Hippotese, Le cheval de Travail

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dimanche 22 mars 2026

Mesure de puissance, au DataWatt, en maraîchage (oct 2025, Hermance, Suisse)

Lors de l'AG d'Hippotese en oct 2025, au potager de Gaïa, à Hermance (Suisse), nous avons fait plusieurs mesures de force et de puissance avec le DataPalo (mesures d'effort) et le DataWatt (mesures de distance, vitesse et calcul de puissance). Ces 2 appareils font partie du Projet Datafficheur.

Voici une petite présentation des données récoltées en binage de poireaux, Nous avons fait plusieurs aller-retours dans cette planche, mais nous nous intéresserons qu'aux mesures d'un seul aller simple pour expliquer l'analyse des résultats.

Les Matériels de mesure utilisés :

Pour ceux qui découvriraient notre travail de recherche sur les efforts, je vous présente les matériels utilisés pour les mesures.

Le DataPalo (en jaune ci-dessus) est un "palonnier porté", équipé d'un capteur de force (capacité 500 kg à 1 T) et de l'électronique d'acquisition et d'enregistrement sur carte SD des efforts mesurés (10 x par seconde). Il émet par radio, chaque seconde la moyenne de ces 10 données.

Le DataWatt est constitué d'un bras télescopique, muni d'une roue codeuse d'acquisition de le distance parcourue. Par intégration du temps (à partir d'une horloge électronique), il calcule la vitesse de déplacement. Il récupère aussi par radio les données d'effort envoyées par le DataPalo et calcule par simple multiplication Force x Vitesse, la puissance instantanée développée par l'équidé équipé. Il affiche aussi en temps réel l'ensemble des données sur le boîtier récepteur pour contrôle et les enregistre sur carte SD pour traitement ultérieur.

Le matériel de culture utilisé :

Au Potager de Gaïa, on utilise depuis longtemps du matériel Prommata, qu'Hugo a adapté à ses besoins, modifié, voir transformé ou carrément reconstruit avec l'aide de Roger Fillon (aujourd'hui à la retraite).

Ici, par habitude, on appelle toujours le châssis mono-roue : la Kassine. Le châssis multi-roues s'appelle désormais la Gaillette

Le châssis mono-roue utilisé pour ce binage/sarclage, est, comme je l'ai précisé, inspiré de la Kassine historique et permet le montage des outils d'origine par "crochaxe". C'est une adaptation de R. Fillon qui possède 2 particularités intéressantes, à savoir un réglage fin de terrage (par tendeur à lanterne) et un mancheron ergonomique à réglage rapide de hauteur, par poignée de blocage-déblocage d'un doigt sur un secteur semi-circulaire à trous (système inspiré des charrues Plumetaz, prononcez "plumette", d'origine suisse).

Ce châssis était équipé du tri-socs de sarclage à socs "queue d'hirondelle" de Prommata, c'est un outil d'écroûtage et de sarclage entre les ligne, avec une pénétration habituelle de 4 à 6 cm (dixit, leur catalogue).

Le cheval utilisé et son harnais :

Le cheval utilisé ici s'appelle Vir-Tourne, c'est une jument de race comtoise née en 2009 (16 ans), d'environ 640 kg. Ses mensurations sont de 160 cm au garrot (H) avec un périmètre thoracique de 219 cm (C), ce qui, d'après la formule 30 x C2 / H, lui donne une capacité d'effort théorique de 89,9 kgf. Cette capacité d'effort (que l'on appelle à Hippotese "effort standard") est importante par rapport à son poids.
En effet, on considère habituellement, à la louche, qu'elle correspond à 10 % du poids de l'animal (animal entraîné et bien nourri). On peut donc considérer que Vir-Tourne est une athlète de bon niveaux.

NB : Ceux qui sont intéressés par cette notion d'effort standard pourront aller regarder la web-conférence (__Mesure d'efforts Ton cheval, il peut tirer combien ?__) que j'ai faite à ce sujet pour l'IFCE ici (vidéo et PDF) et ici (compléments vidéos et diapos).

Le harnais utilisé ici est un harnais pour "palonnier porté" (appelé "bas-cul" en Franche-Comté), qui était utilisé en batellerie chez les chevaux de halage des péniches, dans les mines, les gares et les carrières (il s'appelait alors harnais "écrevisse").
Ce type de harnais s'est généralisé à Hippotese car il évite au cheval de s'empâturer dans les traits d'un "palonnier traîné".
Pierre Gallet l'a amélioré avec l'installation de poulies sur le tendeur qui permettent d'avoir une plus grande amplitude d'alignement quand les traits se tendent sans appui excessif sur les reins.

La vidéo du travail réalisé :

L'analyse des résultats :


Courbe de toutes les valeurs d'effort.

Voici la courbe de toutes les valeurs d'effort (et non des moyennes).
On peut remarquer que pendant les 30 premières secondes, l'effort est important (124 kgf de moyenne), puis Noémie diminue le terrage et l'effort redescend d'un bon tiers (moyenne 81 kgf). Elle vérifie cependant que le travail effectué correspond au travail attendu, sinon cela n'aurait pas de sens.


Courbe des valeurs d'effort (kgf), de vitesse x100 (m/s), de distance (m) et de puissance calculée (watt).

Voici la courbe des valeurs d'effort (moyenne de chaque seconde, reçues par radio), des valeurs de vitesse (x100) en m/s, des valeurs de distance (en m) et des valeurs de puissance calculée (watt).
Évidemment la courbe des efforts est assez semblable à la précédente, là aussi, on voit l’arrêt du cheval et la correction du terrage qui entraîne une diminution des efforts.

La vitesse moyenne (en vert) varie peu sur les 2 périodes (0,8 m/s à 0,7 m/s). C'est une vitesse que l'on retrouve habituellement en travail du sol (maraîchage, labour) qui correspond à 2,7 km/h
Et logiquement, la puissance moyenne passe de 1001 w à 765 w. Pour rappel, le cheval vapeur, tel que définie par James Watt, est en France est de 735 w et correspond à la puissance développée en moyenne par un cheval dans une activité soutenue.
De notre point de vue, avec les pauses nécessaires, un cheval de 650 à 700 kg, entraîné et bien nourri, peut développer cette puissance pendant sa journée de travail de 6 heures et 5 jours par semaine.

L'angle de traction :

On entend dire que l'angle de traction (angle que font les traits par rapport au sol) est, en théorie, de 15°. Cet angle résulte de l'angle que fait le collier en appui sur l'épaule du cheval (les traits doivent se placer, en traction, perpendiculairement au collier).
On peut corriger éventuellement cet angle en modifiant la longueur de la chaîne d'accroche à l'outil, sachant que suivant les outils la hauteur de ce point d'accroche peut varier.
L'objectif est que le collier soit en appui sur toute la longueur de l'épaule et stable pendant le déplacement du cheval. Si l'angle du collier ne suit pas l'épaule, cela entraîne un étranglement ou une blessure de garrot, si le collier a un mouvement de bascule continu, cela blesse par friction, comme une ampoule ou entraîne des gonfles d'encolure (blessure fréquente en cas de collier trop grand ou mal serré).
C'est pourquoi, un collier trop petit est préférable à un collier trop grand.


L'angle de traction est ici de 15,9°

Ici, l'angle de traction est correct mais le collier semble un peu basculé vers l'avant. Peutêtre qu'en desserrant la courroie du haut des attelles... Ou peut-être que Vir-Tourne a des épaules très verticales. A vérifier...

mardi 23 septembre 2025

Assemblée Générale d'Hippotese, les 4 et 5 octobre 2025, chez Hugo, Vanille et les collaborateurs(trices) des potagers de Gaïa, à Hermance (Suisse)

Mise à jour, le 24 sept 2025...

Les 4 et 5 octobre 2025, aura lieu l'Assemblée Générale d'Hippotese chez Hugo et Vanille Dufour et tous les collaborateurs des Potagers de Gaïa, à Hermance (Suisse), près de Douvaine, au bord du lac Léman.

Le samedi 4 octobre, nous aurons droit à une visite des Potagers et des démonstrations de travail en maraîchage avec la Gaiette (prononcez "Gayette") et aussi des démos de mesures d'effort et de puissance avec le DataWatt...


(Mesure d'effort aux Potagers de Gaïa, oct 2024, photo D. Fady)


(Mesure d'effort aux Potagers de Gaïa, oct 2024, photo D. Fady)

Nous avons aussi prévu, avec Vincent Sappez, une présentation de la ceinture de menage et surtout de son bon réglage pour garantir la sécurité des utilisateurs. Nous prévoyons aussi l'écriture d'un petit guide de bonnes pratiques en profitant de vos questions et interrogations et de vos expériences sur ce sujet.


(Formation Viti Jura, février 2025, Photo D. Fady)


(Formation Viti Jura, février 2025, Photo Ophélie)

L'AG se tiendra à Hermance, donc du côté Suisse, mais à 500 m de la frontière, au bord du lac.

Les démonstrations du samedi auront lieu aux potagers de Gaïa (194 rte de Chevrens), à partir de 9h00.

Pour y aller depuis le centre d'Hermance, prendre la route de Chevrens, qui monte (raide) à droite de l'église, jusqu'à sortir des maisons (400 m environ), c'est là à gauche. Ce sera aussi le parking des fourgons et éventuellement des tentes.

L'AG aura lieu le dimanche matin à 9h00, au bord du lac, à 400 m des potagers, dans un lieu privé, aménagé pour les réceptions, il y a possibilité de camper autour de la salle, mais pas de place pour se garer (le parking est à 100 m, à côté du terminus du bus, ligne E, Hermance village, voir plan ci-dessous).


(Plan du village d'Hermance avec les différents sites)

Vous pouvez venir en bus, depuis la gare ferroviaire de Genève-Cornavin (40 mn), tous les horaires sont ici : https://www.rome2rio.com/fr/map/Gare-de-Gen%C3%A8ve-Cornavin/Hermance?
Il faut prendre la ligne 25 jusqu'à Genève-Rive (du lac) à 7 mn de la gare. Puis changer et prendre la ligne E en direction de Hermance-Village (35 mn), le changement est à 4 mn à pied.
Il y a beaucoup de bus le samedi à l'aller et le dimanche au retour...

Pour venir en voiture, je vous conseille de mettre le GPS en direction de Douvaine (74), pour éviter Genève centre qui est souvent bouché. Depuis la France, il faut suivre la direction Thonon Les Bains, aux feux de Douvaine, prenez en face à gauche la direction de Chens sur Léman, quelques kilomètres plus loin, prendre à gauche, direction Hermance...
Il y a une petite douane non gardée, entrez dans le village d'Hermance et juste après l'église, montée raide, route de Chevrens, à la sortie des maisons, au 194, à gauche, vous verrez les serres des Potagers de Gaïa.


(Itinéraire pour venir de Douvaine)


(Arrivée aux Potagers de Gaïa)

NB : Sur l'emplacement de l'AG, il y possibilité de louer 2 roulottes-gites de 2 places à 100 € la nuit, contacter Hugo pour plus d'infos (+33 6 46 40 10 21).

Quelques précisions sur le programme du Week-end :

En plus du bilan habituel de l'année et des projets, Fanny et Elie, les rédacteurs qui nous aident pour écrire le livre d'Hippotese sur la Traction Animale vous présenteront à l'AG le plan et les premiers chapitres du notre travail.

Des ateliers (informels et limités en nombre) de discussion sur quelques thèmes présents dans le livre seront organisés le samedi au cours de la journée.

