajouter que chaque trajet effectué en hippomobile épargnera sa petite part d'émissions de CO2 et de pollution, dont le mont n'a vraiment pas besoin
Comme disait Coluche, ils nous prennent vraiment pour des C...

- Déjà que les maringotes seront payantes (6,5€, l'aller-retour) alors que les navettes automobiles seront elles, gratuites... (à croire que les passagers des maringotes n'auront pas laissé leur voiture au parking payant pour financer leur voyage comme les autres).

- Que le poids des Maringotes, initialement donné à 1,5 tonne est passé à 2 tonnes à vide...
Que comme le poids moyen en charge annoncé est de 3 tonnes il reste donc 1 tonne de capacité de charge (soit 1000/75 = 13) soit 13 personnes transportées, (75 kg étant le poids moyen utilisé pour les calcul des ascenseurs), si on abaisse à 50 kg, ça ne fait toujours que 20 personnes, bien loin des 50 personnes annoncées...

NB : en usage régulier, tous les auteurs qualifiés s'accordent sur le fait qu'un véhicule hippomobile à pneus (omnibus) de 3 tonnes semble correctement dimensionné pour une paire de chevaux, si on veut passer à 4,5 T, il faut prévoir un cheval de plus et à 5,5 T, on doit passer à 4 chevaux ou placer le véhicule sur des rails (tramway).


Les maringotes se cachent derrière les navettes automobiles ?

- Que les Maringotes sont des véhicules à impériale de 7 m de long et 2,5 m de large et d'au moins 3,50 mètres de haut (il faut bien loger les 50 places sur les 2 étages), je vous laisse imaginer la prise au vent... j'aimerai bien avoir la paire de chevaux qui tirera ça les jours où ça souffle, pendant 3 heures, mais c'est vrai qu'il n'y a jamais de vent sur un pont en baie du Mont Saint Michel...

Courage Norbert ! Tu vas en avoir besoin pour que le projet des maringotes ne se perde pas dans les sables mouvants de la Baie...

Mais peutêtre qu'on sortira les Maringotes seulement les jours d'inauguration et de discours politiques...

NB : Pour info, une présentation du projet du Syndicat Mixte du Mont...

dimanche 20 mars 2011

Pourquoi le projet Hippomobile du Mont Saint Michel se doit de réussir !

Si nous sommes critique aujourd'hui vis à vis du projet de navettes hippomobiles au Mont Saint Michel, c'est pour des raisons philosophiques et techniques...

Mais d'abord, levons tout de suite une ambiguïté. Le projet de navettes hippomobiles du Mont Saint Michel doit réussir !
C'est un projet d'envergure (40 chevaux impliqués), d'audience mondiale (Le Mont Saint Michel est un des sites les plus visités au monde), et l'ensemble de la filière nationale et internationale du cheval de trait (du cheval de travail) bénéficiera des retombées médiatiques si ce projet est une réussite.

C'est aussi pourquoi, nous avons tous la responsabilité de faire en sorte que ce projet aboutisse positivement et donc aussi celui d'être critique sur les choix qui peuvent nous apparaître discutables.

Les choix philosophiques... Avoir choisi (*) une entreprise privée peut-être plus intéressée par un coup de peinture verte sur ses activités (l'avenir nous le dira) que de promouvoir l'énergie animale, est un choix discutable.
Il aurait sans doute été possible de garder la maîtrise du projet dans une structure collective (GIE, Association...) qui aurait regroupé les utilisateurs de chevaux du secteur, les syndicats de race, les haras nationaux (IFCE), les élus locaux et d'autres partenaires d'audience nationale...
Il aurait sans doute aussi été possible de faire un projet purement hippomobile et pédestre, plutôt que mixte avec les navettes automobiles (les passeurs) et hippomobiles (les maringotes), mais celà demandait une prise de risque plus grande sans doute...
Bref, ces choix sont faits, il est trop tard pour les remettre en cause...
On peut espérer qu'une entreprise comme celle qui a été choisie, se donnera les moyens de faire aboutir la partie hippomobile de ce projet au moins pour sauver son image...

(*) L'entreprise Véolia a été retenu via une Délégation de Service Public pour la construction et l'exploitation des parcs de stationnement et des navettes de transports en octobre 2009.