Ce sera aussi l'occasion du lancement d'un financement participatif pour le livre, apporter vos chéquiers et numéraires... Un lien de participation sur Hello-Asso sera également proposé...

Toujours pour le livre, nous sommes preneur de vos plus belles photos de travail avec les équidés, pour illustrer, si possible sous forme numérique, apportez vos clés USB...

Sinon pour la logistique "bouffe", comme d'habitude, une base est prévue mais vous apportez vos spécialités pour les 2 jours, entrées, fromages, desserts, charcutaille et accompagnements vegan... alcools doux et forts maison... On peut réchauffer sur place...

Pour le couchage, vous pouvez apporter votre tente ou fourgon aménagé, vos duvets et matelas... Y'a pas de chambre en tant que telles, mais seulement une salle abritée...
Pour toutes précisions complémentaires, appelez Hugo +33 6 46 40 10 21...

Dernières Nouvelles Pour permettre à certains membres, venant de loin, de participer au stage de formation "Amélioration de la relation Homme-Cheval", le CERRTA a décalé les dates de cette formation après l'AG, elle se déroulera le lundi 6 et le mardi 7 octobre à Villers-sous-Chalamont (Doubt), plus d'infos sur association.cerrta@gmail.com. Tel 03 81 49 36 41. Il reste quelques places disponibles...

mercredi 2 avril 2025

Agenda Hippotese 2025


(Dernière Mise à Jour : Le 09 sept 2025)

L’agenda a pour but de vous partager l’ensemble des événements et animations soutenus par l’association Hippotese. Vous retrouverez les dates, lieu, participations éventuelles de l’asso et toutes infos jugées intéressantes :-)
Cet agenda (prévisionnel et évolutif) sera mis à jour, au fur et à mesure des informations que nous recevrons.
Un lien permanent dans la colonne de droite du blog permet de le consulter régulièrement.

- Avril 2025 : - -

  • 5 et 6 avril 2025 : Forum Equi-Grimpe, à Breziers (05190).

Au programme : Traction animale, Portage muletier, Soins aux équidés, Randonnée équestre, Maréchalerie...
Des démos, des animations, un film... Plus de détails en suivant ce lien...

  • Les 19 et 20 avril 2025 : Chantier collectif de débardage en Dévoluy, à St Disdier en Dévoluy.

- Mai 2025 : - -

  • Les 10 et 11 mai 2025 : [Foire BioAgri à Moudon|https://www.bio-agri.ch/] en Suisse

L’objectif de ces journées est de découvrir, échanger et débattre autour des dernières nouveautés scientifiques et techniques de la filière équine. Ces journées sont le rendez-vous des chercheurs, experts et professionnels et sont ouvertes à tous : professionnels, chercheurs, étudiants, journalistes, passionnées, etc. En présentiel ou en distanciel, 450 personnes ont participé à l’édition 2024.Les communications sont également disponibles en ligne après l’événement et diffusées sur nos réseaux sociaux dans les mois qui suivent permettant à tous de (re)voir les interventions des experts.
Pas de présentation d'Hippotese cette année, mais on sera dans le public...
Le billet que j'avais fait sur l'édition 2024 ici...

  • Les 29, 30, 31 mai et 1er juin 2025 : 21ème Chantier-École de Montdenis, .

Le chantier d'autoformation au débardage annuel de Montdenis se déroulera comme chaque année le week-end de l'Ascension.
Le thème du chantier-école n'est pas encore vraiment choisi mais il y aura du transport, du débusquage, en traîne directe, traîneau et porteur, du mouflage... et toujours en forte pente...
Quelques anciens billets ici...

- Juin 2025 : - -

  • Mardi 17 juin 2025 de 11h30 à 12h00 :

Webconférence : "Mesure d'efforts. Ton cheval, il peut tirer combien ? "
Inscription obligatoire (et gratuite) pour assister à la webconférence en ligne, ici :
https://www.ifce.fr/ifce/connaissances/webconferences/autres-activites-equestres/mesure-defforts-ton-cheval-il-peut-tirer-combien/
Voir le billet ici...
Et le billet ici...

- Juillet 2025 : - -

- Août 2025 : --

  • les 23 et 24 août 2025 : La PferdeStark, la plus grosse fête de la traction animale en Europe_, à 32694 Dörentrup en Allemagne.

Toutes les utilisations possibles du cheval de trait sont présentées dans un programme étendue de concours, de démonstrations, de spectacles : débardage, attelage, labour et autres travaux agricoles, poste hongroise, chars romains, présentation de races… et l’utilisation moderne de la traction animale.
Pour voir les anciens billets du blog qui en parlent ici...

- Septembre 2025 : --

  • Le 16 septembre 2025 : seconde Webconférence sur les étapes de l'éducation et de la préparation des jeunes chevaux de travail, par Jean-Louis Cannelle. Renseignements ici.
  • les 24 et 25 septembre 2025 : le 10ème salon Tec&Bio à Valence (26).

Nous serons présents avec des chevaux pour des démonstrations de maraîchage et vigne en compagnie des membres du Réseau Auvergne-Rhône-Alpes de Traction Animale.
Pour voir les anciens billets du blog qui en parlent ici...

- Octobre 2025 : - -

  • Les 4 et 5 octobre, Assemblée Générale d'Hippotese chez Hugo et Vanille Dufour, à Hermance (Suisse), près de Douvaine, au bord du lac Léman. Des infos plus précises bientôt sur le blog...

- Novembre 2025 : - -

- Décembre 2025 : - -

mardi 31 décembre 2024

Retour sur l’utilisation du Porte-outils Flex sur notre ferme en Drôme

Ivan Wassermann nous a envoyé un petit compte-rendu des tests qu'il a fait sur 2 saisons avec le Flex.
J'ai ajouté les 4 pages du doc technique du Flex, capturé sur le site du constructeur (https://www.noieilcavallo.org/flex/). J'ai aussi ajouté une petite vidéo en utilisation, filmée en 2017 à Tec-n-Bio (avec des mesures de force au Dataffiheur) et une vidéo du site du constructeur.

À la ferme de St Ferréol dans le Diois, nous (David et Ivan) cultivons, plantes médicinales, céréales et maraîchage de plein champ sur 15 ha. Nous essayons de réaliser le plus d’actions agricoles en traction animale quand cela est possible et envisageable.


(Préparation du lit de semence avec le FLEX et David à St Ferréol, photo Ivan Wassermann)

Pendant deux saisons nous avons utilisé le Flex principalement pour la préparation du sol pour le maraîchage de plein champs et les céréales.


(Intervention à la herse étrille sur céréales avec le FLEX à St Ferréol, photo Ivan Wassermann)

Petit rappel ! Le Flex est un porte-outil développé par Albano Moscardo (https://www.noieilcavallo.org, albano.moscardoCHEZgmail.com), constructeur italien de matériel moderne de traction animale.


(Document technique du FLEX, P1/4, photo noieilcavallo.org)


(Document technique du FLEX, P4/4, photo noieilcavallo.org)

Ce porte-outil à quatre roues (2 roues avant, jumelées comme sur les anciens cultivateurs) avec relevage hydraulique manuel est conçu pour être tiré par deux chevaux de front. Il est bien adapté pour la préparation de sol.


(Le châssis du FLEX est inspiré des cultivateurs traditionnels, photo Loiselet)

Albano Moscardo fabrique deux modules porte-dents qui s’adaptent au porte-outil : un griffon et un vibroculteur avec rouleau émietteur.


(Document technique du FLEX, P2/4, photo noieilcavallo.org)


(Document technique du FLEX, P3/4, photo noieilcavallo.org)

Les différents modules se montent sur le porte-outil via trois boules d’attelage (type remorque voiture).


(Le FLEX avec sa herse étrille, photo Ivan Wassermann)

Nous avons également finit la conception d’un module de herse étrille. Ce module avait été commencé par Trifin Gloaguen, financé par Hippotese, en 2021, sur une conception de l’Atelier Paysan (Thomas Peyre).
Ce module reprend d’ailleurs en partie la structure de la herse étrille que propose ce dernier. Ce module s’utilise très bien pour le désherbage des céréales à la sortie de l’hiver. De plus, il est relativement peu tirant, et donc idéal pour remettre les chevaux au travail pour la saison.

Nous avons principalement utilisé le module de vibroculteur (petites dents + rouleau émietteur), qui nous a permis de bien préparer notre sol pour la plantation des pommes de terres et oignons (0,5ha), ainsi que pour le semis de seigle (0,5ha) et d’orge (0,5ha).

Dans l’ensemble nous sommes vraiment satisfaits de ce porte outil et des différents modules qui s’y adaptent et nous projetons d’en faire l’acquisition pour la saison prochaine.


2 à 3 passages de FLEX ont été nécessaires pour faire un semis ou une plantation, photo Ivan Wassermann

Itinéraires techniques :
Pour des raisons de sols très argileux et de météo nous avons pour le moment principalement utilisé le Flex après un premier passage de vibroculteur au tracteur, passage qui n’avait pas permis d’obtenir une préparation de sol satisfaisante pour un semi, ni une plantation.
Sur un sol nu (chaume de sarrasin après moisson et passage de l’hiver), chez nous deux à trois passages de Flex se sont avérés nécessaires pour faire semis ou plantations.

Dans une projection future nous pensons utiliser le Flex pour la reprise d’un labour d’automne, labour fait à cheval bien évidement. Un ou deux passages seront nécessaires pour les semis d’automne. Nous projetons également de développer d’autres modules, un émietteur/émotteur, cover-crop. Avis aux amateurs-trices intéressés-ées de prendre contact avec nous ! (wassermann.ivanCHEZlaposte.net).

Points techniques sur le fonctionnent de l’outil :
- Le changement des modules se réalise assez facilement grâce au levage hydraulique du porte outil et aux trois boules d’attelage qui servent d’amarrage entre les modules et la structure porte-outil.
- L’ensemble reste très roulant et mobile, une personne suffit pour faire le changement de module. (sur sol plat et stabilisé bien sûr – et pour nous sur béton dans un bâtiment).
- Le relevage hydraulique est simple et rudimentaire : une pompe double effet (montée et descente), 3 mètres de tuyau et un piston. Il reste très efficace pour le relevage en bout de champs, trois aller-retours sur le levier suffit à lever les modules du sol. Un inverseur permet de changer de position, levage ou descente, facilement.
- Le terrage du module ainsi que son angle d’attaque sont réglables. Ces réglages se réalisent par de simple vis et est facile à réaliser quand l’outil/module n’est pas en tension. Une certaine connaissance/familiarisation avec l’outil est tout de même nécessaire pour comprendre son fonctionnement et l’utiliser sans effort.
- La largeur de travail est d’environ 1,20 mètre.

Remarques – pistes d’amélioration
- Nous avons mis des repères pour indiquer le sens d’action du levier de relevage (levage ou descente).
- La vis de réglage du terrage est un peu courte, un à deux centimètres de plus permettraient d’avoir plus de choix sur la hauteur de l’outil, notamment pour faire un travail plus superficiel.
- Le travail sur un sol très argileux comme c’est le cas chez nous, demanderait presque plus de puissance de traction que deux chevaux, au vu du travail du sol fourni par les modules.
- Il n’est pas possible d’adapter un siège sur la structure il faut marcher à coté, mais cela nous convient. La solution que propose Albano Moscardo est d’atteler le Flex à un avant train, voir la vidéo du site du constructeur (en fin de billet).

Ivan et David


Ivan Wassermann et son cheval Tarik en démonstration à Tec-n-Bio 2023


En 2017, à Tec-n-Bio, nous avons fait quelque démonstrations du porte-outils Flex de Noieilcavallo qu'Hippotese venait d'acquérir.
Nous en avons profité pour faire quelques mesures d'efforts avec le Datafficheur.
Cette petite vidéo vous présente ces essais.


NB : Comme indiqué en fin de vidéo, les mesures au Datafficheur ont été réalisées sur un seul cheval, Les données lues (que vous entendez en fond sonore) sont donc à multiplier par 2. Le Flex demande donc dans ce terrain (très caillouteux) une traction moyenne de 180 à 240 kgf (1800 à 2400 N).

Le Flex peut aussi être attelé à un avant-train. Voici une vidéo de présentation chez Albano Mascardo, son constructeur, issue de son site https://www.noieilcavallo.org/flex/.

mardi 9 janvier 2024

Mesure d'efforts et temps de récupération en buttage de poireaux au cheval (La Kassine améliorée aux potagers de Gaia) Partie 1

Comme promis, voici la Kassine-Gaia en action, en buttage de poireaux (voir précédents billets ici et ici).

Cette vidéo est volontairement assez longue pour que vous preniez la mesure de l'intervention (buttage de poireaux) dans son ensemble...

Elle a, à mon avis une valeur pédagogique et intéressera sans doute particulièrement les personnes en formation.

Mais tout d'abord, la vidéo :

Nous avons filmé cette activité de buttage de poireaux, aux Potagers de Gaïa, à Hermance (Suisse) le 25 septembre 2023, nous en avons profité pour faire des mesures au DataPalo (qui est un Datafficheur à un seul capteur monté sur un palonnier porté (bas-cul) que beaucoup d'entre-nous utilisent à Hippotese).


(Le DataPalo porté est simplement monté à la place du palonnier porté habituel)

Les conditions de l'expérience étaient ici de ne pas trop interférer avec le couple meneur/cheval pendant le travail qui doit se dérouler le plus habituellement possible.

L'échange se limite à la lecture des valeurs moyennes relevées, qui sont communiquées en continu au meneur pour information, s'il le souhaite.

A posteriori, on veut analyser et traiter les données relevées et en tirer un maximum d'informations.

L'objectif est de développer une méthode de relevé de données, la moins "invasive" possible pour être utilisée en situation réelle et qui puisse être mise en œuvre par des non-spécialistes.
Les résultats permettront ainsi de se constituer une banques de données de terrain, libre de droit et gratuite, utilisable par tous.

Résultats :

Observations sur le terrain :
Il s'agit d'une parcelle de maraîchage, plantée de 10 lignes de poireaux, déjà bien développés, à désherber et butter en un seul passage.

Un petit tour sur GéoPortail (on est à 100 m de la frontière française, ligne bleue à droite) permet d'estimer la longueur moyenne des lignes qui est de 78 m (le côté du chemin est en trapèze)
Nb1 : On aurait pu mesurer la longueur des lignes avec un Odomètre, mais nous l'avions oublié.


(Estimation de la longueur de la parcelle avec Géoportail, ici 78 m environ)

Nb2 : Il nous manque la largeur de la parcelle, que nous ne pouvons pas évaluer par photo satellite car celle-ci n'est pas à jour.

Cette longueur de 78 m permet d'évaluer la vitesse de travail (distance /temps).

Observations sur la vidéo :
Dans la vidéo, on choisi un buttage sur une ligne si possible sans arrêt (ou en déduisant les arrêts au chronomètre), on obtient un temps de parcours pour cette ligne. En réitérant l'observation plusieurs fois, on obtient un temps moyen par ligne.

1ère ligne 84 secondes
2ème ligne 90 secondes
3eme ligne 80 secondes
4eme ligne 77 secondes
Soit une moyenne de 82,75 secondes pour 78 m et donc une vitesse moyenne de 0,942 m/s (3,39 km/h).

Nb3 : nous avons le projet de construire un Odomètre/Tachymètre (électronique) avec enregistreur horodaté (synchronisé avec le DataPalo) qui permettra de mesurer la vitesse et les distances sans soucis.

On profite de la vidéo pour trouver une vue latérale qui nous permet d’estimer l'angle des traits par rapport au sol.

Nb4 : ne pas oublier, quand on filme, de multiplier les angles de vue des vidéos et de faire des cadrages de profil et en "plan large" qui permettent aussi d'analyser la position du cheval à l'effort (et observer la position du collier aussi... petit clin d’œil aux personnes qui ont assisté à la journée "collier" en décembre, compte-rendu à venir...)


(Capture vidéo d'une vue de profil "au travail" pour estimer l'angle de traction)

Un petit tour dans Geogebra en ligne permet de récupérer cet angle...


(Un petit tour dans Geogebra, logiciel libre de géométrie...)

La valeur estimée de l'angle de traction est donc de 12,9 °, soit un cos(12,9) = 0.9747

Nous avons la vitesse et l'angle de traction, il nous reste à estimer les efforts pour avoir une idée de la puissance instantanée développée par ce cheval...

C'est ce que nous verrons dans le prochain billet...

lundi 30 octobre 2023

Hippotese était au salon Tec&Bio 2023

Les 20 et 21 septembre 2023, se déroulait pour la 9éme année, le salon Tech&Bio au cœur de Valence. Nina Mass a bien voulu nous faire un petit compte-rendu de notre participation.

Hippotese participe à Tec&Bio depuis plusieurs éditions (depuis la 1ère, en fait, NDLR) accompagné des membres du __Réseau Professionnel Auvergne Rhône Alpes de Traction Animale__ (REPARATA) pour les démonstrations de matériels agricoles en maraîchage et vigne.

Cette année nous sommes une équipe de deux chevaux et de quatre intervenant-e-s. Et c’est coincé.e.s entre le stand des semoirs autonomes et le matériel high tech (chaque année, de plus en plus de robots et de drones, NDLR) que nous nous installons pour deux jours sous un temps "radieux"...


Du soleil à la pluie tempétueuse, on aura tout eu en 2 jours... Photo D. Fady

Au programme de ce salon pour Hippotese :

- Démonstration d’un échantillon du matériel utilisable en travail du sol et en entretien des cultures.
- De nombreux et riches échanges avec les visiteurs et visiteuses du salon sur la traction animale : les formations possibles, les outillages et matériels disponibles, la viabilité de la traction animale...
- Rencontre et échanges entre professionnels...


Ivan et son cheval Kabis avec une bineuse Fatton... Photo D. Fady


Vincent et son cheval Tarik avec une bineuse moderne Fatton... Photo D. Fady

Cette année, c’est un matériel allemand (que nous présentions : Le Kockerling (modèle Super 2/53). Ce porte outils est comparable à un petit Bucher (voir fiche technique N°3) par ses capacités de correction de trajectoire et de changement rapide de barre porte-outils et par l'inventivité des solutions techniques qu'il propose (si cela vous intéresse, nous ferons un billet spécifique bientôt)...

La machine, des années 1960, était vendue accompagnée d’éléments pour l’itinéraire technique de la culture de la pomme de terre (Kartoffel, kartoffel...) en deux rangs : poqueteuse, socs patte d'oie + disques protecteurs, socs butteur et enfin socs patte d'oie + scarificateurs...


Vincent et Ivan avec le Kockerling (test des différents outils et mesure d'efforts au DataPalo)... Photo D. Fady


Nina et Deny avec le Kockerling (buttage de choux et mesure d'efforts au DataPalo)... Photo D. Fady

Évidemment Tec&Bio est toujours l'occasion de retrouver amis et connaissances qui viennent partager un moment convivial...


Thierry Bret du REPARATA qui, avec ses collègues, participe aux démos côté vigne... Photo D. Fady


En arrière plan, l'équipe de l'IFCE d'Uzes, nos partenaires pour le Datafficheur, en spectateurs "connaisseurs"... Photo D. Fady


Les Jérémy(s) du Pot'A Djé, membres d'Hippotese, venus apporter leur soutien et tenir le manche... Photo D. Fady

                                                                                                           Nina Mass

mercredi 11 octobre 2023

Mesure d'efforts au Datafficheur pendant la PferdeStark 2023 avec une grosse charrue mono-soc et une charrue bi-soc (Suite)

Suite du billet précédent sur les mesure d'efforts au Datafficheur avec une charrue mono-soc et une charrue bi-soc...

Je vous avais parlé du développement d'un programme en python (DataGraph Hippotese) qui permet de traiter les données brutes issues du Datafficheur, pour créer un fichier CSV utilisable dans un tableur mais aussi pour tracer automatiquement la courbe d'efforts et maintenant la courbe de fréquence d'apparition d'une valeur d'effort.

Je vous montre les 2 types de graphique que réalise le programme DataGraph-V1-Hippotese pour les 2 charrues vues au précédent billet.

Charrue monosoc :


(Courbe des valeurs des mesures d'efforts au Datafficheur avec la charrue mono-soc White-Horse 715, à partir du programme "DataGraph-V1-Hippotese" en Python)


(Courbe de fréquence d'apparition d'une valeur d'efforts au Datafficheur avec la charrue mono-soc White-Horse 715, à partir du programme "DataGraph-V1-Hippotese" en Python)

On voit bien sur cette seconde courbe que l'on a supprimé les valeurs d'efforts inférieures à 100 kgf (en considérant que dans ces cas, la charrue ne travaille pas).

Il nous reste donc les valeurs supérieures à 100 kgf, on dessine la courbe de fréquence d'apparition de ces valeurs qui a la forme d'une courbe normale (qui est une courbe de gauss particulière).

L'intérêt de cette représentation est que l'on peut calculer facilement la moyenne des efforts (quand la charrue travaille) ici : 739 kgf

On peut aussi calculer l'écart-type (mesure de la dispersion des valeurs d'un échantillon statistique). On sait que les valeurs comprises entre - l'écart-type et + l'écart-type représentent près de 70 % des valeurs de la courbe, ici de 565 à 913 kgf


(Représentation graphique de la fonction de densité d'une loi normale. Chaque bande colorée a la largeur d'un écart-type. Image Wikipédia)

On peut noter que les valeurs comprise entre - 2 x l'écart-type et + 2 x l'écart type englobent 95 % des valeurs... Non représenté sur nos courbes, peut-être à ajouter...

Charrue bi-soc :


(Courbe des valeurs des mesures d'efforts au Datafficheur avec la charrue bi-soc, à partir du programme "DataGraph-V1-Hippotese" en Python)


(Courbe de fréquence d'apparition d'une valeur d'efforts au Datafficheur avec la charrue bi-soc, à partir du programme "DataGraph-V1-Hippotese" en Python)

On voit bien sur cette seconde courbe que l'on a aussi supprimé les valeurs d'efforts inférieures à 100 kgf (en considérant que dans ces cas, la charrue ne travaille pas).

Il nous reste donc les valeurs supérieures à 100 kgf, on dessine la courbe de fréquence d'apparition de ces valeurs qui a la forme d'une courbe normale (qui est une courbe de gauss particulière).

On peut calculer facilement la moyenne des efforts (quand la charrue travaille) ici : 543 kgf (près de 200 kgf de moins que la précédente)

On peut aussi calculer l'écart-type (mesure de la dispersion des valeurs d'un échantillon statistique). On sait que les valeurs comprises entre - l'écart-type et + l'écart-type représentent près de 70 % des valeurs de la courbe, ici de 440 à 647 kgf.