Les choix techniques... Avant de discuter les choix techniques (dont nous reparlerons dans un futur billet), il est peut-être bon de vous faire une synthèse des informations techniques que nous avons réussi à glaner... (ce genre de projet hésite toujours entre une stricte confidentialité technique et l'envie de diffuser aux médias quelques données concrètes pour faire de la mousse...)


NB : certaines données varient suivant les sources, nous les avons données telles que connues...

Les données connues...

Les Maringotes : Les navettes hippomobiles, sont appelées "Maringotes".
Pour la petite histoire le Littré définit le terme comme : Une petite voiture hippomobile, ordinairement suspendue, garnie de barreaux sur les côtés, et à deux fins, les bancs étant mobiles).

Certains prétendent que les voitures à cheval (souvent appelé "voitures de Genêts) qui à marée basse traversaient la baie, de la pointe des Genêts au Mont Saint Michel, étaient appelées "Maringottes" (avec 1 ou 2 "t"), je n'ai pas trouvé de confirmation de cette information.

Les Maringotes "modernes" ont été conçues par Véolia (qui, dit-on, a déposé un brevet sur leur système directionnel à 2 phases, qui permet un retournement à court rayon de braquage en bout de course).
Ce sont des voitures à pneus, de design moderne, à impériale, de 7 m de long et 2,5 m de large, pour 1,5 tonne de poids à vide (PV) (dans un document, ils parlent de 2 tonnes de PV) et 50 places.
Elles seront fabriquées en région, dans la Manche. Il est prévu de mettre en service 6 Maringotes au maximum (mais on a parlé de 6 à 8 au début).

Elles devraient permettre selon les prévisions de capter 10 à 15% du trafic passagers (3 millions/an de visiteurs au Mont) soit 350.000 personnes par an. Comme les maringotes en PTC (Poids Total en Charge) sont estimées à 5,5 tonnes (j'ai trouvé des indications de 5 à 6 tonnes), j'en conclu que la charge maxi sera de 4 tonnes. Ce qui correspond à 50 personnes de 80 kg de moyenne ce qui semble une moyenne plutôt importante (famille avec enfants) sauf à charger plusieurs équipes de rugbymen. Si la charge maxi est à 5,5 tonnes, la charge moyenne, elle, est estimée à 3 tonnes.

Le parcours : C'est un parcours routier sur un pont dont le tablier doit rester peu épais (le plus "transparent" possible pour ne pas gêner l'esthétique du site, nous a-t-on dit), ce qui expliquerait que l'on ne peut pas y placer des rails pour utiliser un tramway plutôt qu'un omnibus.
Si le Mont est à 2,4 km du parking, seulement 2 km seront couverts par les navettes, il restera 400 m à faire à pied...

Il est prévu de faire une pente descendante à 2cm/m (2%) au 2 bouts pour faciliter le démarrage des maringotes après le chargement (mais donc il y aura aussi une pente montante de 2% en fin de chaque aller et de chaque retour).
Le parcours doit se faire au pas sur 500 m, puis au petit trot sur un kilomètre, puis au pas sur 500 m. J'ai trouvé des vitesses prévues de 5 km/h, 7 km/h ou 8 km/h (sans précisions).
L'aller simple doit prendre une vingtaine de minutes (on parle aussi de 30 minutes).
Il n'est pas prévu de pose sauf le temps d'arrêt pour le déchargement-chargement des passagers.
Un aller-retour se fait donc en environ une heure, soit 3 aller-retours en 3 heures (temps d'utilisation voulu pour une paire de chevaux dans une journée, et ce, 5 jours pas semaine.
Départ prévu pour les maringotes toutes les 15 mn en basse saison et toutes les 5 mn en très haute saison (il faudra alors plus de 6 maringotes dans ce cas là).
Le vent maxi qui a été pris en compte est de 50 km/h (les maringotes seront-elles immobilisées si le vent est plus fort ?).

Les chevaux :
Il faudra 40 chevaux (on parle aussi de 38), des Percherons (850 kg), Cobs-Normands (650-750 kg) et des Postiers-Bretons.
Norbert Coulon sera propriétaire des chevaux qui seront loués à Véolia, il assurera leur dressage et leur entraînement. L’écurie sera installée à Beauvoir, près du Mont-Saint-Michel.
Au printemps 2011, trois syndicats de races (percherons, bretons et cobs normands) présenteront les chevaux sélectionnés par leurs éleveurs. Les chevaux recherchés sont, de préférence, des mâles et des hongres adultes (au moins 5 ans).
La formation des meneurs des Maringotes commencera à l’automne 2010 afin qu’ils soient prêts en novembre 2011. Cette formation est assurée par le lycée agricole de Saint-Hilaire du Harcouët dans la Manche.
Norbert Coulon mettra à disposition des meneurs expérimentés pour les former sur les particularités des Maringotes.