Conclusion :

En conclusion, ces courbes de fréquence d'apparition des valeurs d'efforts et les infos associées nous permettent de caractériser un outil et un terrain dans lequel il est employé.
Elles n'ont cependant de valeur que quand le travail est régulier (en labour, en maraîchage mais sans doute pas en débardage).

A condition que le résultat du travail effectué soit de qualité équivalente, dans un terrain régulier et des conditions climato-pédologiques stables, on peut utiliser ces courbes pour comparer 2 outils.
Nota : Ici le terrain est identique ainsi que les conditions mais pas forcément le résultat du travail (on a pas vérifié la qualité du labour, ni sa largeur, ni sa profondeur) mais cela donne quand même des indications précieuses qui ne sont pas forcément très lisibles sur les courbes d'efforts simples.

Je vous met en téléchargement les 2 courbes de fréquence d'apparition d'une valeur d'efforts (en pdf). Courbe 1 et courbe 2.


Notes pour les spécialistes (de la part des programmeurs qui travaillent sur le programme "DataGraph-V1-Hippotese" en Python) :

Note density :
L'option density dans la fonction hist de matplotlib change l'axe des y de l'histogramme pour afficher une estimation de la densité de probabilité au lieu du nombre de données dans chaque bin.

Lorsque density=True, les valeurs de l'histogramme sont normalisées de telle manière que l'aire sous l'histogramme (c'est-à-dire l'intégrale de la densité de probabilité sur toute la plage de données) est égale à 1.

Cela signifie que chaque barre de l'histogramme n'affiche plus le nombre d'observations dans chaque bin, mais plutôt l'estimation de la densité de probabilité que la valeur aléatoire tombe dans ce bin.

Cela permet de comparer des histogrammes de différents ensembles de données qui peuvent avoir des nombres d'échantillons différents. Il est également utile pour comparer avec une distribution de probabilité théorique ou pour ajuster une courbe à l'histogramme.

Note KDE :
KDE signifie Kernel Density Estimation (Estimation de la densité par noyaux). C'est une technique qui permet d'estimer la fonction de densité de probabilité (PDF) d'une variable aléatoire.
En termes simples, elle permet de lisser un histogramme.

Lorsque vous créez un histogramme pour représenter la distribution de vos données, le nombre de "bins" (c'est-à-dire les barres de l'histogramme) et leur largeur peuvent avoir un impact important sur l'apparence de l'histogramme. Deux personnes peuvent interpréter différemment les données en fonction de la façon dont elles choisissent de "biner" ces données.
C'est un des problèmes majeurs des histogrammes.

L'estimation de densité par noyaux est une technique qui permet de "lisser" un histogramme.
Au lieu de "biner" les données, elle utilise une "fonction de noyau" (d'où le nom "Kernel Density Estimation") pour créer une courbe lisse qui s'adapte aux données.
Cette courbe peut alors être utilisée pour estimer la densité de probabilité à n'importe quel point.

samedi 2 septembre 2023

Matériel Equi-idea aperçu à la PferdeStark en Allemagne

De retour de la __PferdeStark__ (en Allemagne) qui est sans doute la plus grosse fête de traction animale Européenne, le week-end dernier (26 et 27 août 2023) dont on reparlera sans doute...


(Le stand d'Equi-Idea à la PferdeStark 2023, photo Deny Fady)

...Je peux vous donner des nouvelles d'__Albano Moscardo__ qui avait un stand et qui présentait son nouveau porte-outils multi-rang (Multi-R3).

Il y avait aussi son modèle à changement d'outils rapide sans clés (Multi-VP) qui est une variation du Multi-V classique (voir détails et prix ci-dessous).

Et sa sarcleuse "Sarchio-SM" et son canadien "Canadese" que nous avons pu tester rapidement au Datafficheur pendant une démonstration (compte-rendu dans un prochain billet).

Le nouveau porte-outils Multi-R3 :

Nous n'avons pas eu la chance de voir le Multi-R3 en démonstration mais Albano nous a envoyé quelques photos et nous avons récupéré sur le stand une fiche technique (qui n'est pas encore accessible sur leur site, donc en avant-première...).


(Porte-outils Multi-R3 Equi-Idea)


(Le Multi-R3 en utilisation, photo Equi-Idea)


(Porte-outils Multi-R3 Equi-Idea)


(Fiche technique porte-outils Multi-R3 Equi-Idea)

Le porte-outils Multi-V classique :

Là non plus nous n'avons pas pu le voir en démonstration, nous avons récupéré dans le catalogue 2021, un descriptif du porte-outils et un doc en pdf et sur le stand un tarif 2023 (là aussi en avant-première).


(Porte-outils Multi-V Equi-Idea)


(Fiche technique et tarif 2023, porte-outils Multi-V Equi-Idea)

Et le doc en pdf téléchargeable ici (Equi-Idea-MULTI-V-2018.pdf)

Le porte-outils Multi-VP (à changement d'outils rapide) :

Pas vu non plus en démonstration, nous avons récupéré dans le catalogue 2021, un descriptif du porte-outils et un doc en pdf et sur le stand un tarif 2023 (là aussi en avant-première).


(Porte-outils Multi-VP Equi-Idea)


(Fiche technique et tarif 2023, porte-outils Multi-VP Equi-Idea)

Et le doc en pdf téléchargeable ici (Equi-Idea-MULTI-VP-2020.pdf)

Dans un prochain billet, nous verrons des mesures d'efforts au Datafficheur et des vidéos des démonstrations de la sarcleuse "Sarchio-SM" et du canadien "Canadese".

Si vous voulez en savoir plus sur le matériel Equi-idea d'Albano Moscardo, vous pouvez aller voir sur le site https://www.noieilcavallo.org/ ou écrire à albano.moscardo@gmail.com...
Ou Tel : 0039.045.52.78.99 (Albano parle assez bien français) ou par courrier (à l'ancienne) Equi-Idea, Via Lazzaretto, 98, 37133 Verona - Italia

A noter aussi, la possibilité de consulter le catalogue (2021) à partir du site https://www.sfogliami.it/fl/223776/mp847ckq9pc9hjxq6xc21dxyp5sjtsu (je ne l'ai pas trouvé en pdf enregistrable).

D'autres billets plus anciens sur le blog d'Hippotese...

Colloque-Démonstration de Traction Animale en petite agriculture, le 1er juin 2019, prés de Turin (Italie) en mai 2019

Quelques photos des démonstrations de travail au cheval en vigne et maraîchage à Tec&Bio sept 2017 (des photos du Flex en particulier)

Derniers tarifs du matériel de maraîchage du constructeur italien Albano Moscardo (août 2013)

samedi 10 décembre 2022

Nouveau Datafficheur-Enregistreur, maintenant, il enregistre les données sur carte SD... Partie 1

Pour ceux qui pensent qu'on ne fait plus rien car le blog reste parfois désespérément vide, voici une preuve que ce n'est pas le cas...

A TecnBio, en octobre 2021, nous avons rencontré l'IFCE (ex-Haras pour faire simple) qui nous a commandé 2 nouveaux Datafficheurs (ils en avaient déjà commandé 2 en 2016). Mais la demande était de modèles avec enregistrement des données sur carte SD.

C'est une évolution que certains souhaitaient en interne à Hippotese, pour avoir des données continues, mais que j'hésitais à étudier car il me semblait que ce n'était pas la vocation du Datafficheur "original".

Les 2 Datafficheurs-Enregistreurs demandés ont été étudiés, fabriqués et livrés en novembre 2021 (une prouesse pour nous en seulement 1 mois). Ils sont utilisés depuis et donnent satisfaction.

La question est : Y a-t-il un intérêt à utiliser des Datafficheurs avec enregistrement de données ?

Mais je pense qu'il faut rappeler les faits :

A Hippotese, depuis bientôt 40 ans, la mesure d'effort a toujours été un sujet important pour nous. Nous avons utilisé pendant des années des dynamomètres mécaniques...


(Un de nos premier dynamomètre mécanique 1 Tonne qui nous fut offert par l'ARTAP à sa dissolution.)


(Ici le dynamomètre mécanique 1 tonne à la herse émousseuse)


(Un autre dynamomètre mécanique 500 kg que nous avons malheureusement égaré...) (Si quelqu'un a de ses nouvelles...)

Puis nous avons testé des dynamomètres électroniques, construits lors de projets étudiants en partenariat avec l'École Nationale Supérieure des Arts et Métiers de Cluny...


(Un des dynamomètre électronique étudié avec l'EMSAM en 2009, malheureusement trop fragile)

Et enfin, grâce à Michel Carrel, nous avons testé des systèmes industriels du commerce (type Ahlborn-Almemo).


(Un dynamomètre Ahlborn-Almemo à liaison par fil du commerce, malheureusement cher et fragile)


(Michel Carrel à la mesure lors d'une journée technique maraîchage...)

Pour des questions d'indépendance technique et d'adaptation à nos conditions d'utilisation, pour des questions de prix aussi et de possibilité d'évolution, nous avons décidé fin 2016, d'étudier la faisabilité d'un système électronique autoconstruit, à base de composants "opensource", facilement accessibles. En l'occurrence, des microcontrôleurs Arduino.
L'idée était aussi de programmer nous même leurs fonctions et d'ainsi avoir un système adapté à nos besoins et évolutif.

C'est ainsi qu'est né le projet Datafficheur.

Le Datafficheur est un système de mesure continue de l'effort d'un équidé (ou bovin) au niveau des traits ou du palonnier qui a (avait) comme objectif premier l'assistance au choix d'un outils tracté ou l'aide à son réglage et la prise de conscience de l'effort demandé dans une situation de traction particulière.

Sa vocation pédagogique (aide à l’apprentissage d'un menage plus respectueux de la bouche de l'animal, diminution des coups de collier au démarrage, prise de conscience des différences d'effort entre les 2 chevaux d'une paire...) est arrivée dans un second temps.

L'étude de la capacité de ressorts amortisseurs de traction à lisser les irrégularités d'effort ou l'aide au choix de parcours (de ramassage d'encombrants, par exemple), sont des sujets (parmi tant d'autres) qui ont naturellement suivis...
Et au fur et à mesure, notre compétence s'améliore et nous avons de plus en plus de projets et de demandes...

L'idée de base du Datafficheur...

L'idée de base du Datafficheur était de renvoyer chaque seconde, directement au meneur, une information sur l'effort demandé pour qu'il puisse tester en direct une correction éventuelle de son action (changer d'outils, relever ou abaisser un soc, durcir ou alléger "sa main", modifier un comportement par un commandement à la voix...).
L'idée n’était pas d'enregistrer des données "scientifiques" pour les analyser sous forme de courbes, hors contexte, devant l'écran d'un ordinateur, plus tard...

Il faut reconnaître aussi que la plupart de nos utilisateurs ne sont pas très enclins à passer trop de temps devant un écran...

Les usages possibles du Datafficheur...

Petit exemple d'utilisation du Datafficheur, pour estimer ce que "coûte", en terme d'effort, un utilisateur assis sur un porte-outils roulant.

Le commentaire de la vidéo :
En 2016, à Sciez, au début des essais avec le Datafficheur, nous avions mesuré ce que "coûte" en effort la présence d'un meneur assis sur un porte-outils (ici un petit porte-outils de fabrication BMichon).
A cette époque, nous mesurions les efforts sur 1 avant-trait et nous affichions la moyenne et le maxi de 10 mesures consécutives sur un afficheur porté par une sorte de sellette sur le dos du cheval.
Les valeurs affichées correspondaient donc au demi-effort (c'est vrai en ligne droite en utilisant un palonnier, plus tard, les valeurs mesurées seront multipliées par 2 pour avoir directement l'effort global).
On voit ici que l'outil à 5 dents avec l'utilisateur assis demande un effort d'environ 160 kgf (160 daN). Ce qui est très important.
Avec l'utilisateur marchant à côté, l'effort est réduit de 40 kgf (soit un quart ici), l'effort global descend donc à 120 kgf (ce qui, à notre avis, reste fort pour un travail continu et demande une gestion correcte des pauses et du temps de travail).

Note pour les puristes : le kgf est une ancienne unité de mesure remplacée au niveau international par le Newton et 1 kgf = 1 daN = 10 N (presque 9,81 N exactement). 1 kgf est l'effort qu'il faut produire pour tenir levée, sans bouger, une masse de 1kg à bout de bras par exemple.

Le Datafficheur "original" mesure donc 10 fois par seconde l'effort fourni, calcule chaque seconde une moyenne de cet effort, extrait de ces 10 mesures, la valeur maximum et affiche (la seconde suivante) ces 2 résultats (Moy et Max). Et c'est tout !

Ces 2 résultats, affichés en gros, sur les premiers modèles sur le dos du cheval ont été ensuite, pour en faciliter la lisibilité, transmis par radio sur un récepteur tenu en main, porté au poignet et/ou fixé sur l'outil.


(l'idée d'un afficheur grand format installé sur le dos du cheval...)


(L'afficheur est visible par le meneur si le soleil n'empêche pas la lecture...)


(L'envoi par radio des valeurs à un récepteur permet une lecture plus facile...)

(Le récepteur peut être porté au poignet sur certains modèles...)

(ou fixé directement sur l'avant train ou l'outil.)

Voici un autre exemple plus récent (2022) de la visualisation (en direct) des efforts "standards" et "importants" que peuvent fournir 2 chevaux à l'aide du Datafficheur qui envoie, par radio, ses valeurs à un récepteur, tenu par le cameraman.

Le commentaire de la vidéo :
En 2022, nous sommes allés mesurer des efforts en paire au cultivateur à l'aide du Datafficheur chez Laurence B.
L'intérêt de ces mesures étaient de caractériser les efforts fournis par une paire de chevaux, en travail de préparation de sol et de lutte contre l'enherbement de parcelles destinées à des céréales.
Le travail est assez régulier et permet de tester différents réglages du cultivateur (profondeur, type de dents, position du point de traction, présence de ressorts amortisseurs...).
Dans ce court extrait, on voit bien la limite de l'effort "standard" (autour de 150 Kgf) et de l'effort "important" (supérieur à 180 kgf) en regardant l'attitude des chevaux.
Ces observations permettent de caractériser la plage de "confort" de cette paire de chevaux, qui sera ensuite un objectif à maintenir dans le choix des réglages de l'outil : ici 140-150 kgf, soit 70 à 75 kgf/cheval
Nota 1 : la variation d'effort correspond au passage de la limite de parcelle, sans doute historiquement moins bien travaillée.
Nota 2 : ici, chaque cheval fait la moitié de l'effort total mesuré.
Nota 3 : il faut tenir compte d'un retard d'environ 2 secondes entre la mesure de l'effort et son retour sur le récepteur.

Suite dans un prochain billet...

dimanche 30 octobre 2022

Herse etrille montée sur un châssis de cultivateur à traction animale

Lors du Traistival 2022 à Villers sous Chalamont (Doubs), organisé par le CERRTA, j'ai pu apercevoir une adaptation ingénieuse de Jean-Louis Cannelle, d'un élément de herse étrille sur un châssis de cultivateur à traction animale.

Pour ceux qui ne connaissent pas, le cultivateur (parfois appelé scarificateur, extirpateur ou déchaumeur) est un porte outil à roues (2 grandes roues à l'arrière et une roue ou un petit essieu de 2 petites roues à l'avant), équipé d'un système de relevage auto-plan manuel par poignées.

Voici un cultivateur utilisé en scarificateur sur une culture d'engrais vert (petit coucou à Bernard Dangeard, aux jardins de Cocagne en 2010, lors d'une journée maraîchage).

Mais revenons à la herse étrille...

La herse étrille est un matériel simple de désherbage mécanique pour un grand nombre de cultures.
Elle permet le désherbage grâce à ses dents longues et souples, qui déracinent les jeunes plantules grâce aux vibrations mais affectent peu la culture bien implantée si le moment de l'intervention est bien choisi.

C'est un outil vraiment polyvalent qui peut éliminer les adventices au stade plantule, peut émousser, ébouser et étaler les taupinières, peut aussi décrouter, aèrer et niveller les sols durcis au printemps ou battants.

Elle est montée sur un bâti rectangulaire en plusieurs rangées de dents fixées par assemblage boulons/écrous.
Le diamètre des dents peut varier : de 6 mm (cultures fragiles comme la betterave) à 10 mm (sur prairie).
La longueur des dents varie aussi : de 370 à 550 mm. Les Dents sont espacées de 25 à 30 mm.

Les réglages de l'angle des dents, de la hauteur assurent un travail optimal sur la culture.
La pression des dents sur la terre et la profondeur de travail sont réglable ici avec deux poignées avec blocage mécanique qui modifient la hauteur des roues du bâti.
L'angle d'attaque qui modifie l'agressivité des dents est est modifiable par une manette située sur le bâti.
On conseille généralement une profondeur de travail de 2 à 3 cm.

Il est nécessaire de régler avec précision la herse étrille en fonction de l’état du sol, du stade de développement de la culture et des adventices. Le réglage le plus approprié n’abîme pas la culture en place tout en détruisant un maximum de plantes non désirées.

Il faut utiliser la herse étrille par temps sec en fin de matinée ou en début d’après-midi. Plusieurs passages peuvent être nécessaires. Effectuer un premier passage en prélevée pour niveler le sol et détruire les adventices au stade filament. Effectuer un second passage en post-levée sur des adventices au stade plantule (moins de 2 feuilles).
Adapter la vitesse de passage en fonction du type de culture : La vitesse de travail doit être de 4 à 6 km/h

Lien vers une fiche technique (pdf) "HERSE ÉTRILLE en agriculture bio", réalisée par la Chambre d'Agriculture de Dordogne

vendredi 11 mars 2022

Chantier collectif Tripop, quelques photos de l'atelier, du matériel et de la fine équipe...

Du 3 au 7 février 2022, nous nous sommes retrouvés à une dizaine d'Hippotésiens chez Mika dans l'Allier pour un chantier collectif dans l'objectif de continuer la construction du nouveau porte-outils de maraîchage en paire : Tripop.

Vous avez déjà pu voir la préparation et les résultats de ce travail collectif dans les 4 billets précédents ici, ici, et .

Mais vous n'aviez pas vu l'envers du décor et comme il faut rendre hommage aux ouvriers (et ouvrières) de l'ombre et situer le contexte, voici une trentaine de photos (pas toutes de bonne qualité d'ailleurs), prises sur le vif du chantier, pour vous situer et vous donner peut-être une autre fois, envie d'être des nôtres...

- Plus d’infos et détails techniques sur le site de l’Atelier Paysan :
https://www.latelierpaysan.org/Le-TRIPOP.

dimanche 6 mars 2022

2ème sortie du Tripop (porte-outils de maraîchage en paire) : le déchaumeur à disques (cover-crop en X)

Début février 2022, nous nous sommes retrouvés à une dizaine d'Hippotésiens chez Mika dans l'Allier sur un chantier collectif pour continuer la construction du porte-outils de maraîchage en paire : Tripop.

Voir ici pour plus d'infos : http://hippotese.free.fr/blog/index.php/post/2022/02/11/1ere-sortie-du-Tripop-porte-outils-de-maraichage-en-paire-sur-le-terrain et les 2 billets précédents ici et ici)

Après un premier essai du châssis à dents destiné à déchaumer ou scalper les récoltes (voir ici : https://www.youtube.com/watch?v=08fH1p1YenQ).

Pour ce deuxième essai, nous avons pu tester le déchaumeur à disques (cover-crop en X). sur le terrain.
Le temps était toujours maussade, le vent froid, la terre humide...
Les chevaux sortaient de 2 mois d'inactivité (sauf essai Tripop)...

Et le résultat a été, là aussi, plutôt positif...
Le porte-outils se comporte toujours bien, il tourne sans effort, même si le cran de blocage de la manette de terrage est "subtil" et demande à être amélioré.

On est super content de voir aboutir, un an de travail !

Il restera à faire des mesures d'efforts avec notre nouveau Datafficheur (on en reparle bientôt), mais on va d'abord assurer la partie mécanique et les réglages...

- Plus d’infos et détails techniques sur le site de l’Atelier Paysan :
https://www.latelierpaysan.org/Le-TRIPOP.

vendredi 11 février 2022

1ère sortie du Tripop (porte-outils de maraîchage en paire) sur le terrain

Début février 2022, nous nous sommes retrouvés à une dizaine d'Hippotésiens chez Mika et Julie dans l'Allier sur un chantier collectif pour continuer la construction du nouveau porte-outils de maraîchage en paire d'Hippotese (en partenariat avec l'Atelier-Paysan), le Tripop (voir billet précédents ici et ici).

Après 4 jours d'efforts à l'atelier, nous avons pu, pour la première fois, tester le Tripop sur le terrain, en conditions réelles...

Le temps était maussade, le vent froid, la terre humide...
Les chevaux sortaient de 2 mois d'inactivité...
Le matériel n'était pas fini, seul un châssis à dents destiné à déchaumer ou scalper les récoltes était opérationnel, mais il fallait bien tester...

Et le résultat a été plutôt positif...

Le porte-outils se comporte bien, il tourne sans effort, la manette de terrage n'est pas trop dure pour un système entièrement mécanique, même si la course pourra être allongée.

Bref, pour un début, on est super content !

- Plus d’infos et détails techniques sur le site de l’Atelier Paysan :
https://www.latelierpaysan.org/Le-TRIPOP.

mardi 21 décembre 2021

Le Tripop, un nouvel outil de préparation de sol, en planches permanentes...

A l’issu de la journée du 22 juillet 2020 autour du POP4 (voir le précédent billet ici et les vidéos là), notre réflexion nous a ramené vers les objectifs initiaux que le POP4 ne remplissait pas !
A savoir : "La préparation de sol, en planches permanentes".

Il s'agissait donc de concevoir un nouveau porte-outils en traction animale, en paire, qui soit spécialisé dans la préparation du sol avant implantation des cultures et qui soit complémentaire du POP4, qui lui est plutôt spécialisé dans l'entretien des cultures.

Son nom : TRIPOP
TRI pour triptyque : 3 outils phares et primordiaux pour la culture en planches permanentes, qui on fait le succès de l’Atelier Paysan, à savoir la Butteuse à planche, le Cultibutte et le Vibroplanche.
Et POP pour Porte-Outils pour attelage en Paire.


Butteuse à planche


Cultibutte


Vibroplanche

Fin 2020, quelques membres d’Hippotese ont entamé la conception du TRIPOP en lien avec l'Atelier Paysan, et la construction du premier prototype a débuté au printemps 2021.


Les premières images du prototype du TRIPOP au printemps 2021

Rappel du contexte :

Le TRIPOP est la suite du travail engagé avec le POP4 pour permettre les itinéraires "planches permanentes" en maraîchage en traction animale.