Les tests et l'entraînement :
En attendant un protocole d'essais a été mis en place en collaboration avec le Docteur Mathilde Audic de Coutances (Manche), vétérinaire spécialisée en contrôle de chevaux d’endurance en compétition.
Ces phases de test ont pour objectif de définir les conditions optimales de travail des chevaux : rythmes journaliers et hebdomadaires, soins et contrôles vétérinaires, ferrures et harnais...
Une première phase de tests d'effort a permis de déterminer la limite de poids que les chevaux pouvaient tracter sans risque.

"À chaque type d'effort, nous avons mesuré les températures corporelles, les rythmes cardiaques, respiratoires et procédé à des prises de sang afin de vérifier les taux de lactate, significatifs du degré de fatigue musculaire, explique le Dr Audic. Au vu des analyses, nous estimons que des chevaux de traits entraînés peuvent sans difficulté tracter une charge de 10 tonnes. Nous savons que pour un travail d'endurance, il faut être aux alentours de 60 % de la charge maximale. Soit 6 tonnes pour les chevaux de traits qui vont être utilisés sur le site du Mont-Saint-Michel. La Maringote sera, en charge maximale, de 5,5 tonnes, et seulement de 3 tonnes en charge normale."

"Depuis cet automne, trois paires de cobs, percherons et bretons sont testés en situation réelle. Les chevaux semblent à l'aise dans ce nouveau travail, précise le Dr Audic. Avant le début de cette longue période de travail, une série d'examens a été réalisée : échographies des tendons, radiographies des membres, contrôle des lactates... Au bout des six semaines, les mêmes examens permettront de comparer les éventuelles évolutions."


A suivre sur le blog : une lecture critique des choix techniques retenus...

mercredi 18 novembre 2009

En 2011, des "maringotes" hippomobiles tirées par deux chevaux, transporteront les visiteurs du Mont Saint Michel

A partir de 2 articles de Jean-Jacques LEROSIER et Christophe LECONTE paru dans Ouest France en octobre et novembre 2009 et qu'un gentil internaute anonyme m'a fait suivre, merci à lui, et du dossier de presse de Véolia, je vous ai fait un petit compte-rendu sur cette affaire...

Veolia Transport, la filiale Transport de Veolia Environnement, remporte l'appel d'offre comme délégataire de service public des structures d'accueil et de dessertes (en véhicule automobile et hippomobile) du Mont Saint Michel.

Nouveau pont
L'actuelle digue-route sera détruite. À la place, un pont-passerelle. Sa construction débutera à l'automne 2010 pour durer 36 mois. Mise en service prévue en 2014. Les premières navettes emprunteront donc la vieille digue-route. Comme le nouveau barrage, le nouveau pont fait partie de l'investissement public, d'un montant global de 164 millions d'euros.

Fin 2011, les visiteurs du Mont-Saint-Michel pourront accéder au pied des remparts en "maringote" tirée par deux chevaux. En 2012, sera mise en service une navette routière gratuite d'une centaine de places.

La convention avec Veolia porte sur 13 ans. Cette délégation de service public démarre par un investissement de 36 millions d'euros (dont 12 sur fonds publics). Trois autres consortiums étaient en compétition : Coriolis-Vinci avec Keolis (SNCF) ; le Canadien SNC Lavalin avec Transdev ; et Spie Batignolles Concessions.

Navette routière gratuite
Imaginée et gérée par Véolia, la future navette reliera la Caserne au Mont, soit 2 km. À la Caserne, l'embarquement des voyageurs, une centaine par navette, se fera à hauteur du nouveau barrage sur le Couesnon, soit à 650 m des parkings. Et non, au parking comme prévu initialement. À l'arrivée, le débarquement se fera à 350 m des remparts et non à 800 m comme envisagé dans un premier temps. Cette navette réversible, comme « un bus à deux têtes », sera gratuite. Mise en service au printemps 2012.