Le POP4, au fur et à mesure de sa conception s'est spécialisé dans le binage car différentes contraintes et choix techniques, ont limité les possibilités d’atteler dessous des outils de préparation de sol comme cela avait été envisagé au départ.
Et donc, l’objectif de préparation de sol devait être rempli par d’autres machines.

En fait, plusieurs types d’outils sont nécessaires aux différentes étapes d'une préparation de sol. La spécificité de la planche permanente est d’imposer aux outils une largeur de travail constante, contrairement aux outils habituels en traction animale dont la largeur de travail est inversement proportionnelle à la force de traction qu’ils demandent.

Les solutions pour compenser ce désavantage vont se trouver dans le choix des outils (ex : rouleaux, cover-crop), la multiplication des passages à différentes profondeurs et/ou l’alternance d’escamotages de dents en symétrie pour les outils les plus tirants.

Le Choix du Porte-Outils :

La première solution pour la préparation de sol est d’avoir plusieurs outils indépendants à atteler directement derrière les chevaux. C'est la solution utilisée en traction animale habituellement et en motorisation par exemple.

Cependant, la question du relevage des outils pour les demi-tours en fin de planche (tout les 30-50 m) et les déplacements entre parcelles demandent à avoir un système sur chacune des machines qui puisse être maniable et rapide. En traction animale les outils mono-rangt sont plus légers et en motorisation le système de relevage est fixé directement sur le tracteur.

On comprend bien, alors, que le fait de devoir dupliquer un système de relevage et les parties roulantes qui vont avec (4 roues pneumatique, moyeux, freins) pour une même largeur de voie, sur chaque outil n'est pas très efficient. C'est pourquoi la solution du Porte-Outils s'est imposée...

Les Solutions Techniques :

Le relevage à été souhaité purement mécanique (contrairement à celui du POP4 qui est électro-hydraulique), basé sur le principe de l’essieu coudé (comme certains cultivateurs ou déchaumeurs), commandé par un bras de levier et assisté par des pédales et des ressorts.


Le relevage purement mécanique

La direction, sera à essieu directeur (type auto-vireur) commandée par le timon. Les chevaux sont attelés "large" comme pour le Bucher en Paire ou le POP4.


La direction à essieu directeur commandée par le timon

- Plus d’infos et détails techniques prochainement, sur le site de l’Atelier Paysan :
https://www.latelierpaysan.org/Le-TRIPOP.
- Ressources et inspirations :
https://www.flickr.com/photos/latelierpaysan/albums/72157719498551032
- Croquis :
https://www.flickr.com/photos/latelierpaysan/albums/72157719510112502

Un chantier collectif est prévu du 3 au 7 février 2022 chez Mickaël et Julie (dans l'Allier).
Il est ouvert à tous les adhérents d'Hippotese (question d'assurance).
Bon repas, soudure, meulage et assemblage d'outils, toute aide est bienvenue, dodo et logistique à définir selon le nombre de participants.
Pour les infos pratiques, si vous pensez venir, et quand...
Contact : Thomas Peyre - 06 27 74 06 62 - ou thomas.peyre@orange.fr

Suite et fin dans ce billet...

mardi 21 septembre 2021

FECTU webinaire avec Abel & David Ibanez dimanche, 26 septembre à 16.00

Le prochain webinaire de la FECTU (Fédération Européenne du Cheval de Trait pour la promotion de son Utilisation (European Working Animals Federation), qui regroupe actuellement 21 associations dans 14 pays) en direct de Valencia (Espagne), sera :

FECTU webinaire avec Abel & David Ibanez Marti : Traction Animale - travailler avec un animal en horticulture

Dimanche, 26 septembre à 16.00


Abel présente les techniques de maraîchage traditionnel de son oncle lors de l'AG de la FECTU en mars 2016

Dans ce webinaire Abel Ibanez Marti présentera les outils et les techniques les plus employés en horticulture dans la région horticole de Valencia (Espagne), bien connue pour sa spécialisation et sa productivité, utilisant en général un seul un animal de travail.

Le webinaire sera transmis directement à partir du champ de travail à Valencia, montrant les techniques et les outils utilisés sous conditions réelles.

Abel Ibanez Marti (39) est le président de l'Association Espagnole de Traction Animale (ANTA La Esteva). Il n'est pas seulement un maréchal ferrant reconnu et un entraîneur d'animaux de travail et de sports, il est également un horticulteur professionnel qui travaille avec des équidés depuis de nombreuses années.

David Ibanez Marti (26) a suivi la voie de son frère, se spécialisant en maréchalerie et en podologie équine. Lors des derniers Championnats d'Europe en maréchalerie il s'est classé parmi les 5 premiers. Depuis son enfance il travaille sur la ferme familiale, où tout se fait sans outils motorisés.

Le webinaire sera en langue espagnole et en anglais.

Lien zoom, Dimanche, 26 septembre à 16.00 :
https://us02web.zoom.us/j/88444465145?pwd=WEg3aFRJdDdnK3VGMndhc0VuSnAwUT09

La vidéo du webinaire sera diffusée plus tard sur la chaîne Youtube de la FECTU


Préparation des buttes chez Abel (mars 2016)

Quelques autres photos et infos dans un précédent billet ici sur le blog Hippotese.


Herse de sarclage (mars 2016)

La vidéo en ligne du webinaire sur l'éducation du jeune cheval de travail (en français) par Abel Ibanez Marti du 16 janvier 2021 (et les 3 autres vidéos sur le même sujet).


Herse de sarclage (mars 2016)

mardi 10 novembre 2020

Journée d'essais-démo-critiques du Porte-Outils de maraîchage en Paire à 4 roues (POP4) au GAEC La Cavale, à Montoison (Drôme), le 22 juillet 2020


Une vingtaine de personnes étaient présentes à cette journée d'essais...

Cette Journée d'essais critiques du POP4, le 22 Juillet 2020, était organisée par l'ATELIER PAYSAN et HIPPOTESE au Gaec "La Cavale" 26800 Montoison.

Compte-rendu par Thomas Peyre (membre du CA d'Hippotese et qui assure pour l'Atelier Paysan, le suivi du matériel "Traction Animale").

I ) Les Objectifs de la journée :

  1. Observation du POP 4 en utilisation réelle afin de déterminer des modifications à apporter sur cet outil ou sur un prototype suivant.
  2. Mise à disposition de l’outil attelé aux meneur/se-s intéressé-e-s à tester la conduite de l’outil.
  3. Faire un bilan après une saison et demi de binage sur la ferme (3 ha en culture) avec ce prototype N°1.

Pour rappel :

Des modifications continuent d'être apportées au fur et à mesure depuis décembre 2018 sur les outils attelés et sur le porte-outils lui même.

Matinée :

  • Présentation de la machine
  • Historique du cahier des charges, de l'état de l'art, du processus de R&D, puis du prototypage.
  • Démonstration au champ, essais en configuration initiale (correction Barre-Porte-Outils + roues Av), puis avec la nouvelle barre (correction uniquement avec les roues Av).
  • Mesures d'efforts de traction au "Datafficheur " (Conception et fabrication : Hippotese).
  • Présentation de la ferme et des itinéraires techniques.

Après-midi :

  • Discussions et retours sur les essais du matin, pistes d'améliorations/modifications.
  • Pesée de la machine et des outils.

II ) Remarques sur le matériel présenté :

1) Poids :

Dans la configuration de la Barre-Porte-Outils du jour (5 pattes d’oie et 4 demi-pattes d’oies, montées sur 4 parallélogrammes). le POP4 pèse 530 kg avec la barre porte-outils équipée, sans le timon qui pèse lui 37 kg. Si on rajoute 70 kg de poids du meneur, l’outil pèse 637 kg au travail. Après pesées des autres B-P-O, il s’avère que le poids total (meneur compris) en configuration maximale s’élève à 750 kg (les nouveaux outils en cours de prototypage et maintenant en test depuis août seront mieux dimensionnés pour la machine).
Lorsque le timon est en place, la force verticale nécessaire à son soutien (via les colliers des chevaux) correspond à un poids de 20 kg, soit 10 kg par cheval (à améliorer avec un timon supporté par un ressort)


Le POP4 prêt pour les essais...

2) Forces de traction :

Les forces de traction ont été mesurées entre le collier et le trait extérieur de chaque cheval à l’aide de 2 Datafficheurs qui envoient par radio leurs données à 2 récepteurs surveillés par Deny et Michel.
La force est mesurée sur un trait, et multipliée par 2 pour avoir la force demandée par chaque cheval. C’est l’effort demandé par le cheval de gauche qui est généralement donnée dans la vidéo par Deny. Michel surveille les efforts du cheval de droite. En ligne droite, ces efforts sont sensiblement les même à la précision des capteurs prés.
Les forces ne sont pas enregistrées par les appareils, mais envoyées aux récepteurs par radio, chaque seconde, en continu, et retranscrites à haute voix, si nécessaire, par les observateurs, .

Nota : La fréquence de mesure est de 10 Hz, soit 10 mesures chaque seconde et une moyenne de ces 10 mesures est calculée chaque seconde. c’est elle qui est envoyée au récepteur ainsi que la valeur maxi des 10 mesures.

Les valeurs de force qui sont présentées dans les lignes suivantes concernent la moyenne de l'effort total de traction demandé par le porte-outils (et donc la somme des forces affichées par les 2 Datafficheurs).


Vue sur les 2 récepteurs des capteurs d'effort du Datafficheur (en haut la force maxi, en bas la force moyenne)

- Force mesurée avec la barre d’outil relevée : 40 à 50 KgF (c'est la résistance au roulement à vide dans le rang). - Force mesurée au travail : 80 à 110 KgF, souvent autour de 100 KgF - Les événements tels que le blocage d’une roue de parallélogramme ou le bourrage des dents ont une incidence sur la force de tirage, avec une augmentation de 10 à 20 KgF.

Nota : Des efforts de traction mesurés au travail (en moyenne, autour de 50 kgF par cheval et en maximum jusqu'à 70 kgf) sont tout à fait acceptables.


L'Odomètre-Tachymètre, (made in Hippotese) permet de mesurer les distances et les vitesses de travail.

3) Vitesse :

La vitesse de travail et les distances parcourues sont mesurées avec un odomètre/tachymètre (de fabrication Hippotese) à capteur magnétique (par effet Hall).

Les planches de poireaux des essais font 1,60 m de large, d'axe à axe (1,2 m travaillé), elles font 70 m de long et sont travaillées à une vitesse de 4km/h (de 4,2 à 3,8). Il semble difficile de descendre en dessous de 3,5 km/h avec des chevaux pour abaisser les efforts.

III) Correction de trajectoire pour le suivi du/des rang(s).

Nota : elle est actuellement dirigée par des pédales aux pieds

1) Double correction de trajectoire :

Initialement la correction est double comme sur le Bucher/Néo-Bucher : on agit simultanément sur la barre-porte-outil et sur l'essieu avant (la conception du relevage est, de ce fait, rendue complexe par la nécessité du mouvements de beaucoup d'éléments les uns par rapports aux autres). Le choix de la solution technique pour la translation de la barre porte-outils sur le prototype 1 s’est arrêtée sur des glissières "tube contre tube" avec "patch" téflon. Ça demande beaucoup d'efforts sur les jambes pour l'actionner en toutes circonstances. C’est acceptable avec les outils terrés pendant le travail, beaucoup moins quand on veut se placer précisément sur la nouvelle planche, en fin de manœuvre de retournement avec les outils relevés.

2) Simple correction de trajectoire :

À l'occasion de cette journée, on a fait des essais avec une nouvelle barre de correction de trajectoire uniquement sur l'essieu avant. Ça semble suffisant pour suivre le rang : c'est à valider par des tests prolongés sur la saison.
Si les essais s'avèrent concluants et que ce choix est adopté, ça simplifie grandement la construction du relevage et permet plus facilement de l'envisager autrement, notamment pour des mouvements actionné par des système mécaniques (relevage/attaque/dévers).
Si on garde la double correction de trajectoire (essieu avant + Barre-Porte-Outils) on doit améliorer le coulissage D/G du relevage, (par exemple avec des galets de portail roulant, ce qui rajoute du poids et du coût, mais garanti une translation plus aisée).

Vidéo explicative du montage de la nouvelle barre de direction "simplifiée"

IV ) Moyens de relevage et de réglage des outils :

1) Aujourd'hui :

Tout hydraulique (pompe électrique 12v + batterie). Une charge de batterie permet 3-4 h de binage. Relevage 3 points type tracteur : 3 vérins relevage (haut-bas / terrage forcé possible), 3e point (réglage d’attaque), chandelle (réglage de dévers – assez rapidement nécessaire pour un travail correct sur toute la largeur de planche, même avec très peu de dévers).
Malgré des régulateurs de débit (solution peu compatible avec ce type de pompe) le réglage fin et précis du 3e point et de la chandelle reste délicat ; Idem pour le relevage-réglage du terrage (mais moins un problème quand la barre est équipée uniquement de parallélogrammes, ça le devient dès qu’on met d’autres éléments, comme par exemple les étoiles de binages).
Une pige verticale devant le meneur, à hauteur des yeux, sert de repère pour le terrage.

2) Propositions d'alternatives :

  • vérins hydro-électrique ;
  • hydraulique + pompe manuel : trop d'effort, lent à relever, multiples mouvement de bras ;
  • Uniquement mécanique par bras de relevage (détaillé en dessous)

Envie d'une solution simple : peu onéreuse, accessible techniquement, légère, robuste, peu encombrante et surtout réparable à la ferme.
Notamment, souhait de passer en manivelles/bras de levier à crémaillères pour la précision dans les réglages du 3e point et de la chandelle.

Le relevage de la Barre-Porte-Outils (BPO) en mécanique avec démultiplication (bras de levier, palan, treuil, …) est à étudier :

  • Quel poids est à relever ? (travail en cours depuis cet hiver pour un re-dimensionnement des outils pour alléger l'ensemble)
  • Besoin de rapidité pour des temps de demi-tour réduits, puisque qu'ils sont fréquents tous les 30 ou 50m.
  • Besoin aussi de précision pour le terrage, avoir une butée basse et conserver le terrage forcé.
  • À manipuler depuis le siège ou depuis le sol en descendant à chaque bout de rang ?

V ) Maniabilité de la machine dans les manœuvres en bout de planche et confort des animaux :

1) Aujourd’hui :

Un timon fixe avec la machine et des roues folles à l’arrière : Vue du dessus, on a un effet de bras de levier avec le timon autour de l’essieu avant, pour faire chasser les roues folles arrière : bonne efficacité des demi-tours, qui sont possibles quasiment sur place, avec la roue avant intérieure au virage comme point de pivot (même si en général on tourne pour reprendre une planche sur 2).
Autre avantage, l’écart entre l'arrière des chevaux et la machine est réduit au minimum ce qui ne serait pas possible avec un timon articulé (l’attelage complet fait actuellement 6 m).

Dans tous les cas : besoin de "tournières" suffisantes et des planches pas trop courtes (30-50m) pour limiter les demi-tours.
Le système actuel sollicite beaucoup les chevaux dans les manœuvres. Les efforts latéraux à fournir sont importants, encore plus, en terrain accidenté.
Dans la pratique, les chevaux le supportent (pas de blessure apparente sur la saison, mais peutêtre problèmes ostéo à vérifier).
Il faudrait essayer d'améliorer ce point en repensant peut-être les moyens directionnels de base :

Qui ? : le timon (les chevaux) ou les pieds du meneur/se ; dirige quoi ? : l'essieu avant, l'essieu arrière, la barre-porte-outils ;

2) Pistes envisagées :

Pour un autre comportement global de la machine :

  • roues avant dirigées par le timon avec ou sans retard directionnel (voir les voitures marathons modernes
  • roues arrières directionnelles, dirigées par le timon. Cf charrue Pionneer

Pour le Timon :

Le travail en enjambement de planche (entraxe 160 cm pour une largeur utile de 120 en haut de planche) donne un écartement entre chevaux supérieur à un attelage en paire habituel.
Partant du principe qu’en attelage en paire le timon reste toujours proche des chevaux, le timon à été doublé pour que le cheval de l’extérieur du virage puisse le pousser.
Nous ne sommes pas certains que cela ce produise réellement ; et au contraire, cela réduit l’amplitude que peuvent prendre les chevaux pour s'incurver. On le conserve double pour l'instant car il apporte une rigidité latérale nécessaire pour faire bras de levier sur l’ensemble de la machine.
D’autres systèmes sont évoqués dans les discussions, comme l’usage d’un "brancalonier" (voir les derniers billets sur le blog Hippotese à ce sujet).

Le timon est aussi à suspendre, il ne doit pas appuyer sur les colliers, cela génère une fatigue inutile pour les chevaux. Un système de suspension avait été prévu mais pas encore installé, c’est maintenant en cours.

VI ) Futures présentation publiques :

Bientôt d'autres vidéos sur cette journée sur le blog...
Sinon, d'autres infos sur le blog de l'Atelier-Paysan : https://www.latelierpaysan.org/POP4
Et pour les personnes intéressées par une démonstration "réelle", on pense prévoir un temps de présentation/démonstration plus largement ouvert, mais on ne sait pas encore quand...

samedi 3 août 2019

Compte-rendu du Colloque-Démonstration de Traction Animale en petite agriculture, du 1er juin 2019, à Fiano (Italie) 1ère Partie.

Nos amis de Noi E Il Cavallo (Albano Mascardo, Italie) et de Schaff-Mat-Paerd (Paul Schmit, Luxembourg) nous avaient invité à un colloque-Démonstration de Traction Animale en petite agriculture le 1er juin 2019 à Fiano, en banlieue de Turin (Italie).

Comme nous étions occupés au Chantier-École de Montdenis, c'est Thomas Peyre qui a représenté Hippotese là-bas et qui nous a rapporté le compte-rendu détaillé que voici...

Compte-rendu du colloque du 1er Juin 2019 à Fiano (Italie) (par Thomas Peyre)
1ère Partie

La journée était dédiée aux professionnels de la traction animale en agriculture.
Elle a été impulsée par Albano Moscardo et Paul Schmit réunis autour de l'association « Schaff mat Paërd » et accueillie par Gianfranco Savarino et Agnese Lapadula, à Fiano, banlieue de Turin.

Ces derniers sont paysans en polyculture-élevage avec une dizaine de chèvres laitières, une dizaine de brebis allaitantes, 5 vaches allaitantes, 1 ha de Maraîchage et 1 cheval de travail.

Les partenaires de cette journée étaient donc : « Noi E Il Cavallo », « Schaff mat Paërd » et « A.S.C.I. » (Associazione Solidarietà Campagna Italiana).

L'objectif initial de la journée était d'une part l'essai du prototype Multi-R pour discuter des améliorations, développements et modifications à apporter en écoutant les demandes ou besoins spécifiques des utilisateurs et d'autre part la démonstration de machines abouties Equi-idéa.

Cette journée n'a finalement rassemblé que peu d'utilisateurs en activité (probablement cela est dû à la période de l'année choisie). Au total, 10 à 20 participants. Beaucoup sont porteurs de projets en devenir ou souhaitent développer leur activité en y insérant la traction animale.

Le temps d'échange a donc été plutôt axé sur les points suivants :
- Ce qu'est la traction animale aujourd'hui, dans les fermes, mais aussi plus généralement.
- Ce que permet et ce qu'on peut faire en traction animale, mais aussi les limites.
- L'aspect sécurité, formation professionnelle et législation.
- Les représentations de l'utilisation de l'animal de labeur et la communication avec le grand public.
- L'animal comme partenaire de travail.
- Quel équidé pour quel travail, les races, l'élevage et la disponibilité des animaux de travail en Italie et en France.
- Les études des forces de traction, l'ergonomie, le confort de l'animal, le choix du harnachement.
- Le matériel disponible, plus ou moins adapté, pour les usages agricoles.
- Les recherches et développements menées au sein de « Schaff mat Paërd » et « Noi E Il Cavallo ».

Démonstration du Multi-R

Après le repas, Présentation du prototype Multi-R suivi d'essais et de discussions :
Le multi-R est un prototype développé au cours de l'année 2018.
C'est un porte-outil de binage-sarclage multi-rangs avec correction de trajectoire pour un cheval.

Dans la version présentée, il permet d'enjamber 2 rangs de culture et travailler les 3 inter-rangs. Les 3 roues permettent la stabilité pour le terrage et l'attaque. Les supports de dents sont montés sur parallélogrammes. Une version 4 roues pour 2 chevaux sera développé plus tard.

Ce prototype est en cours de développement. Cette journée collective sur le terrain permet d'observer ensemble les points qui fonctionnent et ceux qui posent des problèmes et de réfléchir à plusieurs aux solutions.
Notamment, en ce qui concerne le mouvement général de la machine pour une correction de trajectoire fonctionnelle et efficace. Certaines modifications apportées depuis les derniers essais sont validées.
Les efforts de tractions ont été mesurés pendant les essais.

Cette approche collective du travail de recherche et de développement en impliquant les utilisateurs est salutaire. Elle est motivée par l'objectif d'aboutir à des outils performants, fonctionnels et adaptés aux besoins.

(Suite dans la deuxième partie bientôt...)

samedi 4 mai 2019

Agenda Hippotese 2019

Agenda Hippotese pour 2019
Dernière Mise à Jour : Samedi 04 mai 2019

''Cet agenda (prévisionnel et évolutif) sera mis à jour au fur et à mesure des informations que nous recevrons... Un lien permanent dans la colonne de droite du blog permet de le consulter régulièrement...''

- 19 au 22 avril 2019 : Chantier collectif de débardage en Dévoluy, à Saint Disdier en Dévoluy (05250), contacts : Didier Mahillon 06 62 90 23 13.

- Mai. Visite ferme TA de grandes cultures (date ?) à la place de la journée technique maraîchage ?

- 30 mai au 2 juin 2019 : Chantier-École de Montdenis (Maurienne, Savoie), à Montdenis (73870), contacts Odile et Deny Fady 04 79 59 65 50 ou hippotese@gmail.com

- 1er juin 2019, colloque-démonstration TA en petite agriculture à Turin (Italie) (voir le blog)

- 5-6-7 juillet 2019 : Trait'stival à Villers sous Chalamont (Doubs), contact Jean-Louis Cannelle cerrta@wanadoo.fr

- 24 et 25 août 2019 : Pferdestark à Dörentrup (Allemagne). Infos www.pferdestark.net

- 18 et 19 septembre 2019 : Tec&Bio à Valence (26). Hippotese y sera...

vendredi 5 avril 2019

Adaptation du NéoBucher pour atteler en paire

Au printemps 2018 au GAEC La Cavale (Montoison, 26), nous avons adapté notre NéoBucher pour pouvoir atteler en paire suite à l'évolution de notre façon de cultiver (du travail du sol à plat et en plein champ aux planches permanentes). Voici un petit compte-rendu de notre expérience :


Vue avant du NéoBucher attelé en paire...