Parking à 8,50 €
Le coût du nouveau parking de 4 200 places, construit au sud de la Caserne, sera de 8,50 € pour une voiture quel que soit le nombre de passagers ; 12,50 € pour un camping-car ; 55 € pour un autocar privé ; 3,50 € pour une moto. Actuellement, le prix du parking sur les grèves est de 4 €. Il doit passer à 5 € au 1er janvier. On pourra aussi venir en bus de la gare de Pontorson, 2 € par trajet.

Montois
Des bus de 20 places seront réservés aux Montois et aux personnes à mobilité réduite depuis le parc de stationnement jusqu'au pied des remparts.

En maringote, dès le 11/11/11
La maringote est une voiture tractée par deux chevaux, la navette hippomobile, baptisée « maringote », est un choix original sur lequel parie Véolia. « On imagine qu'un touriste sur cinq l'empruntera » dit Francis Grass, directeur général de Veolia Transports. La maringote sera payante : 6,50 € par personne, aller-retour.

Quarante chevaux
Des cobs normands, des postiers bretons, des percherons, une quarantaine de chevaux au total, seront affectés à ce service. Lors de la fermeture des actuels parkings maritimes - prévue le 11/11/11 -, la maringote pourra fonctionner. Son slogan : « La maringote est au Mont ce que les gondoles sont à Venise. »

À pied, à cheval, en navette mais pas à vélo
Les bicyclettes seront interdites de circulation sur le nouveau pont, « faute de place pour les stationner au pied du Mont. » En revanche, les cyclotouristes bénéficieront d'aménagements pour leurs vélos et affaires au parking de la Caserne.

L'homme à l'origine du projet
C'est Norbert Coulon, agriculteur et éleveur à Saint-Malo-de-la-Lande (Manche) qui est à l'origine du projet. Il baigne dans le milieu des chevaux de trait depuis tout petit. Il dispute des compétitions internationales d'attelage avec sa fille, et y réussit fort bien. « On a la chance d'être le seul pays du monde à avoir neuf races de chevaux de trait. J'ai toujours pensé que l'on ne les sauverait que s'il y a un intérêt économique. »

Le projet des voitures hippomobiles
Norbert Coulon a pensé aux voitures hippomobiles pour relier le Mont, à partir de La Caserne, « dès que j'ai appris le projet. Mais je me taisais. Cela paraissait tellement énorme ». Il a fini par en parler, et surtout convaincre « les politiques de l'intérêt des chevaux ». Depuis dix ans, il teste la formule avec succès l'été à Gouville-sur-Mer pour visiter des parcs ostréicoles. Pour le projet du Mont, il travaillera avec Veolia, l'entreprise retenue après l'appel d'offres, dont il sera prestataire de service.

La voiture
La première s'élancera le 11 novembre 2011. Le 11 - 11 - 11, pour les distraits. Impossible de montrer la voiture pour le moment. Sa ligne sera design et ressemblera à une voiture de tramway à deux étages. Elle pourra transporter cinquante personnes à la fois. Le service sera assuré par six voitures. Les départs se feront à horaires réguliers, « toutes les cinq minutes en période de pointe ». Le prototype sera testé au printemps et « le constructeur est un local ».

Les chevaux
Norbert Coulon commencera avec des cobs normands, des percherons et des postiers bretons. « Des hongres. Ils sont toujours d'une humeur égale. » Deux chevaux suffiront à tirer une voiture et ses passagers sur les 4 km, aller et retour. « Mais, je réfléchis à une pente douce pour le départ. » À terme, 38 chevaux devront être opérationnels. Il en possède une quinzaine pour le moment. « J'ai tout l'hiver et le printemps pour acheter des chevaux. » Les conducteurs seront du personnel de Veolia.

Le coût pour les visiteurs
Le trajet simple coûtera 4 €, aller et retour 6,50 €. « On estime que 70 % des visiteurs prendront la navette, 20 % la voiture hippomobile et 10 % iront à pied. »

Une vitrine pour les chevaux de trait
Pour l'heure, élever des chevaux de trait relève plus du sentimental que des finances. « Les éleveurs ne savent pas quoi en faire. Un mâle à la foire de Gavray, ça se vend 300 €. Heureusement, la consommation de viande a sauvé des races. » Le Mont sera « une vitrine pour la France, s'enthousiasme Norbert Coulon. Nous sommes les seuls au monde à faire du transport public en voiture hippomobile. Ce n'est pas passéiste. Au contraire, c'est moderne et novateur. »