Plan d'ensemble du système :


Quelques dimensions...

Objectifs de cette modification :

- augmenter la capacité de traction.

  • Pour les outils tirants,un peu limites (en terme d'effort) en simple : barre multi-rangs, herse étrille, disques de buttage,..
  • Pour pouvoir ajouter des éléments supplémentaires : des disques pour le maintien de la butte, sarcler les passe-pieds...

- travailler une planche en l'enjambant plutôt que 2 demi-planches.

  • Pour faciliter le traçage
  • Pour simplifier l'organisation du plan de culture.


Évolution de notre façon de cultiver, du travail par demi-planches en simple aux planches permanentes en paire...

Inconvénients  de cette modification :

- la personne aux mancherons marche sur la planche


La personne aux mancherons marche sur la planche ou n'est plus dans l'axe des mancherons...

Mise en œuvre technique :

- Un maître palonnier de la largeur de l'attelage souhaité est fixé à une bride prévue à cet effet (sur les Bucher et les NéoBucher, sous la poutre centrale) dans notre exemple : 160 cm
- Un deuxième, palonnier identique à celui utilisé en simple, est construit pour compléter la balance.
- Veiller à ce que l'accroche de la balance de bouge pas de haut en bas ce qui ferait taper les palonniers dans le cadre des brancards et bloquerait l'effet balancier.
- Des butées sont ajoutées sur le châssis pour limiter la course et empêcher que le maître palonnier tape dans les roues.


Vue latérale arrière du système au travail...


Des butées sont ajoutées sur le châssis...

- La voie du NéoBucher est écartée à son maximum (150 cm).
- Les brancard sont rapprochés pour laisser plus d'espace latéral aux chevaux dans les manœuvres.

- Un adaptateur s’emmanche dans les brancards sur 30 cm de profondeur et deux chevilles le verrouillent, prévoir plusieurs trous et de la longueur pour permettre un réglage de la longueur du timon en fonction des chevaux.


Le double timon...

- L'adaptateur prolonge et réunit les brancards pour former un double timon.
- Il supporte un joug de la même taille que le maître palonnier fixé par rotule-axe. Ici, le système rotule-axe est peu fonctionnel et sur-dimensionné. NB : On a modifié ça sur le timon du Pop4 mais cela reste encore à valider.

Points de vigilance :

- Le NéoBucher est prévu pour un fonctionnement châssis à l'horizontal, pour se faire le timon doit être le plus possible horizontal.

- Les chevaux sont plus écartés qu'à l'ordinaire, il faut donc utiliser des rallonges de clé de collier pour faire passer les croisières. Sinon, les croisières Achenbach sont trop courtes même en position maximale et on forme avec la croisière un angle trop important au niveau de la clé de collier et de la bouche des chevaux : moins bon contrôle et risque de blessures à la commissure !
Longueur des rallonge de clé de collier : 58 cm.


Des rallonges de clé de collier...

- Dans cette version de l'adaptateur, les croisières viennent souvent se coincer dessous, quand on est à l'arrêt, guide lâches. Pour éviter ça, on passe les croisières dans un anneau avant de passer chacune des croisières dans sa rallonge de clé de collier. On maintient cet anneau par une ficelle qui passe dans l'anneau et qui va chercher l'avaloir de chaque cheval.


Un anneau de maintien...

Les palonnier étant assez bas, on allonge beaucoup les traits.

Les limites rencontrés avec ce porte-outils :

- Pas de terrage forcé : de par sa conception le bucher à un "age" non rigide puisqu'il y a l'articulation pour le relevage, ce qui a pour effet d'escamoter les outils et la personne aux mancherons dès qu'on rencontre une difficulté (cailloux - nid de racines - argile en bloc) avec des outils tirants (butoirs ou des dents type sous-soleuses ou souleveuses).
- Réglage d'attaque problématique et irrégularités en fonction de la force d'appui sur les mancherons.
- Souvent besoin d'être deux : un meneur + un aux mancherons.
- On arrive avec certaines barres d'outils en limite de poids toléré.
- On est limité par l'encombrement des outils : pour les brides en avant de la barre, on est gêné par les roues (qui sont plus ou moins proches de la barre en fonction du réglage de hauteur de roue) et en arrière, une barre équipé avec des outils long rend l'accès aux mancherons compliqué dans les opérations de relevage. (ex: doubles brides sur parallélogrammes).
- La gestion de l'enherbement des passe-pieds reste problématique : est-ce possible d'être satisfait en un seul passage du résultat du travail sur la planche, sur son maintien latéral et sur le passe-pied ?

Équipements essayés :

- Brides courtes pour limiter l'effet bras de levier sur les outils tirants et pour permettre certains montages : outils en avant de la barre, recouvrements de dents de sarclage, limiter les bourrages.


Brides longues et brides courtes...

- Doubles brides : pour porter plusieurs outils sur un même parallélogramme (ex : dent + disque).


Double Bride pour porter plusieurs outils...

Malgré ces quelques défauts et limites, le NéoBucher propulsé par nos deux comtoises a assuré tous les binages/buttages de la saison 2018 sur nos 3ha de maraîchage !

Vincent Bastard, Nicolas Koziel, Thomas Peyre, mars 2019

Pour ceux que cela intéresse, le billet entier en PDF, 900 Ko (merci Print Friendly).

dimanche 23 décembre 2018

Porte-Outils de maraîchage, en Paire, à 4 roues (POP4), vidéo des 1er tests, sous serre... (décembre 2018) et retour sur ce projet...

Pour ceux qui ont raté le début (et surtout ceux qui n'ont pas bénéficier des infos en avant première dans l'HippoNiouse parce qu'il ne sont pas adhérent... Et toc !) :

Fin 2017, et surtout en 2018, un nouveau projet a vu le jour avec l’Atelier Paysan : le POP4 (Porte-Outils en Paire à 4 roues) pour travailler en Traction Animale en planches permanentes...

1ers essais du POP4 (Porte-Outils en Paire à 4 roues) en décembre 2018 à la Ferme de Nico et Vincent à Montoison (Drôme)

Pourquoi travailler en planches permanentes ?

L’intérêt des planches permanentes, pour les maraîchers avec des surfaces relativement importantes, est surtout de limiter le tassement du sol cultivé (puisque les animaux circulent dans les "passes-pied" entre les planches et non entre les rangs).

Celà permet aussi de densifier les cultures en rapprochant les rangs (en monorang, il faut prévoir un passage pour le cheval et le meneur et 2 passages pour les roues), en planches permanentes, les chevaux et les roues passent sur les 2 passes-pied, et le meneur est soit porté par l'outil au dessus de la culture, soit marche derrière sur l'un des passes-pied.


Culture en monorang (ici des patates)


Culture en planches permanentes (oignons)

Des essais ont été fait de travailler en planches permanentes avec un seul cheval (qui marche sur l'un des passes-pied), et un outil déporté par rapport à la traction (voir ici, lors de la 7ème journée technique maraîchage en Haute Savoie).

Mais outre le fait que l'on manque de puissance pour certains travaux, le cheval travaille mal et doit supporter un effort latéral contraignant.

Pour info une barre de binage demande un effort de 130 kgf pour les travaux les plus lourds (buttage 2 rangs ou décompaction du sol au printemps), alors qu'un cheval seul permet un effort moyen de 70 kgf au pas de travail (en traction idéale et continue).

Il y a aussi la solution d'atteler le NéoBucher en paire (avec des chevaux à 2 mètres d'entraxe dans les passes-pieds), mais si on résout le problème du tassement du sol par les chevaux, le meneur lui marche sur la planche et garde les mains prises pour la correction de trajectoire (ce qui rend difficile le menage en simultané car il n'y a pas de guides à la ceinture en menage en paire).
De plus le réglage de terrage n'est pas réellement possible


Le NéoBucher attelé en paire

La majorité des outils maraîchers en traction animale en France ne sont pas adaptés à ces techniques culturales, peu de maraîchers en traction éprouvent la nécessité de cette technique car leur surface sont limitées. Mais certains voient leur ferme s’agrandir et auraient besoin d’évoluer.

Les futurs meneurs-maraîchers, capables de maîtriser la technique complexe d’une bineuse à 2 chevaux, ne sont pas insensibles au concept mais il faut concevoir de nouveaux outils.

Une équipe d'une dizaine de personnes (la plupart maraîchers) s'est attelé à cette tâche à l'automne 2017, après une étude de l'existant en France, en Allemagne et aux États Unis...

Quelques exemples de l'existant (pour la plupart resté au niveau du prototype ou du modèle unique) :


Bineuse IJ (fabriquée en série US)


Bineuse G-Haw (Proto US)


Bineuse Bernard Michon Hippomobile (Proto France)


Bineuse Univecus (Proto Allemagne)


Bineuse Schmitz (Proto Allemagne)

Plein de rencontres et d'échanges de méls plus tard, la réalisation d'un cahier des charges d'un porte-outil à 2 chevaux idéal, permettant de faire de la planche permanente et aussi d’autre types de travail du sol, aboutissait...

Cahier des Charges sommaire du futur POP4 :

- 2 chevaux, pour avoir la puissance nécessaire
- Écartés à 160 cm, soit l’écartement des planches
- Avec des freins efficaces
- 4 roues pour une bonne stabilité (2 directrices pour la correction de trajectoire et 2 "folles" qui permettent le demi-tour le plus court possible en bout de rang.
- 2 timons pour plus de confort des chevaux dans les manœuvres, avec grand écartement
- Une position de menage assise, pour gérer les guides et ne pas écraser les planches
- Une direction des barres de binage avec les pieds, pour gérer à la fois guides et outils
- La possibilité de monter différentes barres de binage ou de travail du sol facilement et rapidement (la barre à section triangulaire du NéoBucher sera sans doute conservée).

Paul Jarreau et Joseph Templier de l'Atelier Paysan ont pû alors faire les premiers dessins 3D qui ont été discutés et remaniés par l'équipe pendant l'année 2018...


Dessin du proto virtuel...


Schéma explicatif du proto virtuel...

Et un premier proto a été construit à la ferme des Volonteux près de Valence, (26), en une semaine, du 19 au 23 novembre 2018, par une équipe formée de Sylvain, Remy, Thomas, Vincent, Ivan, Mickael, Etienne et Paul.


Nico et Thomas Peyre ont finalisé l'hydraulique les semaines suivantes et mi-décembre les premiers essais ont pu avoir lieu...


1ers essais du Proto POP4, début décembre 2018


1ers essais du Proto POP4, début décembre 2018


1ers essais du Proto POP4, début décembre 2018


1ers essais du Proto POP4, début décembre 2018

Certes, il reste des finitions à faire et puis sans doute des modifs, certains choix seront peutêtre remis en question, on a l’expérience du projet NéoBucher qui pourtant partait d'un porte-outils existant et qui a mis plus de 3 ans pour aboutir à sa version définitive...

Il faut savoir prendre un peu de temps pour fignoler les détails, tester en conditions réelles sur plusieurs mois, sans vouloir multiplier trop vite un proto inabouti...

En tout cas bravo à l'ensemble de l'équipe qui nous offre en avance un super cadeau de noël...

Si vous voulez vous raccrocher au projet...

D'autres infos sur le site de l'Atelier-Paysan ici...
Ou le PDF de l'article de l'Atelier-Paysan sur le POP4 ici (9 Mo)

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